Par mes yeux d’homme, je vois le monde ; un’ femme le verra autrement ; Mon chat le voit de la toiture et les oiseaux depuis l’azur. Toutes ces visions vagabondes, chacune prise séparément, Donneraient au cercle sa quadrature si elles fusionnaient d’aventure.
Je passe d’une année à l’autre comme dans la pièce d’à côté Avec toujours le même décor, les mêmes noëls brillantés. Je ne pourrais faire l’apôtre d’une vie tarabiscotée Car c’est la même qui encore revient m’apprendre à patienter.
Moi qui suis le dernier représentant qui marche De l’espèce des mâles en train de disparaître, Je n’ peux pas le nier j’aimerais être patriarche Auprès des animales qui me voudraient pour maître.
Je n’sais pourquoi, quelle misère, Cherche-Midi est en colère Depuis que je l’ai emmené consulter la vétérinaire. Depuis il souffle, il vocifère d’une mine patibulaire Dès qu’il me voit pointer mon nez malgré mon aspect débonnaire.
Il a le blues évidemment et je le verrais bien clamer Ses griefs, la guitare à la patte, pour les chanter dans le quartier. Si par hasard, ses miaulements étaient, dès demain, acclamés, J’espère que la critique ingrate décriera le matou altier.
Au-delà de l’espace-temps dans lequel existe un sourire, Au-delà de la dimension de la matière qui le compose, L’amour outrepassera d’autant toutes ces lois jusqu’à en rire Car je n’ai pas de prétention lorsque mes lèvres s’y déposent.
Voilà, je quitte mes années passées ; voilà, je rejoins mon futur. Je dis adieu au train de vie qui nous sépare comme deux montagnes. Je ne pourrais outrepasser ce fait mais ce dont je suis sûr ; Mon côté masculin survit car son féminin l’accompagne.
Le jour du quatorze juillet, les fanfares hissent les couleurs Mais le jour du douze juillet, Facebook clame haut ses valeurs. Tous mes amis les plus précieux me souhaitent un bon anniversaire Et mes amies de leurs plus beaux yeux m’embrassent d’une amitié sincère.
Le jour de son anniversaire, l’extérieur ne modifie rien Mais l’intérieur se met en fête de toutes les cellules unies. Les neurones font le nécessaire avec un goût épicurien Pour animer toute la tête jusqu’à en avoir le tournis.
Là, au-dessus des Monts d’Arrée, tandis que notre Terre tourne, La Comète Neowise passe dans les premières lueurs du jour. Comme deux dieux qui, sans arrêt, manient le monde qui se retourne Sur ses peuples qui outrepassent leurs territoires à leurs tours.
Photo de la Comète Neowise par Mathieu Rivrin sur https:www.mathieurivrin.com .
Les individuelles portent un vanity-case, Les jolies secrétaires, un nouveau sac à main. Les intellectuelles arborent l’attaché-case Et les femmes artistes leurs dessins en sous-main.
Les sportives ne marchent déjà plus, elles roulent À vélo, en Roller ou en planche à roulette. Il faut aller plus vite, il faut qu’elles déboulent ; L’avenir est en marche, faut pas faire de boulette.
L’appétit vient souvent tout à coup en marchant On s’arrête au drugstore ou bien au restaurant. Tout dépend si elles sont dans un centre marchand Ou dans les petits villages à l’air revigorant.
Il faut boire surtout des boissons énergétiques, Bien surveiller sa ligne mais se faire plaisir ; Et toute la semaine, des menus diététiques Le week-end on verra, c’est selon les désirs.
Depuis longtemps déjà plus personne ne marche ; Quelques femmes encore en perpétuent l’usage. Pour comprendre il faudrait observer leurs démarches, Pour l’entendre il faudrait un radio-balisage.
Il en est déjà passé des femmes de toutes sortes, En jupe, en pantalon, ou en drôles de robes. On les voit apparaître soudain devant la porte Puis soudain disparaître, une ombre les dérobe.
Soit chaussées de bottines, soit droites dans leur bottes, Avec talon aiguille ou talon compensé. À petits pas chassés, on les voit qui barbotent Sous les gouttes de pluie puis, se mettent à danser.
Elles paraissent affairées, elles font mille choses Soit un enfant au bras ou soit un téléphone. Puis au coin de la rue, elles se métamorphosent Devant une vitrine ou un bel anglophone.
Penchons-nous sur la parenté entre la dame et la licorne ; La licorne étant télépathe, la dame possédant l’intuition. Or les antennes patentées, l’une ses seins, l’autre sa corne Seraient peut-être le stigmate qui ouvrent leur prémonition.
Panneau de coussin, fin de l’époque médiévale musée d’histoire de Bâle.
Je me souviens de nos premières vacances où nous nous sommes épris Dans le dénuement d’une chambre qui préservait l’intimité. J’aimais la voir dans la lumière, lorsque le soleil s’approprie Son corps qui ressemble à de l’ambre, bronzé en clandestinité.
Juste après avoir fait l’amour, juste après avoir pris sa douche, Elle enveloppe comme un cadeau son corps dans un kimono rose. Jamais fermé, toujours glamour, dévoilant un sein qui débouche Dans l’échancrure comme un badaud qui jette son téton morose.
Vous qui reposez nue, sans même vous douter Que l’œil qui vous regarde est en train de rêver ; Car je suis dans les nues, dans mes songes floutés Et je monte la garde à mon cœur entravé.
Elle possède l’oreille fine, bien affûtée au cours du temps, Qui reconnaissait la portière de celui qui fut son soleil. L’ouïe tendrement féminine, tellement aiguisée qu’elle entend Quand l’enfant joue sous la verrière, quand il remue dans son sommeil.
Toujours floue dans mes souvenirs lorsqu’au matin je me réveille, Elle n’en a pas moins raconté quelques pages de son grimoire. Et je constate que l’avenir révèle souvent des merveilles Les mêmes qui m’ont été contées et enfouies dans ma mémoire.
Lorsque je raconte mes jours dans mes poèmes verts et roses, Je prends la photo du moment, je la commente puis, je la range. Or, en relisant mon parcours, j’aperçois une ombre morose Qui imprégnait l’évènement d’une substance bleu-orange.
Quand je m’enivre d’écritures, quand je me noie dans mes reflets, Je vois le bleu de l’éléphant dominer sur un monde glauque. Parfois le cerveau me triture et mes neurones sont essoufflés D’avoir couru leur cœur d’enfant dans les visions les plus loufoques.
Mourir de rire, la belle mort ; mieux que pleurer toute sa vie ! Mourir d’ennui, la pire mort ; mieux vaut mourir dans un délire. Si elle me mariait à tort, je voudrais qu’elle en soit ravie Et qu’elle rit de plus en plus fort, jusqu’à ce que moi-même en rire.
J’ai quelquefois vu que ma route s’arrêtait inopinément ; Un panneau venait m’avertir la fin de mon chemin de vie. La mort douce m’a mis en déroute, six ou sept fois obstinément ; Elle m’a pourtant laisser partir jusqu’à ce qu’elle en ait envie.
Lui, en posture dominatrice, le dos calé contre la porte Lui en interdisant l’accès ; il a pris possession des lieux. Sur le lit même pas défait, il a jeté son grand manteau Et le chapeau sur le bahut montre qu’il est maître partout.
Elle, prostrée lui tournant le dos, son corset arraché par terre, La bretelle de chemise baissée, la robe rabaissée aux genoux. Son coffret au couvercle ouvert, son intimité au grand jour Et la honte de voir son cœur exposé, humilié, violé.
J’ai ajouté une couleur aux reflets de ma plume rose Avec un flamant blanc-nacré pour pigmenter les mots de l’âme. J’exprime bien mieux les douleurs qu’a supportées mon cœur morose Et l’esprit rejoint le sacré de la déité de sa flamme.
Cherche-Midi, matou malin, s’intéresse de peu aux oiseaux ; Je l’ai vu prendre ce matin le chemin qui mène aux roseaux. En échange de trois câlins, il m’a emprunté mes ciseaux Et m’a tenu un baratin pour me présenter son réseau :
Des petites maisons tressées comme abris pour les volatiles Qu’il va planter sur notre toit car la technique est difficile. Ensuite, le voilà dressé avec un filet contractile Pour attraper, d’un air matois, ceux qui feront un’ proie facile.
Terre endémique et marsupiale du koala au kangourou, Terre soumise aborigène à la couronne britannique, Vaste superficie australe qui vit naître le lapin-garou, L’Australie figure l’allogène de la plus grande île océanique.
Puisque les paroles s’envolent mais qu’elles demeurent écrites, La civilisation s’exprime sur ce que l’histoire raconte. Et lorsque les langues convolent depuis ses racines sanskrites, Sa descendance alors s’imprime dans le plus grand livre des contes.
Dernière terre découverte par les peuples navigateurs, D’abord Maoris puis, Anglais qui ont rejoint l’oiseau insigne : Le kiwi chante à gueule ouverte, il danse en pacificateur Dans ces deux langues dont il jonglait avec le langage des signes.
Depuis l’Afrique maternelle, les animaux ont émigré Au septentrion, vers l’occident et les grandes plaines d’orient. Au refrain d’une ritournelle, des nouveaux mondes dénigrés, On se replie par accident dans un chaos invariant.
Celle qui veut se faire plus grosse que le nuage et la tempête, Celle qui coasse et qui rigole quand il tombe des hallebardes, Celle qui rentre dans sa fosse lorsque le soleil se répète, Voyez comment elles dégringolent quand la météo s’fait bâtarde.
Elle s’est tissée un’ deuxième peau, elle porte des talons aiguilles Et sur sa drôle de bobine, un chapeau à mètre-ruban. Elle a tressé, bien à propos, autour des joues en bas résille, Une fermeture coquine où elle range ses turbans.
Photo de Gary Dorsey et collage d’Austin Fashion sur https:www.behance.netgallery450865Austin-Fashion-Week-2010 .
Mystère sous l’austère habit qui cache son jardin secret. Qui saura donc déverrouiller ce virginal coffre à bijoux ? Mais s’il est du même acabit que le saint calice sacré, Alors la clef n’a pas rouillé car son propriétaire en joue.
L’espace occupé par l’amour, plus grand qu’une belle nuit d’été, Plus chaud qu’un milliard de soleil, plus dense que tout l’univers, Explose le compte-à-rebours, juste une seconde hébétée, Juste la fraction du réveil lorsqu’enfin le cœur s’est ouvert.
Herbe bleue… j’ai dû l’être un peu, passionnément et après tout Le bleu ne m’a pas empêché de rosir ma vie en rêveur. Tout le monde fait comme il peut, des trous, des piercings, des tattoos ; Moi, ça m’permet d’aller bêcher le cœur des jeunes filles en fleurs.
Qui oserait tordre le cou au volatile du Capitole pour fabriquer un édredon bien rembourré en plumes d’oie ? Mais il y a pire car beaucoup le font passer à la casserole Pour s’en empiffrer le bedon sans que l’on les montre du doigt.
Le blues ne se limite point à la couleur des sentiments, Pas plus qu’au poids de l’oppression ou à la mort d’un de ses proches. Il est à l’équilibre ce point où bascule le ressentiment Qui imprégnera l’agression où le cœur et l’esprit s’accrochent.
Laissez-moi donc vous présenter la femme de l’épouvantail Qui n’effraie que les damoiseaux en mal d’amour de pastoureaux Dont les rêves se retrouvent hantés à s’prendre les pieds en éventail Parmi les ronces et les roseaux dont est tissée sa robe fourreau.
Puisque le temps de la jeunesse nous apparaît interminable, Puisqu’en moyenne les promesses ne sont jamais réalisables, Les enfants et la politique possèdent ensemble la poudre aux yeux ; Pour les uns, un monde magique et pour les autres devenir gâteux.
Puisque l’école des sirènes paraît si dure et sélective, Il faut donner un avenir – je dirais même un coup de queue – À celles qui ont quitté l’arène mais dont les grâces effectives Graveront dans les souvenirs les plus beaux engouements aqueux.
Ouvrons la voie de la Marine aux pauvres sirènes ratées Qui atteindront, sans un malus, l’audace d’un marin réussi ! Laissons gonfler dans les narines cet air du large hydraté Qui donne aux filles mieux qu’un phallus ; l’intuition et la minutie
Or, la plupart les conducteurs ayant eu l’enfance frustrée De ne pas posséder le plus beau, le plus grand de tous les jouets, Montrent des troubles psychomoteurs s’ils n’parviennent pas à s’illustrer Et remettent à fond les turbos pour, les limites, déjouer.
La solution est évidente et un enfant l’aurait trouvée : Laissons conduire nos gamins pour résoudre leurs frustrations. Très tôt, les mettre sur la pente afin qu’ leurs pulsions éprouvées, Ils découvrent ainsi le chemin, dotés d’une bonne traction.
La portée du confinement, sur des vacances un peu forcées, Fait évoluer l’homo sapiens au consommateur de loisirs. La loi de l’emmagasinement par internet est renforcée Et il passe une vie de prince selon ses moindres désirs.
La nuit, lorsque mon chat a faim, il vient miauler jusqu’à mon lit. Or, à deux heures du matin, il est venu me réveiller. Je l’ai suivi dans la cuisine, mais non, le bougre a obliqué Vers le balcon pour me montrer et partager l’événement.
C’était la lune en plein quartier qu’il m’expliqua d’un miaulement Qui signifiait que désormais, j’étais devenu son ami. Après l’avoir remercié, il est rentré mais sans manger ; Nous avons regagné nos chambres, lui dans son lit, moi dans le mien.
Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue.
Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
Entre le Grand Chien et le Cygne, en remontant la Voie Lactée, Lorsque la Lune te sourit, tu verras le Chat à ta droite. Amuse-le, fais-lui un signe, applique-toi à le contacter Car s’il te prend pour un’ souris, votre relation s’ra très étroite.
Plus qu’un p’tit oiseau dans la tête, mieux qu’une cervelle d’alouette, Madame couve dans son nid, toutes ses pensées d’harmonie. De concert avec les mésanges et l’accréditation des anges, Elle a établi son réseau qu’elle qualifie de « Damoiseau ».
Dès qu’un oiseau fait son approche, petit minet devient grand tigre. Des tics agitent ses moustaches et soudain son corps se tapit. Alors plus la proie se rapproche plus le chat sous les ombres migre, Le vainqueur de ce cache-cache, c’est la réflexothérapie.
Pourquoi une fois couronné, le roi ne voit-il pas son peuple Comme s’il était devenu boiteux des organes de la perception ? Une fois qu’il a coiffé le bonnet du pouvoir, il paraît aveugle Et les borgnes les plus convoiteux n’y font même pas exception.
Ce matin, j’ai trouvé ces lignes qui se perdaient à l’horizon Aussi bien difficiles à lire que facile à suivre des yeux. Je n’en ai pas percé le signe d’une voie vers la guérison Mais au contraire le délire d’un poème en vers camaïeux.
J’ai tant rêvé que j’ai noté : « des rose-orange s’enflammant… » sur un papier pour mon réveil et ce matin, je fais chou-blanc. Pas la moindre idée connotée juste une impression de flammants Au Kenya gorgés de soleil et l’infini en arrière-plan.
Quand j’entreprends un exercice, je me fixe un cap à atteindre Mais plus je monte les étapes et plus l’objectif se prolonge. Il faudrait que je raccourcisse mes prétentions ou les restreindre Sinon mon ambition m’échappe et tout finit dans des mensonges.
Demain la technique saura comment rhabiller tous les nus Demain la censure pourra aux ronds-points et aux avenues, Gommer les seins, barrer les culs, flouter les sexes de tous poils, Prêcher la honte aux convaincus qui tiennent les cordons du poêle.
On enlèvera les cigarettes, la pipe au bec des comédiens, On changera tous les gros mots par du politiquement correct. Dans les romans, chaque amourette sera chaperonnée par un gardien Des mœurs et enfin les homos seront neutralisés direct.
Les chats siamois, de Thaïlande ou sylves sauvages de Norvège, Avec les roux, les noirs, les blancs et les chats tigrés de gouttière, Toutes les nuits nous enguirlandent pour bouffer, sortir ou que sais-je Tant et si bien qu’il est troublant qu’ils n’aient, eux, aucune frontière.
Le gros Maine Coon vient d’Amérique, le pays de la démesure Et le chat nu viendrait de Chine – à moins qu’ ce n’ soit du Canada – Toujours est-il qu’apriorique que soit le chat contre nature, Il pèse et nous courbe l’échine et jusqu’au bout nous rend fadas.