J’avais laissé derrière moi tous mes soucis, mes infortunes Pour suivre une fille à Montréal qui demandait des sacrifices ; J’ai commencé au fil des mois d’abord à décrocher la Lune, Puis, faire des aurores boréales et plein d’autres feux d’artifices.
La nuit quand la lune sourit et que les étoiles scintillent, Courir sur les toits de Paris – ou n’importe quelle ville en province – Demande des pas de souris chaussées de bottes qui sautillent Et de répondre au gabarit d’une petite fée très mince.
Le goût des voyages en armoire a commencé dès mon enfance Lorsque je cherchais la lumière de l’autre côté du miroir. J’ai collectionné de mémoire les paysages de Provence Dont j’ai visité les chaumières et les commodes, plein les tiroirs.
L’île perdue de ma conscience, dans l’océan des connaissances, Ne permet pas que je m’éloigne de plus d’un pas vers l’inconnu Car le brouillard de l’inconscience sur le rivage prend naissance Avant même que je rejoigne mes rêves les plus biscornus.
« Ah ! Je ne sais pas s’il m’en reste ! » répondait le vieux quincailler Quand je demandais l’impossible comme « la lime à épaissir », « L’huile de coude » de Bucarest ou « l’eau en poudre » à écailler. Mais il m’écoutait impassible et accédait à mes désirs.
Il vendait des clous de girofle pour attacher les apostrophes, Il soldait les poids de cent heures pour éviter la pesanteur, Forets et mèches séparées pour pratiquer des trous carrés Et des scies à coller le bois car il en faut toujours chez soi.
Accoudé sur le bastingage de mes souvenirs nostalgiques, Un jour j’ai compris le langage de tous les passages magiques. Tout est porte extraordinaire cachée derrière les coulisses De tous les objets ordinaires aussitôt que la main s’y glisse.
Les forêts cachent des châteaux, les sapins imitent des tours, Les réverbères cachent l’ombre et les vieux bancs des manuscrits. Pour les trouver, c’est du gâteau ! Je prends la porte sans retour Qui ouvre le secret des nombres qui ne sont pas encore écrits.
Quand l’amour brûle les pensées et que le cœur paraît brasier, L’esprit voit ses sens supprimés par l’émotion des sentiments. Alors il faut bien compenser par des lanternes de papier Dont la flamme saura exprimer l’espérance d’un assentiment.
Une robe couleur du temps qui passe entre chaque saison ; Couleur du jour, couleur de nuit, tissée des heures et des secondes. Une robe à chaque printemps pour toutes sortes de raisons Qui ne vieillirait que d’ennui mais qui ferait tourner le monde.
Une robe couleur du temps selon la météorologie ; Couleur de pluie, couleur de vent, que jamais ne pourrait découdre. Une robe aux cœurs débutants qui fleurissent dans les logis Et que l’on ôterait souvent durant les nuits de coups de foudre.
Bien sûr, je transporte mon coffre qui contient tous mes souvenirs Bien sûr, ils datent d’une époque d’avant ce siècle à rebrousse-poil. Ces petits vers que je vous offre et qui s’envolent vers l’avenir Trouveront peut-être leurs réciproques ou rejoindront les cœurs d’étoiles.
Toutes mes pensées qui galopent et qui tournent à ressasser Par une force centrifuge voudraient goûter leur puberté. Mais dans l’inconnu interlope qu’elles devront outrepasser Trouveront-elles le refuge pour s’exprimer en liberté ?
Forêt auguste et silencieuse, je sais ta végétalité. Muette, discrète et secrète, tu m’observes à travers le temps. De mes racines prétentieuses qui font mon animalité, Tu t’en moques car tu sécrètes ce qui me nourrira longtemps.
Finalement mille-et-un dieux trônent au royaume des cieux ; Celui qu’on appelle « Éternel » ou parfois même « Emmanuel » N’est qu’un « porte-parole » choisi par un gouvernement moisi Qui ne nous envoie que des crises pour nous garder sous son emprise.
Puisque nous passons nos vacances dans nos pavillons confinés, Dotons leurs fondations de roues d’imagination raffinée ! Puis, sur des rails d’extravagance, nous irons par le Dauphiné Vers les mers bleues où les mérous rôtirons dans nos cheminées.
Lorsqu’un rêve me tend la main matérialisée dans l’espace, J’ai l’impression de m’enfoncer vers des abîmes sans retour. En effet, passé le chemin, mon itinéraire s’efface Et je me retrouve engoncé dans ses méandres et ses contours.
Bravée la peur de l’inconnu, je commence un nouveau chapitre. Je lâche prise à mes remords, je revis et je m’émerveille. Bien que tout y soit biscornu et que je m’y comporte en pitre, Je danse un peu avec la Mort qui me rend la clef du réveil.
Rêve d’Icare et d’envolées pour joindre les pigeons voyageurs Ou rêve d’eaux et de sirènes pour rallier les poissons volants, Qu’il est bon de batifoler dans des fantasmes échangeurs Direction « Les-nages-sereines » ou vers un vol affriolant !
De drôles d’ailes ont pris racine là où je pensais m’envoler Pour me rappeler d’où je viens comme un cordon ombilical. Et je ressens mes origines, mâle et femelle, inconsolées De n’avoir su créer le lien vers l’évolution verticale.
Tableau de Duy Huynh sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201111duy-huynh-1975-vietnam.html .
L’évolution des connexions de nos organes et nos cellules Passera au mode sans-fil d’un futur asocialisé. Et l’on verra des collections de papillons et libellules Chargés de l’âme colombophile de l’homme dématérialisé.
Tableau de Duy Huynh sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201111duy-huynh-1975-vietnam.html .
Je n’ai pas trouvé les démons pour transgresser les traditions, Je n’ai pas croisé le soleil qui aurait pu mes ailes fondre, Mais j’ai humé à plein poumons jusqu’à en avoir l’addiction Un air à nul autre pareil, plaise à mon cœur d’y correspondre.
Tant pis si je rampe sur Terre enchaînée à la gravité ; J’ai le pouvoir de m’envoler lorsque j’ai besoin d’évasion. Tant pis si on me met en terre, je ne pourrai pas l’éviter Mais au moins j’aurai convolé avec mes rêves à profusion.
Si je pouvais tracer des ailes sur l’écran noir de mes nuits blanches, J’y peindrais les plumes des rêves de mes plus grandes envergures. Être un oiseau ou une oiselle, un moineau ou une pervenche Dépendrait d’une impulsion brève choisie selon les bons augures.
Bien sûr, je porterais un masque afin de voir sans être vu Avec une robe couleur de temps pour voler en toutes saisons. Bien sûr, j’aurais des amis très fantasques, des démons un peu m’as-tu-vu Pour m’escorter jusqu’au printemps …
… et rigoler dans ma maison. … et faire les fous sans raison. … et se joindre à la floraison.
Les bandes dessinées magiques l’avaient rendue tant nostalgique Que la petite Annie entra entre les pages d’un mantra. En récitant l’incantation, elle subit la transformation Et devint ainsi la vedette des héroïnes en jupettes.
Je ne vous ai jamais présenté ma Vénus de l’inspiration. Elle pose souvent dans l’image dont j’entrouvre tous les tiroirs. D’un compartiment enchanté, elle fait son apparition Puis, écrit son plus bel hommage dans la buée sur le miroir.
Pour séduire les princes charmants, il suffisait d’un peu de charme ; Ce que Mélusine, insolite, enchantait par enjambements. Mais aujourd’hui, c’est désarmant ! L’amour ne tire plus des larmes ; Ce qui met l’usine en faillite, c’est l’addiction au rendement.
Surgissant à travers les bois pour se mirer à la fontaine, La nymphe ne prête attention à qui percevrait sa pudeur. Celui-là resterait sans voix devant cette Vénus hautaine Qui, exaltant ses intentions, lui causerait l’arrêt du cœur.
Personne ne chante aussi bien que l’ange porteur de musique Dont l’accord des cordes vocales vibre dans les fibres du cœur. Plus beau que le chant amphibien des sirènes euthanasiques, Plus fort que les étoiles astrales du firmament des dieux vainqueurs !
Adam et Ève végétaux dans le jardin d’éternité Pour unir leurs mâles étamines autour du pistil féminin ; Tous leurs organes génitaux exposés en fraternité Pour la beauté des vitamines pour qui en récolte le pollen.
Les fils des arbres et des forêts, les filles-fleurs aux blancs pétales, Les enfants-spores évanescents, la descendance ensoleillée, Toutes les plantes à déflorer dans ce jardin – mais sans scandale ! Dieu ne m’est pas reconnaissant d’avoir voulu le conseiller.
Il m’a doté d’une étamine qui devrait flotter à l’air libre Mais que je dois garder cachée contre attentat à la pudeur. Quant à la gente féminine, j’ai souvent perdu l’équilibre À essayer de m’attacher à son ineffable splendeur.
À force de tuer le temps, j’ai perdu le fil du présent ; À tant lutter contre l’ennui, l’esprit en devient méprisant. Je réduis le temps à ses jours puis, à ses heures et ses minutes, En espérant trouver enfin l’éternité à l’azimut.
Jouant contre le temps, je l’ai fait trébucher ; Jouant contre le vent, j’ai voulu m’envoler ; Il ne restait qu’un brin, une ultime seconde Pour que je reste avec les témoins de ce monde.
Pourtant le temps passe toujours comme des trains de figurants ; Pourtant le temps rythme toujours leurs rêves les plus fulgurants. Mais pour moi chaque nouveau jour m’apporte sa nouvelle page Où j’écris les reflets d’amours de mes souvenirs de voyage.
Quand mes yeux retrouvent la clarté du jour, Revient le miracle, là, dans ma chaumière. Le soleil me prouve d’un rayon d’amour, D’un simple spectacle, que tout est lumière.
Dans l’obscurité naissent les fantasmes Dans la nuit empreinte de ma cécité. L’insécurité agite mes spasmes, Mes peurs et mes craintes de nécessité.
C’est pourquoi je l’aime cet amant fidèle, Ce prince de charme qui revient m’étreindre. Finis les dilemmes, j’éteins la chandelle Qui verse une larme de se faire éteindre.
J’ai enregistré ma maîtresse sur un disque en microsillon Pendant que nous faisions l’amour au moment de l’aboutissement. Désormais quand j’ai la tristesse je colle l’oreille au pavillon De mon tourne-disque glamour pour entendre ses rugissements.
Si tous les dinosaures n’avaient pas échoué dans l’évolution, Nous serions des sauriens-sapiens modernes et intelligents. Nous aurions une gueule de navet et résoudrions la pollution Avec un cerveau reptilien doté d’un laxisme affligeant.
Avoir compté mille moutons fatigue plus que de raison. Heureusement tout est prévu pour le rêveur accoutumé. Pour les sommeils les plus gloutons, les arbres offrent une maison Pour faire face aux imprévus selon les nuits noires de fumée.
J’ai rencontré un bateleur égaré dans mes souvenirs. En me montrant ses instruments j’ai su à qui j’avais affaire ; Comme un tarot ensorceleur qui m’aurait prédit l’avenir, Celui-ci m’annonçait crûment que j’avais des progrès à faire.
Premier quartier, premier sommeil, premier départ pour un voyage. En gare des songes d’été, les chouettes assurent la surveillance. Par les trains privés de soleil, elle observent les nuages Des rêveurs encore hébétés qui partent sous leur bienveillance.
La bosse des mathématiques avec les cornes musicales Confèrent un sixième sens à l’artiste imaginatif. Combien d’animaux poétiques à son cordon ombilical Fait-il surgir avec aisance de son concert récitatif ?
Les fleurs obéissent au soleil, certaines soumises à la lune ; Les animaux suivent les astres et la Terre orchestre l’ensemble. Quant à l’homme, il n’est pas pareil ; il s’inféode à la fortune ; Ses actions sèment le désastre et Dieu sait à quoi il ressemble !
Leur éternelle adolescence les confinaient en liberté, Une pomme de connaissance leur révéla leur puberté. Alors la grêle des orages, les pluies et tout leur potentiel Firent éclater toute leur rage jusqu’à c’ que paraisse l’arc-en-ciel.
Ils connaîtront les maladies mais n’auront pas voix au chapitre ; Ils ont quitté le paradis avec la clef du libre-arbitre. La Terre donnée pour jardin deviendra vite trop petite Sauf dans les paradis mondains aux fortunes sans contredites.
« C’ n’est pas l’ chemin qui est difficile, c’est difficile qui est le chemin ! » Elle est arrivée du néant puis, disparut à travers le mur. Et moi, je restai imbécile à me prendre la tête dans les mains En m’asseyant sur mon séant et me répétant son murmure.
Quelquefois l’intuition traverse l’espace compact du moment Et laisse une phrase inaltérable qui résonne dans mon inconscience. Parfois elle parvient, à l’inverse, à braver d’un coup assommant La provocation pondérable de mon objecteur de conscience.
Elle est revenue au printemps, elle repartira en automne ; Six mois sur la Terre en été, six mois en enfer en hiver. Ainsi depuis la nuit des temps, l’aller-retour de Perséphone Porte l’abondance répétée autour des dieux de l’univers.
Ouvrant un œil panoramique sur un matin vierge d’envie, La plume guide, les yeux fermés, le cœur vers l’initiation. Une perception dynamique adaptée aux sources de vie Pour se ressentir transformée d’une sainte propitiation.
Juste avant l’aube, les couleurs encore vierges de lumière Dans les ombres complémentaires peignent des terres inconnues. L’orange et le bleu, sans douleur, côtoient à l’orée des chaumières, Sur les terrains sédimentaires, le vol des oiseaux ingénus.
Cette jeune fille ingénue, hier encore garçon manqué, Avant-hier une petite fille, demain une femme accomplie, M’est apparue à moitié nue, dans l’allée d’arbustes flanquée, Comme un guêpier à la cheville des appas qui se multiplient.
La frontière de son innocence qui s’ouvre à la perversité – Si difficile à définir pourtant si facile à franchir – Devrait se porter à la connaissance de la biodiversité Pour aider à se prémunir de ce dont il faut s’affranchir.
La touche infinitésimale apportée au précipité De la réaction alchimique donne au dragon sa bonne humeur. La moindre erreur de décimale donnerait un air dépité À cet égrégore chimérique si j’en crois toutes les rumeurs.
Mais l’hermine blanche surveille et m’avertir d’une litote S’il faut ajouter ou soustraire deux ou trois grammes d’hellébore. À l’instant où elle s’émerveille, j’y incorpore l’antidote Sauf si elle me dit au contraire que ce n’est pas ce qu’elle abhorre.
Bien sûr, je conçois que la muse du peintre se présente nue Dans toute la grâce de l’ange qui déploie ses ailes au talent. Lorsque le poète s’amuse à inviter cette ingénue, La plume longtemps le démange d’écrire quelques vers galants.
Le croiriez-vous ? Mon égérie n’écoute pas ce que je dis. Peu lui importe la façon dont j’écris son inspiration. Et même si je renchéris par une piètre comédie, Son regard en colimaçon me coupe la respiration.
Levez les yeux, bien à niveau ! Plus bas, votre regard s’égare. Parlez plutôt, dites trois mots ! Votre silence vous trahit. Abandonnez au caniveau cet épouvantable cigare ! Arrêtez de faire le chameau, vous serez peut-être ébahi…
Juste avant que vienne l’aurore, j’entends le bruissement des ailes Des oiseaux porteurs de lumière d’Héméra, déesse du jour. Tandis que les mâles pérorent pour émerveiller les oiselles, Elle, majestueuse et coutumière, éclaire la terre d’amour.
Finalement nous continueront l’amour avec ses bons offices Avec la téléportation dans de nouvelles positions. Alors les sexes s’insinueront à travers tous les orifices Par la multi-pénétration dans la quatrième dimension.
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En pleine lumière, elle capte toute la synergie sylvestre Que l’arbre concentre au soleil pour bénir la fécondation. Déjà son physique s’adapte à la chaîne de vie terrestre Dont l’hérédité se relaye dans une femme en gestation.
Bientôt la communication se faisant par télépathie, Plus besoin de fornication et toutes ses psychopathies ! Nous ferons l’amour virtuel avec des masques et des gants Avec juste un petit rituel qui ne soit pas trop fatiguant.
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Il m’arrive de renoncer, de m’alléger de mes fardeaux Afin de continuer ma tâche sans la contrainte du passé. Je suis plus libre pour avancer car l’attrait de l’Eldorado Dès lors à mon cœur ne rattache que des sentiments compassés.
Lorsque la mer est en colère et que les vents sont furibonds, Il faut que tu reconsidères l’instant où tu vas t’embarquer. D’autre part, si l’astre solaire se cache sous un ciel moribond, Renonce aux désirs suicidaires que ton cœur te fait remarquer.