Auteur/autrice : Maryvon Riboulet

  • Docilité ou rébellion ? 2

    La docilité est facile, la rébellion plus difficile
    Car il nous faudra renoncer à tout ce qui est annoncé :
    Vivre avec forfait prépayé une vie de star surveillée,
    Parmi la crème des héros de la télé Canal Zéro.

    Ils nous manipulent la vue pour faire ce qui était prévu ;
    Ils nous matraquent de leurs chansons à faire de nous des mollassons ;
    Ils nous font goûter du poison pour nous faire tomber en pâmoison ;
    Nous offrent tous ces avantages pour que nous en voulions davantage.

    Quand nous verrons nos petits maîtres semblables à nous, en apparence,
    Avec leurs robots vigilants, leurs chiens hurlants et leurs faucons,
    Avec ceux qui se seront fait mettre cette pilule au goût bien rance
    Notre choix sera diligent : rester vrais ou rester faux-cons.

    Illustrations de Dean Stuart.

  • Docilité ou rébellion ? 1

    Ils courent, ils courent les petit leurres qu’on nous oblige à attraper
    Comme des petits Pokémon qui se propagent comme des virus.
    Il part, il part l’argent du beurre qui continue à nous happer
    Tout notre temps comme un démon à la sauce coronavirus.

    Ils sortent, ils sortent, les derniers films qui nous font prendre pour des héros
    Et qui nous donnent le pouvoir de vouloir ce que veut le monde.
    Ils s’cachent, ils s’cachent les microfilmes, les cartes à puces, crédit-zéro
    Qui sont là pour nous promouvoir tout à la dernière seconde.

    Ils fuient, ils fuient, les milliardaires en fusée interplanétaire
    En nous abandonnant un monde qu’ils ont complètement asséché.
    On danse, on danse, les suicidaires qui ont cru être égalitaires
    Et qui pataugent dans l’immonde enfer le prix de leurs péchés.

    Collages de Propaganda sur http:propa-ganda.co.krxefilm30412?ckattempt=1 .

  • Désastrologie – 1

    Désastrologie - 1

    Quand tout va mal sur la planète elle en recherche l’origine
    Les maisons traversent les signes et les étoiles rétrogradent.
    L’astrologie tire les manettes tandis que Lilith s’imagine
    Que transgresser l’honneur insigne du temps le gâte et le dégrade.

    Tableau de Giorgy Kurasov.

  • Désastrologie – 2

    Désastrologie - 2

    Les signes assignent leurs positions comme les chiffres sur l’horloge
    Et ne font qu’indiquer la force qui s’exerce sur la psyché.
    Nous ressentons l’opposition entre les peuples qui dérogent
    À vivre en paix sans une entorse à leurs valeurs et sans tricher.

    Tableau de Giorgy Kurasov.

  • La tête me tourne

    La tête me tourne

    Parfois mes pensées tournent en rond comme un manège ensorcelé
    Par un ensemble de sorcières dont le charme m’aurait séduit.
    Je ne me fais pas de mouron même si je me sens morcelé ;
    Ce sont mes petits « moi » d’hier qui dansent avec ceux d’aujourd’hui.

    Maquillage par Dain Yoon.

  • La femme de Vitruve – 4

    La femme de Vitruve - 4

    Lorsqu’elle passe à la radio, elle nous ravit par les ondes
    Qui rayonnent en harmonie avec sa voix et son sourire.
    Quand je la capte dans mon studio, dans mes oreilles vagabonde
    Un chant qui cause l’hégémonie sur ma cervelle et même pire.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • L’oubli

    L’oubli

    L’oubli est un petit démon furtif qui vient ouvrir à notre insu
    Les tiroirs où notre mémoire conserve tous nos souvenirs.
    Mais ne le jugez pas fautif car il en serait fort déçu
    Car il en compile un grimoire qu’il conserve pour un avenir.

    C’est le « Grand Livre de ta Vie » qu’il archive au fil de tes jours
    En ôtant les images obsolètes ou qui pourraient te compromettre.
    Et s’il en tombe sur le parvis, il ira les chercher. Toujours.
    Cependant – er c’est la boulette – il ne sait plus où les remettre.

    Tableau de Benedetto Cristofani.

  • La route des moutons

    La route des moutons

    Ils font confiance en leur berger qui les a toujours bien traités,
    Ils aiment les chiens du troupeau qui les protègent sans méprise,
    Ce soir, on va les héberger pour des vacances bien méritées ;
    Demain on les conduit à l’entrepôt pour un voyage plein de surprises.

    Tableau de Kate Lynch.

  • Les maisons qui parlent

    Les maisons qui parlent

    Les maisons qui parlent s’affichent en montrant un visage humain,
    Des yeux aux fenêtres observent et une cheminée pour respirer.
    Petites bicoques qui nous aguichent quand nous passons notre chemin
    Par une voix qui nous conserve l’authenticité inspirée.

    (C’est l’une des « maisons Kodra » ou « maisons parlantes » dans la petite ville de Civita en Italie, une sorte d’hommage au peintre albanais mondialement célèbre Ibrahim Kodra. Ce sont de très petites maisons avec des fenêtres et des cheminées, dont les façades rappellent clairement le visage humain
    https:www.google.comurl?sa=t&source=web&rct=j&url=https:en.m.wikipedia.orgwikiIbrahim_Kodra&ved=2ahUKEwitt4jW5JXrAhUFDuwKHdoBCrsQFjAVegQIBhAB&usg=AOvVaw3WQXa3FaPKzpR–0XfohkH .)

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Vivre est un art

    Vivre est un art

    L’art se dérobe à l’œil distrait qui passe sans le regarder ;
    L’art appartient au butineur en quête d’un peu de bonheur ;
    L’art, juste un trou, un mur, un trait, un passé qui s’est attardé
    Qu’un petit ange enlumineur a placé pour ma bonne humeur.

    « Vous n’avez pas à faire quelque chose que les gens appellent l’art. Vivre est une activité artistique, il y a un art à passer la journée » – Viggo Mortensen.

    Tableau de Levan Kiknavelidze et plein d’autres sur https:www.ignant.com20190815the-framed-sea-illusory-photos-that-serve-as-a-metaphor-for-social-medias-artificiality

  • Marie la Terre

    Marie la Terre

    Je ne crois pas trop en Marie, mère de Dieu et tous ses saints
    Mais je donne toute ma confiance en l’Éternelle Féminité.
    À la Nature, je m’apparie, la Terre qui m’a nourri au sein
    Et toute la signifiance de Sa Sainte Maternité.

    Tableau de Grazyna Federico.

  • Marie la Rouge

    Marie la Rouge

    Marie ceinte d’un chapeau rouge plutôt qu’une couronne d’épines
    Parlerait beaucoup mieux d’amour qu’un martyre sacrifié.
    Seulement voilà, pour que ça bouge, il faut un mec et une pine
    Afin de convaincre les balourds que lui seul est sanctifié.

    Tableau de Grazyna Federico.

  • Coronavirus rutilus

    Vous souvenez-vous du satellite qui n’a jamais vu de visite ?
    Vous rappelez-vous des tours jumelles qui n’ont jamais vu d’avion ?
    Eh bien, les mêmes acolytes nous font le coup du parasite
    Par une interdiction formelle de dire ce que nous savions.

    Illustration de Shaun Tan.

  • Coexistence avec le néant

    Coexistence avec le néant

    Finalement je me suis arrangé avec ma mort et mon destin ;
    Chacun a fait des concessions et nous vivons en bonne entente.
    Comme elle m’a permis de ranger en lieu sûr mon cœur clandestin
    En échange, en rétrocession, nous cohabitons en dilettante.

    Illustration de Shaun Tan.

  • Nuit voilée

    Nuit voilée

    Alors, je lui ai demandé de s’habiller plus décemment
    Pour ne pas déclencher d’alarme chez mes voisins à fleur de peau.
    Je lui ai bien recommandé qu’ils voyaient mon appartement ;
    Levant les yeux, elle rit aux larmes, se leva et mit un chapeau.

    Tableau d’Ute Hadam.

  • La vie sans addiction

    La vie sans addiction

    Mon puzzle, petit à petit, se reconstitue de lui-même
    Une fois que j’ai lâché prise à qui me mettait en émoi ;
    Je suis sorti de l’apathie des habitudes et des dilemmes
    Qui dominaient, par leur emprise, un homme qui n’était pas moi.

    Tableau de Stephan Schmitz sur https:sympa-sympa.cominspiration-psychologie16-illustrations-qui-refletent-la-realite-de-la-vie-591260 .

  • Nuit rosée

    Nuit rosée

    Elle revint le lendemain, toujours vêtue de bas de soie
    Rien d’autre que deux bracelets et des boucles dans ses cheveux.
    Elle enleva en un tournemain mes vêtements, ça va de soi,
    Elle se sentait esseulée et me dit : « C’est toi que je veux ! »

    Tableau d’Ute Hadam.

  • Nuit bleutée

    Nuit bleutée

    Elle était une fois la fraîcheur surgie pour me réconforter
    Et m’avait tenu compagnie juste vêtue de bas de soie.
    Je lui avais dit, l’air bêcheur, de passer sans rien apporter ;
    Elle m’a, par érotomanie, pris au mot mais ça va de soi.

    Tableau d’Ute Hadam.

  • Le grand livre de ta vie

    Le grand livre de ta vie

    Une fois morte, j’en profite pour lire le grand livre de ma vie.
    Les détails les plus croustillants que j’ai oubliés me reviennent
    Avec mes mines déconfites quand les catastrophes ont suivi
    Et puis les moments pétillants qui resteront quoi qu’il advienne.

    Tableau de Paolo Bedini.

  • L’âme autoculture

    L’âme autoculture

    Plus je cultive mon jardin et plus il en prend de la graine
    Si je l’arrose de connaissance et de nouveautés des terriens.
    Mais si en eau je suis radin, il ne poussera que des migraines
    Qui sécheront l’obsolescence d’un savoir qui ne sert à rien.

    Tableau de Davide Bonazzi.

  • Double jeu

    Double jeu

    Quand elle joue au jeu de l’amour avec différents partenaires,
    La vérité et le mensonge figurent ses cartes maîtresses.
    Soit elle adopte avec humour la position du missionnaire,
    Soit, sur l’amant, elle s’allonge, selon l’atout cœur en détresse.

    Tableau d’Oleg Zhivetin.

  • Les deux univers

    Les deux univers

    Comme deux mondes qui s’ignorent bien que vivant en parallèle,
    L’univers des femmes s’attache à préserver sa descendance,
    Les hommes, Rois ou Monsignore, bâtissent un monde industriel ;
    Chacun veut que l’autre s’en détache pour lui reprendre l’ascendance.

    Illustration de Dean Stuart.

  • Le prêt-à-penser

    Le prêt-à-penser

    Le prêt-à-porter a permis de vous forger un caractère
    En s’habillant de jeans troués, Fashion et vêtements de marques.
    Le prêt-à-penser affermit cette démarche militaire (autoritaire)
    Jusqu’à des robots rabroués qui courent après les démarques.

    Tableau de Hinke Schreuders.

  • Les poètes ont mauvaise ligne

    Les poètes ont mauvaise ligne

    On reconnaît les bons poètes jusqu’au bout de la rime riche
    Dont les vers poussent au printemps et fleurissent en fin de saison.
    Les amateurs aux plumes fluettes, après les avoir mis en friche,
    Font pousser en les appointant leurs plus belles démangeaisons.

    Tableau der Pawel Kuczynski.

  • La transmission féminine

    La transmission féminine

    De mère à fille, le même son se transmet dans chaque cellule
    Comme si les mitochondries possédaient leur propre entité ;
    Un message en colimaçon dans la double hélice circule
    Comme antagonisme amoindri, la féminine identité.

    Tableau de Tulio Reyes.

  • La voyageuse

    La voyageuse

    Elle avait perdu la mémoire, on l’appelait « la voyageuse »
    Car elle évoquait des images venues d’un peu tous les pays.
    Elle parlait comme un grimoire ouvert aux pages aguicheuses
    Qui nous invitaient aux voyages comme enfants aux yeux ébahis.

    Impression sur papier d’archivage de la peinture par Christine Peloquin.

  • Nativité

    Nativité

    Lorsque l’infini des racines rejoint l’infini des possibles,
    L’amour converge vers le foyer où tout s’apprête à commencer
    Ce nœud au pouvoir qui fascine depuis l’échange transmissible
    Du message sans cesse renvoyé d’une intimité romancée.

    Tableau de Marlina Vera.

  • Le labyrinthe de vie

    Le labyrinthe de vie

    À priori fort compliqué car je n’en distingue le bout ;
    Je ne sait où est-ce qu’il commence, j’ignore même s’il finit.
    Après qu’on m’ait tout expliqué, j’en comprends juste les tabous
    Qui impliquent que tout recommence quand la vie tend vers l’infini.

    Gravure d’Artemy Lebedev.

  • Indiscontinûment blues

    Indiscontinûment blues

    Les notes bleues chauffent le cœur, pareilles au cœur bleu d’une flamme.
    Ainsi le blues souffle le corps et le corps devient instrument.
    Alors chantez cellules en chœur, chantez jusqu’aux tréfonds de l’âme
    Et faites redescendre encore l’amour indiscontinûment.

    Tableau d’Agudelo-Botero Orlando.

  • Les mots pour le dire

    Les mots pour le dire

    Maquillage-écran intégré, c’est bête mais fallait y penser !
    Les joues, le front offrent un support pour exprimer ses sentiments.
    Ainsi vous pourrez dénigrer – et sans parole dépensée –
    Votre entourage ou, sans effort, glisser un petit compliment.

    Tableau de Vincenzo Rizzo.

  • Photomatoises

    Nouveaux passeports du futur, nouvelles photos d’identité !
    Photos en quatre dimensions, longueur, largeur, hauteur et temps.
    Ainsi au fur et à mesure que vieillira votre entité,
    Tout paraîtra avec mention « jeune et jolie depuis longtemps ».

    L’Iris à sa reconnaissance remplace à lui seul une empreinte
    Et le visage enregistré vous fait ressortir de la foule.
    Authentifié dès la naissance, l’état exerce son étreinte
    Homologuée, administrée, on n’a pas peur, on se défoule !

    Photos de Brno Del Zou sur http:brnodelzou.ouvaton.orgv227-2portraits-en-photosculpture .

  • Maman, ma chatte et moi

    Maman, ma chatte et moi

    Chez nous, maman, ma chatte et moi vivons sans homme ni garçon ;
    Ils sont partis depuis des mois pour livrer des chevaux d’arçon.
    Pour s’occuper car on s’ennuie on joue alors à saute-mouton
    Avec le chat toutes les nuits à l’appel de son croupeton.

    Tableau de Juan Ramón Lainez.

  • À quoi rêve ?

    À quoi rêve ?

    À quoi rêve une femme nue étendue au-dessus des draps ?
    Rejointe par un inconnu qui la serrera dans ses bras.
    Et que demande-t-elle en prime à part l’argent et la maison ?
    Que le bel amant lui exprime qu’elle obtiendra toujours raison.

    Aquarelle de Hester Berry sur https:www.accessart.org.uklife-drawing-understanding-foreshortening-by-hester-berry .

  • Des roses et des bleus

    Des roses et des bleus

    Dans une pose à la Joconde mais en changeant le clair-obscur,
    Par un mélange bleu et rose, elle manifeste qu’elle est jalouse.
    Sa voix d’une belle faconde, ici, le peintre n’en a cure
    Car il traduit son air morose en le peignant d’un coup de blues.

    Tableau d’Oleg Zhivetin.

  • Prêt-à-bodypeinturer – 2

    Prêt-à-bodypeinturer - 2

    Au début, il y eut quelques couacs et les cheveux dégoulinaient
    Par la peinture indélébile trop difficile à savonner.
    Mais finalement on se dit « Quoique ! Bien qu’un peu glauque, c’est choupinet ! »
    Et cette pratique débile fut même contrefaçonnée.

    Tableau de Pascale Pratte.

  • Prêt-à-bodypeinturer – 3

    Le bodypainting fait fureur au bureau comme au cinéma
    Et les actrices peinturlurées grimpent à la une des magazines.
    Du coup, terminée la terreur du réchauffement du climat ;
    Vers un succès, ces délurés définitivement s’avoisinent.

    Tableau de Yossi Kotler.

  • Prêt-à-bodypeinturer – 1

    Prêt-à-bodypeinturer - 1

    Le bodypainting s’achètera bientôt en prêt-à-peinturer.
    Vous entrerez dans la cabine et presserez juste un bouton.
    L’ordinateur s’exécutera pour une tenue longue durée
    Qui vous séchera la bobine, des pieds aux fesses et aux tétons.

    Tableau d’Agnès Cécile.

  • Petite tenue du soir – 2

    Après un consommé de sexe, il est temps de prendre des forces
    Avec champagne à volonté à boire sans modération.
    Pour ceux qui n’ont plus de réflexes, on se relève et on s’efforce
    De rentrer désorienté chez soi pour récupération.

    Pour les autres, l’amour continue sur la grande piste de danse
    Ou dans des salons très intimes où les partenaires sont masqués.
    Et si vous voulez vivre nu, vous pouvez prendre résidence
    Pour y vivre d’amour ultime et sans avoir trop à casquer.

    Tableau de Slawa Prischedko.

  • Petite tenue du soir – 1

    Quand les restaurants naturistes ouvriront, ils feront scandale
    Mais comme on s’habitue à tout, les gens n’auront plus de complexes.
    Venez-y en amateuriste, simplement vêtus et sandales,
    On aura un vestiaire mixte ou, délimités selon les sexes.

    Après, c’est comme à la piscine, tout nu, on se douche, on se sèche
    Puis vers sa table réservée, on découvre sa partenaire.
    On apprécie, on hallucine au-devant de cette chair fraîche
    Pour commencer, vous vous servez quelques subtils préliminaires.

    Tableau de Viktoria Prischedko.

  • Marche avec moi

    Marche avec moi

    Depuis le commencement des temps, plus précisément ma naissance,
    Ma moitié féminine marche en même temps à mes côtés.
    Ma moitié masculine attend d’unir la nuit nos connaissances
    À remonter aux patriarches et matriarches en loyauté.

    Tableau de Timothy M. Parker.

  • Love song

    Dans les chambres ultra modernes, l’amour hyper organisé
    Y programmera les rencontres et selon vos affinités.
    Pour éviter les balivernes et propos déshumanisés,
    Tout ce qui irait à l’encontre devra être délimité.

    Ce sera comme au restaurant où l’on choisira à la carte
    Une belle chambre comme entrée, un homme comme plat de résistance
    Avec du sexe revigorant, bien pimenté mais pas trop tarte
    Et un dessert bien pénétré à apprécier en jouissance.

    Illustration de Tishk Barzanji.

  • À quoi rêvent les paréos

    À quoi rêvent les paréos

    Elle s’apparentait aux fruits mûrs qui, d’une salade exotique,
    Donnaient ce goût acidulé à l’appétit qui se réveille
    D’avoir baigné dans la saumure ses parties les plus érotiques
    Juste aujourd’hui dissimulé derrière un paréo groseille.

    Tableau de Talantbek Chekirov.

  • L’essentiel

    L’essentiel

    Les décisions les plus cruciales, inversement au temps ultime,
    Prises à la dernière secondes sont aussi les plus décisives ;
    Naître d’une façon spéciale, vivre une adolescence intime,
    Suivre une carrière vagabonde, mourir de manière évasive.

    Ne prendre qu’une chose essentielle ; de quoi lire et de quoi écrire
    Un « Aller-simple » simplement pour ne plus jamais revenir.
    Suivre l’étoile existentielle, seul moyen d’aimer et sourire,
    Et embarquer au sifflement du train vers un autre avenir.

    Photo de Tejal Patni.

  • La gitane de bonne aventure

    La gitane de bonne aventure

    Dans le vieux quartier du panier, lorsque j’habitais à Marseille,
    Je me souviens d’une voyante qui m’avait prédit l’avenir.
    Son air gitan-caravanier m’a laissé un précieux conseil
    Que la visionnaire prévoyante m’a concédé en souvenir.

    Elle m’a exhorté à aimer les petits bonheurs de la vie
    Que l’on découvre sur les chemins de bonne aventure et d’amour.
    Alors je suis parti semer mes petites graines d’envie
    Presque du jour au lendemain en prenant le train de l’humour.

    Tableau de Ramzi Taskiran.

  • Interconnectivité

    Interconnectivité

    Maladie d’amour se transmet par le cœur et ses grandes ondes
    Qui se rallongent jusqu’à l’autre et entrent en interférences
    Avec les désirs fantasmés par le Valentin et sa blonde
    Tant et tant qu’il faut qu’ils se vautrent l’un dans l’autre avec espérance.

    Tableau de Rob Woodcox.

  • La mutation

    La mutation

    L’adaptation à la chaleur produira maintes mutations,
    À commencer par les couleurs sur un long cou en extension.
    Par une action de la lumière, la peau pourra éliminer,
    Par une sorte de mentonnière, toute l’étuve incriminée.

    Tableau de Rahaf DK Albab.

  • Margotton et ses minets

    Margotton et ses minets

    Margotton la jeune bergère qui avait perdu son chaton
    S’est dit en prenant un mari qu’il lui fallait une maison
    Très grande car ils hébergèrent, nourris de tous leurs rogatons,
    Tous les chats et toutes les souris qui passaient au fil des saisons.

    Tableau de Randal Spangler.

  • Neurasthénie en blues – 2

    Neurasthénie en blues - 2

    Les blés d’or ressemblent au soleil, les bleuets ressemblent à l’azur,
    Comme des enfants de la Terre fière de sa progéniture.
    La nuit, le champ, dans son sommeil, rêve aux étoiles en démesure
    Qui ne font aucun commentaire mais leur présence le rassure.

    Tableau de Paul Ledent ou Iris Scott.

  • Ni oui ni non

    Ni oui ni non

    Un visage pour lui dire oui, un visage pour lui dire non,
    Elle est ici, elle est ailleurs, elle pense à l’autre, elle pense à lui.
    On ne sait pas quand elle jouit, parfois elle se trompe de nom
    Lui, ne dit rien, un peu railleur, parfois il n’en dort pas la nuit.

    Tableau d’Oleg Zhivetin.

  • Les réseaux

    Ah, ne le répète à personne
    Et surtout pas au téléphone
    Ce qui se dit dans réseaux
    Les gens sont pris pour des zozos
    Le gouvernement ne sert à rien
    On l’a élu, on n’y peut rien
    Le virus et la pandémie
    Sont produits par nos ennemis
    Sur internet on voit de tout
    Des gens, des matous, des toutous
    Avant, c’était quand même mieux
    On était bien moins calomnieux.

    Illustration de Norman Rockwell.