Auteur/autrice : Maryvon Riboulet

  • Le rouge et le blanc

    Le rouge et le blanc

    C’est connu comme le loup blanc mais ça revient à chaque époque !
    On s’arme pour être plus fort car on craint le grand méchant loup.
    On nous assomme de faits troublants et situations équivoques
    Pour nous effrayer sans effort, nous les béotiens tranquillous.

    Qui sommes-nous pour faire front ? De tous petits chaperons rouges
    Partant tous les jours travailler pour gagner l’argent pour le beurre.
    Quant à ceux qui nous font l’affront de nous faire craindre le péril Rouge
    Ou les migrants encanaillés, ils ne font que brandir des leurres.

    Ils nous annoncent des malheurs qui sont miroirs aux alouettes ;
    Ils veulent secourir les pays dont le sol regorge de richesses ;
    Ils nous envoient des footballeurs pour calmer nos tensions muettes ;
    Enfin sous nos yeux ébahis, ils vivent aux frais de la princesse !

    Mais sous les masques et les atours, qui tire en secret les ficelles ?
    Qui décide, au nom du bon droit, quel peuple aura son holocauste ?
    On nous abreuve de discours, mais la morale artificielle
    N’est qu’un rideau de mauvais choix où seule la misère nous accoste.

    Illustration de Cécile Matthey sur http:press.futurefire.net201409fragments-dhistoires-espace-kairos.html .

  • XX Le Jugement

    ÏÄMOURÏÄ

    XX	Le Jugement

    L’appel
    Voici venu le temps de l’ange annonciateur du jugement ;
    De sa trompette de lumière, il sonne la résurrection.
    Toutes les âmes mortes échangent leur respect dans un mouvement
    Qui les élève vers la bannière qui leur montre la direction.


    L’éveil des flammes
    Toutes les âmes s’illuminent, cheveux de feu et mains levées ;
    Toutes les âmes reconnaissent la source qui les a créées.
    Un soleil d’or leur dissémine l’énergie pour les abreuver
    De chaleur afin qu’ils renaissent dans l’amour qui est agréé.


    Les sept ressuscités
    L’âme des femmes en pâmoison, l’âme des hommes en soumission ;
    Chacun retrouve l’âme-sœur qui l’appelle par le son sacré.
    La nudité au diapason ne laisse aucune suspicion
    Ni doute envers l’ange assesseur pour le jugement consacré.


    Le rite de l’écoute
    Ici, la lumière est un son et le son est la vérité
    Qui frappe au cœur directement l’amour que nul ne peut entendre.
    Chacun reçoit comme un poinçon – celui dont il a hérité –
    Du moins s’il a correctement mené la vie qu’il dit prétendre.


    Le rite du feu
    Les langues de feu les accueillent pour l’ultime transformation
    Et les chevelures répondent en brûlant d’un feu angélique.
    Les corps recomposés recueillent la puissance de sommation
    En brillant d’une paix qui inonde cette transe somnambulique.


    L’illumination partagée
    Ils se regardent par l’œil du cœur que personne ne saurait voir
    Et vont retrouver les mémoires issues de leurs familles d’âmes.
    Tous se reconnaissent vainqueurs et en acceptent le devoir
    En signant la page du grimoire accrédité du pentagramme.


    Clôture et envoi
    L’ange qui a rempli son office reste en éveil, comptabilise
    Chaque âme qui a reconquis sa position attribuée
    Et qui agrandit l’édifice que le jugement stabilise
    Dans l’ÏÄMOURÏÄ, son prérequis, au nom de Dieu restitué.

    Tableau de Maryvon Riboulet.

  • XIX Le Soleil

    Laureline

    Ouverture cosmique
    Fiat Lux ! Que la lumière soit un Soleil qui s’épanouisse ;
    La Fleur de Vie, corolle ouverte vers toutes les sept dimensions !
    Que l’obscurité qui le reçoit devienne miroir et éblouisse
    Toutes les âmes recouvertes qu’elle gardait en détention.


    Les huit gardiens
    Ils étaient huit danseurs en fête dans leur chorégraphie céleste ;
    Chacun portant sur les épaules le poids d’un monde comme modèle.
    Des grands jusqu’au petit en tête, tous gravitaient d’orbites lestes
    Et tournaient autour de leurs pôles comme huit vestales fidèles.


    Laureline – Le rite de la coupe
    « Bois à ma coupe, voyageur et absorbes-en la lumière ;
    Que ma chaleur gagne ton cœur et qu’elle le transforme en étoile !
    Démons obscurs et ravageurs, transformez-vous dès la première
    Lueur de l’aurore vainqueur qui vous découvre et vous dévoile ! »


    Laureline – Le rite de l’épée
    « Bois mon feu ! Tu peux désormais aller sans craindre ma justice
    Car ma lumière est une épée qui illumine sans juger !
    J’adoube ton âme à jamais afin que ton cœur aboutisse
    À vivre dans chaque épopée un amour pur, sans préjugé ! »


    Le rite du pentacle
    Alors je deviens cœur d’étoile et mon corps matière commune.
    Je nais, je vis et puis je meurs pour le temps d’une éternité.
    Et le pentacle se dévoile des sept planètes et une Lune ;
    L’ÏÄMOURÏÄ est ma demeure et le Soleil, maternité.


    L’illumination du voyageur
    Devenu Ange de Lumière, j’en commence ma résilience
    Et danse avec mes partenaires où chacun m’apprend sa couleur.
    Moi, qui n’était qu’âme primaire, je suis devenu l’alliance
    Par l’addition des luminaires devenue gouffre des douleurs.


    Clôture et offrande
    Le Soleil parle et il sourit d’illuminer tous ses enfants ;
    Il vient d’inviter sa nouvelle convive à prendre part au festin.
    Par sa chaleur qui le nourrit et par son amour triomphant,
    Il ressuscite et renouvelle chaque prétendant à son destin.

    Tableau de Maryvon Riboulet.

  • L’Oiselle des forêts

    L’Oiselle des forêts

    Juste vêtue de quelques plumes comme parure sur ses épaules
    L’Oiselle des forêts s’envole au moindre bruit perturbateur
    Dans l’air chargé à plein volume du féerique monopole
    Accordé aux fées bénévoles par les esprits fabulateurs.

    Car la forêt respire, pense d’intelligence collectrice
    Et nécessite comme ouvrières toutes les nymphes sylvicoles.
    Ainsi l’Oiselle se dépense pour nourrir sa mère protectrice
    Par ses besognes vivrières et son secours arboricole.

    Un jour, je l’ai pourtant surprise en cheminant à pas de loup
    Autour de l’étang aux étoiles alors que j’écoutais son chant.
    Je restai là sous son emprise sous l’œil de ses oiseaux jaloux
    Jusqu’à ce qu’elle se dévoile et m’apostrophe en s’approchant.

    Son souffle avait l’odeur des sèves et le frisson du bois sacré,
    Sa voix tissait d’étranges trames où s’endormaient mille allusions.
    D’un battement d’ailes trop brèves, elle m’offrit un mot secret,
    Puis disparut parmi les rames dans un grand ballet d’illusions.

    Tableau d’Aleksei Vinogradov sur https:www.artstation.comavvart .

  • Perséphone sur ses grands bi

    Perséphone sur ses grands bi

    Si Perséphone à bicyclette a changé de cadre de vie,
    Elle ne sort que désormais sur ses grands bi uniquement
    Qu’elle conduit à l’aveuglette, yeux fermés, selon ses envies
    Comme si elle se conformait à un rite d’obscurcissement.

    Évidemment six mois d’enfer avec un mari répugnant,
    Six autres mois avec sa mère pour la saison printemps-été,
    L’ont forcée, pendant les transferts à rouler en se résignant
    À ses deux cycles intérimaires donc deux vélos à piloter.

    Elle pédale à tombeau ouvert la nuit de l’empire des morts
    En cherchant dans l’obscurité pourquoi son cœur a ses raisons.
    Elle pédale les yeux recouverts d’une cagoule de remords
    Car de Zeus elle a hérité la suprématie des saisons.

    Ô Perséphone, déesse errante, sur tes grands bi, funambule du sort,
    Franchis donc l’ultime lisière, pneus chantant sur l’onde des cieux !
    J’ajoute une strophe vibrante, dernier élan avant l’aurore,
    Tissant d’une ombre passagère un fil d’équinoxe à tes yeux.

    Ainsi, ton mythe roule et danse, entre deux mondes, un bal secret,
    Et moi, sur mon cycle ordinaire, dans l’enfer des transferts sans fin,
    Moi, le fugitif en errance, j’écris mes poèmes d’un trait.
    Et toi, à ton art légendaire, tu pédales jusqu’aux confins !

    Tableau d’Oleg Tchoubakov.

  • XVIII La Lune

    Loreleï

    XVIII	La Lune

    Yavänor – L’Appel nocturne
    Je traverse une nuit profonde, guidé par un rayon de Lune,
    Dans le silence relatif d’une forêt en demi-sommeil.
    J’entends le souffle et la faconde de l’astre et sa voix opportune
    M’appeler d’un impératif halo affable, or et vermeil.


    Loreleï – La Gardienne des Marées
    Miroirs d’eau et d’ombres argentées qui luisent et ruissèlent des sources
    Et qui s’écoulent des rivières en vagues de sang menstruel,
    Elle avait longtemps arpenté les terres aux nombreuses ressources
    Dont les sirènes de Bavière bénissaient chaque rituel.


    Yavänor – Les Bêtes sacrées
    J’ai vu taureaux, cerfs et chevaux aux crinières de feu et d’or,
    J’ai vu le loup et le renard entrer dans la ronde sacrée,
    Tourner dans un grand écheveau autour de la Terre qui dort
    Et faire sortir du brouillard tous mes vieux rêves consacrés.


    Loreleï – L’Initiation lunaire
    Je me suis approché de l’onde pour en absorber davantage
    Et mes yeux se sont dessillés et mes oreilles se sont ouvertes.
    J’ai vu leurs robes brunes et blondes et j’ai entendu leurs langages
    Dont les idiomes m’ont éveillé à de prochaines découvertes.


    Yavänor – L’Alliance des instincts
    Une louve est sortie de l’ombre – âme-sœur femelle animale –
    Et m’a invité à la suivre dans le mystère de ses limbes.
    Nous avons marché sans encombre sous la lumière minimale
    De la Lune couleur de cuivre qui m’a couronné d’une nimbe.


    Loreleï – Le Serment de l’astre
    Ceint de la couronne d’argent, la Lune est redevenue femme
    Et m’a enfoncé dans la chair l’empreinte des quatre saisons.
    Et nos âmes en se déchargeant de leurs désirs les plus infâmes
    N’ont conservé que les plus chers envers le cœur et la raison.


    Yavänor & Loreleï – L’Aube suspendue
    Une fois la ronde apaisée, les bêtes se sont évanouies
    Me laissant seul avec Loreleï qui m’observait d’un air moqueur.
    Mais il a suffit d’un baiser pour que ma Reine épanouie
    M’ouvre les portes de l’ÏÄMOURÏÄ, de ses amours er de son cœur.

    Tableau de Maryvon Riboulet.

  • XVII Les Étoiles

    Laureline & Loreleï

    XVII	Les Étoiles

    Yavänor – Adorer
    La Maison-Dieu m’a propulsé aux confins de notre Univers
    Et j’y découvre deux Étoiles prêtes à sustenter mon retour.
    L’éclat solaire du jour pulsé sur un paradis découvert,
    L’éclat lunaire qui dévoile une paix douce et sans détour.


    Laureline – Nourriture
    Débordante d’amour solaire, Laureline nourrit de sa coupe
    Contenant le sel de la Terre aérée de parfums floraux,
    Pareille à l’Étoile Polaire qui vous conduit le vent en poupe
    À travers l’interplanétaire dédale de l’Eldorado.


    Loreleï – Abreuver
    Profonde d’océan lunaire, Loreleï abreuve de son onde
    Contenant le feu de la Terre sublimé par l’eau-de-la-vie.
    Vestale depuis des millénaires qui veille à arroser les mondes
    De sa source qui vous désaltère et vous assure la survie.


    Yavänor – Goûter
    Alors je goûte de ma bouche la lumière liquide des Étoiles
    En m’émerveillant des saveurs – sel vaginal et virginal –
    Tandis que leurs auras se touchent à l’intersection et dévoilent
    Une espérance en ma faveur vers l’aboutissement final.


    Laureline & Loreleï – Rite de la Voie Lactée
    Les deux Étoiles jouissent ensemble et leurs fontaines alors fusionnent
    De toutes les amours cosmiques assaisonnées de connaissances.
    Toutes les vivres se rassemblent au milieu et approvisionnent
    D’une nourriture orgasmique l’être en quête de renaissance.


    Yavänor – Jouir et Boire
    Alors je découvre l’extase étoilée d’ambroisie céleste ;
    La coupe qui nourrit mon cœur et celle qui abreuve mon âme.
    Et mon passage dans l’épectase me débarrasse et me déleste
    Du poids de toutes les rancœurs mortes ad vitam æternam.


    Laureline & Loreleï – L’offrande finale
    Laureline-Soleil alors se lève, Loreleï-Lune entre en conjonction
    Et mon voyage peut reprendre sa folle course vagabonde.
    Puisque l’une et l’autre m’élèvent, j’avance avec la conviction
    Que nous allons tous entreprendre la construction d’un nouveau monde.

    Tableau de Maryvon Riboulet.

  • La Bacchanale des Sylves

    La Bacchanale des Sylves

    Ils s’étaient réunis, loin des regards du monde,
    Où la mousse s’endort et que le vent inonde.
    Le vieux Pan, tout couvert d’écorce et de rumeur,
    Sifflait des airs d’ivresse selon sa bonne humeur.

    Les nymphes, seins au vent, s’ébrouaient éventées,
    Couronnées de pétales et de rires enchantés.
    Leurs hanches épousaient les soupirs des feuillages,
    Et leurs lèvres souriaient de jolis babillages.

    Un faune agenouillé goûtait l’eau d’une épaule,
    Tandis qu’une harpie, filant comme une gaule,
    Épiait, œil ouvert, les élans des amants
    Et gloussait dans le ciel quand venait le moment.

    Syrinx était-elle là, ou bien son souvenir,
    Une ombre dans le jonc, une plainte à venir ?
    Mais nul ne craignait plus les dieux ou les silences ;
    Les cœurs battaient plus fort sans trop de vigilance.

    Car sous le chant de Pan, la pudeur se dissout,
    Et même les pucelles s’y allongent en-dessous,
    D’un baiser sur la bouche, d’un mensonge en retour,
    Elles jouissent sans honte, sans fard et sans détour.

    Tableau de Norman Linsay et Texte de Laureline Lechat

  • Les dimensions complexes

    Les dimensions complexes

    Quand trois dimensions ne suffisent plus à décrire ce que j’abomine,
    J’en rajoute une quatrième et parfois même une cinquième.
    Cela excite mon hypophyse à sécréter sa dopamine
    Qui m’en rajoute une sixième quand ce n’est pas une septième.

    Alors le temps fait une boucle, le phénix renaît de ses cendres,
    Les hommes et les femmes s’assemblent en alternant dieux et démons.
    Diamants, saphirs et escarboucles s’associent afin d’entreprendre
    Un scintillement qui ressemble à mon cœur d’étoile sans nom.

    Le passé se mêle au présent, le futur éternel absent
    Montre alors les évolutions avant que tout ait commencé.
    Sans doute un astre omniprésent rajoute une pointe d’accent
    Avec ses circonvolutions de supernova romancée.

    Tableau de Gregory Kurasov.

  • XVI La Maison-Dieu

    ÏÄMOURÏÄ

    XVI	La Maison-Dieu

    Yavänor – La Tour Vivante
    Au cours de son évolution, notre héritage s’est transformé
    De nos expériences enroulées autour du fil de notre Histoire.
    Mais il faut des révolutions pour nettoyer l’arbre formé
    Des blessures qui ont découlé de nos échecs et nos victoires.


    Laureline – L’Annonce du Feu
    Notre destinée nous oblige à nous soumettre à sa venue ;
    Pour cela nous devons quitter toutes nos anciennes coutumes ;
    Accepter ce qui nous inflige ce feu divin sans retenue
    Dont nous devrons nous acquitter sans révolte et sans amertume


    Loreleï – L’Impact Créateur
    Le feu frappera au sommet et sur nos plus hautes valeurs
    D’un éclat qui se transmettra à toutes les couches sociales,
    Brisant tous les liens assumés par des successions de malheurs
    Dont l’humanité connaîtra les métamorphoses raciales.


    Yavänor – La Chute des Figures
    Ceux qui tenteront d’échapper, disparaîtront dans le néant ;
    Ceux qui accepteront leur fin pourront passer au plan suivant.
    Le Diable sera rattrapé, puis tombera de son séant
    Et la planète verra enfin l’avenir des êtres vivants.


    Laureline – L’Abandon au Passage
    Tous ceux qui s’y sont préparés et auront allégé leur verbe
    Se verront doté d’un message par la clef de l’humilité.
    Il sera temps de séparer le bon grain des mauvaises herbes
    Et se tenir prêt au passage de toutes les possibilités.


    Loreleï – Le Sang et la Porte
    « Du passé faisons table rase, nous n’étions rien, nous serons tout ! »
    Le sang neuf des forces cosmiques nous épure dans notre chair.
    La destruction qui nous abrase reste malgré tout un bon atout ;
    La Maison-Dieu cataclysmique comme meilleure surenchère.


    Laureline, Loreleï & Yavänor – La Nouvelle Généalogie
    L’être nouveau est arrivé dans une totale expansion ;
    L’enfant-lumière évoque alors notre future incarnation.
    De cette chute dérivée, nait notre nouvelle ascension ;
    La corne d’abondance en or remplace la condamnation.

    Tableau de Maryvon Riboulet.

  • XV Le Diable

    ÏÄMOURÏÄ

    XV	Le Diable

    Yavänor – Le Cercle d’Or et de Sang
    Après le temps de réflexion et le temps du détachement,
    Je dois me confronter au Diable et ses perfides enchaînements
    Comme un miroir en connexion envers mes vieux attachements
    Dont la séquelle irrémédiable empêche mon achèvement.


    Laureline – L’Enchaînement Doux
    Mais si je l’affronte en direct, je me fais du mal à moi-même
    Et les attaches se resserrent comme une corde qui se tend
    Jusqu’à trouver l’accord correct qui me fait ressentir qu’il m’aime
    Alors que ses liens me lacèrent sans connaître ce qui m’attend.


    Loreleï – Le Corps et la Bête
    Les accords deviennent musique et m’entraînent dans une danse
    Au rythme des pas cadencés frappés au fur et à mesure.
    Mais mon cœur devient amnésique et perd de son indépendance
    Une fois que j’ai trop dansé longtemps sans pause ni césure.


    Yavänor – Le Jeu des Forces Contraires
    Les partenaires se regardent dans une étrange séduction
    Et les caresses se succèdent de plus en plus suavement.
    Je vois dans ses yeux, par mégarde, une irrésistible attraction
    Comme une âme-sœur qui m’obsède peu à peu convulsivement.


    Laureline – La Musique de l’Ombre
    Alors sur la corde enchantée, le Diable joue de mes désirs ;
    Je crois mon esprit libéré mais mon cœur disparaît dans l’ombre.
    Mais c’est mon âme épouvantée qui résiste alors au plaisir
    Lorsqu’elle a vu proliférer ses craintes et revenir en nombre.


    Loreleï – L’Alchimie du Feu
    Je les laisse me traverser sans les craindre ni les combattre
    Et leurs cris en dysharmonie geignent en plaintes tumultueuses.
    Les couleurs alors déversées prennent une teinte d’albâtre
    Et je fuis cette acrimonie qui m’apparaît délictueuse.


    Laureline, Loreleï & Yavänor – Le Retour avec la Braise
    Le Diable alors feint la surprise et ses démons quittent le cercle ;
    Nous avons traversé son feu sans qu’il ait pu nous consumer.
    Le miroir de l’enfer se brise une fois refermé le couvercle
    Et nos âmes de tous leurs vœux voient leurs épreuves assumées.

    Tableau de Maryvon Riboulet.

  • Ma mie, veux-tu ce bouquet ?

    Ma mie, dans ce bouquet, le monde se recueille,
    De pétales et de vent, le silence t’accueille.
    Viens, déposons ensemble ces fleurs d’août sur la table,
    Où la douceur s’installe, invisible, ineffable.

    Quand sous l’ombre légère, la lumière du soir
    Charmera tes paupières d’un nuage d’espoir.
    J’effeuillerai alors une ou deux marguerites
    Pour continuer dès lors sur toi ce tendre rite.

    Quand tu m’auras ouvert le bouton de ta rose,
    J’irai à mots couverts l’arroser d’une prose
    Plantée dans ton giron qui chantera tes charmes
    Quand mes vers agiront et sècheront tes larmes.

    Tableau de Vincenzo Calli.

  • Laure novice no vice

    Avant de devenir prêtresse des quatre éléments de la Terre,
    La novice va se nourrir d’eau de pluie et de fleurs des champs,
    Se repaître avec allégresse des rayons doux alimentaires
    Du soleil pour sa libido, son dernier, avant le couchant.

    Sur ses épaules l’eau ruisselle d’une rosée inachevée
    Où l’éclat du pavot s’accroche comme des taches rouge sang.
    Sous la pluie fine, elle chancelle, heureuse de parachever
    Sa vie claire comme de l’eau de roche tombant d’un ciel éblouissant.

    C’était la Laure des coquelicots perçant les champs de blé dorés ;
    Nue sous sa robe de bohème poussant gaiement des petits cris
    Sous les assauts inamicaux mais qui semblaient les adorer
    Comme on marche dans un poème qu’on n’aurait pas encore écrit.

    Tableau de John Anster Fitzgerald.

  • La rencontre, le rire et le fou-rire

    Plus belle que Brigitte Bardot déguisée en auto-stoppeuse,
    Elle m’attendait près de la borne sur la Nationale 113.
    Elle était tout, sauf un fardeau : aussi légère que pulpeuse
    Je l’ai appelée « ma licorne » et elle « mon petit cœur de braise ».

    Nous avons beaucoup rit ensemble durant le bal des débutantes,
    Nue sous une robe à volants qui provoquait mille sarcasmes
    À cause du mauvais exemple de ses pirouettes déroutantes
    Dont l’effet était affolant et déclenchait mille fantasmes.

    Et puis de rires en fou-rires je lui ai demandé sa main
    En mil-neuf-cent-soixante-deux, l’apogée des trente glorieuses.
    Mais elle a cessé de sourire lorsqu’elle a su le lendemain
    Que je n’étais qu’un galvaudeux poète à la rime rieuse.

    Illustrations de Georges Pichard sur https:lectraymond.forumactif.comt1138p125-georges-pichard-et-la-bd-pour-adultes# .

  • Butineuses printemps été automne

    Parmi les trois muses fleuries, j’appelle au jardin la première ;
    Celle qui butine les idées et les parfume de reflets.
    Avec la douce soufflerie des vents forts chargés de lumière
    Et d’inspirations décidées de fantaisies à m’insuffler.

    À l’été, mon cœur papillonne, gorgé du nectar récolté
    Par le pollen des mille fleurs dont l’autre muse est le ferment.
    Et les abeilles tourbillonnent, les faux-bourdons sont révoltés
    Mais meurent sous la reine en pleurs qui leur fait son dernier serment.

    Que tiendra la muse d’automne de la mort douce conservatrice
    Qui emportent les idées noires dans l’encrier aux oubliettes
    D’où nulle pensée monotone ne sortira vindicatrice
    Mais renaîtra de ma mémoire en fruits mûris pour la cueillette !

    Tableaux de Vincenzo Sguera.

  • XIV La Tempérance

    Laureline & Loreleï

    XIV	La Tempérance

    L’Unité siamoise
    Les deux reines n’en forment qu’une au cours de la cérémonie ;
    Chacune incarne ses valeurs, ses couleurs et ses énergies.
    Sans animosité aucune, elles co-existent en harmonie
    Et relient la douce chaleur de leurs forces en synergie.


    Le Cercle de l’Aura
    Le yin et le yang prédominent comme les battants d’un portail
    Lié aux puissances cosmiques générant le flux de la vie.
    Bleu féminin pour Laureline, Rouge masculin pour Loreleï,
    Et l’or des trois forces karmiques présentes au cœur en vis-à-vis.


    Les Deux Coupes Sacrées
    La coupe bleue des eaux du rêve, force négative de guérison ;
    La coupe rouge du feu ardent, force positive du dénuement.
    Les gestuelles précises et brèves, n’admettent aucune trahison ;
    L’écoulement se raccordant dans une boucle, continûment.


    Les Flux Croisés
    Les deux messages unifiés deviendront la source de vie
    En recombinant leurs vertus qui se renforceront ensemble.
    Renforcés et purifiés, ils assureront la survie
    De qui affronte et s’évertue à choisir la voie qui rassemble.


    La Guérison Douce
    Les sources ne sont pas détruites mais unies et amplifiées ;
    La guérison n’est efficace que si le dénuement épure.
    Ainsi la personne reconstruite reste un être authentifié
    Par cette double dédicace émanant d’origines pures.


    La Patience Cosmique
    L’alchimie use de patience car sa maîtrise, hors du temps,
    Remémore à l’homme-phénix la lente progression du cœur.
    Elle est gravée dans sa conscience, à même le fœtus débutant,
    Et baptise du sang de l’onyx son retour confirmé vainqueur.


    L’Annonce de la Prudence
    La chimie de la Tempérance annonce déjà la Prudence
    Indissociable et cardinale comme la Force et la Justice.
    Les vertus de prépondérance apporteront la providence
    Et la protection germinale pour que l’ÏÄMOURÏÄ s’investisse.

    Tableau de Maryvon Riboulet.

  • XIII Le Détachement

    Yavänor

    XIII	Le Détachement

    L’annonce à l’enfant
    J’ai eu conscience de la mort très tôt dans ma petite enfance ;
    La vie n’était plus éternelle ; funèbre en était l’oraison.
    Vivre et Mourir… quel oxymore pour mon petit corps sans défense
    Encore à l’école maternelle bien avant l’âge de raison !


    Le refus
    J’ai rejeté ce châtiment, persuadé d’être éternel
    Et me suis forgé ma raison de vivre sans jamais mourir.
    Et cette peur, infiniment obsédante comme une ritournelle,
    A marqué tout mon horizon à me hanter et m’en nourrir.


    La grande négociation
    J’ai usé mille stratagèmes et subterfuges de toutes sortes,
    Pris la voie de la religion et de la réincarnation,
    Me suis soumis à l’anathème – sinon que le diable m’emporte –
    Jusqu’à n’y voir que contagion de la peur et la damnation.


    Le choc du Pendu
    Mais les épreuves de la vie, notamment mes basculements,
    M’ont modifié brutalement et brisé mes appréhensions.
    Devant lutter pour ma survie, j’ai perçu dans un dénuement
    Un profond renouvellement de mes intimes présomptions.


    L’inévitabilité
    Je ne lutte pas contre la marée ni ne nage à contre-courant ;
    J’ai accepté l’irrémédiable, bravé ma thanatophobie
    Par un besoin de m’amarrer aux enseignements concourants
    D’après des voies appropriables qui m’éloignaient de mes phobies.


    L’espérance
    Or j’ai été accompagné durant mes jours de désespoirs
    Par une voix qui me portait pour me redonner du courage.
    Elle m’a fait peu à peu gagner sa confiance avec espoir
    Et sa patience l’a emporté faisant plus que force ni que rage.


    L’abandon au flux
    Je suis celui qui naît et vit, puis qui mourra suivant la vague
    Et je subis son attraction vers des lieux indéfinissables.
    Les espérances que j’ai gravies malgré mes craintes qui divaguent
    me paraissaient hier abstraction mais demain inassouvissables.

    Tableau de Maryvon Riboulet

  • Plusieurs regards nécessaires

    Plusieurs regards sont nécessaires pour lire et comprendre le monde
    Sous toutes les différentes couches sociales, religieuses et ethniques.
    Plusieurs lunettes et un glossaire pour les langages qui abondent
    Et plusieurs oreilles qui débouchent sur un cerveau mnémotechnique.

    Ainsi, pour moi qui comprends vite lorsqu’on m’explique lentement,
    J’ai besoin de vérifier chaque information à la fois
    Je filtre celles qui gravitent dans l’orbite du gouvernement
    Et vois si je peux m’y fier et accorder toute ma foi.

    Me méfiant de ma mémoire que je déforme en consultant,
    Je fais usage des IA pour résumer l’actualité
    Sinon j’utilise la passoire du vieux Socrate consistant
    À passer au crible s’il y a du poids pour toute éventualité.

    Corroborer la vérité n’est pas le plus facile à faire ;
    Confirmer l’apport bénéfique devient une histoire de fous ;
    Quant à savoir l’utilité pour ma part, c’est toute une affaire ;
    En bref, tout est philosophique quand je peux dire que je m’en fous !

    Tableau de Gervasio Gallardo.

  • L’Afrique vue par… mon petit doigt

    L’Afrique vue différemment par ceux qui découpent la carte,
    Qui collent les États-Unis sur la savane et le désert,
    Qui font rentrer indécemment la Chine là où le Nil s’écarte
    Et qui posent un drapeau jauni comme ferait un cache-misère.

    L’Afrique vue conséquemment par ceux qui likent sans regarder,
    Qui partagent soit une girafe, soit un gorille miraculé,
    Experts d’un soir prétendument, prophètes qui savent clavarder
    Comme une pluie tombe en carafe sur un toit de tôle ondulée.

    L’Afrique vue concurremment entre BRICS et G7 enfin !
    L’un qui dépouille et qui promet des royalties aux rois immondes.
    Et l’autre qui veille nonchalamment à placer ses troupes aux confins
    Pour l’envahir lors du sommet sur la domination du monde.

    L’Afrique vue personnellement… j’ignore tout ou presque tout…
    Le colonialisme est fini mais les plaies sont restées ouvertes.
    Mais à choisir inversement les bras d’un autre Manitou,
    Quelle nouvelle Afrique définie soignera les plaies qu’elle a soufferte ?

    Illustrations d’après https:vahineblog.over-blog.comarticle-le-pillage-de-l-afrique-111729248.html .

  • XII Le Pendu

    Yavänor

    XII	Le Pendu

    Rite de la Coupe de Laureline : Volonté de rupture
    Craignant de ne pas accomplir la mission qui était la mienne,
    J’ai prié pour mon changement quel qu’en soit le prix à payer.
    Un accident a su remplir de façon plutôt draconienne
    Ce vœu lors d’un évènement que je ne saurais déconseiller.


    Basculement initiatique
    Je suis tombé de quinze mètres et me suis brisé le bassin ;
    J’en suis ressorti par miracle grâce à une anticipation.
    La douleur a été mon maître d’un acharnement assassin
    Qui a confronté au pentacle ma cruelle participation.


    Entrave sacrée
    Sept mois passés à l’hôpital dont un mois d’intense douleur ;
    Deux mois passés nu, entravé, prisonnier d’un corps de souffrance ;
    J’ai subi ma peine capitale et vu, de toutes les couleurs,
    Ma situation s’aggraver durant cette épreuve d’errance.


    Inversion du regard
    Mon univers a basculé et a dissout mes habitudes ;
    Ma carrière s’en est ressentie et ma famille déboussolée.
    Mon corps pourtant miraculé a recouvré son amplitude
    Malgré des séquelles bien senties qui ne se sont jamais consolées.


    Rite de l’épée de Loreleï : Reflexion
    Mais je n’ai jamais retrouvé vraiment l’homme que j’avais été ;
    Mon passé paraissait un rêve et le présent comme une absence
    Dans laquelle mon corps éprouvé ne trouvait plus son unité
    Et j’ai dû aspirer sans trêve à de nouvelles connaissances.


    Le temps de décision
    J’ai abandonné ma carrière, j’ai renoncé à ma compagne,
    J’ai cherché de nouveaux contacts et de nouvelles activités.
    Malgré les nombreuses barrières, j’ai cru qu’un futur de cocagne
    M’offrirait le désir intact de vivre mon objectivité.


    Rite du Pentacle : Renaissance
    J’ai poussé ma transplantation vers une retraite de bohème ;
    J’ai confié mon âme à un autre nouveau pays, nouvel idiome.
    Mes nouvelles orientations m’ont fait écrire des poèmes
    Dans lesquels je me fait l’apôtre de l’ÏÄMOURÏÄ et son royaume.

    Tableau de Maryvon Riboulet

  • Sans dessous ni pardessus

    « Quand le poète du dessous rongeait ses rêves à la coque,
    Il s’était lors fait recaler par trois fées sans la moindre équivoque.
    Il confondait mon coquillage avec le vide d’un bob de marque
    Et me parlait de son naufrage tout en bandant mou dans sa barque.

    Je l’ai vu débarquer, trempé, les vers à l’envers dans les bottes,
    Il m’a chanté tous ses ratages comme d’autres offrent une compote.
    Mais moi j’suis pas du genre complice des âmes molles ou des quenottes ;
    Je l’ai mordu, je l’ai léché… et j’ai joui quoi qu’il m’importe.

    Quand la sirène du dessus refait surface dans ses murmures,
    C’est que le chant m’a transpercée et que j’en perds toute mon armure.
    Je deviens l’écume féconde, la fleur obscure, la morsure…
    Et je l’attire à la seconde où mon clitoris me le susurre.

    Alors il plonge, et moi je ris, je l’enveloppe, je le serre,
    Il croyait baiser une image, il épouse tout un mystère !
    Mon sanctuaire se déploie, il pleure, il vibre sous sa chimère
    Et le gorille en rut devient… un dieu échoué dans la mer. »

    Tableaux de Barbara Yochum.

  • Sens dessus dessous

    Quand la sirène du dessus prend des vacances méritées,
    Elle passe son temps à bronzer en étalant sa queue dorée.
    Celui qui n’a jamais reçu l’amour avec célérité
    Qui vous transforme un chimpanzé en un gorille revigoré !

    Alors j’suis allé aux sirènes comme d’autres vont voir les putes
    Cependant j’étais plus porté sur les amourettes acoustiques.
    Les trompes des salopes reines m’ont désaccordé en disputes
    Et j’ai dû m’enfuir, emporté sur une mer de fantasmes épiques.

    Quand la sirène du dessous suit le train-train du quotidien,
    Elle prend son mal en patience en guettant l’heure de sa retraite.
    En attendant, elle dissout ses appétits clitoridiens
    En attirant par insouciance les rêveurs charmés, d’une traite.

    Après avoir été blasé des aventures balnéaires
    Avec les nymphettes idiotes du style « plus bête que moi, tu meurs ! »,
    Je me suis senti embrasé en visitant le sanctuaire
    D’une sirène en papillote qui m’aima… et de bonne humeur.

    Tableaux de Victor Nizovtsev et Barbara Yochum.

  • XI La Force

    Loreleï

    XI	La Force

    Humilité + Volonté = Alignement
    L’humilité consciente m’ouvre un monde extrêmement plus vaste
    Mais c’est ma volonté d’agir qui impulse mon premier pas.
    Alors la clarté se découvre, mon geste s’ancre et devient juste,
    L’alignement va m’assagir sinon la force ne suffit pas.


    Observation + Endurance = Stabilité
    Voir sans troubler et sans juger l’autre mais le voir pleinement
    Et m’exercer à endurer l’effort avec force requise,
    Permet de voir sans préjugé et suivre avec entraînement,
    Ma vigueur qui va perdurer pour ma stabilité acquise.


    Accueil de l’ombre + Confiance = Intégrité
    Accueillir l’ombre sans l’éviter et tenir bon sans m’égarer,
    Accepter ma lumière interne et faire confiance en moi-même,
    Procure de la longévité et permet de me préparer
    Envers tous mes conflits externes ainsi que mes propres dilemmes.


    Laisser vivre + Ténacité = Liberté fidèle
    Je sais aimer sans retenir, je sais tenir sans posséder
    Je reste fidèle à ma voie, tenace envers mes points d’ancrage,
    Je m’ouvre afin de revenir à l’attachement concédé
    Envers ceux qui suivent ma voix et écoutent mon arbitrage.


    Douceur des limites + Patience = Autorité sereine
    Je sais dire non mais avec grâce, je pose mes limites sans crier,
    Je sais attendre le bon moment dans une patience sereine.
    Je n’agis pas avec disgrâce, mon pouvoir est approprié
    Et ma vie devient un roman d’une puissance souveraine.


    Inspiration + Résistance = Rayonnement
    J’aspire à ma transformation par l’amour qui seul sait m’étreindre
    Et je me tiens toujours debout contre les vents et les marées.
    J’apporte l’illumination qui sait attirer sans contraindre
    Ceux qui me suivront jusqu’au bout et se tiennent prêts à démarrer.


    Persévérance humble + Victoire offerte = Accomplissement pur
    Je continue et persévère jusqu’à ma dernière bataille
    Et j’irai jusqu’à la victoire sans le moindre affaiblissement
    Car l’objectif que je révère et qui est ma pierre de taille,
    C’est la divine trajectoire qui mène à l’accomplissement.

    Tableau de Maryvon Riboulet

  • X La Roue de la Fortune

    ÏÄMOURÏÄ

    X	La Roue de la Fortune

    Laureline
    « Voici ma coupe voyageur ! Absorbes-en la quintessence !
    Toi qui fait tes acrobaties, bondissant dans un ciel d’azur !
    Quitte ce monde ravageur et plonge-toi dans mon essence
    Où cessent les péripéties livrées au fur et à mesure ! »

    Loreleï
    « Voici l’épée dressée pour toi, rouge, embrasée, fine et ardente !
    Je juge ton ancienne vie et te dépouille de ta chair !
    Ici, ton âme se nettoie de ses actions cauchemardantes
    Pour que ta peur qui me ravit devienne mon feu le plus cher ! »

    Laureline
    « Regarde les trois dimensions des tes anciens démons sucrés !
    Regarde les anges en action qui se dégagent de la nuit !
    Ma coupe verse en prévention toutes tes larmes consacrées
    Et chaque tour, en réaction, chasse la noirceur qui te nuit ! »

    Loreleï
    « Je veillerai à ta descente où l’ombre devient protectrice !
    Je te guiderai de mon feu qui brûle pour te révéler
    Ton âme nue incandescente auprès de ta mère conceptrice
    Et c’est moi qui, de tous mes vœux, t’enfanterai auréolé ! »

    Laureline
    « Je verserai quand tu remontes encore de ma coupe d’étoiles
    Portée par les anges qui t’aident et tes vieux démons qui s’esquivent.
    Toi, l’acrobate, tu surmontes la chute enfin qui te dévoile,
    Qui juge, mesure et qui plaide pour l’abondance en perspective ! »

    Loreleï
    « Au bas du cercle, l’enfant violé par la vie est prêt à renaître ;
    Écoute et comprends le message de ton habit de nudité !
    Tu entres dans l’ultraviolet, couleur que tu sais reconnaître,
    Car je t’ai ouvert le passage vers ta prochaine vérité ! »

    Laureline & Loreleï
    « Monte, descends, tourne, renais, risque la Roue de la Fortune
    Et nous, tes Reines, t’aimerons et tu en seras revigoré !
    À chaque tour, reconnais donc notre présence si opportune
    Qu’à chaque tour, nous t’aideront d’un amour sans cesse majoré ! 
    »

    Tableau de Maryvon Riboulet

  • Un petit moment de féérie

    Au Bois-Dormant on est en liesse ! Notre princesse est revenue !
    Un faux prince l’avait séduite et emportée on ne sait où !
    Un homme, hier, avec hardiesse nous avait, c’est vrai, prévenus ;
    « Votre dame hélas éconduite retournera demain chez vous ! »

    Les elfes dansent, le cœur en joie ; les fées allument les lampions ;
    Tous les esprits de la forêt s’animent d’une verve sereine.
    Devant leurs portes, les villageois veulent faire honneur au champion
    Qui leur ramène, déshonorée mais saine et sauve, leur souveraine.

    Mais soudain on le reconnaît : « C’est lui qui nous l’avait ravie ! »
    Alors le silence se fait, il parle d’un air triomphant :
    « Il y a un an, je braconnais ; il me fallait gagner ma vie ;
    Je l’ai enlevée, en effet, mais elle est mère de mes enfants ! »

    Perplexité dans l’assemblée. On hésite entre haine et grâce.
    Les elfes sont au garde-à-vous, les fées suspendent l’instant qui luit.
    Devant ses sujets rassemblés, débarrassée de sa disgrâce,
    Le cœur transi, elle l’avoue : « Je n’ai jamais aimé que lui ! »

    Tableau de David LaChapelle.

  • Quand l’homme-loup sort du bois

    Panique en terrain Helvétique ; l’homme-loup est sorti du bois,
    Les troupeaux étaient menacés et l’on craint pour le loup-garou
    Dont l’ombre rouge et hérétique sous la pleine Lune flamboie !
    Un vent de folie angoissée s’avance sur les chapeaux de roue.

    Mais le voici sur la clairière, la silhouette à découvert ;
    Seuls quelques rapaces nocturnes ponctuent le silence immobile.
    Soudain il force la barrière et franchit le portail ouvert
    Sous une Lune taciturne et son halo indélébile.

    Or la Lune est devenue rousse car la Terre l’a éclipsée ;
    Moment tragique, astronomique, générateur de désespoir.
    Dans l’atmosphère qui se courrouce, bientôt une femme sera fixée ;
    Celui qui vient, fantomatique, est peut-être son dernier espoir.

    Faut-il lui faire bon accueil ? Elle frémit sous l’ombre mouvante,
    Ses yeux perçant l’éclipse noire d’où émerge un ancien serment.
    L’homme-loup parait sur le seuil, sa voix rauque et douce l’enchante,
    Puis dans un geste incantatoire, l’emporte vers le bois dormant.

    Tableau de Robert Frondozio.

  • IX L’Ermite

    Yavänor

    IX	L’Ermite

    La spirale du retrait
    Elle ne marche pas mais elle spirale dans une danse lente et juste ;
    Retirée de la société, elle ne fuit pas mais se recentre.
    Sortie des pensées carcérales d’un monde souvent trop injuste,
    Elle évolue à satiété depuis l’intérieur de son ventre.


    Le serpent de la connaissance
    Sa connaissance reptilienne se développe et reconnecte
    L’art muet que ses yeux expriment car la parole est déloyale.
    Or sa sagesse autant ancienne que mystérieuse fait la collecte
    De sa lumière qui s’imprime dans ses volutes mémoriales.


    La flamme intérieure
    Alors son cœur se met en transe et l’ermite se fait danseuse
    Car le feu au sein du vivant transmue sa futile solitude.
    Elle effectue ses pas de danse et soudain devient l’annonceuse
    Des expériences se ravivant dans une sage infinitude.


    Les cercles de fleurs
    Les fleurs des différentes spires rappellent les épreuves subies ;
    Des souffrances évanouies aux victoires épanouies.
    Pour le meilleur et pour le pire, chaque intention, chaque lubie
    Devient symbole qui éblouit de révélations inouïes.


    Le lien invisible
    Le serpent semble l’attacher mais en vérité s’assimile
    À la profonde intimité du corps, du cœur et de son âme.
    Et de ses deux mains harnachées sur les écailles du reptile,
    Il crée un lien illimité qui lui donne l’aspect d’une femme.


    La traversée du silence
    Et cette tête de serpent représentée par son visage
    Écoute les étoiles en silence et lui renvoie le chant cosmique
    Qu’elle retransmet en l’extirpant par un complexe balisage
    Tout en gardant sa vigilance par sa pantomime eurythmique.


    Le retour du veilleur
    Lorsqu’elle revient de sa retraite, son organisme est transformé ;
    La vérité de l’expérience sort par ses yeux et nous inonde.
    Mais l’Ermite restera secrète sans propension à informer
    De son pouvoir de clairvoyance qui pourrait éclairer le monde.

    Tableau de Maryvon Riboulet

  • VIII La Justice

    Laureline

    VIII	La Justice

    Le cœur et le calice de Laureline
    Elle commence avec le cœur et le calice la recueille.
    La Justice n’est pas jugement mais équilibre pertes et profits ;
    Elle pèse souffrances et douleurs avec l’agrément qu’elle accueille
    Sans condamner mais assumant l’impartialité indivis.


    L’épée droite de Loreleï
    Elle ne tranche que l’illusion et sépare l’ombre de la lumière.
    L’épée de Loreleï à droite ne punit pas mais clarifie ;
    Elle désigne la confusion, dévoile la vérité première
    Et guide de façon adroit sans dominer mais qualifie.


    Le miroir de l’âme
    Dans le miroir de la Justice, l’âme alors se découvre nue.
    Sans honte, sans orgueil, sans audace mais par responsabilité ;
    Par ses bienfaits, ses préjudices, l’âme est entièrement reconnue
    Les déséquilibres sont loquaces avec toute crédibilité.


    L’écoute du souffle intérieur
    Elle accorde à son diapason le cœur qui vibre en harmonie.
    La Justice se fonde sur l’écoute du souffle de l’âme vivante ;
    Laureline atteint la pâmoison avec grande parcimonie
    Mais aussi, bien qu’il lui en coûte, elle peut brandir l’épée fervente.


    Le Verbe mis à nu
    Au commencement était le verbe, à la Justice de conclure.
    Chaque mot est aussi léger qu’une plume et lourd comme une pierre ;
    L’épée de Loreleï, acerbe, saura l’inclure comme l’exclure,
    Accuser ou bien protéger la langue qui parle la première.


    Le jugement sans punition
    L’ÏÄMOURÏÄ rééquilibre ; il n’y a pas de châtiment.
    Toute erreur devient un leçon qui nous permettra d’avancer ;
    L’épée de Laureline recalibre, celle de Loreleï également ;
    Les deux ensemble sans façon réparent ce qui est offensé.


    L’Équilibre royal
    Assise entre l’épée et la coupe, Laureline assume la Justice.
    Par l’union du discernement, de l’amour et la compassion.
    Dans ce fondement se regroupent toutes les lois qui aboutissent
    À l’ÏÄMOURÏÄ justement fondé par l’accréditation.

    Tableau de Maryvon Riboulet

  • En attendant le grand Amour

    En attendant le grand amour, que faire pour préparer son cœur ?
    Faut-il l’entraîner tous les jours aux plaisirs des jeux des garçons ?
    Apprendre à avoir de l’humour face aux rires des hommes moqueurs
    Qui la titilleront toujours quoi qu’elle fasse de toutes façons…

    Le Prince Charmant se fait attendre et Cendrillon, mélancolique,
    S’ennuie toute seule sur son lit à force de redessiner
    Mille fois la carte du tendre et ses étapes bucoliques
    Dans les paysages d’Italie pour une folle destinée.

    Mais Cendrillon devient morose car les jours filent et défilent,
    Le temps arrête les secondes dans une attente sempiternelle.
    Elle rêvait la vie en rose mais c’est le blues qui se profile
    Avec le cœur qui vagabonde dans une triste ritournelle.

    Mais soudain, minuit carillonne et, dans l’écho d’un doux mystère,
    Un homme dans les ombres opportunes traverse le jardin, masqué.
    Elle sourit, son ventre papillonne ; un vent d’amour flotte dans l’air ;
    Soudain sous un rayon de Lune… le Prince Charmant est démasqué.

    Tableau d’Alex de Marcos.

  • L’Épikon et la femme à pois

    Quant au problème de l’Épikon… ce devait être un drôle d’oiseau !
    Et à propos de la femme à pois… ce devait être alors à la mode !
    Sans doute des pois rubiconds entr’aperçus sur les réseaux
    Enchéris et vendus au poids de l’autre côté des antipodes…

    Ou bien un rêve de l’artiste qui voyageait en Absurdie
    Dans quelque pays des merveilles qu’Alice n’aurait pas visité.
    Songe ou mirage d’occultiste dont l’esprit s’est abasourdi
    Après mille-et-une nuits de veilles frôlant la dangerosité.

    Mais si j’en crois ces irruptions d’une Vénus stéatopyge
    De la couleur du volatile perché au-dessus de sa toque,
    Il s’agirait de corruption qui, sur ses fesses callipyges,
    Lui aurait de façon contractile inoculé des gonocoques.

    Illustration de Roland Topor.

  • VII Le Chariot

    Laureline & Loreleï

    VII	Le Chariot

    Laureline
    J’offre mes cuisses à la lumière du jour pour attirer ton âme
    Là où ton cœur brûle d’aimer toutefois sans se consumer !
    Je me suis approché la première et je suis devenue ta femme
    Pour te permettre d’essaimer en moi tes enfants assumés.



    Loreleï
    J’offre mes reins qui sont la force de la nuit pour ouvrir ta voie
    Toute droite vers apogée même si le chaos nous attend !
    Grâce à moi, tu brandis le torse et je te guide de ma voix
    Qui te permet de t’abroger toutes les contraintes qu’on te tend.



    Laureline & Loreleï
    Nous nommons ton sceptre « Tendresse » et ta couronne « Reconnaissance »
    Nous, tes Reines, te ferons l’amour pour t’insuffler notre énergie.
    Car c’est par nous que tu progresses depuis ta deuxième naissance
    Grâce à notre polyamour qui devient alors synergie.

    Demain, tu n’es plus conquérant mais consacré par notre élan !
    Tu ne roules plus sur des routes de pierre mais sur nos corps nus
    Que nous offrons au vétéran de l’amour qui va révélant
    Notre royaume sans déroute à celles que tu as reconnues.



    Yavänor
    Et moi, je me sens attiré par votre charme irrésistible
    J’ai envie de vous chevaucher à cru pour caresser vos reins
    Avec vous je repartirai chaque jour irrépréhensible
    Vers chaque expérience ébauchée par vos deux amours souverains !


    Laureline, Loreleï & Yavänor
    Nous sommes tous d’un même corps : moteur de ton individu,
    Cœur qui t’insuffle le désir, âme qui voyage en confiance.
    Notre trinité est l’accord auquel nous sommes assidus
    Tous ensemble afin d’en saisir le fruit de sa signifiance.


    ÏÄMOURÏÄ
    L’avenir s’ouvre devant nous et les enfants que nous portons ;
    Élysäé, puis Orélion et Laëtïtïa que nous aimons.
    À toi qui te mets à genoux devant nous, nous t’apportons
    Honneur et force du lion qui va combattre ses démons.

    Tableau de Maryvon Riboulet

  • VI L’Amoureux

    Yavänor

    VI	L’Amoureux

    Encore habillé de mes doutes, je suis placé entre deux feux
    L’amour solaire de Laureline, l’amour lunaire de Loreleï.
    Ce que je crains, que je redoute, c’est de les perdre toutes les deux
    La coupe d’amour qui dégouline, l’épée qui perce mon poitrail.

    Laureline appelée la première s’est offerte nue et sensuelle
    Sans jamais rien lui réclamer mais en se donnant sans retour.
    Elle a apporté sa lumière doublée de prouesses charnelles
    Sans cesser de lui proclamer son attachement sans détour.

    Loreleï a agi par bravoure car elle se trouvait enfermée ;
    Sa première instance incarnée n’eut pas sa liberté d’action
    Afin que son âme savoure comment son cœur savait aimer.
    Mais si elle s’est trop acharnée, j’en garde toute satisfaction.

    Mais trop aimé mon cœur vacille car il ne veut pas renoncer
    À l’une comme à l’autre femme, ses deux Vénus complémentaires.
    Là où les convenances sourcillent à la bigamie annoncée,
    Je leur confesse mon infâme désir d’amour excédentaire.

    Or toutes deux à l’unisson me révèlent leur complicité ;
    Elles ne sont pas deux mais uniques pourtant dans deux corps différents.
    « Ôte de ton cœur ses frissons et aime-nous sans duplicité !
    Mais enlève donc ta tunique et laisse là tes différends ! »

    J’ôte alors tous mes vêtements pour vivre nu en confiance ;
    Je choisis de les épouser ensemble et d’en faire mes Reines.
    Je reconnais honnêtement le trouple et sa signifiance
    Car personne n’est jalousé mais aimé de façon sereine.

    De cet amour naît l’ÏÄMOURÏÄ qui nous a scellé Roi et Reines.
    Nous entrons dans un cercle d’or et nous entrelaçons nos corps.
    J’aime Laureline et Loreleï dont l’une et l’autre tiennent les rênes
    D’un royaume où, conquistador, je suis devenu Yavänor !

    Tableau de Maryvon Riboulet

  • V Le Pape

    Laureline

    V	Le Pape

    La parole ouverte et solaire ; semence, graine, germe et levain.
    Le Pape élève sans expliquer l’humain qui se met à genoux.
    Passeur de lumière corollaire, de l’amour et du lien divin,
    Qu’il relie afin d’appliquer sa bénédiction parmi nous.

    Il réconcilie de sa main amants, enfants et voyageurs ;
    En laissant la priorité à son cœur qui parle tendresse.
    Relie l’invisible à l’humain, éloigne les démons ravageurs ;
    Sans faire excès d’autorité, il initie avec adresse.

    Il donne sans rien exiger car il n’impose pas sa foi
    Il révèle sans rien demander car il ne convertit personne.
    S’il le faut, il sait transiger sans polémiquer toutefois
    Et fait naître sans le quémander un amour pur qui désarçonne.

    Son royaume d’équanimité ne supporte pas de hiérarchie
    Car dans ce temple de lumière, l’amour devient égalitaire.
    Bonté et magnanimité évoquent sa matriarchie
    Et restitue à la première place les âmes pures minoritaires.

    Le Pape réalise et transmet ce que Loreleï enfante dans l’ombre
    Car sans sa consœur conceptrice il ne saurait rien consacrer
    Ni accomplit ce qu’elle promet et qui fait ressorti du nombre
    Les âmes cachées réceptrices au règne du Féminin Sacré.

    De Laureline à Yavänor, l’initiation a commencé
    D’abord par sa coupe tendue puis par l’épée de sa justice.
    S’il a souvent perdu le nord, Laureline a su compenser
    Son corps, son âme, son cœur fendu par ses intuitions adventices

    Quant à son lien à l’ÏÄMOURÏÄ, il est crucial, prépondérant !
    Elle célèbre les passages et scelle unions et alliances ;
    Règne en duo avec Loreleï dans un royaume cohérent
    Où Elle s’exprime avec les sages avec la voix de son silence.

    Tableau de Maryvon Riboulet

  • Qui fait rire Bouddha ?

    Une femme nue ? Bouddha s’en fout ! Une femme offerte ? Bouddha s’en moque !
    Alors que faire quand on est femme pour susciter son intérêt ?
    Ce n’est pas par faute de goût ni que son cœur batte la breloque,
    Bouddha n’a simplement pas d’âme-sœur et ni le cœur guilleret.

    Sans doute que Yashodhara reste à demeure dans son cœur
    Et dans sa mémoire aux fantasmes ; ce qui explique son sourire.
    En effet sous les apparats d’un bon vivant un peu moqueur,
    Le souvenir de ses orgasmes lui provoque toujours des fou rires.

    L’un des fantasmes, rapporté par les légendes illégitimes,
    Raconte que Yashodhara l’aurait caressé d’une plume
    Qu’elle aurait passée à portée de ses parties les plus intimes
    Ouvrant ainsi le nirvâna par une extase à plein volume.

    Car dans le temple du désir, les échos entrent en collision ;
    Le rire sacré de Bouddha évolue en nec plus ultra.
    La plume, frôlant le plaisir, libère un flot de collusions
    Pareilles à toute une armada d’adeptes du Kâmasûtra.

    Tableau de Henry Clive sur https:americangallery.wordpress.com20120727henry-clive-1882-1960 .

  • Fol amour imaginaire

    Depuis sa toute petite enfance, elle possédait un confident ;
    Un ami extraordinaire, capricieux et imprévisible
    Mais prenant toujours sa défense tant il était intimidant
    Ce compagnon imaginaire qui travaillait dans l’invisible !

    Il réparait les injustices qu’elle subissait à l’école ;
    Ses ennemis tombaient malades, se blessaient ou déménageaient.
    Par des manœuvres subreptices, il éloignait les pots-de-colle
    Qui lui racontaient des salades qui chaque jour la dérangeaient.

    Et puis la pucelle grandit et l’amitié devint amour
    Et quand les bûcherons coupèrent l’arbre où logeait son partenaire,
    Elle rechercha et brandit l’échantillon le plus glamour
    Qui devint alors son compère pour d’intimes préliminaires.

    Dans l’ombre enfiévrée de ses rêves, se mue un sarment enflammé ;
    L’amant devine son désir et prodigue caresses exquises.
    Ses câlins s’enchaînent sans trêve et l’extase vient lui allumer
    Un foyer brûlant de plaisir au sein de la fille conquise.

    Tableau de Gil Bruvel.

  • IV L’Empereur

    Loreleï

    IV	L’Empereur

    Son règne est une inspiration ; sa marche un enracinement ;
    Sa veille est une vigilance que nul n’affronte sans frémir.
    Sa couronne est une aspiration à imposer l’alignement
    Afin de bâtir en silence son pouvoir qui doit s’affermir.

    Sa loi est la régulation et son commandement ajuste
    Et aligne toutes les forces par l’Autorité du Non-Dit,
    Pas besoin de stipulation : sa seule présence s’avère juste
    Car elle est le feu qui amorce ses constructions approfondies.

    L’alignement est de rigueur pour notre Empereur sans visage ;
    Car il est l’ombre qui éclaire tout son empire de l’intérieur ;
    Car sa justice et sa vigueur préserve ainsi son personnage
    De l’ego par la ligne claire qu’il déploie au monde extérieur.

    L’épée maintenue sous le voile, main de fer dans gant de velours,
    Est brandie non pas pour trancher mais pour dicter la vérité
    Qui s’ordonne avec les étoiles avec Tempérance et Amour ;
    Invisibles colonnes retranchées qui assurent sa prospérité.

    Mais jamais il ne rivalise avec sa consœur Laureline
    Car cette dernière déploie ce que l’Empereur lui façonne.
    Ensemble tous deux finalisent la féminine et masculine
    Alliance noble qui s’emploie à récolter ce qu’il moissonne.

    Yavänor, lui, est éprouvé, forgé pour devenir un homme
    Et son verbe corroboré dans l’efficience de son rôle
    Car leur union est approuvée par son empire et les royaumes
    Qui se rallient à l’honoré gardien du bâton de parole.

    Mais comme il n’y a pas d’empire sans axe droit et vertical,
    L’Empereur le maintient consacré d’une main ferme et silencieuse.
    Pour le meilleur et pour le pire ? Non ! Car l’ÏÄMOURÏÄ est radical
    Envers le Féminin Sacré dans son assise révérencieuse.

    Tableau de Maryvon Riboulet

  • III L’Impératrice

    Laureline

    III	L’Impératrice

    Pourtant de parole féconde, Elle ne parle pas dans le vide
    Et Elle ne gâche pas pour autant sa connaissance intarissable.
    Elle ensemence par sa faconde mon cœur et ma raison avides
    De boire ses mots chuchotant un amour inassouvissable.

    Belle de nature, sans artifice, de cœur, d’esprit, d’âme et de corps,
    Il émane d’elle une prestance digne d’une divinité.
    Sens du devoir, du sacrifice envers le feu qui brûle encor
    S’accorde en toute circonstance à sa tendre féminité.

    Mère du monde en devenir, sa descendance forme un royaume
    Qui transfigure ses valeurs et dans lequel l’amour s’impose.
    Son alliance est l’avenir qui épanouit le cœur des hommes
    Par son indicible chaleur et l’attention qu’elle propose.

    L’amour comme seul paradigme, dont l’Impératrice est vestale,
    Brûle d’un feu inextinguible par toute sa sensibilité.
    Ses silences paraissent une énigme à l’encontre du piédestal
    Sur lequel l’orgueil perceptible se transforme en humilité.

    Harmonie, ressource, équilibre, elle ira jusqu’à partager
    Couronne et sceptre du pouvoir avec ses alliés consacrés.
    Heureux qui l’acceptera libre, émancipée et engagée
    À suivre qui saura s’émouvoir envers le Féminin Sacré.

    Réconcilier le féminin au masculin est son devoir
    Qui devient le contrepouvoir de tout modèle pragmatique.
    Impératif, non pas bénin, mais qui consiste à recevoir
    La déférence qui sait pourvoir à sa nature charismatique.

    Laureline, venue spontanément aussitôt l’appel de son nom,
    M’a offert sa douce présence ainsi que l’écoute encourue,
    D’abord seule opportunément, puis en évoquant le chaînon
    Qui la relie par complaisance à Loreleï sitôt apparue.

    Tableau de Maryvon Riboulet

  • Du lait de la sève à la vigne

    « Ah, que ne suis-je mandragore à téter le sel de la Terre
    Auprès d’une jeune vigne vierge qui me nourrirait de son lait,
    D’une succion qui revigore et circule dans mes artères
    Jusqu’à me redresser la verge comme si son sang me branlait ! »

    Ainsi pensais-je suspendu par les pieds devant l’absolu
    Du monde de l’absurdité dans lequel pourtant je me plais,
    Plutôt qu’en être morfondu, à rêver de mon dévolu
    À la moindre opportunité de rire de ce qui me déplaît.

    Ah, que ne suis-je Pythagore, tétant sa muse goulûment
    Pour en extraire toute la sève des mathématiques appliquées
    À quadraturer l’égrégore du cercle parfait absolument
    Lorsqu’il fait comprendre à l’élève que l’existence est compliquée.

    Mais qu’on ne me parle de moire qui transparaît dans mon tableau ;
    Peu m’importe si l’on l’a enduit d’un vernis fait de pur délire !
    Je veux danser sur mes mémoires où coulent en flux ces mots mi-clos
    Qui s’ouvrent comme un sauf-conduit vers l’envie de tout embellir.

    Tableau de Jana Brike.

  • La transbiche

    « Est-ce une femme à moitié cerf ou bien une sirène-des-bois ? »
    Me dis-je quand je rencontrai la créature d’un air hagard.
    Mais elle ne crut pas nécessaire de s’enfuir comme biche aux abois
    Car la chimère ne me montrait aucune peur dans son regard.

    Elle a tourné autour de moi, me reniflant sur tout le corps,
    Puis m’a caressé le visage sans que sa bouche ne dise mot.
    Et de tous mes sens en émoi, je voulus tenter un accord
    En faisant – comme il est d’usage – d’apprivoiser les animaux.

    Je lui ai parlé doucement en me rapprochant lentement ;
    J’ai embrassé furtivement ses jolies lèvres rougeoyantes.
    Elle en eut un trémoussement mais donna son consentement
    Pour un baiser activement animé d’une fougue foudroyante.

    Pris par la main, elle m’entraîna par les sentiers dans sa tanière
    Pour y faire multiples caresses et l’amour à plusieurs reprises.
    Le lendemain elle étrennait de nouveaux bois à sa crinière
    Qui donnaient à la chasseresse une distinction sans surprise…

    Tableau de Sarah Joncas.

  • II La Papesse

    Loreleï

    II	La Papesse

    Le féminin sacré invoque une arbre de vie infini
    Relié de ses branches filles à toutes ses racines mère.
    Un lien puissant sans équivoque contraire à la misogynie
    Accrue chez les mâles pupilles qui ont perdu l’instinct primaire.

    Mais parfois, il faut revenir à ses racines d’origine
    Même si La Femme effarouche le puceau inexpérimenté
    Qui ne voit que son avenir dans sa relation androgyne
    Tandis qu’Elle, l’attache à sa souche et ses naissances incrémentées.

    La révélation progressive ne se dévoile que lentement
    À celui qui veut la comprendre et qui voudrait s’y rattacher
    Par une flamme non possessive et demande le consentement
    À celle qui va lui apprendre l’amour par ses faces cachées.

    Gaïa, elle-même, la gardienne de la sagesse de la Terre,
    Par le cycle de l’eau, évoque la vie secrète conditionnelle
    Et, par ses phases circadienne, le jour la nuit complémentaires,
    Montre une présence qui provoque cette énergie additionnelle.

    Pourtant les signes ne mentent pas ; l’humanité est en danger
    Face à ses nouveaux paradigmes ; l’économie et la science
    Qui nous détournent du vrai combat qui cependant reste inchangé :
    Cesser de bâtir des énigmes entre les deux sexes en conscience.

    Laureline est plutôt silencieuse mais d’une écoute très profonde
    Et sa connaissance intuitive avec ces secrets partagés.
    Réservée mais consciencieuse de peur que je ne me morfonde,
    Elle sait se montrer sensitive d’un amour fort avantagé.

    Loreleï est plutôt combative et d’une force imperturbable
    Mais aussi d’une capacité à éduquer qui se soumet.
    Puissance représentative de sa nature véritable,
    D’une grande efficacité quant à ses fonctions assumées.

    Tableau de Maryvon Riboulet

  • Procession solaire

    Procession solaire

    Petits et grands, il nous motive et nous formate nos journées
    Depuis le matin jusqu’au soir, de l’aube jusqu’au crépuscule,
    Comme une fière locomotive qui nous entraîne dans sa tournée
    Nous, les wagons remplis d’espoir jusqu’à c’qu’il devienne minuscule.

    Car après nous sommes perdus, nous craignons tous les prédateurs
    Embusqués dans l’obscurité prêts à ravir un compagnon.
    Et dans cette nuit éperdue, nos rêves sont révélateurs
    De la peur d’insécurité et de la mort que nous craignons.

    Alléluia, le revoilà ! Aussitôt la pointe du jour
    Ce sont les plus petits d’entre nous qui s’éveillent pour lui rendre hommage.
    Et nous chantons a capella ce refrain qui revient toujours
    « Ô Soleil ! Je suis à genoux ; élève-nous à ton image ! »

    Illustration de Jon Carling sur https:skysnail.livejournal.com1162631.html .

  • En sari à voile

    En sari à voile

    S’il faut une queue de poisson pour devenir une sirène
    Alors un beau sari à voile m’ouvrira bien la voie des airs !
    Je m’envolerai sous la pression d’une brasse papillon sereine
    Qui me portera aux étoiles ou bien aux confins du désert.

    Je l’ai tricoté de mes rêves et mes passions pour explorer
    Les mondes d’en-haut insolites avec un regard de candide
    Que je continuerai sans trêve jusqu’à voir Dieu et l’implorer
    De me trouver un acolyte pour braver l’attraction sordide…

    …Et convoler en justes noces avec les oiseaux migrateurs
    Qui nous aideront à bâtir un nid d’amour en djellaba
    Pour avoir des enfants précoces qui se feront explorateurs
    Et n’auront pas à compatir de ce qui se passe ici-bas.

    Tableau de Catrin Welz-Stein.

  • Dans les abysses

    Quels sont ces murmures aquatiques dans les creux des fosses marines
    Où naissent nus les chants d’appels qui montent au-dessus des eaux calmes ?
    Quelles sont ces voix fantasmatiques soufflées des trompes utérines
    Qui vous découpent tel un scalpel, à coups de queues, à coups de palmes ?

    Sous les eaux lourdes, dans le noir, dans le plus profond des silences,
    Celles qui ne sont plus désirées transmettent aux jeunes le flambeau.
    Anciennes sirènes au manoir abyssal sont en vigilance
    Pour enseigner aux délurées ce qui fit trembler Salambô.

    Elles ne cherchent plus à séduire mais à calmer le feu ardent
    Du jeune corps ornemental qui sera sirène inspirée
    Afin qu’elle sache reproduire le chant létal et poignardant ;
    Noyade douce du mental, là où nul ne peut respirer.

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux de les créditer.

  • Le labyrinthe ouvert qui se referme

    Quand le printemps ouvre ses portes, l’absurdité du temps s’installe
    Et je m’imagine libéré enfin de la morte saison.
    Mais ce même temps me transporte à sa guise grâce à ses vestales,
    Adoratrices sidérées de la nature en floraison.

    Quand vient l’été, toutes les portes s’ouvrent ensemble et je suis libre
    D’aller dans un autre couloir avec autant d’entrées-sorties
    Vers l’intérieur mais peu importe, je crois retrouver l’équilibre
    Jusqu’à ce que, sans le vouloir, j’en suis à présent ressorti.

    Mais une automne illusionniste me change les couleurs du temps ;
    Les jours déclinent sous les ombres bleues des heures entre chien et loup.
    Et je retrouve, prévisionniste, la vieille grenouille d’antan
    Qui sort du bocal sans encombre et saute le mur tranquillou.

    L’hiver replie ses corridors dans le silence et moi, je flanche ;
    Le labyrinthe se resserre sur mes traces à demi fondues.
    Des bras sans corps, mon cœur s’endort, des yeux sans plis d’une mort blanche
    Et moi, je rêve de murs de verre dans ce dédale confondu.

    Illustrations de Virginia Mori sur https:creativepool.commagazineinspirationtake-a-look-at-the-delightfully-ancient-and-metaphorical-style-of-this-talented-illustrator–memberspotlight.26034 .

  • I Le Bateleur

    Yavänor

    I	Le Bateleur

    Éternel recommencement mais à nouveau primarisé
    Le bateleur a conservé des expériences précédentes
    Les symboles d’ensemencement qu’il connaît sans les maîtriser
    Et qu’il va devoir préserver comme qualités transcendantes.

    Mal employées ses qualités pourraient devenir des défauts ;
    Il va donc devoir s’exercer à ressentir sans dominer
    Avec force sans brutalité, en équilibre sans porte-à-faux
    Son héritage controversé par des choix prédéterminés.

    Une enfance assez ordinaire parfois rythmée de « coups de chance »
    Qui ne dégage ni fierté ni marque de supériorité.
    L’esprit plutôt imaginaire éveillera son intelligence
    Et son besoin de liberté envers toute forme d’autorité.

    Adolescentes expériences sur Dieu, l’Univers et le reste,
    L’omniprésence de la mort et la recherche de solutions,
    Apporteront la clairvoyance ainsi qu’une intuitivité preste
    À faire ses choix sans remords ainsi que maintes résolutions.

    Une carrière pavée d’errances jusqu’à trouver sa propre voie
    Et assumer seul l’exploration et la recherche de ressources.
    Sans vivre sa prépondérance, il fera entendre sa voix
    Et verra l’amélioration tenir les cordons de sa bourse.

    Le bateleur sait rebondir et provoquer les changements
    Petits et grands ou radicaux selon le besoin de changer
    Quant à l’exigence de grandir quels qu’en soient les prolongements
    Accidentels ou médicaux qui pourraient le mettre en danger.

    Le bateleur est toujours prêt car le changement imminent
    De sa situation peut arriver sans qu’il puisse l’avoir prévu.
    Quitte à supporter l’ à-peu-près de provisoire incriminant
    Pour prendre un chemin dérivé au dernier moment imprévu.

    Tableau de Maryvon Riboulet

  • À double sens

    À double sens

    Opium du peuple, la religion ? Extasy le goût du pouvoir ?
    Tous les mots sont à double sens dès qu’il s’agit d’exploiter l’homme.
    Quant à la femme, ils sont légion à l’exploiter afin d’avoir
    Une descendance avec décence attribuée à leur génome.

    Même le sexe à double sens multiplie les genres aujourd’hui ;
    Il paraît même que les femmes seraient des perles à ce jeu-là.
    On contrôle déjà les naissances, on choisit, on se reproduit
    Et les enfants qui trouvent infâme leur sexe pourront changer tout ça.

    Et pire encore, tous mes reflets ont toujours été ambiguës ;
    Parfois j’inverse la gauche, la droite et parfois le haut et le bas.
    En effet, j’aime bien persifler avec des détails exiguës
    Que je retourne d’une rime adroite par sous-entendus – et coups bas.

    Illustration de Milo Manara.

  • L’autre face de l’Europe

    L’autre face de l’Europe

    Chaque fois que l’Europe s’affaisse devant l’Asie ou l’Amérique,
    Sur l’Olympe, Zeus se retourne en se disant : « Tout ça pour ça ! »
    Comme si Europe montrait sa fesse pour fuir le désir chimérique
    Des nouveaux dieux qui s’en détournent négligemment, couci-couça

    Pourtant lorsque je pense aux fesses callipyges de notre Europe
    Face aux bides ventripotents asiatiques, américains,
    Avec ostentation de graisse comme un virulent psychotrope,
    Je me dis qu’il est ravigotant d’ignorer leurs propos taquins.

    Elle est si belle notre Europe ! C’est dommage qu’elle soit revêtue
    De tant de règles imbéciles proposées par nos ronds-de-cuir !
    Ne soyons pas trop misanthropes envers tous ceux qui s’évertuent
    À nous servir à domicile tout ce qui nous incite à fuir.

    Tableau de Félix Vallotton.

  • XXIII ÏÄMOURÏÄ – L’Ange Liberté

    ÏÄMOURÏÄ – L’Étoile de l’Amour Unique

    XXIII	ÏÄMOURÏÄ - L’Ange Liberté

    Yavänor
    La liberté spirituelle et l’amour inconditionnel
    Fruits d’un voyage initiatique m’élèvent l’âme et la conscience !
    L’unité individuelle ET le démiurge fusionnel
    Sont les deux pôles prophétiques qui me font toucher l’omniscience.

    Plusieurs chemins d’évolution se sont présentés devant moi
    Je les ai suivis jusqu’ici au carrefour de l’ÏÄMOURÏÄ
    Mais quelles que soient les solutions, je n’ai jamais connu d’emoi
    Tel que celui que j’initie avec Laureline et Loreleï.


    Laureline
    « J’étais l’aurore inachevée, sans cœur ni forme véritable,
    Tu ne m’as jamais possédée, mais au contraire émancipée.
    Quand ton amour m’a rélevée avec ton verbe inimitable,
    Je t’ai aussitôt concédé ce que j’avais anticipé. »



    Loreleï
    « Voici l’homme que j’ai choisi, non pour sa force mais sa lumière,
    Celui qui a su se soumettre sans jamais se rapetisser.
    Il m’a fait Reine par courtoisie sans m’enfermer dans sa bannière,
    Et par lui, je peux me promettre la plus belle des odyssées. »



    Laureline & Loreleï
    « Nous sommes deux et pourtant une, traversées par un seul soleil,
    Nos chairs ont été un seul temple où ta lumière s’est posée.
    Nous rendons ton offre opportune en te préparant au réveil
    Par l’amour qui suivra l’exemple que l’Ange nous a proposé. »



    Yavänor
    J’aime mes Reines yin et yang, femme d’amour, femme de feu
    La première fut inspiratrice et la deuxième révélatrice.
    Laureline parle par ma langue, Loreleï agit comme elle veut ;
    Muses à la fois procréatrices et de passions élévatrices.


    ÏÄMOURÏÄ
    L’Ange de Liberté en moi parle par vos voix rassemblées
    Et tout son amour se révèle lorsque vos corps sont réunis.
    Nous avons construit en cinq mois une vénérable assemblée
    De femmes et d’enfants qui s’élèvent, qui s’aiment et qui communient.

    Tableau de Myrrha.

  • Les sirènes existent

    Les sirènes existent

    J’ai rencontré une sirène de l’autre côté du miroir
    Sous l’onde calme où se devine un chant noyé de transparence.
    J’allais sur ma vieille carène poursuivre les reflets ivoires
    D’un lever de Lune rubine troublante dans son apparence.

    Elle était là sur son rocher, au beau milieu du labyrinthe
    Et m’a promis de me guider vers l’issue en toute confiance.
    Je me suis alors approché, ne manifestant nulle crainte ;
    Son petit air intimidé a brisé toute méfiance.

    Elle a fait tant de faux détours pour retrouver le bon chemin
    Que j’en ai eu tant le tournis que de peur je l’ai semoncée.
    J’ai lu un chagrin sans retour dans ses yeux implorant ma main
    Pour me donner l’aide fournie et nous permettre d’avancer.

    Mais ses erreurs, ses pas tremblants, m’ont fait douter de son savoir
    Je crus la perdre et j’ai crié avec des élans de colère.
    Voyant son regard si troublant, j’ai voulu montrer par devoir
    Une clémence appropriée pour sortir de cette galère.

    Et je suis tombé dans son piège en m’apitoyant sur son sort
    Ce fragile gage d’amitié s’est transformé en crèvecœur.
    Et vaincu par ses sortilèges a surgi, en dernier ressort
    Dans le miroir, l’inimitié d’une sirène dévorant mon cœur.

    Illustration de Milo Manara.

  • Bon thé, bon tigre

    Bon thé, bon tigre

    Lorsque c’est son jour de bon thé, la sirène se la coule douce
    Et se prélasse dans sa tasse auprès de son tigre tout doux.
    Lui-même fera signe de bonté sans que cela ne le courrouce
    Croquant le sucre qu’elle lui casse avec bonbons et roudoudous.

    Lorsque c’est son jour de café, attention, la sirène s’énerve !
    Elle sort alors de sa soucoupe ; le moment est venu, enfin !
    Sous pression, toute décoiffée, étant sortie de sa réserve,
    Elle monte sur le tigre en croupe pour aller assouvir sa faim.

    Tempête dans un verre d’eau ! Ils rentrent tous les deux bredouilles ;
    Ils n’ont pu trouver que du lait en poudre, pas demi-écrémé !
    Alors tant pis, on fait dodo et l’on se fait mille papouilles
    Pour tenter de se consoler… car nos amis sont déprimés.

    Peut-être que pour le premier août, la sirène est moins difficile
    Et préfère boire l’eau-de-vie et ce, malgré le « qu’en-dira-t-on » !
    Et alors son tigre sans doute se prendra pour un ours docile,
    Celui qui flotte et qui ravit sur les drapeaux de nos cantons !

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.