Auteur/autrice : Maryvon Riboulet

  • La vierge noire

    Dans ces nuits de nouvelle lune, attendez que le ciel se voile
    Afin que, dans l’obscurité, vos yeux soient prêts à dessiller.
    Alors sans mesure commune, la vraie nature des étoiles
    Vous apparaît en vérité dans son corps noir, déshabillé.

    Tableau de Rick Berry

  • Le Brexit

    Messieurs, tirez donc les premiers mais veuillez filer à l’anglaise
    Par un coït interrompu, brisant d’un coup de Trafalgar !
    L’empire dont vous réclamiez tout l’avantage, ne vous déplaise,
    Retombe en argent corrompu qui va déclencher la bagarre.

    Moi, qui habite la boutonnière, dans les Alpages en boutons,
    Comme vous, j’ai ma tirelire bien à l’abri au coffre-fort.
    Je fais l’Europe buissonnière avec mes cochons, mes moutons
    Mais je vous parie mille livres que vous regretterez notre confort.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • La passagère du sommeil

    La passagère du sommeil s’évanouit, évanescente,
    Quand le soleil reprend ses droits et la conscience, ses devoirs.
    L’aurore cruelle balaye la silhouette opalescente
    Qui abandonne à mon endroit juste un souvenir d’au-revoir.

    Tableau d’Igor Goncharov

  • L’éléphant zinzin – 3

    L’ours et le singe, animaux sages, ne quêtent plus sur leur passage.
    La Terre ne produit plus d’enfants au cimetière des éléphants.
    Alors, sur la planète hostile, le pachyderme change son style
    Et fait son dernier tour de piste avec ses espoirs utopistes.

    Tableau de Daniel Merriam

  • Les histoires de Patte-en-rond

    Patte-en-rond aimait se dresser sur l’épaule de sa maîtresse
    Avec l’attitude oppressée d’un chat qui serait en détresse.
    Il craignait seulement le vertige, les pattes solidement enfourchées,
    Mais s’accrochait, pour son prestige, aux histoires du chat-perché.

    Tableau de Galina Y. Chuvilyaeva

  • Tout change de l’autre côté

    L’homme qui croit être au sommet, le summum de la création,
    Devrait remonter sur son arbre ; le singe a perdu sa revanche.
    Car tous les actes qu’il commet plaideront sa disparition
    Lorsqu’il sera passé au marbre par des matous, fiers sur leurs branches.

    Tableau de Vladimir Rumyantsev

  • L’ange Mistigri

    Quand l’homme a croisé les matous en élevant les chats sauvages,
    Dieu qui voyageait en Afrique leur fit parvenir un grigri ;
    Une sorte de touche-à-tout spécialisé dans l’élevage
    Qui, d’un coup fantasmagorique, créa notre Chat Mistigri.

    Illustration de Sarah Burrier

  • Les noces de gouttière

    L’amour se réveille au matin quand les matous se font câlins ;
    La douce chaleur de la couette est propice aux douces caresses.
    La chatte se fera catin si le chat se montre malin
    Et c’est parti pour une chouette grasse matinée de paresse.

    L’amour se consomme à midi ; les chats en ont l’eau à la bouche.
    Saisie sur feu vif et ardent ou réchauffée au bain-marie.
    On peut sucer le spaghetti jusqu’à s’en mettre plein la louche
    Et, pour la sieste, on est partant pour de nouvelles canailleries.

    L’amour se partage le soir, sur la terrasse ou sur les toits,
    En catimini par la chatière, on s’en va miauler à tue-tête.
    On se renifle, on va s’asseoir, tu es à moi, je suis à toi,
    Puis on se couche sur la gouttière et on culbute sa minette.

    Tableaux de Nadya Sokolova

  • Ces petits anges

    Petits anges ou petits démons, c’est comme nous voulons, sans façon,
    Selon s’ils nous volent un jambon ou s’ils nous ronronnent au giron.
    Mais jamais ne les réprimons car, après tout, nous effaçons
    Leur faute à ces casse-bonbons pour le prix de quelques ronrons.

    J’ai connu quelques vieux pirates, de véritables sacs à malice,
    Plus malins que les trois p’tits singes, plus rusés que Maître Renard.
    Des vieux filous au coup de patte digne d’un fin limier de police
    Lorsqu’il rabat, dans le beau linge, la souris vers son traquenard.

    Enfin les doux et les câlins, peluches et pattes de velours,
    Ceux qui nous servent de bouillotte et confident à la folie.
    Les gros bêtas, les gros malins, les perspicaces, les gros balourds,
    Qui ont l’esprit du patriote en nous faisant rester au lit.

    Tableaux de Vladimir Rumyantsev

  • La poussée rétrograde

    Dans le précédent intermède, nous avons étudié les force
    Entre Andromède et Archimède concernant la plongée du torse.
    Pourtant, quand homme rétrograde tente un plongeon en arrière-garde,
    L’attraction en prend pour son grade parce que personne ne le regarde.

    Tout dépend de l’intelligence ou plutôt où elle est stockée.
    Si l’esprit s’englue dans l’emphase avec le cerveau reptilien,
    La plongée entre en négligence et l’effet tarabiscoté ;
    Mais si le cœur se met en phase, alors le saut est éolien.

    Tableau de Costa Dvorezky

  • La poussée d’Andromède

    Lorsque l’alchimie féminine plonge son corps dans un liquide,
    Un charme de beauté s’exhale grâce à la poussée d’Andromède.
    Née de l’alliance de mélanine dans le courant d’ondes limpides,
    Cette réplique paradoxale contre la poussée d’Archimède.

    Mais le flacon n’est pas l’ivresse et le corps n’est pas que l’essence.
    Pourtant, il faut vous l’avouer, j’ai un réflexe automatique :
    Je sens mon cœur plein d’allégresse et la sirène trouble mes sens ;
    Je ne sais à qui me vouer pour en étreindre le/la physique.

    Tableau de Marco Ortolan

  • Le temps des étrennes mortes

    Après un temps d’effervescence, vient un temps de petite mort
    Qui recouvre comme un plateau l’hiver qui nous met en sommeil.
    En attendant la renaissance, je tire un renne par ses mors
    Pour distribuer mes gâteaux et mes étrennes de soleil.

    Tableau d’Hanna Silivonchyk

  • Le mimosa de janvier

    Lorsque l’or se mêle à l’azur dans les premiers jours de janvier,
    Toute la Méditerranée explose de feux d’artifice.
    Déjà, au fur et à mesure qu’il croît, il nous fais envier
    Ce don aux couleurs safranées que l’acacia lègue à son fils.



    L’« Acacia dealbata » est une espèce d’arbres ou d’arbrisseaux appartenant à la sous-famille des Mimosoidées et couramment désignés sous le nom de « mimosa d’hiver ».

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Au pays des potiches

    Au pays des potiches, dominent les cochonnes
    Et l’on rêve la vie d’une riche héritière.
    Toute petite godiche mutera en bonbonne
    Et la bonne au curé sera riche rentière.

    Ce n’est pas de la faute à la simple beauté ;
    La bêtise des hommes est aussi légendaire.
    Le capital se risque quand la brute est bottée
    Avant que la jeunesse file dans un courant d’air.

    Tableau de Vladimir Kush

  • Au pays des échelles

    Au pays des échelles, règnent les échaliers
    Et l’on juge la vie à hauteur des barreaux.
    Tout petit escabeau deviendra escalier ;
    L’handicap d’ambition restera au carreau.

    L’apprenti jurera fidélité au mètre,
    Les accès contrôlés à bord des passerelles.
    Tout sera quadrillé, cordeau au périmètre
    Et les riches vivront sur une grande échelle.

    Tableau de Vladimir Kush

  • La piraterie féminine

    Quand Pirotone atteignit l’âge de monter sur ses grands vaisseaux,
    On la vit quitter sa culotte pour un saroual large et fendu.
    Elle accrocha à son corsage une agrafe aux mille faisceaux
    Dont l’aiguillon fin décalotte les bourses les mieux défendues.

    On sait qu’elle fut cul et chemise avec un corsaire du Roy
    Qui lui promit en mariage vingt galions d’or et de diamants.
    Lorsque l’Armada fut démise – pas si Invincible qu’on croit –
    Elle embrassa tout l’équipage et s’enfourcha sur son amant.

    Tableau de Sasha Beliaev

  • L’heure du démon d’amour

    Dans le pays aux deux soleils qui rayonnent aux deux horizons,
    J’aime passer entre les monts et tâter leurs gorges profondes.
    Et quand vient l’heure du sommeil, j’ouvre les pans de la prison
    Pour en libérer le démon d’amour de la femme féconde.

    Lorsque la lumière s’éteint, je cherche, à l’aveugle, à tâtons,
    Le chemin de félicité par la chaleur qui se diffuse
    Par la poitrine de satin jusqu’à la cime du téton
    Pour redescendre, tout excité, vers la déclivité confuse.

    Tableau de Graciela Genovés sur Artehispano.com

  • Madame la lune ronde

    Quand tout est calme et volupté dans l’ordre de la nuit profonde,
    Apparaît dans sa vénusté, la fille de la lune ronde.
    Alors les feux follets s’affolent, les lucioles cabriolent,
    Les noctambules en raffolent et les étoiles s’affriolent.

    Alors, qui fait tourner le monde et fait tourner le cœur des filles ?
    Qui fait revenir le printemps et fait chanter les troubadours ?
    Toujours, Madame la lune ronde, grâce à qui l’univers vacille
    Et que décrochent à plein temps tous les garçons en mal d’amour !



    « Là, tout n’est qu’ordre et beauté, luxe, calme et volupté. » Charles Baudelaire.

    Tableau de Sulamith Wulfing

  • La fille du pirate

    Pirotone, la jeune pirate, tenant d’son père un vieux rafiot
    Aux jeux de voiles rapiécées et aux canons dépareillés,
    Apprit sur les eaux de l’Euphrate avec des marins impartiaux
    L’hardiesse dans sa gynécée toujours prête à appareiller.

    D’ailleurs ces marins impartiaux n’étaient que des garçons manqués
    Bravant le vent, les seins à l’air, la bouche en feu, le feu au cul.
    Ils pratiquaient les arts martiaux, mains baladeuses et pieds tanqués,
    Mais vous déquillaient les galères d’un seul boulet au tir au but !



    Le mot « pétanque » vient de l’expression « rester les pieds tanqués » qui veut dire en patois Marseillais les « pieds sans bouger ».

    Tableau de Rebecca Dautremer

  • L’éléphant zinzin – 2

    À Chandernagor, on s’en fout ! L’éléphant d’Inde fait le fou
    Arguant des défenses d’ivoire : « Circulez ! Il n’y a rien à voir ! »
    Et sous la foule des fêtards, avec les cornacs en pétard,
    On a rappelé l’infanterie contre cette éléphanterie.

    Tableau de Rebecca Dautremer

  • La chute du temps

    « È pericoloso sporgersi » sur la fenêtre du passé !
    « Ne pas se pencher au-dehors » de l’Orient-Express du présent !
    « Do not lean out of the window » sur l’objectif de l’avenir !
    « Dürfen Sie nicht hinauslehnen » du temps qu’il fait, du temps qui passe.

    Photo de Laurent Filoche

  • L’éléphant zinzin – 1

    À Zanzibar, pour l’an Vingt-Vingt, l’éléphant fou de Tanzanie
    Exécute au Cirque Zinzin un tour qui sème la zizanie :
    Dans une ambiance de ZOZOs, l’année 2020 nous dissuade
    Et les chevaux, plein les naseaux, paniquent en faisant des ruades.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Mon village

    Je ne suis jamais retourné vraiment au village natal
    Qui a accueilli mes ancêtres et nourri toute leurs histoires.
    Mon enfance y a séjourné jusqu’aux expériences fatales
    Qui m’ont permis d’y reconnaître et des culbutes et des victoires.

    Pourtant, si les rues ont changé, à ma mémoire restent pareilles
    Toutes les étroites ruelles veinant le cœur de la cité.
    Les voix qui se sont échangées résonnent encore à mon oreille ;
    Seule se montre encore cruelle mon opiniâtre ténacité.

    Tableau « « la maison du docteur Gachet à Auvers-sur-Oise – 1872 » de Paul Cézanne

  • Reliance à la Terre

    Cycle de la pluie qui ruisselle, cycle de l’éclair qui jaillit,
    Cycle de la terre qui tremble, cycle du souffle qui halète ;
    Stade de la fille pucelle puis, de la première saillie,
    Vie de la femme qui ressemble à la course de la planète.

    Tableau de Mara Berendt Friedman

  • Racines et reliances

    Quand les arbres du monde vibrent sur le crâne de la planète,
    Leurs feuilles, organes de l’ouïe, retransmet instantanément
    Au cerveau des entités libres qui vivent dans cet intranet
    Toutes les voix épanouies de ses natifs comme un aimant.

    Face aux incendies qui ravagent, la Terre crée des tsunamis
    Et, face aux exterminations, provoque des émigrations
    Jusqu’à ce que ce lessivage de catastrophes et tirs amis
    Occasionne auprès des nations de nouvelles humanisations.

    Tableau de Olivia’s Loft

  • La fille aux corbeaux – 2

    La fille était jeunette et jouait au cerceau
    Quand un corbeau honteux d’avoir été déçu
    Jura à la Ginette du haut de son berceau
    Que l’homme est tête-à-queue et la femme fessue.

    Plus tard adolescente, elle partit à la chasse
    À la chance aux chansons mais à cri et à cor.
    L’oiseau en connaissance afin qu’elle croasse
    Devint son échanson pour lui donner du corps.

    Une fois mariée, elle calma son feu
    D’un amour consumé à chaque cigarette.
    L’oiseau appareillé d’un bec en boutefeu,
    Tout partit en fumée jusqu’à ce qu’elle arrête.

    Premère photo de Kathryn LeMieux.
    Les deux autres Images ont été trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

  • La fille aux corbeaux – 1

    Le corbeau de l’histoire a longtemps ruminé
    Contre Sire Renard et son effronterie.
    Cette honteuse victoire l’a tellement miné
    Qu’il en eut le cafard et la dysenterie.

    Pour calmer sa douleur car il broyait du noir,
    Il vola et croisa, du haut de son donjon,
    Une fille en couleur qui vivait au manoir
    Et qui l’apprivoisa… et cessa son plongeon.

    Ainsi petits corbeaux et petites corbelles
    Apprirent la leçon de Monsieur Lafontaine.
    Et la fille au corps beau avec sa ribambelle
    Sut, pour plaire aux garçons, courir la prétentaine.

    Tableaux de Christian Schloe

  • Alliance intergalactique

    Quand la Vierge protège en son sein le dernier-né de la Grande Ourse
    Et lui donne la Voie Lactée comme nourriture essentielle,
    Chaque galaxie prie son saint de veiller, tout au long de la course,
    Avec vénusté et volupté, dans son orbite exponentielle.

    Tableau de Mara Berendt Friedman

  • Abus d’alliance ne nuit point

    Faut-il tous les symboles que l’homme a inventés,
    Et les divinités qu’il aura implorées ?
    Toutes ces auréoles m’auront épouvantées
    Comme une infinité de credo déplorés.

    Peut-être simplement laisser toutes sciences
    Et toutes religions s’annihiler ensemble.
    Écouter humblement la voix de ma conscience
    Qui, mes âmes en légions, interpelle et rassemble.

    Tableau de Mara Berendt Friedman

  • La petite oiselle va sortir !

    Comme la belle charmait ma tête par ses postures nostalgiques,
    Je sentis remonter la bête avec des envies névralgiques.
    Aussi, charmante demoiselle, après vos poses en goguette,
    Je vous montrerai mon oiselle si vous entrouvrez ma braguette.

    Photo d’Okinawa Soba

  • Bête est la belle

    Comme la belle rasait la bête par sa musique monotone,
    La bête lasse se prit la tête et coupa net son sonotone.
    Alors qu’elle s’apprêtait à dire que la bête n’était que profane,
    Celle-ci lui écarta la lyre au profit d’un meilleur organe.

    Tableau de Scott Gustafson

  • Allegro !

    Tandis que l’hiver crie famine dans les forêts de sapajous,
    Les corps se recouvrent de graisse sur les brioches et les culottes.
    À grands renforts de vitamines, tisanes, grogs et soupes aux choux,
    On se réchauffe d’allégresse les nuits où chante la hulotte.

    Tableau de Fernando Botero

  • L’hiver des belles au-bois-dormant

    L’hiver conserve dans ses glaces toutes les belles au-bois-dormant
    Qui déambulent dans leurs rêves tandis que les princes charmants
    Errent de palaces en palaces au fil des miroirs déformants
    Reflétant des journées si brèves pour patienter jusqu’au printemps.

    Juste une fleur dans les cheveux calme l’ardeur des impatiences
    Qui effeuillent l’éphéméride à l’attention de tous les saints.
    En choisir un, faire le vœux d’un chevalier de confiance
    Qui cueillera, s’il le mérite, le fruit mûr au bout de leurs seins.

    Tableaux de Mikhail & Inessa Garmash

  • Pendant ce temps, le paradis refroidit

    Pendant ce temps, le paradis refroidit

    Adam et Ève en ont bavé après leurs vaines prétentions
    Et puis en ont été chassés par un fruit de belligérance.
    Si l’enfer reste encore pavé de leurs meilleures intentions,
    Le paradis semble enchâssé dans la plus froide indifférence.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Pensées différentes mais semblables

    Pensées différentes mais semblables

    Les deux minettes aux prétentions si différentes et si semblables
    M’observent l’air effarouché, attisées d’un désir ultime.
    L’une, animée d’une intention peut-être peu recommandable ;
    L’autre, voudrait aller coucher trop près de mes parties intimes.

    Tableau de Emanuil Popgenchev.

  • Sensations hivernales

    Voilà le soleil qui se voile sous un rideau d’intimité
    Comme une femme qui émerge pudiquement d’un bain de lune.
    Tristement l’hiver se dévoile avec la lourde humidité
    De son habit de neige vierge et sa froideur inopportune.

    Tableau de Samuel Véronneau

  • En attendant l’inspiration

    la femme inspiratrice se montre impératrice

    Si les trains arrivent à l’heure, plus ou moins selon les pays,
    L’inspiration, comme une femme, varie ses heures d’ouverture.
    J’aime à croire qu’elle me pose un leurre pour m’éviter d’être trahi
    Par mes divagations infâmes jusqu’au départ de l’aventure.

    Tableau de Yana Fefelova

  • Le chant de l’océan

    Les coquilles en colimaçon chantent dans le creux de l’oreille
    Et l’avenir y est inscrit comme les lignes de la main.
    L’océan n’est qu’une chanson où tous les bateaux appareillent
    Pour suivre l’écho circonscrit qui se répercute à demain.



    « Voir le monde dans un grain de sable
    Et le paradis dans une fleur sauvage,
    Tenir l’infini dans le creux de la main
    Et l’éternité dans une heure. »

    Auguries of Innocence, William Blake

    Tableau de Jessica Perlstein

  • L’ambre gris

    Tandis que la pieuvre se fâche en projetant noire son encre,
    La baleine blanche se relâche et rejette son ambre gris.
    Les marins se mettent à leurs tâches, le bateau relève son ancre
    Et regagne son port d’attache vers les rivages rabougris.



    L’ambre gris, substance très parfumée, solide, grasse, inflammable, de couleur variant du gris au noirâtre et à l’odeur spécifique, est une concrétion intestinale du cachalot que l’on trouvait autrefois flottant sur les océans ou déposé sur les côtes.

    Pieuvre Graneledone Taniwha qui ne mesure que 5 cm et photographiée à 900 mètres de fond par Owen Anderson

  • Un manteau pour deux

    Faites l’amour sous le manteau,
    Les ébats sont sentimentaux !
    Plus il fait froid, plus ça dégage
    Et plus ça aide au bécotage !

    Et quand on a bien transpiré
    Ça ne peut pas plus empirer ;
    Aujourd’hui, on a des frissons
    Demain, viendra le nourrisson.

    Photo d’Audrey Hepburn et Mel Ferrer © Getty Images

  • Vingt le jour d’y vînt

    Depuis minuit, au vingt janvier, tout porte à rire, à rigoler !
    On rompt la glace sur les places congelées sous le froid divin.
    Les SDF sont conviés à festoyer et picoler
    Une dernière fois avec classe en l’honneur de leur mort en vain.

    Tandis que les fous du lundi se droguent jusqu’au vendredi
    Avec l’addiction au boulot et aux horaires de pressoir.
    Hier, avant-hier, quoi que l’on dît, ceux qui avaient le ventre vide
    N’ont connu ni la poule-au-pot ni le blues du dimanche soir.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Ma vie en poèmes – 2

    Sont-ce les livres qui me façonnent à ressembler à leurs histoires
    Ou est-ce mon âme qui guide mes yeux vers d’autres horizons ?
    Peut-être bien que ma personne est incluse dans ces grimoires
    Et recèle une clef limpide qui me libère de ma prison.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Ma vie en poèmes – 1

    J’écrirai dix mauvais poèmes pour en réussir un moyen (10) ;
    Et j’en écrirai dix moyens pour pouvoir en produire un bon (100) ;
    Après j’en écrirai dix bons afin d’en produire un très bon (1000) ;
    Puis, j’en écrirai dix très bons pour en forger un excellent (10.000) ;
    Enfin, après dix excellents j’atteindrai peut-être un chef-d’œuvre (100.000).

    Si je veux viser l’excellence, dix-mille vers seront mon devis
    Et si je vise le chef-d’œuvre, il m’en faudra toute une vie.
    Ainsi la vie est exigeante, elle requiert l’infinité
    Pour ne produire qu’une essence, celle de la divinité.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Des yeux et des dieux

    Bien sûr que tout est connecté dans cet univers holistique
    Qui ramène l’infiniment grand à mon corps miséricordieux !
    Bien sûr que je suis affecté par ce besoin hédonistique
    Qui m’apporte un besoin flagrant chaque fois que j’y croise Dieu.

    Entendons-nous bien sûr ce point, je ne crois pas aux dieux des hommes
    Qui ne font rien que remplacer et leurs faiblesses et leur orgueil.
    Mais je sais faire le contrepoint entre mes petits chromosomes
    Et le sens de la Voie Lactée que les bras en spirale accueillent.

    Si nous simplifions l’équation et en réduisons les facteurs ;
    X le temps, Y l’espace, Z la matière et moi dedans,
    Dieu devient une relation entre les différents acteurs
    De tous ces univers qui passent dans des trous noirs cavalcadants.



    L’holistique, en épistémologie ou en sciences humaines, est relatif à la doctrine qui ramène la connaissance du particulier, de l’individuel à celle de l’ensemble, du tout dans lequel il s’inscrit ; ce qui n’est pas sans rapport au fait que je n’ai pas encore tout compris.
    L’hédonisme est une doctrine philosophique selon laquelle la recherche du plaisir et l’évitement de la souffrance constituent le but de l’existence humaine.

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

  • Des terres colorées

    La Terre montre un corps de femmelle qui se conjugue avec deux M.
    Avec deux astres qui l’égaillent, avec deux ailes qui l’explorent,
    Avec montagnes pour mamelles, avec océans de dilemme,
    Avec rivières qui bégayent, avec sa faune qui l’implore.

    Souvent la Terre imite l’art, à moins que l’art ne soit la Terre ;
    Parfois la Terre est une artiste, à moins qu’elle ne soit son propre Maître.
    Souvent la Terre paraît hilare face aux éléments qui l’atterrent ;
    Parfois elle se révèle autiste envers l’enfant qu’elle a vu naître.

    La Terre, ma mère et mon père et l’ensemble de mes racines ;
    Carbone, Hydrogène, Oxygène, Azote et toute l’alchimie.
    Quand son physique me désespère, je repense à mes origines
    D’homme qui se comporte en sans-gène car il est son propre ennemi.

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

  • Les masques de carnaval

    Le papier vierge de musique des pages des neiges d’antan
    Provoque un élan nostalgique pendant les jours de festivals.
    Les chanteurs de charme amnésiques invoquent un retour de printemps
    D’une berceuse léthargique sur leurs masques de carnaval.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Des terres lointaines

    Peut-être bien que mes racines marcottent sous les océans
    Auprès de civilisations issues de l’ancienne Atlantide.
    Peut-être que mes origines m’unissent, le cas échéant,
    Auprès de lointaines nations aux hommes et aux femmes splendides.

    Photo de Casina Clavijo

  • Le silence bleu

    Tandis que le froid de l’hiver s’abaisse sur notre horizon,
    Ses troupes bleues à l’arme blanche organisent le siège sans bruit.
    Aucun écho, aucun pic-vert ne fuse à travers la prison
    Hormis la neige en avalanche qui se détache dans la nuit.



    « Le bleu ne fait pas de bruit » – Jean-Michel Maulpoix

    Lopez Island, USA photographié par Benjamin Everett

  • Rouges pensées

    Lorsque le feu de la colère crépite dans mes souvenirs,
    Je convoque au fond du foyer mes frères, mon père et ma mère.
    Et dans la nuit crépusculaire, j’attends un soleil d’avenir
    Tandis que mon âme est noyée sous les flammes cruelles et amères.

    Tableau de Silvio Porzionato

  • Divines proportions – 2

    « Vous êtes le Phénix des hôtes de ces bois ! »
    Flatte Maître Renard d’une finaude voix.
    Mais Monsieur du Corbeau, pas si confus qu’on croit,
    Fait sa métamorphose et aussitôt flamboie.

    « Je suis l’aigle royal ou parfois l’épervier
    Qui te voit de là-haut entre les oliviers.
    Moi ? Te donner ma tome ? Beau Monsieur vous rêviez !
    Allez donc faire un tour sous les palétuviers ! »



    Premier vers emprunté à Jean de La Fontaine.

    Tableau de Susan Seddon-Boulet