Auteur/autrice : Maryvon Riboulet

  • Jusqu’ici mais pas plus loin !

    Jusqu’ici mais pas plus loin !

    Quand j’entreprends un exercice, je me fixe un cap à atteindre
    Mais plus je monte les étapes et plus l’objectif se prolonge.
    Il faudrait que je raccourcisse mes prétentions ou les restreindre
    Sinon mon ambition m’échappe et tout finit dans des mensonges.

    Même image que « Tu habites ici » du 08.07.2018

    Tableau de Catrin Welz-Stein.

  • Gare au Goya !

    Demain la technique saura comment rhabiller tous les nus
    Demain la censure pourra aux ronds-points et aux avenues,
    Gommer les seins, barrer les culs, flouter les sexes de tous poils,
    Prêcher la honte aux convaincus qui tiennent les cordons du poêle.

    On enlèvera les cigarettes, la pipe au bec des comédiens,
    On changera tous les gros mots par du politiquement correct.
    Dans les romans, chaque amourette sera chaperonnée par un gardien
    Des mœurs et enfin les homos seront neutralisés direct.

    Tableaux de Francisco Goya.

  • Les chats autour du monde

    Les chats siamois, de Thaïlande ou sylves sauvages de Norvège,
    Avec les roux, les noirs, les blancs et les chats tigrés de gouttière,
    Toutes les nuits nous enguirlandent pour bouffer, sortir ou que sais-je
    Tant et si bien qu’il est troublant qu’ils n’aient, eux, aucune frontière.

    Le gros Maine Coon vient d’Amérique, le pays de la démesure
    Et le chat nu viendrait de Chine – à moins qu’ ce n’ soit du Canada –
    Toujours est-il qu’apriorique que soit le chat contre nature,
    Il pèse et nous courbe l’échine et jusqu’au bout nous rend fadas.

    Tableaux de Ryan Conners.

  • Où est le chien ?

    Où est le chien ?

    Ell’ s’était fait coudre une robe de la couleur d’un chien de race
    Et quand ell’ vous passait devant vous voyiez son garde du corps.
    Or pour espérer que se dérobe cette pudique carapace,
    Il vous fallait, sur le divan, faire le beau et pire encor’.

    Tableau de Catrin Welz-Stein.

  • Le client est roi

    Le client est roi

    Bien sûr, une femme légère ne doit pas être prise à la légère ;
    Il faut savoir faire son choix par les plus belles filles de joie.
    Pas question de juste essayer, vous devrez toutefois payer
    Mais une prime vous assagit ; un’ remise de blennorragie.

    Tableau d’Edgar Degas.

  • Question de goût

    Question de goût

    Je préfère « entre de beaux draps » plutôt qu’ « entouré de beau linge » ;
    Je préfère être entre vos bras que dans vos parties de méninges ;
    Je préfère la femme publique à l’a pute de la république ;
    Et enfin la fille de joie qu’aux réjouissances des villageois.

    Tableau d’Edgar Degas.

  • La croix rouge

    La croix rouge

    La Croix rouge change son emblème, une croix rouge sur fond blanc,
    Pour une femme sur fond noir, visage et roses rouge sang.
    La femme n’est pas un problème, le rouge sang n’est pas troublant ;
    Pourquoi ce fond de désespoir ? Pour que l’espoir soit cent pour cent !

    Photo de Stefan Gesell.

  • La coopérative des sirènes

    La coopérative des sirènes

    Terminé de se chamailler pour des marins si chauds lapins
    Qu’ils ont une femme dans chaque port et une sirène dans le hamac.
    Elles se sont mises à démailler des nœuds aux ragots des tapins
    Et quand elles viennent faire leur rapport, les femmes crient : «  Oh Tabarnak ! »

    Tableau de Ralph Eugene Cahoon.

  • La photographe

    La photographe

    Quand ell’ marmonne et soliloque si l’objectif n’est pas au centre,
    Ell’ guette le sujet découvert et le renvoie au postérieur.
    La photographe ventriloque prend des photos qui parlent au ventre
    Dont le nombril, demeure ouvert, seul témoin avec l’extérieur.

    Tableau de Suamo.

  • Cheval, cavaliers et morpions

    Cheval, cavaliers et morpions

    Pendant certaines parties d’échecs, les cavaliers courtisent les dames
    Et les chevaux paissent au hasard parmi les pièces et les pions.
    Jusqu’à c’ que Messieurs les évêques brandissent le péché infâme
    Contr’ ces chevaliers partouzards qui ont attrapé des morpions.

    Tableau d’Ute Hadam.

  • Pudiques sombreros

    Il suffirait d’un sombrero assez large et assez léger
    Pour protéger pudiquement le corps par l’ombre générée.
    Remplacez donc vos boléros, sortez en tenue allégée
    Et sans le moindre vêtement puisqu’ celui-ci est suggéré !

    Je les imagine tressés pour ombrer l’ corps d’un écossais
    Ou bien avec de fines rayures pour faire un bronzage à zébrure.
    Je vous conseille, sans vous presser, avant qu’ les stocks soient défaussés,
    D’aller quérir votre galure et faire la nique à la censure.

    Tableau d’Ute Hadam.

  • Un ange est né

    Un ange est né

    Comme quoi, les prières du soir ne sont pas tombées dans l’oubli
    Car un ange a pris la commande de la descendante de Marie.
    Comme il ne pouvait plus surseoir à ce qu’elle soit rétablie,
    Son père accepta sa demande et lui accorda son mari.

    Illustration de Neda Azimi..

  • La liberté en marche

    La liberté en marche

    J’aim’ voir la liberté en marche ou plutôt rouler sous le vent
    Qui s’engouffre dans ses vêtements et les transforme en oriflamme.
    J’aime l’audace matriarche qui ouvre la voie au levant
    Pour délivrer complètement de l’oppression toutes les femmes.

    Tableau d’Oleg Tchoubakov.

  • La tentation

    La tentation

    Au tabac et à la picole, elle s’était défaite, impavide,
    Pour l’atmosphère parfumée par une vie d’anachorète.
    Tandis que les vapeurs d’alcool saturaient ses envies de vide,
    Ses rêves partirent en fumée en volutes de cigarette.

    Tableau d’auteur inconnu.

  • Rêve en noir

    Rêve en noir

    Lorsque les rêves en noir et blanc restent noyés dans la fumée,
    L’explication reste cachée derrière un rideau de douleur.
    Cependant qu’en arrière-plan marche une fille costumée,
    Pardi, ce ne peut être que Morphée qui met du noir dans ses couleurs.

    Photo de Sarah Jarrett.

  • Rêve en rose

    Rêve en rose

    Puisque les rêves en noir et blanc veulent imposer leur pouvoir,
    Rien que pour les contrarier, cette nuit, je rêverai de roses.
    Point n’ai besoin de faux-semblants et je vais tellement en vouloir
    Que je vais même me marier avec un’ fille à l’air morose.

    Photo de Sarah Jarrett.

  • Rêve en rouge

    Rêve en rouge

    Beaucoup de rêves en noir et blanc révèlent une seule couleur.
    Cette nuit, le rouge était mis comme une poignée de framboise
    Que je dégustait en tremblant pour ne pas causer de douleur
    Dans les cheveux de mon amie qui m’ faisait un’ mine pantoise.

    Photo de Sarah Jarrett.

  • Les bulles béates

    Ce couple de souffleurs de verres se détendait en compagnie
    De quelques bulles de savon qui s’envolaient de leur terrasse
    Et que lorgnaient d’un œil sévère une paire de bengalis
    Qui – maintenant nous le savons – n’aimaient pas trop qu’on les harasse.

    Car ils craignaient la concurrence de ces poids plus légers que l’air
    Et qui volaient béatement comme des oiseaux sans cervelle.
    Il était vrai, qu’en l’occurrence, deux pigeons au vocabulaire
    Restreint et sans débattement les qualifiaient de bartavelles.

    Tableau d’Armen Gasparyan sur http:art-vzglyad.rugasparyan_armen .

  • La polissonnerie

    Comme elle sortait de sa douche, juste vêtue d’une serviette,
    Les mains passées dans les cheveux, seins nus et mamelons turgescents,
    Elle ouït sortis d’une bouche qui lui parlait à l’oreillette,
    Ces mots-là : « C’est toi que je veux ! » émis d’un ton bouleversant.

    Elle se retourna d’un bond pour corriger le polisson
    Qui avait proféré l’audace d’une pareille effronterie.
    C’était ce drôle de vagabond, ce nain vêtu d’un Pellisson,
    Qui venait, de façon fadasse, faire une drôle de plaisanterie.

    Tableau d’Armen Gasparyan sur http:art-vzglyad.rugasparyan_armen .

  • Le château de porcelaine

    Le château de porcelaine

    Comme un château de porcelaine et céramique de Moustier,
    Elle avait peint son petit monde avec la terre des potiers.
    Elle adorait les capitaines dans les romans de flibustiers
    Dont les épopées vagabondes chaviraient son cœur tout entier.

    Tableau d’Anna Surgan.

  • L’oracle aux tourterelles

    L’oracle aux tourterelles

    Elle ne voit pas avec ses yeux mais par un vol de tourterelles
    Qui lui apportent les présages dont elle m’offre la primauté.
    Je ne suis pas superstitieux mais sa sagesse intemporelle,
    Bien qu’elle cache son visage, m’apparaît de toute beauté.

    Tableau d’Ofra Amit sur https:cuadernoderetazos.wordpress.com20120831desde-israel-ofra-amitamp .

  • Les fils d’Éole

    Les fils d’Éole

    Les oiseaux régnaient dans son cœur rempli de nids et d’alvéoles
    Où elle bichonnait chaque œuf comme trésor le plus précieux.
    Elle guettait le petit chœur des oisillons – tous fils d’Éole –
    Qui lui offraient un bonheur neuf à chaque avènement facétieux.

    Tableau d’Anna Surgan.

  • La balançoire imaginaire

    La balançoire imaginaire

    Son père lui a bien accroché sa balançoire au plus grand chêne
    Que la petit’ fille a adoré car ell’ lui confie ses secrets.
    Tout ce qui lui est reproché passe par les branches qui déchaînent
    La clairvoyance des forêts à travers son ami sacré.

    Tableau d’Ofra Amit sur https:cuadernoderetazos.wordpress.com20120831desde-israel-ofra-amitamp .

  • Duo zébré

    Comme le clavier d’un piano rayé de noir, rayé de blanc,
    Les musiciens jouent en duo paré de leurs belles rayures.
    Car Luis et Mariano, même s’ils ne sont pas ressemblants
    Avec leurs chemises fluos se reconnaissent à leur allure.

    Pourquoi donc l’emblème du zèbre ? C’est lors d’un séjour en Afrique,
    Alors qu’ils étaient débutants, qu’ils l’ont croisé dans sa savane.
    Depuis ils sont devenus célèbres car ils ont mis dans leur musique
    Ce noir et blanc se culbutant dans un mouvement de pavane.

    Tableau de Pascal Merlet.

  • Le taureau fantaisiste

    Le taureau fantaisiste

    On dit souvent que le taureau n’est pas trop imaginatif,
    Qu’il rumine sa marguerite sans dévier de son chemin.
    Mais il s’en moque d’être un héros ! Son espoir déterminatif,
    C’est vivre une vie émérite, du pain, du vin à portée d’ main.

    Tableau de Sergio Vergara sur https:www.artmajeur.comensergiopintoartworks7006147el-toro-massimo .

  • La licorne joyeuse

    La licorne joyeuse

    La licorne serait télépathe, du moins c’est ce que j’en ai lu.
    Alors j’aimerais rencontrer cette créature fabuleuse
    Pour, tout d’abord, qu’elle m’épate par sa faculté d’absolu
    De savoir venir à l’encontre de ma mémoire nébuleuse.

    Tableau de Sergio Vergara sur https:www.artmajeur.comensergiopintoartworks7006147el-toro-massimo .

  • Les deux reines de la nuit

    Dans le royaume de la nuit, deux reines partagent le règne ;
    Lucifer, prince des ténèbres, n’a jamais su se décider.
    Bien sûr, l’une des deux s’ennuie que son monarque la contraigne
    Tandis que la seconde célèbre sa nuit de noces rétrocédée.

    Elle fulmine, elle est jalouse, elle fomente dans la tourmente
    Tandis que l’autre jouit du sceptre dans la couche de Lucifer
    Mais qui demain aura le blues car elle ne sera plus l’amante
    Mais celle’ qui sentira le spectre de l’ennui comme un crucifère.

    Tableau de Skupova Lyubov.

  • La sirène et le cheval de bois

    Si les sirènes n’existaient pas et les chevaux ne parlaient pas,
    Je n’aurais pu vous raconter ce que mon chat m’a rapporté
    Qu’il appris par ses amis – des rats de Mésopotamie –
    À propos d’une cavalière et sa monture singulière.

    Alors… il était une fois, un intrépide cheval de bois
    Qui coula à pic lors d’un naufrage et connut d’autres pâturages.
    Une sirène l’apprivoisa et le cheval en pavoisa
    Tant qu’ils connurent l’aventure et l’amour en villégiature.

    Tableau de Peter Mitchev.

  • Les châteaux de cartes

    Les châteaux de cartes

    Les yeux bandés, elle s’entraine à bâtir des châteaux de cartes
    Car ell’ sent des doigts la substance sur laquelle s’appuie tout l’espace.
    Comme les secondes s’égrènent du temps qui peu à peu s’écarte,
    Elle requiert une assistance auprès du premier ange qui passe.

    Tableau de Sergio Cerchi sur https:ociointeligenteparavivirmejor.blogspot.com201605pintores-de-hoy-84-sergio-cerchi.html?m=1 .

  • Le coup de peigne

    Le coup de peigne

    Un coup de peigne sur les cheveux bien droit sur la poitrine offerte
    Mais cachée par l’oiseau en cage qui s’est déposé sur le buste.
    On ne le voit pas, c’est ce qu’elle veut ; évidemment elle déconcerte
    Elle joue avec les trucages dont le bon sens nous tarabuste.

    Tableau de Sergio Cerchi sur https:ociointeligenteparavivirmejor.blogspot.com201605pintores-de-hoy-84-sergio-cerchi.html?m=1 .

  • Nue ou vêtue ? 3

    Nue ou vêtue ? 3

    Je l’ai revue une dernière fois toujours comme à l’accoutumée ;
    Je portais encore son chapeau, ell’ m’a dit qu’ell’ devait partir
    Auprès de ses amis d’autrefois car sa flamme était consumée
    Et comme je l’avais dans la peau, je n’ai rien su lui répartir.

    Tableau de Rodolfo Ledel.

  • Nue ou vêtue ? 2

    Nue ou vêtue ? 2

    Je l’ai revue juste vêtue de son chapeau
    Qu’elle portait entre les cuisses pour me saluer.
    Elle le leva trois fois de suite comme un appeau ;
    Je vous promets que j’ai eu le temps de l’évaluer.

    Hypnotisé, je m’approchai du fruit tendu.
    Elle me coiffa de son chapeau et m’embrassa.
    Puis, elle m’a déshabillé, bien entendu,
    Me fit l’amour et, son couvre-chef, ramassa.

    Elle me l’offrit en souvenir de l’aventure,
    Me baisa une dernière fois puis, disparut.
    Depuis je porte ce chapeau plein de peinture
    Par les chemins de la forêt qu’ j’’ai parcourus.

    Tableau de Rodolfo Ledel.

  • L’invite au voyage

    L’invite au voyage

    J’aurai plus rêvé que vécu dans mon existence de fou
    Tant il existe de belles femmes qui invitent aux plus beaux voyages.
    J’en reste même sur le cul tellement tous ces rendez-vous
    Se déclenchent tandis que ma dame croit que j’écris mes scribouillages.

    Tableau de Joan Marti.

  • Nue ou vêtue ? 1

    Nue ou vêtue ? 1

    Jamais. Je ne saurais jamais si elle était nue ou vêtue.
    Je l’ai rencontrée en forêt tandis qu’elle m’observait venir.
    Moi, je pensais qu’elle se pâmait juste de peinture revêtue
    Mais elle a fui sans ignorer que je garderai son souvenir.

    Tableau de Rodolfo Ledel.

  • Morphée en robe crinoline

    Morphée en robe crinoline

    Je ne me souviens plus très bien… était-ce un chat ou un bichon
    Grognant assis à ses côtés chaque fois qu’elle me parlait ?
    Tandis qu’un couple microbien installé à califourchon
    Sur son chapeau tout fagoté de fleurs des champs et d’orge perlé.

    Lorsque je pose une question, la réponse n’ se fait pas attendre
    Mais elle arrive dans mes rêves d’une manière sibylline.
    Après trois jours de digestion parfois je commence à comprendre
    En revoyant l’image brève de Morphée en robe crinoline.

    Tableau de Skupova Lyubov.

  • Le choix d’Arlequine

    Le choix d’Arlequine

    Quand elle arbore son bicorne, Arlequine veut communiquer
    Qu’elle hésite entre deux amants et ne sait vers lequel pencher.
    D’un cancer ou d’un capricorne, lequel des deux va forniquer ?
    Lequel va la rendre maman ? Duquel son cœur va s’épancher ?

    Le chapeau lui sert de balance, comme Cupidon son pendule,
    Qui pèse l’âme et l’énergie élue du prétendant vainqueur.
    Bientôt elle rompra le silence aussitôt qu’une corne ondule
    Afin d’entrer en synergie avec le maître de son cœur.

    Tableau de Nikolai Fedyaev.

  • La reine des limbes

    La reine des limbes

    Parmi les êtres fantastiques qui peuplent le monde des rêves,
    La reine ambulante des limbes vaut bien son poids en angevines !
    Avec sa couronne orgasmique qui résonne d’une onde brève
    Comme une sainte dont la nimbe émet la lumière divine.

    Tableau de Skupova Lyubov.

  • Les couleurs de la musique

    Les couleurs de la musique

    La musique aurait des couleurs qui ne se voient qu’avec le cœur
    Et que la musicienne transmet des vieilles chansons ottomanes.
    Elle exprime aussi les douleurs, les afflictions et les rancœurs
    Mais qui reviennent enthousiasmées aux oreilles du mélomane.

    Tableau de Nikolai Fedyaev.

  • La libellule – 2

    La libellule - 2

    La libellule m’a pardonné lorsque je lui ai proposé
    De lui dédier ce poème qui la présente à mon public.
    Elle s’est donc abandonnée dans une humeur plus reposée
    Et son petit air de bohème m’apparut comme une supplique.

    À toutes les petites fées que je rencontre dans ma vie,
    Je vous aime et je vous adore pour vos belles inspirations.
    Les libellules ont un effet particulier qui me ravit :
    Ell’s ressemblent à un rayon d’or qui fait tout’ mon admiration.

    Tableau de Pat Brennan.

  • La libellule – 1

    La libellule - 1

    Une libellule s’est posée sur le bord de mon encrier
    Et dans son petit gazouillis, elle me fixe et m’apostrophe :
    « Monsieur, vos poèmes sont osés et les femmes y sont décriées !
    Vos vers sont d’un beau cafouillis à chaque ligne, à chaque strophe ! »

    J’ai bien écouté sa critique car elle est souvent pertinente
    Et je demande à mes lectrices si elles pensent la même chose.
    Bien sûr, c’est de l’autocritique car c’est ma plume proéminente
    Qui trace la ligne directrice de mes érotiques psychoses.

    Tableau de Pat Brennan.

  • Danse du vent sur la Côte d’Opale

    Drapée de rouge, au vent flottant comme une femme en cerf-volant
    Qui cherche auprès du soleil pâle l’inspiration d’un mouvement,
    Pareil aux oiseaux sifflotant et qui s’en vont batifolant
    Au large de la Côte d’Opale qu’ils se réservent jalousement.

    Elle en a saisi le principe, elle l’a appris à son corps
    Qui saura se mémoriser le tournoiement et l’amplitude.
    Déjà son âme s’émancipe et son esprit est en accord
    Avec l’espace valorisé par le vent et sa promptitude.

    Le rideau tombe sur la mer, l’entraînement est terminé ;
    Le cœur battant, le corps battu, l’artiste rentre en son logis.
    Et sur la plage douce-amère d’un soleil indéterminé,
    Les nuages noirs rabattus referment leur morphologie.

    Tableaux de Jimmy Lawlor.

  • Toute nue dans la lecture

    Elle déshabille les livres page après page, lentement
    Pour en savourer le plaisir de mettre à nu chaque chapitre.
    Joie solitaire qui la délivre, au creux de son appartement,
    De la folie et du délire que lui évoque son libre arbitre.

    Ell’ commenc’ toujours par la fin le moindre roman policier
    Car l’intrigue, ainsi dévoilée, met plus de sel aux personnages.
    Elle a voyagé aux confins des mers par les beaux officiers
    Qui lui ont, le cœur, étoilé au moment du déboutonnage.

    Si la fin n’est pas à son goût, elle en invente une à dessein
    En jouant la femme fatale, beauté virginale ineffable.
    À New-York, Paris ou Moscou, le héros caressant ses seins
    Prodigue des amours fœtales… qui, hélas, ne sont qu’une fable.

    Tableaux de Pablo Picasso.

  • Le devoir d’un capitaine

    Le devoir d’un capitaine

    Malgré ses ennemis sournois, le capitaine, maître à bord,
    Coulera avec son navire plutôt qu’ manquer à son devoir.
    Il y aura un sacré tournoi, une fois ouvert le sabord
    Mais il a déjà vu le pire et c’est ce que nous allons voir !

    Illustration de John Falter.

  • Il pleut sur la ville

    Il pleut sur la ville

    Sous la pluie, la ville lumière explose d’un million de feux
    Qu’éclabousse un million de gouttes qui se diluent sur la chaussée.
    Bien sûr, la pluie est coutumière et pourtant je forme le vœu
    Que le ciel toujours nous égoutte pour, nos prières, exaucer.

    Tableau de Michèle Carer.

  • La pose

    La pose

    Je ne peins que des femmes nues car je me perds dans les faux plis
    Des vêtements trop compliqués et leurs textures difficiles.
    Je les aime aussi bien menues, le corps parfait et accompli ;
    Tout ce que j’ai à expliquer, c’est que le nu est plus facile.

    Tableau de Minas Avetisyan.

  • Strip-tease échecs

    Strip-tease échecs

    Chaqu’ fois que j’lui prenais une pièce elle enlevait un vêtement ;
    Elle fut vite déshabillée mais joua sans être empressée.
    Je lui laissais par gentillesse m’en prendre avec halètements
    Et sous ses yeux écarquillés je lui montrai mon roi dressé.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Les bas rouges

    Les bas rouges

    Quand elle rentre à la maison, elle ôte tout sauf ses chaussures
    Et ses bas rouges pour s’asseoir confortablement adossée.
    Je lui demande la raison de vouloir tenter la censure
    Mais elle répond sans surseoir qu’elle aime être à poil mais chaussée.

    Tableau de Georges Briata.

  • Le portrait

    Le portrait

    Le dessinateur amoureux des personnages qu’il dessine,
    Aime bien se représenter dans l’histoire pour s’en rapprocher.
    Certains bellâtres langoureux sous un trait de plume assassine
    Sont leur manière d’éventer une frustration reprochée.

    Illustration de Jean-Pierre Gibrat.

  • Le piège

    Le piège

    Les dessinateurs humoristes aiment placer les jolies filles
    Dans une situation burlesque pour se retrouver chocolat.
    Et moi je me fais secouriste et sauve celle qui vacille
    En créant un rocambolesque moyen de la tirer de là.

    Tableau de xxx.

  • Les femmes floues

    Les femmes floues

    Ma myopie a l’avantage de me permettre d’observer
    Tout en jurant que, sans lunettes, ma vision floue me diminue.
    Je dirais même davantage que ce défaut m’a réservé
    De belles surprises à l’aveuglette en me floutant les femmes nues.

    Photo de Peppina Winter par Henri Senders sur https:www.josephandjames.com .