Au moment d’être rattrapée par les souvenirs du passé,
Elle a quitté ses vêtements empreints du parfum du présent.
La première femme rescapée de l’avenir s’est surpassée
En exposant son dénuement pour un instant électrisant.
Tableau de Hu Jun Di.
Au moment d’être rattrapée par les souvenirs du passé,
Elle a quitté ses vêtements empreints du parfum du présent.
La première femme rescapée de l’avenir s’est surpassée
En exposant son dénuement pour un instant électrisant.
Tableau de Hu Jun Di.
La peur, cette bonne conseillère, donne des ailes face au danger,
Ouvre les portes et les fenêtres quand mon courage reste à zéro.
Quand le feu atteint la poudrière et qu’je n’y pourrai rien changer,
J’opte, je fois le reconnaître, pour la fuite au prochain numéro.
Tableau de Percy Tarrant.
Promenons-nous au bois-joli jusqu’à en perdre le nord ;
Enfonçons-nous dans les ombres dans le silence des fourrés.
Vient cet instant de folie d’une panique insonore
Qui fera les peurs en nombres tourner en échauffourée.
Illustration d’Arthur Rackham.
Le peintre range ses couleurs tous les soirs sur la mer d’Iroise ;
Le marin prépare ses filets pour la marée demain matin ;
La mer replie ses flots rouleurs sur un horizon de turquoises ;
Le vent sur le sable profilé plisse ses dunes de satin.
Photo de Mathieu Rivrin – https:www.mathieurivrin.com .
L’animal le plus proche de l’homme – qui, lui aussi, est omnivore –
Court vers la chaîne alimentaire et l’industrie pharmaceutique.
Le porc et l’humain en binôme, l’un le nourrit l’autre le dévore ;
Après tout, c’est élémentaire et la boucherie, pathétique.
Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
Pour observer sans être vu, ne montre pas le bout du nez
Car tu deviens l’être pervers doté d’un sale caractère.
Tu risques même la garde à vue si tu joues à importuner ;
La police se montre sévère envers tous les contestataires.
J’ai lu quelque part qu’un homme qui chantait la chanson « Hécatombe » de Georges Brassens avait été verbalisé – au moment où il entonnait « … les mégères gendarmicides … » – par deux policiers qui passaient sous sa fenêtre. Donc, méfiez-vous, les murs ont des oreilles !
J’ai trouvé cette explication des grandes civilisations
Qui ont régné et périront puis renaîtront différemment.
Ainsi, pas de complications concernant son utilisation
Et tous ceux qui l’apprécieront comprendront tout, évidemment.
Tableau de Sam Braun.
Les gens, de plus en plus pressés, deviendront vite habitués
À nos fast-foods ultra rapides avec cuisine mécanisée.
Choisissez le menu, pressez ! Dans le guichet attribué,
Prenez le repas insipide dans nos dînettes urbanisées.
Illustration de Gerhard Glück.
Pour expliquer la création du monde et tous ses univers,
Il faudrait faire une spirale pour en conter tous les exploits.
Par ailleurs l’interprétation de la série des faits divers
Aurait une masse sidérale qui s’effondrerait sous son poids.
Tableau de Sam Braun.
« Excusez-moi, j’me suis trompée, je cherche la chambre de grand-mère! »
Lui dit d’une voix effrontée celle qui l’avait rossé hier.
« Hélas, je suis assez clampé par toutes les tractions qui m’enserrent ! »
Répondit le loup affronté et vaincu par sa tortionnaire.
Illustration de Gerhard Glück.
Il était temps qu’il réussisse depuis qu’il passe l’éternité
À remonter la pente abrupte avec son fardeau accroché.
Pourvu que Dieu se radoucisse et donne un repos mérité
À l’homme à la force brute qui a abouti son rocher.
Tableau de Rafał Olbiński.
Tandis qu’elle attendait l’enfant, Marie allait baigner souvent
Les corps qui étaient confiés sous sa responsabilité.
Ce petit moment triomphant dans l’eau fraiche du lac du couvent
Offre aux pénitents conviés un air de compatibilité.
Tableau de Rebecca Dautremer.
Pour entretenir sa beauté, prendre le temps de barboter
Dans un bain de fleurs aux couleurs les plus vives comme antidouleur.
Coquelicots et fleurs des champs fond de teint le plus aguichant ;
Pour terminer la décoction, un jus des fruits de la passion.
Tableau de Rebecca Dautremer.
Les bois et les cuivres dormaient entre les cordes et les vents ;
Les instruments de percussion ronflaient au rythme des soupirs.
La berceuse se déformait et s’étendait sur les devants
D’un public en répercussion qui, lui, venait de s’assoupir.
Tableau de Rebecca Dautremer.
L’abdomen, ce bel instrument m’accompagne après l’aloyau
D’une berceuse ventriloque selon les notes consommées.
Les féculents sonnent indûment dans les cornes de mes boyaux
Mais la symphonie se disloque quand l’interprète est assommé.
Tableau de Rebecca Dautremer.
Maintenant qu’on nous a appris à nous confiner sans mot dire
En nous cachant par un virus la forêt de l’incertitude,
Désormais nous avons compris que nous n’avons qu’à nous maudire
D’avoir élu l’olibrius qui nous lévite en altitude.
Tableau de Michael Sowa.
Ce soir, le roi des animaux, lion cruel mais mélomane,
À goûté sous le ciel étoilé un chant d’une oreille amicale.
Sa majesté, à demi-mots, se montre aussi mégalomane
Quand il s’agit de dévoiler ses connaissances musicales.
Pendant ce temps, le gitan rêve à des gazelles énamourées
Pour lesquelles il a répété ses harmonieuses réparties.
Mais la belle image se crève car le lion a savouré
Le songe d’une nuit d’été du rêveur puis, il est parti.
Tableau d’Henri Rousseau.



Tous les matins la vie paisible coule sur le fleuve tranquille
Chargé de toutes les nouvelles qui se diluent dans son courant.
Qu’elles soient tragiques ou risibles, le paysage reste immobile
Malgré les coups de manivelle des événements concourants.
J’ai ma collection de jumelles, de télescopes et de longue-vues
Qui me donnent l’heure à l’horloge de mon petit château perché.
Je lorgne aussi quelques femelles qui s’y lézardent à l’imprévu
Bien qu’en principe cela déroge à ma dignité écorchée.
Et le soir la vie recommence sur les terrasses et les jardins
Au rythme des éclats de rires comme un spectacle permanent ;
Petit théâtre des romances entre blondinettes et blondins
Qui voient la lune leur sourire et les étoiles au firmament.
Tableaux de Michiel Schrijver sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201512Michiel-Schrijver.html#more .



L’uniformité matinale rassure mon retour à la vie
Lorsque j’entends les mêmes signes inscrits dans le cri des oiseaux.
Et cette horloge machinale de l’aurore sur le parvis
Sort le soleil de la consigne selon l’horaire des fuseaux.
Vers midi, le soleil s’énerve à enflammer d’amour doré
Tout ce qui vit sur la planète, uni au même méridien.
Je reste là sur la réserve de mon secrétaire mordoré
À écrire une chansonnette qui rythme avec mon quotidien.
Quand enfin s’en vont les lumières que le crépuscule assombrit,
Je guette celle d’une amourette dont je rêverai cette nuit.
Je reste jusqu’à la dernière puis je regagne mon abri
Où j’m’entendrai conter fleurette à celle qui m’ rejoint à minuit.
Tableaux de Michiel Schrijver sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201512Michiel-Schrijver.html#more .
Personne ne naît avec trois yeux mais par un regard extérieur,
On voit un monde merveilleux qui se situe à l’intérieur.
Si l’on veut en rester le maître, il s’éclipse miséricordieux
Car l’univers ne peut permettre qu’on voie les coulisses de Dieu.
Illustration de Paolo Pedroni.
Dès que je prends le train des rêves vers je ne sais quelle station,
J’oublie toujours le lendemain les découvertes du voyage.
J’ai bien mis un attrape-rêve pour capturer les sensations
Mais, des mots sur le parchemin, reste un infâme gribouillage.
Illustration de Kurt Huggins et Zelda Devon.
Quand le temps monotone impressionne les dunes,
Je les vois qui moutonnent en silence sous la lune.
En suivant les sillons sur les crêtes gravés,
J’entends les tourbillons de leurs plaintes entravées.
Photo de Nikbarte sur http:nikbarte.it .


En déroulant mon labyrinthe des souvenirs les plus profonds,
Je rembobine mon fil d’Ariane pour en extraire les douleurs.
Tressé d’éloges et de plaintes, j’en redécouvre les tréfonds
Jusqu’à la frontière médiane entre les goûts et les couleurs.
Après mon bouleversement, je ne sais même plus qui je suis ;
Je reconnais les environs mais je n’ai plus la même voix.
Alors je tisse lentement le fil d’où je m’étais enfui ;
Mon cœur et mon corps grandiront différemment d’une autre voie.
Illustration d’Edel Rodriguez.


Quand elle m’a traversé le cœur, la flèche d’amour qui foudroie,
Tout l’univers s’est transformé et les couleurs ont basculé.
J’ai hurlé comme un loup vainqueur sous une lune qui poudroie ;
J’étais pris, j’étais enfermé dans un bonheur immaculé.
Au fil du temps et des couleurs continue la métamorphose ;
L’amour ne renonce jamais et se renforce chaque jour.
Au fil du temps et des douleurs se perpétue la vie en rose ;
Le cœur est toujours affamé de la maladie de l’amour.
Illustrations d’Alberto Cerriteño.
D’une pensée pour ses parents, triste, la sirène a rougi ;
Une larme versée pour sa mère, une flamme dressée pour son père.
Dans le souvenir apparent du symbole de la bougie,
Elle a réuni, éphémère, ses origines qui persévèrent.
Tableau de Victor Nizovtsev.
Génie du feu, génie de l’eau un jour sont tombés amoureux.
Comme ils étaient mâle et femelle, leurs amours furent souveraines.
Leur fusion créa un halo comme un égrégore vaporeux
Et l’on vit sortir des flammes, elle. Une merveille de sirène.
Tableau de Jen Shearer.
Elle est passée en coup de vent perdant ses plumes au passage ;
Un soleil d’or sur la clairière entre les vignes égrappées.
Personne ne se tenait devant pour apercevoir son visage,
Personne n’a couru derrière pour tenter de la rattraper.
Tableau d’Oleg Tchoubakov.
La ville aveugle souhaite embrasser une nature sans emploi.
L’amour éblouit par nature ; on ne vieillit pas toujours ensemble.
Mais la forêt meurt embrasée par la ville qui se déploie
Et les cités se dénaturent vers une mort qui les rassemble.
Tableau d’Oleg Tchoubakov.
En voici un qui n’a pas cru qu’on allait le manger tout cru !
Il a tant mangé qu’il a crû et grossi d’ façon incongrue.
Il pensait qu’il ferait la fête et ça lui montait à la tête
Mais quand ladite sera défaite, reconnaîtra-t-il sa défaite ?
Tableau de Jeremy Norton.
Elle devient belle-de-jour, reine des papillons de jour.
Elle devient belle-de-nuit, reine des papillons de nuit.
Vous la croiserez sans la voir, une fleur sur un arbre charmant,
Vous la cueillerez sans l’avoir, elle est restée sur le sarment.
Illustration de Diana Sudyka sur http:www.dianasudyka.com .
Un jour les montagnes partiront, lassées du monde en pollution,
En emportant toute la faune et les dernières feuilles mortes.
Alors nous nous repentiront d’avoir pris la résolution
De faire comme une autruche aphone et que le diable nous emporte !
Illustration de Diana Sudyka sur https:mymodernmet.comdiana-sudyka-paintings .
Pour sa parade amoureuse de l’hymen à la grenouille
Le beau mâle, vert poète, rythme en prose avec des bulles.
La femelle langoureuse lui tâte un brin la quenouille
Et dès qu’elle est satisfaite, s’accouple sans préambule.
Tableau de Vitxy.
Plus de place pour les rêveurs qui planent au-dessus des lois
Et croient qu’ils vont s’envoler pour rejoindre les voies stellaires.
Les corbeaux avec ferveur ne sont pas de bon aloi
Et ne veulent pas convoler avec les plus lourds que l’air.
Tableau de Vitxy.
Soudain, barrant le pâturage, une déesse des prairies
Me manda de payer l’octroi pour le Passage des Alpages.
Heureusement mon entourage m’avait parlé de la frairie ;
D’un drapeau en forme de croix, j’ai pu m’acquitter du péage.
Photo de Brigitte Djajasasmita.
Quand Minet invite Minette à boire un seau à l’improviste,
L’étable des vaches normandes demeure un lieu incontournable.
L’atmosphère de la buvette attire les récidivistes,
Sauf la fermière qui réprimande ces gaspillages impardonnables.
Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
Dans le calice de l’amour entre Jésus et Madeleine,
Tous les apôtres sont rassemblés pour un dernier apéritif.
Judas, toujours avec humour, souhaite des noces de porcelaine
Aux amoureux qui ont tremblé devant ces vœux répétitifs.
La fresque de la Sainte Cène de Léonard de Vinci.
La nuit, la reine du zodiaque s’endort au milieu des étoiles
Pour rêver à nos prophéties dont elle présentera le devis.
De ses fantasmes aphrodisiaques, qu’elle dessine sur la toile,
Naîtront mille péripéties qui mettront du sel dans la vie.
Tableau de Christian Schloe.


Que les baignades étaient jolies lorsqu’il n’y avait pas de masque,
Ni de maillot ni burkini ni radio et ni téléphone !
Combien les gens étaient polis, garçons et filles un peu fantasques
S’échappaient en catimini derrière les dunes polissonnes.
Hélas ce temps est révolu et désormais la loi impose
Un maillot strict règlementaire et des contrôles de pollution.
On ne jette plus son dévolu sur les starlettes qui n’exposent
Plus leurs mamelons pigmentaires qui soulevaient des révolutions.
Tableau de Paul Cézanne.
Précieuses perles de sirène, prix de la vie, prix de la mort ;
Le prix à payer valait bien une nuit d’œuvres aquarelles.
Je l’avais cédée à la reine des mers de la Côte-d’Armor
Qui m’rendit l’amour amphibien en queue de poisson corporelle.
Tableau de Christian Schloe.


À l’aide d’une longue ficelle appâtée de folles ambitions,
La nuit de la pêche aux étoiles lui demande de la patience.
Les reflets, dans l’eau qui ruisselle, s’agglutinent par imbibition
Et remontent les fils de la toile dont elle tisse sa conscience.
Au petit jour, tous ses projets paraissent gris et estompés
Car les étoiles sibyllines ne se dévoilent que lentement.
Demain elle va interroger les paraboles estampées
Déposées sur la crinoline une nuit sous le firmament.
Tableaux de Safwan Dahoul.
De peur que la deuxième vague emporte tout sur son passage,
Nous faisons le tour de la Terre exactement en temps inverse
Sur notre side-car qui zigzague afin d’éviter le traçage
Des statistiques qui nous atterrent et ses rapports de controverses.
Tableau de Didier Lourenco.
En m’inspirant de la burqa, j’ai faufilé ce masque rouge
Qui me permet de respirer et agrée la lecture labiale.
Je peux danser la mazurka, le tango, bref tout ce qui bouge,
Et laisser mon corps transpirer toute mon aura primordiale.
Photo de Tim Cavadini.
À défaut d’avoir la main verte, la femme est bonne jardinière
Concernant ses amours secrètes qui font d’elle une superbombe.
De découvertes en découvertes – elle n’aime pas la chose routinière –
Elle saura se montrer discrète et muette comme une tombe.
Illustration d’Edwin Georgi.
Un baiser en flagrant délit, la femme reste un peu surprise ;
L’amour trompé, l’amour volé, la femme se montre stupéfaite.
Caressée, roulée sur le lit, la femme commence à être éprise ;
Mais quand l’amant s’est envolé, elle rumine sa défaite.
Illustration d’Edwin Georgi.
Lorsqu’une fille rêve de vous, méfiez-vous le lendemain !
Si elle en parle à ses copines et qu’elle se moque et qu’elle se marre,
Préparez-vous au rendez-vous quand vous demanderez sa main ;
Si elle vous fait la triste mine, c’est que vous fûtes son cauchemar.
Illustration d’Edwin Georgi.
Pourquoi les jolies filles n’appartiennent qu’aux rêves
Et ne prennent leur pied qu’avec de beaux garçons ?
Moi, lorsque je roupille, mes rêveries trop brèves
Tombent dans l’escalier mais en colimaçon.
Illustration d’Edwin Georgi.


Drôle de drame dans la serre dans les rangées d’azalées ;
Une jolie fleur se rebelle contre un jardinier gémeaux
Qui l’étreint et qui l’enserre mais la fille au pis-aller
Ne veut pas d’une ribambelle de jumeaux ou faux-jumeaux.
Illustration d’Edwin Georgi.
Décidément, tant de ressources à changer de physionomie
Selon si la vie lui propose un peu de joie ou de malheur,
Doivent provenir d’une source qui ne fait pas économie
De mines joyeuses ou moroses et de sourires de valeurs.
Tableau d’Audrey kawasaki.
Le strip-tease des poupées gigognes est un spectacle bien ennuyeux
Avant d’atteindre la dernière afin que l’intérêt commence.
Je vous en parle sans vergogne ; lorsqu’elle en arrive au milieu,
Déjà j’ai fermé les paupières et m’endors pendant la séance.
Tableau de Shiori Matsumoto.
Si les chats ont neuf vies, les femmes ont neuf visages
Un pour vous dire « oui », un pour vous dire « non »
C’n’est pas moi qui le dit mais tout mon entourage :
« Quand une femme jouit, neuf voix chantent en canon. »
Tableau de Miles Johnston sur https:www.jeyram.orgfeatured-artists#miles-johnston-beautiful-darkness .