Auteur/autrice : Maryvon Riboulet

  • Eat first… think later !

    « Nous avons définitivement adopté Amellïä !

    Elle est encore déboussolée mais Alinéor nous a fait remarquer que quand l’appétit va, tout va !

    Et puis, laissons la nuit nous reposer de toutes nos émotions du jour… »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    « My dear ! Do you like French cuisine ? » demande Alinéor prudemment
    Avec un plateau d’amuse-bouche et un ballon de vin rosé…
    « So much I love ! I had a cousine who lived in France on Lake Léman ! »
    « Je crois que j’ai fait une touche et ça mérite d’être arrosé ! »

    « N’oublie pas de nourrir ton fils ! » glisse Ledalïä narquoisement…
    « Chérie, nous devons accueillir cet ange qui est tombé du ciel ! »
    Dit Alinéor depuis l’office d’où il ressort courtoisement
    Avec des plats qu’il fait jaillir d’un chariot providentiel.

    « Vous êtes vraiment trop gentils ! And that really touches me deeply ! »
    Dit Amellïä qui vous dévore sandwiches, tacos & chicharrón
    D’une vigueur qui garantit que, s’il est un fait accompli,
    L’appétit d’une femme omnivore est signe que tout tourne rond !

    « Vious vivez really tous ensemble ? » prononce-t-elle entre deux bouchées.
    « Oui mais, plutôt chacun chez soi… sauf Yavänor et ses trois femmes ! »
    « Seriously ? Tout cela ressemble à une grande chambre à coucher
    Comme au dortoir en Illinois where, one night, I became « Madame » ! »

    « Oui… ça paraît très compliqué mais inutile de s’affoler !
    Nos hommes sont très « gentlemen » et nous avons beaucoup de chambres ! »
    Précise Lïlïth impliquée dans son devoir caracolé
    D’une matriarche qui mène sa tribu… et surtout ses membres.

    « Indeed ! Ça me convient très bien… je veux dire… pour une chambre libre ! »
    Avance Amellïä pince-sans-rire, « Je ne suis pas encore fixée !
    Mais sinon vous êtes combien ? Is the gender ratio… équilibre ?
    « Heu… » dit Lïlïth dans un sourire, « le soleil vient de s’éclipser… »

    Amellïä monte se reposer sous l’œil équivoque des Llyrïädes
    Qui guettent la moindre intention parmi la gente non dominante.
    Mais laissons la nuit se poser sur toutes les questions par myriades
    Qui vont retenir l’attention d’une aviatrice étonnante…

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    Illustrations de Ledalïä.

  • Matin flou

    Suite de « La petite maîtresse »

    Matin flou

    Mademoiselle Yvette était là et toutes les autres également ;
    Le « Miranda » aphrodisiaque était surtout érotomane.
    Cette nuit j’étais au Walhalla mais drogué inélégamment
    Par ces femelles paradisiaques, azimutées et nymphomanes.

    On m’a soigné, on m’a baigné comme odalisques à leur sultan
    Et j’ai eu autant de massages que j’avais eu de favorites.
    Puis on m’a oint, on m’a peigné – sans que ça devienne insultant –
    Et l’on m’a cédé le passage vers la garde-robe émérite.

    Tout frais moulu, vêtu de neuf avec ma valise à la main,
    Je me retrouvai à la rue encore étourdi de ma nuit.
    J’avais des souvenirs des meufs qui me suivaient sur le chemin
    Qui, peu à peu, ont disparu comme cette pension inouïe.

    Tableau de Mark Tennant sur https:nevsepic.com.uaart-18-nyupage,2,22941-artworks-by-mark-tennant-106-foto.html .

  • Éternel strip-tease

    Si dès le matin je m’habille et que le soir je me déshabille,
    J’aurai plus de vingt-mille fois subi cette crise de foi !
    Maudit soit Dieu et son péché qui m’oblige à me dépêcher
    À croire que tout ce qui compte, c’est cacher mon cul de la honte.

    Si Dieu était départageant, on n’aurait pas besoin d’argent,
    Arrivé en fin de carrière, une main devant, une main derrière,
    Nous serions doux comme des moutons sans savoir ce que nous redoutons
    Et tout ça pour naître tout nu et mourir sans déconvenue !

    Illustration d’Anna Parini.

  • Et Amelia Earhart devient… Amellïä

    « C’est bien Amelia Earhart comme l’attestent ses papiers.

    Mais une Amelia qui peine à comprendre ce qui lui arrive et à l’admettre.
    89 ans de décalage, c’est dur à avaler !

    Souhaitons-lui, tous, la bienvenue ! »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    « For heaven’s sake ! Expliquez-vous ! » demande Amelia affolée.
    « En date du deux juillet trente-sept, vous seriez morte en exercice.
    Vous allez nous traiter de fous… nous vous avons carambolée
    Par une technologie secrète en l’an… deux mille vingt-six ! »

    « VOUS ÊTES FOUS ! VOUS VOUS MOQUEZ ! C’EST IMPOSSIBLE ! » crie Amelia.
    « Regardez-nous, nos appareils, voyez la date sur la tablette ! »
    Répond Cristïäs interloqué, appelant discrètement Ledalïä
    Pour lui dire quelque chose à l’oreille… « What is this magic slate ? »

    Voici Ledalïä qui apporte la pile de tous les magazines,
    Qui s’accumulaient dans l’entrée, pour les montrer à Amelia
    Qui pâlit sous l’émotion forte, tenue par Loreleï et Laurelïne
    Qui tentent de lui démontrer qu’il n’y a aucune paranoïa.

    « Et nous avons gagné la guerre… Au moins, c’est une bonne nouvelle !
    Aujourd’hui la paix est active et règne dans tous les pays ? »
    On intervient : « Il n’y a guère que l’occident qui se révèle
    Être dans une paix relative… » dit-on à la femme ébahie.

    « Mais pouvez-vous me renvoyer à mon époque ? S’il vous plaît ! »
    Demande-t-elle larmoyante avec l’espoir du débutant.
    « Je ne veux ni vous fourvoyer ni remuer le couteau dans la plaie…
    Mais la réponse est effrayante : ce serait violer le cours du temps. »

    « Vous m’auriez donc sauvé la vie ! » conclut Amelia dépitée.
    « J’ai quatre-vingt-neuf ans de retard à rattraper et… Oh my God !
    Si les évènements ont suivi, je n’ai donc plus d’identité
    Perdue dans un futur mitard et, qui plus est, aux antipodes ! »

    « Tu nous a et nous, nous t’avons ! Amellïä ! C’est ça l’important ! »
    Intercède Lïlïth prévenue de ce nouveau partenariat.
    « Nous autres également nous avons été soustraites à notre temps…
    Je te souhaite la bienvenue au sein de Ô ALLEGÔRÏÄ ! »

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    Illustrations de Ledalïä.

  • Amelia Earhart

    « Incroyable !

    Amelia Earhart, disparue sans laisser de trace, le 2 juillet 1937 au-dessus du Pacifique avec son avion – un Lockheed Electra est téléportée en 2026 par Cristïäs qui a capté “par hasard” son S.O.S. en testant la télémémoire.

    Aviatrice mondialement connue, expérimentée, déterminée, habituée à prendre des décisions en situation de crise. Elle avait 39 ans. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    Et soudain un avion survole les eaux du lac bleu de Constance
    Et vient s’écraser sans dommage sur la plage d’Ô ALLEGÔRÏÄ.
    Une femme à l’allure frivole, étourdie par la circonstance,
    Peine à s’extraire du fuselage et s’écrie « Ave Maria ! »

    Sorti comme un diable de sa boîte, Cristïäs accourt vers la jeune femme
    Qui s’évanouit en prononçant : « Docteur Livingstone, je présume ? »
    D’une attention un peu benoîte, il crie, il exige, il réclame
    « Vite ! Un brancard et c’est pressant ! » devant cette issue qu’il assume.

    « Cristïäs ! Mais qu’as-tu fais encore ? » demande Loreleï excédée.
    « Arrête, s’il te plaît ! » dit-il. « Je testais la télémémoire ;
    J’ai capté un appel sonore… d’un S.O.S. … et précédé
    D’un « Mayday » tellement… subtil… qu’il est gravé dans ma mémoire. »

    « J’ai vu l’avion qui piquait tout droit et en plein pacifique
    Alors j’ai fait… sans réfléchir… un truc… j’étais bouleversé…
    J’ai… d’un seul coup, plutôt adroit … téléporté cet horrifique
    Appareil et l’ai fait fléchir après l’avoir fait traverser ! »

    « On verra bien ! » Soupire Loreleï. « Je crois qu’elle revient à elle…
    Notre inconnue ouvre les yeux… regard d’acier inoubliable ! »
    « Good Lord… where am I ? Who are you ? What the hell ?  »
    Cristïäs lui répond gracieux : « Vous êtes en vie… c’est formidable ! »

    « Des Français en plein océan ?  Heavens ! J’ai donc dû dériver… »
    « En Suisse… vous avez abordé… sur les rives du lac de Constance ! »
    Dit Cristïäs d’un ton bienséant. « J’ai vu ce qui allait arriver ;
    J’ai pu alors … vous transborder… votre avion et vous, en instance ! »

    Méfiante, l’inconnue se dresse et observe les techniciennes
    « Au nom du ciel, qu’est-ce qu’il m’arrive ? Êtes-vous des savants nazis ? »
    Loreleï, d’un geste de tendresse, lui prend la main entre les siennes :
    « Bien sûr, vous êtes sur le qui-vive mais… le destin vous a choisie ! »

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    Illustration de Ledalïä et photo issue des collections officielles de la Bibliothèque du Congrès des États-Unis.

  • La Circassienne au bain

    « Une fois de plus, le paradoxe persiste.

    Cristïäs a pu récupérer par téléportation un tableau célèbre englouti avec le Titanic.
    Seulement voilà, cela pose encore de nouveaux problèmes.
    Décidément !

    Quant au tableau “La Circassienne au bain” peint en 1814 par le peintre français Merry-Joseph Blondel, il a coulé avec le Titanic. L’œuvre est considérée comme définitivement détruite ou perdue à jamais au fond de l’océan Atlantique. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    « Un tableau très impressionnable ! Est-ce celui du peintre Blondel ? »
    « Oui ! » assure Cristïäs, connaisseur. « Coulé avec le Titanic ! »
    « Son prix doit être inestimable ! » dit ÄLLÏÄ mangeant son strudel
    Attablée auprès de sa sœur dans la cuisine alémanique.

    « Oui ! Et c’est là tout le problème ; il est impossible de le vendre
    Sans révéler par quel moyen le tableau fut récupéré ! »
    Précise Cristïäs en plein dilemme. « Car même équipé d’un scaphandre,
    Le renflouement est kafkaïen et nul ne pourrait l’opérer ! »

    « Nous avons donc une œuvre d’art aussi précieuse que la Joconde
    Mais impossible à exposer sans trahir notre procédé ! »
    Lâche STELLÏÄ d’un air pendard et très ironique à la ronde
    Qui laisse Cristïäs indisposé devant les LLyrïädes excédées.

    « Une fois de plus ton appareil permet de pouvoir retrouver
    Des objets de grande valeur mais malheureusement invendables ! »
    Tranche Lïlïth, « Et c’est pareil pour l’or qu’Astérias a trouvé
    Dans les caves de son voleur dont la remise est improbable ! »

    « Donc… nous avons accès à tout… sauf au droit d’en tirer profit ! »
    Conclut Lïlïth. « Je me demande… cette science a trop d’aléas ! »
    « Mais il nous reste plusieurs atouts ! » Répond avec philosophie
    ÄLLÏÄ de sa bouche gourmande : « Télémémoire et T.T.A. ! »

    « À condition que le secret de fabrication soit scellé !
    Donc… impossible, encore une fois, de l’exposer au grand public !
    J’ai beau chercher et consacrer autant de temps à démêler
    Ce nœud qui atteint toutefois une vraie proportion biblique ! »

    « En résumé, » conclut Lïlïth, « nous avons une technologie
    Qui demande une discrétion primordiale et fondamentale ! »
    « Ce n’est pas ce qui facilite la bonne intendance du logis ! »
    Tranche Alinéor avec sanction : « C’est le supplice de Tantale ! »

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    Illustration de Ledalïä,
    Lithographie du XIXe siècle réalisée par l’artiste Pierre-Joseph Tavernier,
    Peinture de reconstitution moderne à l’huile par l’artiste britannique John Parker.

  • La petite maîtresse

    Suite de « Femmes en blues »

    La petite maîtresse

    Passé le test avec succès, on ne m’a pas donné de chambre
    Mais le nom d’une fille fut tiré dans une sorte d’entonnoir.
    J’ai compris que j’avais accès à suivre celle aux cheveux ambre ;
    Celle qui avait tout retiré excepté ses bottes en cuir noir.

    Arrivé au petit salon, elle s’assit dans une Bergère
    Dont les oreilles semblaient lui dire les règles du jeu à mener.
    Elle écarta bien ses talons jusqu’à ce que ses cuisses de mégère
    M’invitent à lui approfondir ses idées malintentionnées.

    Mais j’exagère ! Elle fut douce et apprécia mon offrande ;
    En retour j’eus droit au service réservé aux hôtes de marque.
    Au petit jour, elle était rousse et me semblait beaucoup plus grande…
    C’était Yvette dont le vice est la corde sensible de son arc.

    Illustration de Luis Royo & Romulo Royo sur https:laberintogris.comen12-luis-royo-romulo-royo .

  • Femmes en blues

    Suite de « La pension de Mademoiselle Yvette »

    Dans la pénombre du printemps et la douceur d’une véranda,
    Huit ou neuf femmes m’attendaient pour satisfaire leurs appétits.
    Après mon voyage éreintant, je pris le verre de Miranda
    Qu’une femelle me tendait pour me sortir de l’apathie.

    L’effet fut si revigorant que j’en ai eu une érection
    Tandis que les femmes gloussaient chacune avec son petit drapeau.
    Je les ai vues élaborant comme une sorte d’élection
    Tandis qu’elles se trémoussaient en les glissant dans un chapeau.

    Mais ce n’était pas un chapeau mais une sorte d’entonnoir
    Et les drapeaux, un numéro, indiquant celui d’une chambre.
    Assise dans un fauteuil crapaud, Yvette maîtresse en son manoir,
    Extirpa celui de Caro, une fille aux cheveux, couleur ambre…

    Tableaux d’Igor Krapar Shcherbakov.

  • Les télépirates sont là !

    « Encore un rebondissement inquiétant.

    L’appât du gain peut occasionner des vols spectaculaires en offrant la tentation d’opérer ni vu ni connu car la technologie attire les convoitises.

    Comme le suggérait déjà Platon avec l’anneau de Gygès, nul ne sait ce qu’un homme ferait s’il était certain de ne jamais être découvert.

    Décidément la Guilde a du travail ! »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Les télépirates sont là !

    Si l’explosion fut anodine, le sol trembla sensiblement
    Et fut ressenti tout autour de la Deutsche Bank de Constance.
    Le lendemain, dès les matines, on commenta l’évènement
    Dans les journaux des alentours, en gros titres pour la circonstance.

    « C’est drôle d’attaquer une banque allemande alors que les helvétiques
    Sont à deux pas ! » dit Alinéor le « Rorschacher Echo » en mains.
    « Ce sont des voleurs à la manque ! » répond ÄLLÏÄ d’un ton critique.
    « Les Irénée ? » dit Yavänor ; « Il faudra vérifier demain… »

    « Justement non ! » dit Geminïä. « Mon chéri a bien vérifié ! »
    « Les Irénée ne sont pas bêtes et auraient attaqué Zürich ! »
    « Alors Cristïäs ? » dit Yanimïä, « Serait-il mieux qualifié
    Pour mener une double enquête avec les ondes telluriques ? »

    Depuis l’office un « Dring Dring » sonne… « On a un téléphone ici ? »
    « C’est Astérias ! » dit Geminïä, « ou du moins sa ligne directe ! »
    Elle décroche l’interphone et puis raccroche et balbutie :
    « Il vient à Ô ALLEGÔRÏÄ… Il trouve l’affaire suspecte ! »

    Quelques heures plus tard, les Atlantes arrivent avec Astérias :
    « Nous avons fait le distinguo sur cette affaire autant qu’on puisse
    Pour découvrir le dilettante, copiant les travaux de Cristïäs,
    Pour téléporter les lingots du coffre d’une banque suisse. »

    « Mais Constance est en Allemagne ! » Dit ORPHÉÔN élevant la voix.
    « La géographie l’a trahi car cette matière n’est pas son fort
    Et il a fait comme ta compagne : il a téléporté deux fois !
    Et l’antimatière a jailli pulvérisant le coffre-fort ! »

    « Le coupable était l’un des nôtres ; il faut donc surveiller nos rangs !
    Poursuit Astérias en colère. « Mais jamais la Guilde ne dort !
    Surveillez-vous les uns les autres car l’appât du gain est courant ! »
    Mais Cristïäs coupe tutélaire : « Je suis moi-même faiseur d’or ! »

    Illustration de Ledalïä.

  • Ce n’est pas à un vieux pirate…

    « Apparemment les deux Irénée jouent le jeu.

    Apparemment.
    Mais Irénée-le-jeune préfère en être sûr et va vérifier par lui-même.
    On n’est jamais trop prudent. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Ce n’est pas à un vieux pirate…

    Ce n’est pas à un vieux pirate qu’on apprend l’art de la rapine.
    Ceux qui n’y font pas exception s’appellent tous les deux Irénée.
    Mais quant au Plan Télépirate, la chose qui les turlupine
    N’est pas le plan de répression mais plutôt comment le contourner…

    Cependant le bilan est bon ; la contrebande a rapporté ;
    On se partage le butin à quatre-vingt-dix-huit pourcents.
    On se partage le bonbon ; les deux pourcents sont reportés
    Comme « saisie » sur traîne-patins, filous et mauvais commerçants.

    Irénée-le-jeune est content, il a trouvé les deux pourcents
    Mais qui, pour lui, en valent cent car il ne connaît pas l’astuce.
    Pourtant… au bout d’un certain temps… il trouve quand même bouleversant
    Que ce ne soit ni décroissant, ni croissant, mais toujours le même quitus…

    Qu’à cela ne tienne ! notre Irénée va jouer l’apprenti-détective
    Et s’en va rôder sur Thestïäs avec les appareils d’ÄLLÏÄ.
    Et sa confiance est réfrénée par les contrôles qu’il invective
    Et transmet les chiffres à Cristïäs qui les épluche avec STELLÏÄ.

    Pris la main dans le sac pour fraude, les Irénée jouent l’innocence :
    « C’était un test pour vérifier si ton contrôle était parfait ! »
    Bien que l’excuse le taraude, le jeune y voit obéissance
    Mais sait qu’il devra clarifier leurs manigances, tout compte fait.

    Et pour cela, il établit un poste d’agent d’expertise
    Avec le contrôleur d’impôts en charge de la capitale
    Qui, pour faire bonne mesure, publie chaque mois ce qu’il stigmatise,
    Comme infraction fort à propos, télétransmis par voie postale.

    « Et ça nous coûtera combien ? » demande un Irénée à l’autre ;
    « Dix pour cent sur ce qu’il contrôle ; le prix pour qu’il baisse les yeux ! »
    « Donc… tout est bien qui finit bien ! » dit Irénée-l’ancien qui se vautre
    Sur un immense sac bleu-pétrole plein des derniers vols prestigieux.

    Illustration de Ledalïä.

  • Le plan Télépirate

    « Les dernières investigations confirment que plusieurs tentatives de dark-téléportation pourraient échapper aux protocoles de contrôle. Une telle technologie, si elle venait à être reproduite ou détournée, pourrait compromettre l’intégrité des réseaux interalliés ainsi que la sécurité des personnes.

    La Guilde a donc autorisé la mise en œuvre du plan “Télépirate”, destiné à éprouver nos propres défenses avant que d’autres ne le fassent à sa place. J’invite chacun à considérer cet exercice avec le plus grand sérieux. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Le plan Télépirate

    Sur Atlantïs, on met en place le plan nommé « Télépirate »
    Afin de poursuivre et sévir contre tous les contrevenants
    Traquer tous ceux qui se déplacent d’une manière disparate
    Sachant qu’ils risquent de se servir de fourberie à tout venant.

    Chez les LLyrïädes, on fait pareil pour chasser les contrebandiers ;
    ORPHÉÔN-ÄLLÏÄ sont pirates ; Cristïäs-STELLÏÄ sont contrôleurs.
    Chacun sur ses propres appareils tente de remporter la palme :
    Déjouer le plan Télépirate ou déjouer les gens stipendiés.

    Sur Thestïäs, les deux Irénée ont promis de jouer le jeu
    Mais c’est pour mieux se renseigner sur la « dark-teleportation ».
    Or pour traquer les Irénée, c’est le jeune qui sera l’enjeu
    Du contrôle de ses aînés par l’instinct de la filiation.

    Désigner ÄLLÏÄ scélérate ? Le risque ne manque pas d’audace ;
    On se souvient de l’explosion due à l’abus d’antimatière !
    Mais pour mieux traquer les pirates, c’est elle la plus efficace
    Et STELLÏÄ en opposition sera son meilleur adversaire.

    Chaque équipe a son atelier et son propre réseau d’espionnage ;
    C’est de bon ton et ça permet de coller la réalité.
    Bien sûr, on est interallié avec le même contrespionnage
    Et Atlantïs est informée de toutes les activités.

    ÄLLÏÄ trafique de bon cœur mais STELLÏÄ déjoue tous les types ;
    ORPHÉÔN se montre ingénieux mais Cristïäs trouve la riposte.
    Il n’y a ni vaincu ni vainqueur ; on intervertit les équipes
    Et c’est ce qui se fait de mieux pour faire évoluer tous les postes.

    On y consacre une heure ou deux par jour car la vie continue ;
    Les trois naissances se rapprochent et chacun connaît son devoir.
    Parfois un concept hasardeux se développe et s’insinue
    Mais l’équipe adverse l’accroche avant qu’il acquière du pouvoir.

    Illustration de Ledalïä.

  • La pension de Mademoiselle Yvette

    Histoire en trois actes

    La pension de Mademoiselle Yvette

    Je conserve un bon souvenir de cette pension agréable
    Et surtout de sa chère hôtesse prénommée Mademoiselle Yvette.
    Je ne l’avais pas vue venir dans son petit imperméable
    Car il pleuvait, je le confesse, comme vache qui pisse sur la Croisette.

    Une fois ôté l’imperméable, elle m’apparut entièrement nue
    En me souhaitant la bienvenue dans son auberge naturiste.
    Ce n’était pas désagréable sauf que n’ayant pas été prévenu,
    J’ai dû paraître saugrenu par ma valise antagoniste.

    Mais elle m’emmena au vestiaire où mes habits furent confiés
    À la blanchisserie annexe car sa mère était lavandière.
    Tout nu, j’affrontai un bestiaire de femelles authentifiées
    Prédatrices regardant mon sexe comme une proie incendiaire…

    Tableau de Nina Sergeieva.

  • Donnez-lui donc du vin !

    Du vin blanc pour ses cheveux blonds afin qu’il lui monte à la tête
    Afin de la faire sortir de son fichu maudit bouquin !
    Et pour la rousse, du houblon qui puisse la rendre un peu pompette ;
    À la limite, l’assortir au type irlandais plus rouquin.

    Quant à la brune, pas de problème, qu’il soit rouge ou gris ou rosé,
    Ce sera du pareil au même, elle dormira toute la nuit.
    Si le porto pose un dilemme, il faudra quand même l’oser
    Si jamais elle dit qu’elle vous aime, au douzième coup de minuit.

    Illustrations de Milo Manara.

  • Clôture du colloque

    « Après l’effort, le réconfort.

    Ô ALLEGÔRÏÄ est en fête avec bal populaire, banquet traditionnel de la région et feux d’artifice.

    Finalement, la téléportation a du bon pour réunir les gens de bonne compagnie. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Clôture du colloque

    Les colloques vont avec le corps et avec des réjouissances !
    Le « Bodensee Musikanten » qui anime les bals populaires
    Est venu, selon nos accords, proposer musiques d’ambiance
    Pour danser près de la fontaine sous les lampions crépusculaires.

    Tandis qu’Astérias et Thétïs ouvrent le bal avec finesse,
    Ils sont rejoints par les jeunes couples que le colloque a réunis.
    Valérion avec Nérätïs invitent toute la jeunesse
    Et les Irénée, toujours souples, vont danser sans cérémonie.

    Devant, des tables sont dressées avec buffet suisse-allemand
    Car Alinéor en bon traiteur sait comment plaire à tout le monde.
    Et Yavänor s’est empressé d’installer les futures mamans
    Dans un espace prometteur et ombragé sous la rotonde.

    Rösti, Bratwurst et Pommes-frites récoltent beaucoup de succès
    Avec fromages Appenzeller, Pinot, Riesling et vins rosés.
    Wähen aux fruits ont du mérite et chacun de se propulser
    Entre les stands très populaires des spécialités proposées.

    Pour ceux qui se sentent fatigués, la maison s’est développée
    De plusieurs chambres confortables aménagées dans les greniers.
    ALLEGÔRÏÄ a prodigué des grands lits tous enveloppés
    De moustiquaires transportables contre les moustiques saisonniers.

    On rit, on chante et on discute avec des grands éclats de voix
    Et, loin des convives d’âges mûrs, les jeunes faunes et faunesses.
    Parfois éclate une dispute, les Irénée sont aux abois ;
    On les a mis le dos au mur et ils défendent leur bizness.

    Enfin un grand feu d’artifice sur des barquettes à fond plat
    Clôture avec son et lumière le festival entériné.
    Les artificiers à l’office régalent de tous les éclats
    De couleurs en avant-première et la journée est terminée.

    Illustration de Ledalïä.

  • Le disque mémorial

    « Le spectacle a été un grand succès.

    Cristïäs a supervisé l’enregistrement et a produit un disque souvenir qu’il a remis à chaque membre participant au colloque.

    Chacun est ravi de son mémorial. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Le disque mémorial

    Chanson des Atlantes
    Depuis dix-mille ans aujourd’hui, les Atlantes étoffent la Mantisse
    Depuis les premières navettes jusqu’aux portes interplanétaires.
    Leur technologie a produit le summum auquel aboutissent
    Les expériences qui brevettent leur savoir-faire propriétaire.

    Chanson des Irénée
    Avec l’aide de l’univers et des connexions cérébrales
    Les Irénée, par la pensée, ont relié les dimensions
    Par le concours des trous de ver et les commandes palpébrales
    Les distances sont compensées par le pouvoir de l’intention.

    Chanson des LLyrïädes
    La découverte du Poïnt ZérÔ et des nombres transimaginaires
    A ouvert de nouvelles voies et nouvelles applications.
    Grâce à l’étoffe des héros dont les LLyrïädes originaires
    Sûrent prêter l’oreille à la voix de leurs quatre générations.

    Le blues du voyageur
    En pliant l’espace de travers, je me suis perdu dans le piège
    D’une planète aux habitants aussi étranges qu’hermétiques,
    Dont le langage fut un calvaire et sans l’assistance du siège
    De ma patrie m’habilitant à mon retour hypothétique.

    Magouille blues
    Ni vu ni connu je t’embrouille, tout n’est qu’un tour de passe-passe ;
    Hier, j’étais ici et là-bas, demain sans doute nulle part.
    Je suis le roi de la débrouille qui plie et qui déplie l’espace
    Au gré de ses moindres combats, incessamment sur le départ.

    Complainte des mondes perdus
    Derrière le seuil des connaissances, il y a les mondes oubliés ;
    Mondes perdus derrière un vide jamais atteint par la lumière.
    Personne n’a vu la naissance du moindre atome publié,
    Personne n’a été avide d’en connaître la raison première.

    Au-delà du mur de la lumière
    Tous les cris à travers l’espace, les échos de la création,
    Tous les trous noirs supermassifs et toutes les fontaines blanches.
    M’ont montré tout ce qui se passe derrière le mur de diffraction
    Où vont les tachyons permissifs qui créent le monde en avalanche.

    Illustration de Ledalïä.

  • Les compositions musicales et lyriques

    « Après le colloque, tous les compositeurs se réunissent.
    Ledalïä et Geminïä à la partie lyrique ;
    Nérätïs et Valérion à la partie musicale.

    On s’amuse à parodier mais pas trop,
    Mêler l’humour et l’amour,
    Mais surtout réussir le spectacle. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Les compositions musicales et lyriques

    L’après-midi chacun compose, les musiciens comme les choristes.
    Si Geminïä et Ledalïä s’attaquent aux textes sur le préau,
    Valérion, quant à lui, propose à Yavänor d’être bassiste
    Et à ORPHÉÔN et ÄLLÏÄ de chanter ensemble en duo.

    Alinéor aux casseroles s’entraîne pour les percussions.
    Le premier texte est proposé à Valérion et Nérätïs
    Qui déposent sur les paroles des notes dont la répercussion
    Apporte un rythme supposé inspiré des chants d’Atlantïs.

    Deuxième texte, les Irénée sont mis alors sur la sellette
    Avec humour, point trop n’en faut, un petit peu de théorie,
    Tout ça sur un rythme effréné assez vieillot et obsolète
    Pour se moquer de leurs défauts et n’en déplaise si on rit !

    Troisième texte sur les LLyrïädes, on se fait un peu moins moqueur
    Seul Cristïäs en fera les frais… mais le point d’orgue au Poïnt ZérÔ !
    Avec des solos par myriades et des refrains repris en chœur
    Et pour que ça fasse plus vrai, on fera l’ovation aux héros !

    Un blues sur les égarements, un autre sur la contrebande
    En y mettant beaucoup d’humour pour ne pas réveiller le zèle.
    Pour éviter l’effarement, on le jouera en sarabande
    Avec de jolis mots d’amour à faire se pâmer les demoiselles.

    « J’aimerais bien un instrumental afin que chacun imagine
    La téléportation chantée selon ses mots qu’il y insère,
    Sur un mode expérimental, moderne, branché et androgyne ! »
    Propose Valérion enchanté de la tournure du concert.

    Sept chansons sont prévues et l’instrumental au début
    Pour que les invités s’installent et puissent s’imprégner de l’ambiance.
    Toutefois en cas d’imprévu, c’est le talent qui contribue
    À surprendre toute la salle afin d’en captiver l’audience.

    Illustration de Ledalïä.

  • Le colloque de la Guilde de la Téléportation

    « Assemblée générale

    Sur proposition d’Astérias, les Atlantes, les Llyrïädes et les Irénée se rassemblent pour créer la Guilde Tripartite chargée de contrôler la Téléportation dans l’univers connu.

    Chaque partie a approuvé et ratifié les textes votés à l’unanimité. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Le colloque de la Guilde de la Téléportation

    Effervescence dans le Hub où les Atlantes sont rassemblés ;
    Astérias et Thétïs en tête dirigent leur délégation.
    Les Irénée membres d’un club qu’ils ont constitué d’emblée
    Et les LLyrïädes dont les vedettes couvrent plusieurs générations.

    La table ronde monumentale accueille alors les trois parties
    Dans une ambiance détendue où se croisent plusieurs dialogues.
    Sous les bannières ornementales consciencieusement réparties,
    L’ordre du jour est entendu dès l’ouverture du colloque.

    « La téléportation devient une arme et donc une responsabilité ;
    Elle ne sera pas un privilège et elle doit être régulée ! »
    Dit Astérias sonnant l’alarme face à toute possibilité
    Qui entraînerait le sacrilège de s’en servir pour spéculer.

    Atlantis possède la Mantisse, depuis des siècles, élaborée ;
    Les Llyrïädes et la congruence des nombres transimaginaires :
    Les Irénée qui garantissent des trous de ver corroborés ;
    Enfin la Terre dont l’influence reste à ce jour embryonnaire.

    Ainsi un ordre tripartite doit aujourd’hui être créé
    Pour éviter toute dérive, tout abus et toute effraction.
    Et la contrebande interdite, obstacle au commerce agréé
    Pour éviter ce qui arrive par certaines mauvaises actions.

    Le compte-rendu est signé après l’assemblée générale
    Et un premier texte de loi ratifié par chaque partie.
    Les Irénée sont résignés ; adieu magouilles collatérales
    Et Cristïäs, heureux comme un roi, des échanges en contrepartie.

    ORPHÉÔN propose de fêter l’événement par un concert
    Commémoratif du colloque et spécifique à chaque thème.
    Chacun est alors invité à rester le temps nécessaire
    De monter le spectacle ad hoc organisé pour le soir même.

    Illustration de Ledalïä.

  • Prudence

    Prudence

    Madame Prudence a trois têtes pour ne pas se laisser surprendre
    Par le passé, par le présent et le futur… sait-on jamais !
    Ainsi parée pour la conquête du bonheur qu’elle veut entreprendre,
    Son discernement omniprésent la met en garde désormais.

    Comme elle ne prend aucun risque, elle a tendance à se relâcher,
    Certaine de savoir prévoir tout ce qui a du potentiel.
    Sans assurance multirisque dont elle a su se détacher,
    Voilà qu’il s’est mis à pleuvoir tout un déluge tombé du ciel.

    Ses trois regards font la clôture mais aucun ne voit le zénith,
    Négligeant la haute aventure qui dépasse le vieux récit.
    Quel comble de déconfiture tombant du haut de son monolithe
    Qui lui fait la céleste injure ruinant ses calculs sans merci !

    Tableau d’Alex Grey

  • Spirales incongrues

    Spirales incongrues

    Dans une spirale incongrue et des yeux de plumes de paons,
    Quelques poissons batifolant sur un pont suspendu dans l’air,
    Un couple sur le pied de grue attendant l’heure du serpent
    Avec un tournesol volant muni d’une hélice solaire.

    Rajoutez quelques fleurs des champs, coquelicot et pissenlits ;
    Trempez quelques clefs du mystère qui n’ouvrent aucune serrure ;
    Vous aurez un cadre approchant à donner le torticolis
    À toutes les fées de la Terre qui cherchent une belle parure.

    Et si l’esprit aventurier vous titillent les doigts de pied,
    Enfourchez donc un poisson-chat et partez faire un tour en mer !
    Ne prenez pas un long courrier, ni un vieux bateau de papier
    Mais soyez votre propre pacha, un véritable loup-de-mer !

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • Les ondes féminines – 2

    Et tu remets ça chaque fois que je monte en haut de ta tour
    Et que j’observe mon cheptel de muses que les murs érotisent.
    Mon œil diffracte, dès qu’il vous voit, la lumière sous vos beaux atours
    Et vos corps nus comme un cocktail m’énivrent autant qu’ils m’hypnotisent.

    Alors les muses se déploient comme un bouquet d’ondes charnelles ;
    Leurs cheveux flottent dans l’espace en rubans d’électricité.
    Et moi je dérive à la fois parmi leurs silhouettes fusionnelles
    Comme un naufragé qui s’efface au seuil de leur pluralité.

    Le monde entier devient ludique autour de leurs géométries ;
    Chaque regard ouvre une porte à d’autres réalités du corps.
    Et mon âme, presque impudique, suit leurs dolentes symétries
    Jusqu’à sentir qu’elles m’apportent l’amour fondu dans le décor.

    Tableaux de Larry Carlson.

  • Les ondes féminines – 1

    Quand je te vois, ma vue se trouble mais il faut dire que tu abuses
    De ton pouvoir d’imaginer, pour moi, les pires positions !
    Par moment je te vois en double, accolée à une autre muse,
    Et parfois toute laminée en ondes de composition…

    Tes formes glissent dans ma tête en fractales hallucinatoires ;
    Je ne sais plus si je contemple un corps ou ses mille visions.
    Ton image devient secrète au cœur des lumières vibratoires
    Et mon désir soudain ressemble à mille mouvantes fusions.

    Les couleurs me traversent en fièvre en déroulant leurs labyrinthes ;
    Je crois parfois toucher ta peau dissoute dans l’immensité.
    Même mon cœur déploie ses lèvres sur ces psychédéliques étreintes
    Quand tes courbes changent les tableaux en voluptueuse unité.

    Tableaux de Larry Carlson.

  • 3 Éolïäne… quid de la quatrième ? – 2

    3 Éolïäne… quid de la quatrième ? - 2

    Mes foldingotes continuent à me faire tourner en bourrique
    Ou plus exactement elles tournent en ridicule ce poème.
    Maintenant, le doute s’insinue… sont-elles quatre muses hystériques
    Ou une seule qui me retourne quatre caractères bohèmes ?

    J’ai tenté de m’en rapprocher pour la saisir entre mes mains
    Mais elle m’a glissé des doigts comme une savonnette de Marseille.
    Oui mais… comment lui reprocher de vouloir remettre à demain
    Une rencontre comme il se doit, conforme à ce que je le lui conseille ?

    Alors je les laisse tourner elles finiront par fatiguer
    Et je verrai si elles sont quatre ou bien en un seul exemplaire.
    Mais au bout de quatre journées, elles ont fini par prodiguer
    Un tournis tel qu’il va m’abattre et ce n’est pas pour me déplaire.

    Tableau de Yumeno Goto.

  • 3 Éolïäne… quid de la quatrième ? – 1

    3 Éolïäne… quid de la quatrième ? - 1

    Nous connaissons tous Éolïäne, le petite nouvelle peste ;
    Nous connaissons tous Éölïäne, la petite sirène des Reflets-Vers ;
    Nous connaissons tous Éôlïäne, apprivoisée comme l’atteste
    Son lien d’origine océane et notamment ses cheveux verts.

    Or il en est une quatrième et là le poète s’y perd…
    Elle s’appelle Azurianne et arbore des cheveux bleus !
    Et là, je nage en plein dilemme et j’en oublie tous mes repères ;
    J’en ai perdu le fil d’ariane depuis le début, sacrebleu !

    Difficile de les distinguer car elles sont à poil tout le temps
    Et à observer ses nichons, je ne retiens pas son visage.
    En plus, elle fait valdinguer son popotin déconcertant
    Et me traite de vieux cornichon en se fondant dans le paysage.

    Tableau de Yumeno Goto.

  • La course autour du lac

    « Une après-midi de vacances.

    Faute de bateau, on fait le tour du lac en poissons-chats, s’il vous plaît !

    Pauvres Cristïäs et Irénée qui ont voulu faire la course contre les sirènes et se retrouvent les quatre fers en mer !

    Les autres en ont profité pour baliser les points intéressants autour du lac. On ne sait jamais, ça peut toujours servir. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    La course autour du lac

    Faire le tour du lac de Constance en bateau autour des montagnes,
    Est une aventure magnifique qui nécessite de naviguer
    Entre trois pays de prestance : la Suisse, l’Autriche et l’Allemagne
    En quatre à cinq jours pacifiques pour ne pas trop se fatiguer.

    Mais en une seule journée et sans le permis spécifique,
    C’est en chevauchant les silures que cela demeure possible.
    Douze silures furent détournés pour leurs capacités physiques
    Et harnachés à l’encolure pour une course submersible.

    Les quatre sirènes en éclaireuses avec Yanimïä et Laurelïne,
    Les six compagnons en scaphandre et plus ou moins de maladresse,
    Partent pour une doucereuse et drôle balade sous-marine
    Mais sans vraiment vouloir prétendre le faire pour prouver son adresse.

    Mais les sirènes sont acerbes et leurs critiques redoutables
    Alors Cristïäs et Irénée ne voulant pas être humiliés
    S’élancent dans une course superbe défiant les filles indomptables
    Mais il n’est pas encore né, celui qui les fera plier.

    Les poissons-chats à fond de train, on fait le fier et le bravache
    Mais les silures excités désarçonnent vite leurs cavaliers.
    Les sirènes rient avec entrain, les fiers-à-bras trouvent ça vache
    Mais contrer six fières garçonnes, il faudrait être fou à lier !

    Quant à ORPHÉÔN, Yavänor, Valérion et Alinéor
    Ils ont trouvé beaucoup plus sage d’apprécier le paysage
    Et comme ils ne perdent pas le nord préfèrent rester en quatuor
    Et profiter de leur passage pour faire les premiers balisages.

    Et Alinéor découvrir la véritable utilité
    De ses précieuses boîtes de thon comme balises de fortune.
    Il ne va pas longtemps souffrir ; une commande de mille unités
    Est partie vers le Cap Breton pour une livraison opportune.

    Illustration de Ledalïä.

  • Le pique-nique du dimanche

    « Ambiance de pique-nique en famille

    Aujourd’hui on profite de cette belle journée d’été et tout le monde y met du siens.

    Je sens que nous allons passer une journée inoubliable ! »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Le pique-nique du dimanche

    Arrivés très tôt ce matin, deux compères installent des tables
    Au bord du lac dans le vent frais qui fait déjà danser les nappes,
    Puis ont sorti tout le gratin d’un pique-nique respectable
    Sortant les couverts des coffrets afin d’annoncer les agapes.

    Laurelïne, Loreleï et leurs enfants s’installeront en bout de table
    Avec chaises hautes adaptées pour petits pots et biberons.
    Ils découvrent alors triomphants canards et cygnes inévitables ;
    L’ambiance est très décontractée et les bébés sont fanfarons.

    Pour les trois futures mamans, des chaises longues confortables,
    Un petit plateau pour chacune et les sirènes à leur service.
    On va passer un bon moment à savourer au préalable
    Un apéro sur la lagune pour que le bon air nous ravisse.

    Puis ORPHÉÔN et Valérion, l’un au chant, l’autre à la guitare
    Improvisent une ritournelle avec quelques couacs disparates.
    Constantïne joue l’amphitryon, s’accompagnant de sa cithare,
    En chantant ses sempiternelles chansons de marins et pirates.

    Même les deux Irénée sont là, venus exprès pour le colloque ;
    Ils ont promis aucun essai ni tentative malheureuse
    Et on leur a mis le holà sur leurs éternels soliloques
    Mais comme ils ne font pas d’excès, leur présence reste chaleureuse.

    Cristïäs observe les nuages et la météo du dimanche
    ÄLLÏÄ lui tire les oreilles : « Arrête de regarder le ciel !
    Il n’est prévu aucun orage mais beaucoup de soleil en revanche ! »
    Alors il ferme ses appareils et se consacre à l’essentiel.

    Mais que fait donc notre Yavänor ? Pardi ! Il allume un grand feu
    Pour faire griller quelques saucisses pour les amateurs de grillades.
    Tandis que le pauvre Alinéor essaie de faire ce qu’il peut
    Malgré le chat qui, à l’office, a déjà volé l’anchoïade.

    Illustration de Ledalïä.

  • La pluie à crédit

    La pluie à crédit

    Si tous les anciens présidents qui sont montés au paradis
    Voulaient bien faire pleuvoir l’oseille plutôt qu’une pluie à crédit,
    Il me semblerait évident et j’n’en ferai pas une maladie
    Si l’eau du ciel en moi réveille de l’espoir pour pas un radis.

    Je ne crois pas en l’homo-fric et pas plus au capitalisme
    Qui croît bien plus haut que son cul et presqu’en même temps s’affaisse.
    Lorsque l’homme est né en Afrique, bien avant le colonialisme,
    C’n’est pas l’serpent qui l’a vaincu encore moins une histoire de fesses…

    On a fait des révolutions pour chasser la noblesse à fric,
    On a voté nos présidents en espérant gagner le SMIC
    Mais après cette évolution, quand on regarde l’historique,
    On travaille plus en trépidant et ce qu’on gagne est théorique.

    Illustration de Milo Manara.

  • Rassemblement

    Aujourd’hui tout l’monde se rassemble pour le foot et pour la musique,
    Pour manifester tous contre un et casser tout ce qui est construit.
    Pourtant si les humains s’assemblent pourquoi deviennent-ils amnésiques
    Lorsque le voisin les contraint à se fâcher au moindre bruit ?

    Ils remplissent tous les grands stades, les avenues et les tribunes,
    S’y proclament tous frères de cœur sous les couleurs du grand moment.
    Mais face à la moindre incartade d’un voisin chantant sous la Lune,
    Ils lui déclarent de bon cœur la guerre avec empressement.

    Ils se serrent comme des sardines au concert de leur troubadour,
    Supportent trois heures debout dans une cohue fantastique
    Même si l’attente ne se termine qu’aux premières lueurs du jour
    Et on laissera dans la boue papiers et matières plastiques.

    Les foules aiment bien se confondre au milieu des grands mouvements
    Où chacun devient une vague emportée loin par l’océan.
    Mais il leur faut parfois répondre à leurs voisins tout simplement,
    Et c’est souvent là que s’aggrave le plus petit des différends.

    Illustrations de Jeff Carlisle.

  • Le retour d’Olivïäne messagère

    « Coup de théâtre !

    Olivïäne a été simplement téléportée à la place de Nérätïs à cause de la bague-balise.

    Ledalïä lit le message à toutes les LLyrïädes réunies.

    Le climax est à l’organisation du colloque prévu ce lundi matin.»

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Le retour d’Olivïäne messagère

    Le message d’Astérias

    « La Mantisse que vous connaissez n’était qu’une première version
    Qui a été améliorée depuis longtemps sur Atlantïs.
    Si vous ne vous étiez empressés de faire toutes vos excursions,
    Nous aurions pu collaborer par l’entremise de Nérätïs.

    Vous avez dû vous en douter, l’art de la téléportation
    Demande des règles très étroites car c’est une arme dangereuse.
    Et nous pouvons tous redouter toutes sortes de dépravations,
    D’utilisations maladroites et, pire, d’intentions belliqueuses.

    Nous devons mettre au point un ordre qui gère la téléportation
    Unissant Atlantis, Thestïas et les LLyrïädes conjointement
    Afin d’éviter tout désordre et surtout toute passation
    Entre les travaux de Cristïäs et ceux de la Terre notamment.

    Réunissons les trois partis en terrain neutre sécurisé
    Et je propose les vestiges de l’Atlantide disparue.
    D’après les échos répartis de Nérätïs autorisés
    Un personnage de prestige y aurait déjà concouru.

    Son palais possède une immense et étanche salle souterraine
    Pour organiser un colloque. Pourquoi pas ce lundi matin ?
    Je vous demande de la clémence – l’honnêteté est souveraine –
    Évitons-nous les soliloques qui nous feraient perdre notre latin ! »

    Les LLyrïädes

    Lïlïth, Yavänor et Cristïäs sont emballés par ce message ;
    La Guilde va finalement naître comme il était préconisé.
    Atlantïs ainsi que Thestïäs auront accès libre au passage
    Et chacun fera reconnaître sa technologie avisée.

    « Nous, les sirènes, nous partons repérer l’état de la salle
    Et puis les hommes installeront – pourquoi pas – une table ronde
    Avec sièges et petits cartons ! » dit Loreleï, ingénieure abyssale
    « Et lundi, nous déciderons pour satisfaire tout le monde ! »

    Illustration de Ledalïä.

  • Olivïäne a disparu

    « Trois évènements majeurs.

    Une proposition de Constantïne, sire de Constance, pour élargir nos connaissances sur les survivants de sa famille.

    La disparition mystérieuse d’Olivïäne.

    Son retour avec un message d’avertissement d’Astérias. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Image galerie

    Suite de la discussion

    « Seule, je ne peux rien décider ! » dit Loreleï haussant les épaules ;
    « Les Llyrïädes, le cas échéant, trancheront avec prépondérance.
    Mais fais-toi déjà à l’idée que personne n’a le monopole
    Pour explorer les océans sans la plus grande transparence ! »

    « CHe n’ai pas d’autres prétentions que celles que je t’ai soumises
    Et CHe Fiendrai les exposer Tès que Ch’y serai inFité.
    Et pour montrer Ponne intention, Foici ma Karantie promise ! »
    Dit Constantïne tout disposé à prouver l’objectivité.

    Disparition

    L’arbre généalogique en mains, Loreleï s’apprête à repartir…
    « Mais où sont donc passées les filles ? » demande-t-elle d’un ton bourru…
    Après minutieux examen, Constantïne vient l’avertir :
    « Ici Teux sirènes roupillent mais la troisième a Tisparu ! »

    « Son poisson-chat est toujours là ; elle n’est donc pas repartie ! »
    Loreleï réveille les gamines et Olivïäne manque à l’appel
    On la recherche par-ci, par-là mais il faut en prendre son parti
    Malgré l’angoisse qui culmine, Loreleï sonne le rappel.

    Ô ALLEGÔRÏÄ

    « Nous rentrons chercher des renforts tandis que Constantïne reste
    Au cas où Olivïäne revient depuis un mystérieux passage… »
    Chez les LLyrïädes, on se fait fort de lancer des recherches prestes
    Lorsque d’une porte survient… Olivïäne avec un message :

    « Je reviens tout droit d’Atlantïs, téléportée par effraction !
    J’ai un message d’Astérias qui croyait retrouver sa fille…
    – J’avais piqué à Nérätïs sa bague d’auto-détection –
    Il est adressé à Cristïäs mais concerne toute la famille ! »

    Le message

    « Que d’Atlantïs on téléporte, c’est la Mantisse améliorée ;
    Que de Thestïäs on téléporte, Irénée y est arrivé ;
    Que des LLyrïädes on téléporte, ça, on ne peut plus l’ignorer ;
    Mais aujourd’hui ce qui importe, c’est que la Terre en soit privée ! »

    Image galerie

    Illustrations de Ledalïä.

  • La Cavale de Loreleï

    La Cavale de Loreleï

    Dans le gouffre bleu des ondes, la sirène est une cavale,
    Épousant les vagues en nombre avec beaucoup d’amusement.
    Son corps de cristal vagabonde dans une course terminale,
    Guidée par l’appel de ses ombres vers un futur apaisement.

    Les trois dauphins d’argent escortent sa farouche ardeur infernale,
    Fendant le miroir délicieux avec un bel emportement.
    Ainsi la princesse aux eaux fortes brise sa retraite hivernale,
    Pour boire l’écume des cieux dans un dernier consentement.

    Tableau de Kirk Reinert.

  • Civilités & Frugalités

    « J’ai enfin obtenu ce que cachait l’invitation de Constantïne.
    Apparemment le vieux nostalgique a fait le projet de retrouver tous les membres survivants de sa grande famille.
    Après tout sa généalogie peut nous être utile.
    Mais je dois en référer avec les LLyrïädes.

    Il faudra organiser une entrevue à notre retour. »

    Loreleï, responsable de la sécurité

    Civilités & Frugalités

    « Ach so! Fous Tefez aFoir faim! Faute de feu, tout est fruKal
    Mais CHe Fous propose un menu typique Te mon potaCHer
    Ce n’est sûrement pas aussi fin que Fotre cuisine locale
    Mais Koûtez-y sans retenue ; Fous en serez mes oPliCHés ! »

    « AlQues Fariées fraîches Tu CHour ; les rouCHes aciTes, les Fertes tenTres !
    « Anémones poiFrées que CH’importe d’Atlantïs et que CHe Pouture !
    Oursins aux pattes te Felours ; Koûtez-les, ils font Fous surprenTre !
    Coquilles Saint-CHacques en comporte et fruits Te mer en Konfiture ! »

    « Pour les Poissons, CHe me contente Te Tiffuser Tans l’eau Te mer
    Tes esturCHeons Te contrePante et à la ParPe de Petrossian !
    Ça fait comme une marée montante, Tans les Pranchies, en doux-amer !
    Enfin un Fer Te SamarkanTe pour TiCHérer à Pon escient ! »

    « Houla ! J’ai la tourne qui tête ! » dit Éôlïäne entre deux eaux…
    « Et moi je me sens si légère… » dit Azurïanne, « comme une écaille de corail ! »
    « Moi, je me sens un peu pompette ! » dit Olivïäne mezzo mezzo…
    « C’est une réaction passaCHère ! » Dit-il sans rassurer Loreleï.

    « Oui bon ! On va diluer tout ça et se prendre un grand bol d’eau fraîche !
    La prochaine fois, SANS PETIT VER ! » avertit Loreleï impassible.
    « Oja natürlich! CHe comprends ! Mes Fers sont encore reFêches
    Mais CH’en ai qui Fiennent du Cap-Fert, sans alcool et fermentescibles ! »

    « Fort bien ! » dit Loreleï calmement, « Maintenant je voudrais savoir
    Quelles sont tes résolutions envers mes filles, vieux pervers ! »
    « Il y a un passage attenant entre ici et le réserFoir
    D’Ophelíä en contriPution avec les courants outremers ! »

    « Je vois… et qui conduit à l’océan… » comprend Loreleï plus spécifique.
    « Oui, CHe Foutrai l’utiliser pour rechercher T’autres éKréKores
    Par Tes échanCHes Pienséants, de l’Atlantique au Pacifique,
    Afin de comptaPiliser les palais suPsistant encore ! »

    Illustration de Ledalïä.

  • Loreleï à la rescousse

    « J’avais autorisé les excursions au fond du lac à condition de semer des boîtes de thon pour baliser la piste.

    Quand Alinéor s’est plaint de la totale disparition de son stock, j’ai su qu’il y avait anguille sous roche.

    J’ai suivi prudemment le début de la piste et quand j’ai vu où elle conduisait, j’ai immédiatement compris que ce vieux forban de Constantïne était derrière tout ça. »

    Loreleï, responsable de la sécurité

    Loreleï à la rescousse

    Vendredi matin au palais de Constantïne une sirène
    S’annonce en criant haut et fort : « Ich grüße Euch, Herr vom Bodensee! »
    La même annonce qui emballait jadis sa personne souveraine
    Lui fait répondre avec effort : « Hoi Loreleï, Königin des Sees! »

    « Comment nous as-tu retrouFés ? » interroge le triton surpris ;
    « J’ai suivi les boîtes de thon qu’un Petit Poucet a semées ! »
    Dit-elle montrant, pour lui prouver, l’une des boîtes avec mépris.
    « Que fomentes-tu, vieux tritons avec des gamines désarmées ? »

    « Je Foulais CHuste leur montrer leurs oriCHines et leurs ancêtres ! »
    Dit Constantïne devant les filles : « Et tu n’as plus qu’à les reCHoinTre ! »
    « Tu nous as surtout démontré que tu es resté un grand maître
    Dans l’art de créer une famille avec ta palette de peintre ! »

    « Ma chère Loreleï… » dit Constantïne, « j’aurais pu fausser ces portraits
    Mais le même tartan iTentique de nos écailles authentifie
    La même oriCHine intestine que l’on retrouFe trait pour trait
    Dans notre Tynastie antique que la Kalerie certifie ! »

    « C’est fort possible ! » clame Loreleï, « mais tu devais passer par moi !
    Je suis la seule autorité responsable envers ces enfants !
    Heureusement, vaille que vaille, j’avais prévu depuis des mois
    Une méthode indispensable d’une candeur qui se défend ! »

    « Les poissons-chats n’aiment pas le thon ; si j’en emporte une provision,
    C’est pour indiquer mon chemin en les semant ! » dit Éôlïäne.
    Loreleï poursuit : « Mon vieux triton, révèle-nous avec précisions
    Le sceau au bas du parchemin signant ta lignée Océane ! »

    « SuiFez-moi toutes ! » dit Constantïne les entraînant vers son bureau
    Où des parchemins encadrés trônent sur les murs de salpêtre.
    « Voici l’oriCHine intestine aFec le sceau rouCHe Tes coraux
    ProuFant que nous sommes enCHenTrés par les mêmes illustres ancêtres ! »

    Illustration de Ledalïä.

  • Dans le désert ou à la plage

    Dans le désert ou à la plage

    Dans le désert, mets dans ton sac un dragon des sables crieur
    Et tu verras les autochtones rappliquer tout autour de toi.
    À la plage, dans ton havresac, mets un dragon des mers rieur
    Tu verras que s’y pelotonnent crabes et serpents, tous à la fois.

    Dragon des sables, dragon des mers, l’indispensable kit de survie.
    Tous les plus grands aventuriers ne se déplacent pas sans eux.
    Vous en trouverez à Saint-Omer où l’élevage est desservi
    Par tous les manufacturiers qui aiment arnaquer les niaiseux.

    Illustration de Moebius.

  • La prise par derrière

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    Menacer la Dame par derrière et, par des chemins de traverse,
    Menacer d’un échec au Roi sans regarder par devers soi,
    Puis, sans assurer ses arrières, roquer par sa tour de conserve
    Pour faire « mat » au grand désarroi de l’adversaire qui le reçoit…

    …Mais qui s’en fout apparemment. Quand on est Reine, on ne joue pas !
    On laisse les autres batailler et s’il faut, s’laisser capturer.
    Changer de Roi, évidemment, sans passer de vie à trépas
    Ça permet de discutailler avec les pions courbaturés.

    Tableaux d’Irene Sheri.

  • Nouvelle vague de couleurs

    Loreleï me submerge le cœur, Éoliane m’englouti l’esprit ;
    Il ne manquait plus qu’Arabelle pour dévorer ma tendre chair.
    Alors j’ai pris à contrecœur la première vague qui m’a surpris
    Et la deuxième, de plus belle, qui m’a envoyé en enfer…

    …l’enfer de toutes les couleurs avec Loreleï, la plus charmante,
    Éoliane la plus séduisante et Arabelle, la plus coquine.
    Elles m’ont fait mourir sans douleur d’amour et d’extase affamante,
    Ni harassante, ni épuisante, mais affreusement ultramarine.

    Illustration de Virgil Finlay.

  • Les petits rats d’or

    Les petits rats d’or

    Cet été, les petits rats d’or de l’Opera de la Méduse
    Sont échoués sur banc de sable au large d’un lac de Bavière.
    En automne tout le monde s’endort sans nous fournir la moindre excuse
    Et en hiver les responsables se sont jetés dans la rivière.

    Les touristes viennent de loin pour admirer cette sculpture ;
    Les photographes en raffolent en croyant saisir l’essentiel.
    Mais les mouettes, néanmoins, y voient surtout une pâture
    Où l’on picore et batifole avec des rats tombés du ciel.

    Au printemps, l’un ouvre les yeux, entraînant toute la pyramide ;
    Chaque rat court alors tout nu se cacher parmi les roseaux.
    Puis ils rentrent assez honteux et regagnent leur chrysalide
    Afin d’être au moins reconnu comme papillon par les oiseaux.

    Photo de Spencer Tunick.

  • Constantïne, sire de Constance

    « Invitées par ce curieux personnage, nos sirènes découvrent les vestiges de la civilisation de leurs ancêtres.
    Constantïne, sire de Constance, se révèle alors un hôte riche en histoires et en découvertes.
    Nos sirènes sont impressionnées. »

    Yavänor confident malgré lui

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    Invitées chez Sire Constantïne, les trois sirènes restent prudentes ;
    Elles ont suivi le vieux triton jusques aux rives allemandes.
    Incisé dans la serpentine ramenée par les eaux grondantes
    Du Rhin derrière un vieux ponton se dresse un château de légendes.

    « CHe Fis ici Tepuis longtemps quand l’AtlantiTe s’est effonTrée ! »
    Dit, en leur faisant faire le tour du propriétaire, Constantïne.
    « Foyez les portraits remontant à tous ceux qui m’ont enCHenTré
    Et obserFez Pien les contours et les couleurs Kréco-latines ! »

    « La vache ! » s’étonne Éôlïäne, « Ils ont les mêmes queues que nous
    Et les couleurs de leurs cheveux rappellent étrangement les nôtres ! »
    « Elle me ressemble ! » dit Azurïanne… « Par tous les dieux, où sommes-nous ? »
    « CHe Fous raconte si tu Feux ! » répond-il faisant bon apôtre.

    « CHe suis le Ternier TescenTant et Fous comprenTrez Pien ma CHoie
    Lorsque CHe Fous ai découFertes Zur les riFes Zuisse-alémaniques !
    CHe Fis Zurtout inTépenTant car hélas CHe n’ai pas le choix
    Sauf la fin que CH’aurais soufferte, chassé par la CHent CHermanique ! »

    « Mais quel est ce palais ? » dit une sirène curieuse et passionnée.
    « Ze sont les tout Terniers FestiCHes tes Krands chevaliers teutoniques
    AinZi que la Krante fortune dont les attaques occasionnées
    Ont releFé tout le prestiCHe contre les Zuisse-alémaniques ! »

    « Fenez ! CHe Fous fais Fisiter les CHarTins et les plantations
    Car nous étions FéCHétariens et aKriculteurs compétents ! »
    Ainsi, en exclusivité, les sirènes en contemplation
    Découvrent ce que les historiens renient depuis la nuit des temps.

    « Restez Tonc ici quelques CHours ; CHe vous conterai nos histoires
    Car certaines ont Peaucoup d’allure ! » propose l’hôte respectable.
    « Oui bon merci pour le séjour et ton invitation notoire !
    Allons donc nourrir nos silures ! » dit Olivïäne responsable.

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Le triton mystérieux

    « Un inconnu a suivi nos trois sirènes.
    Éôlïäne qui a des yeux de poisson-lynx l’a repéré tout de suite et l’a laissé s’approcher pour mieux le surprendre.
    Il s’avère être un personnage assez cocasse… »

    Yavänor confident malgré lui

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    « La tête que fera Alinéor ! » rit Éôlïäne faisant des bulles ;
    « Finalement, je lui ai pris tout son stock sans rien lui laisser
    Sauf un mot signé Yavänor disant qu’ÄLLÏÄ est somnambule,
    Qu’il ne doit pas être surpris et n’pas gronder l’intéressée… »

    Ainsi quatre ; trois montés par leurs écuyères
    Plus un pour nourrir tout le monde, filent tout droit vers l’autre versant.
    Elles ont décidé pour la forme de prendre la perpendiculaire
    Pour évaluer la profonde fosse du lac en le traversant.

    Ne regardant pas derrière elles, elles ne voient pas que leur sillage
    Est suivi par un mystérieux triton qui les a prises en chasse.
    Il n’a rien de surnaturel mais… c’est un mâle dont les écailles
    Ont ce même motif curieux que celui des trois queues fugaces.

    À mi-parcours le paysage offre l’étrange potamot de Suisse ;
    Une drôle de plante dont les tiges font plusieurs mètres dans ce milieu.
    « Les poissons-chats ont été sages ; on s’arrête dans ces abysses ! »
    Dit Azurïanne, noblesse oblige, par sa connaissance des lieux.

    « NON MAIS T’ES QUI ET TU FAIS QUOI ? » crie Éôlïäne sans baratin ;
    « Du calme ! Je n’vous veux aucun mal ! » dit l’inconnu levant les mains ;
    « ET TU PEUX NOUS DIRE POURQUOI TU NOUS SUIS DEPUIS CE MATIN ?
    QU’EST-CE T’AS ? UN PROBLÈME ANIMAL QUI POURRAIT S’RÉSOUDRE À LA MAIN ? »

    « CHe Fous ai Fues, hier sur la plage et CH’ai remarqué le tartan
    Te Fos écailles qui est le même que Zelui Te ma parenté ! »
    Dit-il en montrant l’assemblage de sa queue tout en écartant
    Le canevas du même thème que celui des trois effrontées.

    « Il a raison, le vieux croûton ! VENEZ LES FILLES CONTEMPLER…
    Et puis d’abord, présente-toi ! Qui es-tu et que nous veux-tu ? »
    « Ich bin Constantïne, der Triton, Sire de Constance, Z’il Fous plaît ! »
    Annonce-t-il d’un air courtois, « CH’en ai le titre et le statut ! »

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Pendant ce temps, trois sirènes rebelles

    « Nos trois sirènes, n’ayant pas la fibre maternelle, s’ennuient.

    Elles m’ont fait part de leur désir d’explorer les profondeurs du lac pour se distraire.
    Je n’y vois aucun inconvénient.
    Au contraire, leurs découvertes pourraient se révéler précieuses…
    Tant que cela ne met pas la communauté en danger, bien entendu… »

    Yavänor confident malgré lui

    Pendant ce temps, trois sirènes rebelles

    « Lïlïth, Ledalïä, Geminïä ; à présent ÄLLÏÄ et STELLÏÄ ;
    Et vu la tête de Nérätïs, on peut en prévoir trois de plus !
    Les trois bébés d’ALLEGÔRÏÄ seront bientôt neuf s’il n’y a
    Pas d’autre amour qui aboutisse avec sa surprise en surplus… »

    « Étant donné que j’ai dix doigts, je vous parie avant l’automne ! »
    Compte Éôlïäne, sûre d’elle à ses deux sœurs approbatrices.
    « Et nous qui ne sommes que trois, la vie va sembler monotone
    À devoir tenir la chandelle à ce groupe de reproductrices ! »

    « Et tous les hommes passent leur temps à pêcher ou à cuisiner
    Pour nourrir toute la smala quand ce n’est pas pour… autre chose !
    Deux meufs n’ont pas eu leur printemps mais elles paraissent vaccinées ;
    Elles n’ont pas de grand échalas ou sont atteintes de ménopause… »

    « Finalement… » dit Éôlïäne, « il n’y a que nous qui sommes libres
    Pour explorer et visiter le tréfonds du lac de Constance.
    Pour le moment, seule Azurïanne a pu trouver ce qui se livre
    À quelque étrange activité ou quoi que ce soit d’importance ! »

    « Te chercherais-tu un amoureux ? » demande Olivïäne impayable…
    « Certainement pas ! Mais j’en ai marre de pouponner trois tous-petits
    Et bientôt six, et vigoureux, et puis neuf bouches insatiables
    À produire un tel tintamarre que je cherche une porte de sortie… »

    « D’accord ! Mais plus de hub atlante, je crois qu’on a déjà donné ! »
    Pose Azurïanne comme condition. « Nous n’avons pas tout parcouru
    Et puis nous avons d’excellentes montures pour une randonnée
    Ou partir en expédition sans le moindre risque encouru ! »

    « Il nous faut des boîtes de thon pour nourrir nos trois poissons-chats
    Et tant pis si Alinéor râle et nous voue aux gémonies !
    Je vais en chiper dix cartons avec un mot pour le pacha…
    Ou plutôt alors Yavänor qui partage sans cérémonie ! »

    Illustration de Ledalïä.

  • Les poseuses

    Les poseuses

    On les appelle « les poseuses » à cause de leurs positions
    Qui attirent le client debout pour une thalassothérapie.
    Ensemble, elles paraissent causeuses et se mettent à disposition
    Pour vous offrir un bain de boue pour toutes les peaux décrépies.

    Et alors là, fini de rire car leurs corps nus nappés de boue
    Vous engloutissent de pied en cap hormis le nez évidemment.
    Le temps de vivre et de mourir, elles vous remettent debout
    Et, à coups de clic et de clac, vous giflent concomitamment.

    Celle au gros cul est réputée pour taper à coups de nichons
    Les petits mâles à sa portée bien rondouillards comme il se doit.
    Il paraît même qu’un député l’aurait traitée de cornichon
    Et qu’elle l’aurait mal supporté en le fourrant de ses gros doigts.

    Sculpture de Valérie Hadida.

  • En caressant ton iris

    Quand je caresse ton iris, je suis surpris par la douceur
    De ses pétales de velours et ses étamines soyeuses.
    Et n’en déplaise à Osiris et son lotus bleu précurseur,
    Je le préfère et le savoure malgré sa fleur de vie joyeuse.

    Mais voici qu’Osiris se venge et m’aspire dans le cœur béant
    De ton iris qui se referme une fois qu’il m’a absorbé.
    À moi de suivre la route des anges qui m’emmène à l’ovule géant
    Que je féconde car il renferme ma résurrection résorbée.

    Tableaux de Georgia O’Keeffe.

  • Convalescence et renaissance

    « L’état clinique de Lïlïth est désormais satisfaisant.
    Les paramètres maternels sont revenus à la normale et la présentation fœtale demeure stable.

    La poursuite d’une alimentation fractionnée, d’une bonne hydratation et d’un repos adapté est recommandée.

    La patiente est autorisée à reprendre progressivement ses activités, sous réserve d’éviter tout effort excessif. »

    Nérätïs, Princesse d’Atlantïs

    Convalescence et renaissance

    « Bien s’hydrater et fractionner les repas, si possible ! »
    Dit Nérätïs à Alinéor qui ôte viande crue et laitages
    Et commence à confectionner de petits mets plus accessibles
    Servis ensuite par Yavänor qui joue son rôle et davantage.

    Toute la nuit ils veilleront à trois : Yavänor, Laurelïne et Loreleï ;
    Chacune évoque les émotions suscitées lors de la journée.
    « Et Nérätïs qui, de surcroît, fut introuvable… aïe, aïe, aïe ! »
    Reprend Laurelïne dont la tension a enfin été ajournée.

    De temps en temps Alinéor frappe et leur apporte un plateau
    Il reste un peu pour plaisanter et faire retomber les tensions.
    Il sirote avec Yavänor un pinot noir de ses côteaux
    Après leur avoir présenté ses petits fours sans prétention.

    Plus tard Yanimïä, aux nouvelles, accompagnée de Nérätïs
    Vient surveiller le moniteur, pouls, température et tension.
    Puis, la perfusion, renouvelle avec du sérum d’Atlantïs
    Et demande aux trois visiteurs de sortir pour les ablutions.

    Jusqu’au petit matin ils veillent aucun des trois n’est fatigué ;
    Parfois l’un ou l’une s’endort et les deux autres veillent à sa place.
    Vers neuf heures, Lïlïth se réveille et a envie de s’alléguer
    Un peu de ce beau soleil d’or sur la plage avec une glace.

    Éôlïäne ainsi qu’Azurïanne se réjouissent de la voir,
    En sortant ensemble de l’eau de leurs queues toutes frétillantes,
    Bientôt rejointes par Olivïäne qui vient tout juste de recevoir
    L’écho de ce méli-mélo et sa bonne fin émoustillante.

    Quelques moules et quelques écrevisses composent un déjeuner frugal
    Qu’Alinéor tolère à peine pour leur goût jugé « plutôt fade » !
    Pourtant les femmes s’en ravissent pour leur matinale fringale
    Tandis qu’une averse soudaine met fin à la tendre escapade.

    Illustration de Ledalïä.

  • La Version par Manœuvre Externe

    «
    L’examen clinique de Lïlïth a mis en évidence une présentation par le siège, responsable des contractions prématurées observées à notre arrivée.

    Une Version par Manœuvre Externe a permis de rétablir une présentation céphalique satisfaisante.

    L’état de la mère s’est rapidement stabilisé et une surveillance a été maintenue par précaution. »

    Nérätïs, Princesse d’Atlantïs

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    « Nérätïs ! Merci ÏÄNIMÏÄ ! Tu étais notre dernier espoir !
    Lïlïth se sent mal et Cristïäs n’a rien vu ni pu opérer !
    Même avec l’aide de Yanimïä nous n’avions nulle échappatoire ;
    Pénélopïä, depuis Thestïäs, a enfin pu te repérer. »

    Lïlïth, allongée, est très pâle ; Cristïäs se tient à son chevet,
    La valise T.T.A. ouverte et Yanimïä du bout des lèvres :
    « Elle fait des attaques syncopales et ne parvient pas à se lever
    Je l’ai légèrement découverte pour lui faire retomber la fièvre ! »

    Nérätïs tâte alors Lïlïth et examine son abdomen ;
    La palpation abdominale repère les masses mobiles,
    Molles et dures qui facilitent le diagnostic du phénomène.
    Enfin un toucher vaginal et soudain Nérätïs jubile :

    « Il se présente par le siège et provoque l’accouchement
    Mais je maîtrise la technique qui permet de le retourner ! »
    « Il se présente par… le piège ? » demande Cristïäs bêtement
    « Peux-tu ôter ta mécanique et cesser de m’importuner ? »

    La Version par Manœuvre Externe de Nérätïs est très rapide ;
    Après étalement de pommade, elle exerce des pressions douces
    Afin que les tensions internes amènent la posture turpide
    À effectuer une roulade au gré des mains qui le repoussent.

    « Voilà c’est fait ! » dit Nérätïs. « Le bébé a pris la bonne place !
    Je vais la surveiller une heure mais elle va se sentir mieux !
    C’est pratiqué sur Atlantïs et c’est souvent moi qui me déplace
    Car il se peut que la mère meure si l’on ne se montre pas ingénieux ! »

    Soudain Lïlïth reprend conscience et paraît vraiment soulagée.
    « Ah Nérätïs, tu es venue ! J’avais contacté ÏÄNIMÏÄ ;
    Elle m’a suggéré ta science qui seule pouvait s’envisager.
    Ce pourquoi on t’a prévenue pour rentrer à ALLEGÔRÏÄ ! »

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    Illustrations de Ledalïä.

  • Pendant ce temps, la contagion continue…

    « Les paysages des Grisons offrent une remarquable initiation aux usages terrestres.
    Les déplacements les plus lents se révèlent parfois les plus instructifs.

    J’envisage sérieusement de recommander cette destination aux voyageurs atlantes. »

    Nérätïs, Princesse d’Atlantïs

    Image galerie

    Les ventres opèrent à distance et Nérätïs est réceptive ;
    Elle y met tellement de charme qu’ils feront l’amour plusieurs fois.
    Elle n’oppose aucune résistance à chacune des tentatives
    De Valérion mais rit aux larmes après avoir joui sept fois.

    Le ventre rieur et allègre, ils descendent à « l’Arvenstube »
    Le restaurant gastronomique pour un déjeuner consistant.
    L’estomac plein, ils réintègrent avec énergie radoubée
    Leur chambre pour un érotique petit caprice persistant.

    Plus tard, le sentier du Viaduc de Landwasser les hypnotise
    Avec toujours ce petit train infatigable des sommets.
    Et c’est la tournée des grands ducs avec assiette de mignardises ;
    Monsteiner bue avec entrain car il faut savoir assumer !

    Ensuite, le sentier FiliTour les conduit dans le vieux village ;
    Immersion socioculturelle directe aux décors historiques.
    Après quatorze petits tours auprès des maisons d’un autre âge,
    La marche paraît naturelle dans cet habitat féérique.

    Enfin randonnée ferroviaire obligatoire de l’Albula ;
    Le train remonte la vallée jusqu’à Bergün, autre village.
    Tandis qu’une graine pas peu fière métamorphose en morula,
    Nérätïs se laisse emballer vers Wiesen et ses paysages.

    Tous les soirs on rentre au bercail, le cœur chargé de souvenirs
    Et l’on compense la fatigue en dévorant, l’air ébahi,
    Jambon cru et des œufs de cailles car Nérätïs doit soutenir
    Une énorme faim qui l’intrigue mais à laquelle elle obéit.

    Un soir quelqu’un frappe à la porte ; c’est Pénélopïä essoufflée :
    « Votre Altesse doit rentrer car Lïlïth connait des problèmes
    Des contractions qu’elle supporte mal et dont elle est boursoufflée ! »
    Immédiatement recentrés, ils partent affronter ce dilemme.

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    Illustrations de Ledalïä.

  • Pendant ce temps, dans les Grisons…

    « Le voyage à bord des Chemins de fer Rhétiques s’est déroulé conformément aux attentes.
    Les visiteurs ont pu constater que certaines lenteurs constituent une qualité lorsqu’elles permettent d’admirer les œuvres de la nature. Les quartiers qui leur sont réservés répondent aux traditions de l’hospitalité atlante.

    Aucune anomalie n’est à signaler, hormis la propension de Valérion à confondre fatigue et émerveillement. »

    Nérätïs, Princesse d’Atlantïs

    Pendant ce temps, dans les Grisons…

    En longeant la vallée du Rhin avant l’ascension des montagnes,
    À bord d’un train de l’éminente enseigne « Chemins de fer Rhétiques »,
    Fendant les vallons riverains, un voyageur et sa compagne
    Observent la proéminente chaîne des Alpes helvétiques.

    L’un des plus beaux voyages en train du monde : le « Bernina Express »
    Dont les wagons rouges serpentent et relient Coire à l’Italie.
    Les jeunes gens, de bon entrain, peuvent évacuer tout leur stress
    Que le panorama enchante avec ses paréidolies.

    « Pour moi, la Téléportation aurait été bien plus rapide !
    Ton train bien sûr est très joli mais d’une lenteur désespérante ! »
    « Oui mais son utilisation aurait été trop intrépide
    Et provoquerait une folie sur les nations belligérantes ! »

    « Voici la gare de Filisur ! » annonce Nérätïs impatiente ;
    « L’hôtel Grischuna nous attend ; j’y ai réservé notre chambre ! »
    « C’est un remarquable séjour ! » dit Valérion à son amante
    « J’avoue : ce voyage éreintant m’aura brisé de tous les membres ! »

    Situé sur le quai de la gare, l’ancienne bâtisse historique
    Et son décor traditionnel les accueille dans « l’Arvenstube »
    Devant une vue qui s’égare sur la nature féerique
    Avec ses inconditionnels touristes par son charme adoubés.

    La chambre, tout en bois d’arolle, offre un silence contemplatif ;
    Une petite terrasse intime sur un paysage charmant.
    Nérätïs a tenu parole ; c’est un lieu représentatif
    D’un petit paradis magnanime pour y accueillir deux amants.

    Tandis que Valérion contemple, Nérätïs, elle, a tout rangé,
    Se rappelant avec humour qu’elle ne le fait pas souvent,
    Et puis soudain donne l’exemple en s’offrant nue et effrangée
    Afin d’inviter son amour à un érotisme émouvant.

    Illustration de Ledalïä.

  • À dos de zébrette

    À dos de zébrette

    Quand tu chevaucheras un zèbre, prend garde lorsque tu montes en croupe
    Au coup de queue qui s’ensuivra si tu n’es pas à la hauteur.
    Fais attention à tes vertèbres quand tu auras le vent en poupe
    Lorsque l’animal poursuivra les lignes dont tu es l’auteur.

    Sous le pinceau qui te dessine, l’illusion devient ton armure,
    Le noir et le blanc se confondent en un étrange battement.
    Tu n’es plus l’homme, ni la bête, mais une vivante rhapsodie,
    Qui court au gré de ses rayures vers un éternel changement.

    Photo de Lennette Newell sur https:lennettenewell.com .

  • Et pourtant elle tourne !

    Image galerie
    Image galerie

    Bien que Pi soit irrationnel et qu’il échappe à la raison,
    Ses effets sont universels et organisent nos saisons.
    La sphère règne interplanétaire et même les étoiles brillantes
    Ont cette forme élémentaire comme figure bienveillante.

    Et si c’est rond, sans doute alors Dieu et ses anges le sont aussi
    Avec Marie au ventre rond hormis Jésus, crucifié.
    À moins qu’il marque par sa mort le centre du cercle concis
    Pour dessiner aux environs la cible à disqualifier.

    Tableaux de Sam Brown sur https:www.ceruleansam.comsamartprints .

  • Pendant ce temps, Nérätïs & Valérion…

    « La mission d’exploration et d’échanges culturels conduite sur Thestïäs confirme l’intérêt d’un rapprochement avec Atlantïs.
    Nérätïs a rencontré une personne digne d’intérêt.
    Elle a prolongé ses échanges avec Valérion afin d’évaluer, sans précipitation, la portée personnelle de cette rencontre. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Pendant ce temps, Nérätïs & Valérion…

    Comment Nérätïs, une princesse, belle, intelligente et bien faite,
    Est-elle toujours célibataire alors qu’elle offre un bon parti ?
    Parce que les princes… quelle détresse ! des pédants aux humeurs surfaites ;
    Alors cette escapade sur Terre est une meilleure répartie.

    Mais la rencontre avec Cristïäs, ORPHÉÔN, ÄLLÏÄ et STELLÏÄ
    Lui ouvre de nouveaux horizons vers des personnes plus sympathiques.
    Ceux-là sont pris mais sur Thestïäs… sans doute d’autres héros, il y a ?
    Voilà qui change de la prison d’un mariage politique…

    Et ce poète Yavänor… un anti-héros attachant !
    Et le bel Irénée-le-jeune ! Et l’histoire de Ô ÏÄMÔURÏÄ !
    Et le beau chantre Alinéor… chef cuisinier si alléchant !
    Elle est séduite par la fashion du monde d’Ô ALLEGÔRÏÄ !

    Oui mais il faut en trouver d’autres… et où donc sinon sur Thestïäs,
    Berceau de tous les Irénée et l’aval de son intellect.
    Irénée désigné apôtre la guidera mieux que Cristïäs
    Qui risquerait de la freiner par ses lacunes en dialectes.

    Valérion lui plaît ; cependant elle aimerait mieux le connaître
    Le draguer est chose facile ; les femmes cultivent cet avantage.
    Elle va sonder ce prétendant… A-t-il du charme, du bien-être ?
    Lui parler n’est pas difficile et le sonder, pas davantage…

    Valérion est idéaliste, épicurien et touche-à-tout ;
    Pourvu de diplômes il se trouve juste à la croisée des chemins.
    Il hésite entre spécialiste… en quoi ? Il a tous les atouts !
    Ce qu’il lui manque, il le découvre par celle qui lui tend la main…

    Aller sur Terre… pourquoi pas ? Ou sur Atlantïs… c’est tentant.
    Il n’a aucun engagement et veut ouvrir son horizon.
    Et Nérätïs et ses appas… en un mot, il est : consentant.
    Il annonce sans ménagement : « Allons visiter les Grisons ! »

    Illustration de Ledalïä.

  • Pendant ce temps, Irénée & Nérätïs…

    « L’absence momentanée d’Irénée-le-jeune, signalée avec un léger retard par les convives d’Ô ALLEGÔRÏÄ, ne relevait d’aucune disparition inquiétante.
    À la demande de Son Altesse Nérätïs, et avec l’accord formel de Geminïä, l’intéressé a effectué une mission de représentation sur Thestïäs afin d’y recueillir des informations d’ordre monarchologique.
    Les premiers résultats semblent dépasser les objectifs initiaux de cette délégation. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Pendant ce temps, Irénée & Nérätïs…

    Nérätïs et le jeune Irénée avaient déjà sympathisé
    Non pas pour devenir amants quoique… elle n’aurait pas dit non…
    Mais après une course effrénée à chercher à localiser
    Nos Pieds-nickelés du moment, ils étaient amis pour de bon.

    Nérätïs rêvait de Thestïäs et envisageait une union
    Mais il y avait le protocole : une princesse ne part pas draguer !
    Elle a demandé à Cristïäs mais ce ne sont pas ses oignons
    Et seul le jeune prince caracole en tête des fils prodigués.

    Geminïä a tout préparé : sauf-conduit, lettres de noblesse
    Et l’arbre généalogique de la Dynastie d’Atlantïs.
    Nérätïs est désemparée mais elle lui a fait la promesse
    De l’aide monarchologique que ses aïeux lui garantissent.

    « Ouais bon ! Tout ça, c’est des papiers ! » dit Irénée pour couper court.
    « Je t’emmène voir mes copains parmi l’élite des champions
    De la fine fleur du quartier dans une faune hors-concours :
    Autour de “la pomme de pin”, un bal musette sous les lampions ! »

    Ça chante, ça danse et ça boit et les discussions vont bon train
    Notamment avec Valérion, un guitariste de renom.
    Plus tard, comme une biche aux abois, elle repense avec entrain
    À retrouver ce fils d’Orion qui l’a séduite pour de bon.

    Irénée connaît Valérion, amis d’enfance et frères d’armes ;
    Alors pour ne pas s’imposer, il griffonne un bout de papier
    Et quitte leur amphitryon pour rejoindre celle qui charme
    Ses jours et ses nuits, disposée à faire de lui son chevalier.

    Quand il regagne ses pénates, Ô ALLEGORÏÄ est en fête !
    On mange, on boit, on chante, on danse dans une histérie collective.
    « As-tu été bon diplomate ? » demande Geminïä satisfaite ;
    Il rit et, dans ces circonstances, embrasse celle qui le captive.

    Illustration de Ledalïä.

  • Loreleï et l’escarboucle

    Loreleï et l’escarboucle

    Les eaux du beau Danube bleu ont frémi jusqu’à la mer Noire
    Quand Loreleï portant l’escarboucle a traversé villes et villages.
    Remous de vase, remous sableux, on n’avait jamais de mémoire
    Vu les vagues faire autant de boucles et de troubles dans le sillage.

    Puis, par le détroit du Bosphore et par la méditerranée,
    Elle a regagné l’Atlantique, le Cap Horn et le Pacifique
    Pour retrouver les sémaphores du dernier phare suranné
    Où le vieux gardien nostalgique attend sa fin honorifique.

    Et Loreleï lui fera l’amour jusqu’à jouir d’une épectase
    Pour partir d’une mort sereine parmi les vagues scélérates.
    Loreleï appréciera l’humour de l’homme qui, en pleine extase,
    A su amuser sa sirène par ses histoires de pirates.

    Tableau de Marisa Moretti.