J’ai longtemps cru que le soleil se prolongeait en février Et que l’éveil de la nature n’était que juste conséquence. J’ai cru que le vent qui balaye les perpétuels genévriers Répondait à la signature d’un renouveau plein d’éloquence.
Il est bizarre autant qu’étrange qu’aucun honneur ne soit rendu Envers la jeune Floréale, cette petite fée printanière. C’est elle qui décore d’orange et de rouge-et-or répandus Cette renaissance idéale dans les étendues sapinières.
L’adaptation qui occasionne de meilleurs choix pour la Nature Crée des animaux surprenants comme la girafe, par exemple, Dont le long cou lui solutionne l’accès aux très hautes ramures Et une robe les fusionnant dans un décor qui leur ressemble.
Et l’okapi et ses rayures avec le zèbre et ses zébrures Ont l’art d’échapper aux poursuites en évitant les coups de barre. Ils lancent un « à la revoyure ! » aux lions à la belle parure Qui traiteront ce délit de fuite comme une poisse qui les désempare.
Vers les îles dans le brouillard où il suit ses rêves troublés Par des cauchemars de tempêtes et vagues de répréhension, Le cœur fort, l’esprit débrouillard, il sait bien qu’il doit redoubler D’attentions dans cette compète contre ses propres appréhensions.
Que ce soit sur terre ou sur mer, sa maison ou les antipodes, Chaque jour il tient l’équilibre entre la mort et la survie. S’il vit en mer, le goût amer du sel jamais ne l’incommode ; S’il vit sur Terre en homme libre, alors son rôle est assouvi.
Cousus de soies, de fibroïnes et garnis de duvet moelleux, Les célèbres sacs des cigognes font la renommée des naissances. L’honneur revient à l’héroïne au savoir-faire fabuleux Qui les expédie sans vergogne sans obtenir reconnaissance.
Incroyable, mais pourtant vrai, Nul ne connaît son origine ! D’ailleurs beaucoup croient dans les choux et d’autres font confiance aux roses. Seule, la messagère en livrée sait que l’étrange sauvagine Qui envoie chaque petit boutchou, prime ainsi ceux qui font la chose.
Ceux qui écrivent au kilomètre romans d’amours et d’aventures Possèdent la plume musclée à l’encre sans doute éventée. Ceux qui racontent au pifomètre leurs vies à cheval, en voiture, Détiennent une voix renâclée à force de tant se vanter.
Moi, je n’ai pas de portevoix, pas d’éditeur de best-sellers, Pas de slogan télévisé ni pub dans le moindre recoin. Je suis seul à tracer ma voie sans le dernier scoop harceleur ; Mon seul public fidélisé me lit souvent au petit coin.
Tableau de Jarosław Jaśnikowski sur http://morbius.unblog.fr/2019/01/08/imaginart-jaroslaw-jasnikowski
Ainsi donc ce château m’obsède car je le croise un peu partout Dans mes recherches inabouties qui n’ont pas trouvé leur chemin Dont le labyrinthe m’excède par ses détours, ses fourre-tout, Ses culs-de-sac mal emboutis à devoir s’y prendre à deux mains.
La dernière fois que je l’ai vu, c’était… hier… c’était… demain… Je ne sais plus mais son image n’a pas l’air d’être une utopie. À l’impromptu, à l’imprévu, si vous trouvez un parchemin Signalant « Le château des Mages », envoyez m’en une copie.
Elle demeure l’image fugace qui m’est apparue un instant Avant de sortir du sommeil dans ma mémoire permanente. Je ne sais pourquoi elle m’agace mais ce souvenir persistant Tintinnabule comme un réveil à la cloche encore rémanente.
Sans doute dans une autre vie, d’autres horizons d’autres pays, Nous sommes-nous aimés d’amour et avons-nous fait un enfant. Je l’imagine, là-bas, ravi avec ses parents ébahis D’avoir rêvé, au petit jour, de mon reflet-vers triomphant.
Quand un garçon lui tient l’échelle, il lui tient lieu de parangon Et la fille en sécurité ira plus loin pour innover. Ainsi si l’ange Saint-Michel a pu terrasser le dragon C’est parce que, dans l’obscurité, un autre a su le motiver.
Alors si l’union fait la force, pourquoi les religions persistent À diviser l’homme et la femme plutôt que les associer ? Si Dieu existe, qu’Il s’efforce de m’expliquer en quoi consiste L’histoire d’un péché infâme qui les aurait dissociés !
Prenons deux cartes du tarot parmi les autres étalées ; Nous tirons la « Dame des Coupes » avec l’ « Arcane du Pendu ». L’un, suspendu par un garrot qui lui donne un air décalé, L’une, qui maintient dans sa soucoupe tout ce que l’autre a répandu.
Supposons… qu’Adam ait fauté et mangé le fruit défendu Que le serpent lui proposait – privilège du droit de naissance. C’est donc l’homme qui a capoté et finit, par les pieds, pendu Tandis qu’Ève recomposait un Graal de jus de connaissance.
Ève aurait péché par faiblesse, défaut de nature des femmes ? Si c’est le cas, Dieu est coupable de l’avoir offerte à Adam ! L’homme attendait plus de noblesse plutôt que ce moyen infâme Que croire sa femme incapable d’échapper à tout ce ramdam.
Et si le malin est si fort… pourquoi ne pas corrompre l’Homme ? Aurait-ce été une sottise de mystifier ce matamore ? Mais Satan n’a pas fait d’effort pour l’abuser avec la pomme ; Ève a donné de sa bêtise quant à Adam, il l’a encore.
La Reine de cœur perdit la foi envers la doctrine Descartes Car le bon sens qu’elle partageait royalement avec son roi Se répandit tout à la fois parmi les sujets de ses cartes Dont le mauvais sens ravageait tous les cœurs en plein désarroi.
Elle brûla en place publique, devant tous, sa carte maîtresse Et tous ses titres de noblesse et jeta sa couronne aux orties. Elle proclama la république accueillie avec allégresse Mais éprouva quelques faiblesses une fois, de ce guêpier, sortie.
Mais la Reine ne perd point la tête à l’instar de Marie-Antoinette ; Elle gagne la cour d’Angleterre avec Newton qui l’ensorcelle. Grâce à une pomme épithète — révolution sur la planète — Ensemble, ils remettent à la Terre son attraction universelle.
Tableau de Michael Cheval sur http://chevalfineart.com/portfolio/new-releases
Sur les fléaux de ses aiguilles, les deux plateaux sont équivoques Car cette balance divine pèse et juge le cœur des hommes. Déjà à peine petite fille, les petits garçons se provoquent Afin de plaire à la gamine et accéder à son royaume.
Partie sans cesse en équilibre qui fascine et mène le monde Aux yeux obsédés par deux fesses qui abritent le saint des saints. Le cœur est pris, on n’est plus libre, en une fraction de seconde. J’y voue un culte, je le confesse, je suis un fêlé du bassin.
Pour l’anecdote, je me suis fait trois fractures au bassin après ma chute de 15 m.
La nuit, deux ondes antagonistes qui n’ont pas besoin de lumière Influent sur le sommeil des hommes selon leurs polarisations. L’amour devient protagoniste en divisant dans les chaumières Les gènes et les chromosomes parés à la fécondation.
L’âme et le cœur se font artistes en proposant l’arrangement Le plus propice pour créer un nouveau chef d’œuvre de chair. Puis vient le rôle des galeristes qui permettent l’affrontement De deux sexes qui vont suppléer à faire monter les enchères.
Tableau de Jesse Reno sur https:rvamag.comarticlesfull15276art-feed-jesse-reno.html .
Mon corps cloisonné m’a beaucoup donné : Dans le poumon droit, l’esprit à l’étroit ; Dans le poumon gauche, des rêves en ébauche ; Blotti dans le cœur, un peu de liqueur ; Calé dans le foie, un manque de foi ; Clos dans l’estomac, mes petits formats ; Tassé dans le rein, du gros sel marin ; Et par l’intestin, s’enfuit mon destin.
Dans un œil je loge une grande horloge, Dans l’autre je range un regard étrange. Jusqu’au râtelier monte un escalier En colimaçon pour mes deux garçons Qui vont à l’école entre mes épaules Faire les fantassins au creux du bassin. Tandis que mes filles descendent aux chevilles Pour faire la fête criant à tue-tête.
J’ai dans mes deux seins, comme médecin, La crème du lait, un petit filet Qui coule à l’abri jusqu’à mon nombril Et dont le nectar est bu sans retard. Après l’écrémage, j’en fait du fromage ; Mon petit mari le soir s’en nourrit. Et puis, dans la chambre, j’étire mes membres, Le jour se dérobe, j’enlève ma robe.
Illustration Photo Sculpture Tableau de Enrica Campi
Double-zéro-un… connais pas ; Double-zéro-deux… pas du tout Et jusqu’à Double-zéro-six, je n’en ai aucun souvenir. Pourtant personne ne s’y trompa, Double-zéro-sept fut partout Incarné par tant de sosies que je n’ sais lequel retenir.
J’ai beaucoup aimé le premier, un écossais de pure souche Dont « Goldfinger » fit les honneurs qui m’ont jusqu’à ce jour complu. L’autre dandy, c’est coutumier, voulut en remettre une couche, Quant aux autres, au petit bonheur, le public aime et moi non plus.
Pierce Brosnan, Roger Moore, Sean Connery, George Lazenby, Timothy Dalton et Daniel Craig. Quant aux actrices, une seule table n’aurait pas suffi.
Fille de sirène, sans doute, et d’un bel elfe assurément, Un jour mon fils l’a ramenée ; il l’avait prise en ses filets. Elle avait l’air d’être en déroute et parlait démesurément Aux accents de Méditerranée d’une langue pointue effilée.
Quoi qu’il en soit, ils se marièrent malgré toutes mes incertitudes Et partirent ensemble à Bordeaux se rapprocher de l’Atlantique. Je ne sais quelle fut leur carrière mais ils eurent une multitude D’enfants tritons assez lourdauds et de sirènes romantiques.
Il pourrait paraître incroyable qu’aussi simple soit mon labyrinthe, Mais mes instincts organisés ont trouvé leur terrain d’entente. Mes phobies les plus effroyables, tapies aux impasses succinctes, Surgissent désorganisées et laissent place à la détente.
Évidemment quand vient la nuit, mon cerveau reptilien s’anime ; Le petit avion dans la tête brasse l’air dans un tintamarre ; Tous les vieux démons de minuit courent sous brassard anonyme Et se rassemblent pour la fête au festival des cauchemars.
Mais tout cela n’est qu’illusion cachée derrière ce dédale, Un peu comme un jeu vidéo conçu pour exploser le score. Mes neurones, à contribution dans les replis de l’encéphale, Triomphent dans un rodéo dont ils battent tous les records
Elle m’a longtemps intrigué la porte du jardin d’en face ; Elle n’était même pas verrouillée et jamais personne n’y venait. J’avais résolu d’instituer un de ces quatre avec audace, Jeter un œil et patrouiller entre les ronces et les genêts.
C’était un jardin paysan à l’abandon depuis longtemps ; Tout envahi de mauvaises herbes, vertiges d’un endormissement. Au milieu, caractérisant les coutumes des anciens temps, Deux tombes qualifiées d’un proverbe : « La mort n’est qu’un recommencement. »
Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue.
Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
La sirène, devenue moderne, séduit les femmes plus que les hommes Sauf que, plutôt que les noyer, elle les enchante, s’il vous plaît ! Fi des marins, vieilles badernes, vivent les coquines amazones Dont l’amour sait s’apitoyer d’orgasmes vocaux décuplés !
Celles qui cherchent la bonne école de la jouissance au féminin N’ont pas besoin de GPS à la voix de fausse sirène. Demandez Madame Nicole, au 4, rue Saint-Saturnin, Et découvrez, je vous l’ confesse, le chant langoureux d’une reine.
Tableau de Gustave Gélinet extrait de la BD « La Sirène des pompiers » dessinée par Zanzim
Depuis que j’ai approfondi mes connaissances sur les sirènes, Elles m’acceptent à condition de prendre un poisson pour parrain. J’en ai choisi un, arrondi, que j’appelle « Simon de Cyrène » Car il me croit, sans conviction, grand ambassadeur des marins.
J’ai donc passé mes examens à l’université Neptune Et j’ai été promu « Triton » lors du grand bal de fin d’année. Je n’suis plus qu’à moitié humain mais à l’apparence opportune D’un amphibien en demi-thon et demi-homme simultanés.
J’avais commandé sur le Net une « Femme-Poisson authentique » Garantie à vie, s’il vous plaît, et « satisfait ou remboursé » ! Écologique pour la planète, elle a traversé l’Atlantique Pour me parvenir au complet dans une caisse renforcée.
« Avant le tout premier usage, baignez-la trois jours et trois nuits ! » Collé comme avertissement pour obtenir « bon résultat ». J’ai commencé son arrosage que j’ai terminé à minuit Et pris un rafraîchissement glaçons et triple-margarita.
Soixante-douze heures passées, elle frétillait là, dans mon lit Et moi, comme un poisson dans l’eau, j’ai honoré sept fois ma reine. Quant à elle, elle s’est surpassée et m’a aimé à la folie À en devenir ramollos, ma queue et celle de la sirène.
Kristen Mcmenamy photographiée par Tim Walker sur http://visualoptimism.blogspot.com/2013/12/far-far-from-land-kristen-mcmenamy-by.html?m=1
Dans le Grand Livre des Sirènes – que Dieu n’aurait pas imprimé – Existent d’autres créatures que la femme en queue de poisson Qui n’ont pas besoin d’oxygène ni de belle voix pour s’exprimer Sans faire offense à la nature ni lui faire de contrefaçon.
Les femmes au corps de raie manta préfèrent les eaux tropicales Et leurs belles ailes delta permettent les belles prouesses. Elles ont acquis leur potentat après des luttes syndicales Grâce à leur voix de célesta qui ont fait d’elles des déesses.
Les femmes-pieuvres – ou femmes-poulpes – vivent dans les eaux boréales Dans les abysses où leur fortune est de récolter des godasses. Il paraît que c’est là leur coulpe d’avoir volé les céréales Du jardin privé de Neptune qui les a puni de l’audace.
Que nous soyons nés de Lucy – ou d’Ève selon les écrits – Nous avons tous les caractères du cher Ancêtre dans nos gènes. J’en vois la preuve réussie dans tous les regards circonscrits Des femmes tout autour de la Terre, étrangères ou indigènes.
Chez les hommes, elle reste cachée cette féminité infâme Que beaucoup voudraient refouler dans la plus profonde oubliette. Par bonheur, elle s’est entachée à nous faire rechercher la femme Pour l’extraire dans la foulée du fin fond de nos coucougnettes.
M’imaginé-je un embryon tapi au secret de son œuf Qui percevrait de l’extérieur tous les mystères de l’Univers ? Saurais-je comme Cendrillon avec son prince en habits neufs Quitter mon intime intérieur chaussé de pantoufle de vair ?
Eh bien, Mesdames et Messieurs, nous sommes enfermés dans ce rêve D’un Dieu fou derrière les coulisses qui nous persécute, impassible. Loin de la Terre, au bord des cieux, Il déambule sur la grève En inventant avec malice sa prochaine figure impossible.
À l’instar des femmes amoureuses des animaux dites « à faune », J’ai un faible pour les mains vertes par les femmes dites « à flore ». Avec leurs passions langoureuses pour la vie végétale aphone Mais qui s’exprime à fleurs ouvertes, arums, roses et passiflores.
Dans leur serres pleines de lumière en robes à pois ou à violettes Qu’elles associent au décor pour y être plus ressemblantes. Elles en décorent leur chaumière avec tout l’art de la houlette Qu’elles manient d’un corps à corps accordé aux plus belles plantes.
Tout l’amour que j’ai ruminé lors des refus et des râteaux Quand l’eau me venait à la bouche pour un baiser inaccessible, Et la sueur éliminée lorsqu’on me menait en bateau M’ont donné l’occasion farouche de réorienter ma cible.
Alors je fais des marionnettes avec tout mon papier mâché ; Avec toute l’eau transpirée et tout ce que j’ai salivé, Avec lettres et chansonnettes de mes passions empanachées, Et mes statues, fort inspirées, s’en révèlent enjolivées.
Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue.
Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
Quand la mer aura retiré tout le poids de ses tsunamis Qu’elle déverse sur les terres pour protester à sa manière, Tous les survivants attirés à contrer les épidémies Se retrouveront solidaires pour reconstruire leurs tanières.
« Tout reviendra-t-il comme avant ? » Pense-t-on prématurément Comme si les blessures ouvertes ne laissaient point de cicatrices. Il faudra vivre dorénavant dans un présent assurément Éclairé par les découvertes de son histoire évocatrice.
Comme il fallait bien s’y attendre, lorsque la houle atteint la crête, Toute la vague alors déferle et se fracasse sur les brisants. Observez la tension se tendre lorsque la foule est enfin prête À faire cesser le Clochemerle d’un gouvernement méprisant !
Tandis que la vague se forme sous la forte impulsion de l’onde, Toute la masse s’accumule pour écouler son énergie. Tandis que le poids des réformes à force de peser sur le monde Pousse le peuple et le stimule à s’opposer en synergie.
« Clochemerle » est un roman de Gabriel Chevallier qui offre une description sans indulgence de la vie des habitants dans un village du Beaujolais, avec leurs préoccupations sexuelles et dévorantes, leur goût de l’argent, leurs vieilles haines, les divisions entre catholiques et républicains, les ambitions des uns et des autres… Hommes politiques, militaires sont particulièrement brocardés, ainsi que la haute administration.
Lorsque la femme est transformée en volatile chimérique, Son reflet pourtant continue à renvoyer sa vraie nature. J’en vois des éclats se former dans des flaques d’eau féeriques Après une pluie obtenue sous de chaudes températures.
Après des jours caniculaires, quand la Terre a évaporé Toute son eau maléficiée par la pollution du diesel, Alors sous la clarté lunaire, sa mémoire revigorée Permet aux femmes initiées à redevenir femmoiselles.
Le mimétisme inspirateur de la sorcière chamanique S’apparente à l’aspiration du volatile par la Lune. Par son halo révélateur d’un vieux procédé alchimique Et le cœur en adoration envers son compagnon à plumes.
Quand le corps subit l’attraction vers l’âme de la créature, Celle-ci l’attire en son sein pour lui en livrer sa structure. L’humaine alors fait abstraction sitôt de sa propre nature Pour revêtir celle du poussin qui lui en offre sa texture.
Si Archimède avait été une femme qui, en prenant son bain Et en constatant la poussée, aurait-elle crié « Eurêka » ? Aurait-elle sorti ses tétés, et risqué un scandale urbain Et voir les hommes se trémousser devant ses charmes délicats ?
Aurait-elle incité les femmes, les potelées, les grassouillettes, À plonger nues entre les vagues et nager à en perdre haleine ? Les hommes auraient trouvé infâme de les voir faire l’andouillette Et estimé qu’elles divaguent à se conduire comme des baleines !
C’est dans un sinistre « glou-glou » que le marin trouva la mort, Transbahuté sous la carène, lui qui espérait tant l’amour. Périr en mer, pour un marlou, belle fin pour ce matamore En manque d’air pour la sirène, lui, qui souffrait du mal d’humour.
Regardez-la sur son rocher, dans son angélique innocence Qui obtiendrait l’acquittement et le Bon Dieu sans confession ! Personne ne peut s’accrocher à vaincre sa concupiscence Et l’amour pragmatiquement finit toujours en queue de poisson.
Tableaux de Gustave Gélinet extrait de la BD « La Sirène des pompiers » dessinée par Zanzim
Dans l’intimité du foyer du nid d’amour de son marin, La sirène a peint les mémoires de son univers maritime. Son cœur, encore apitoyé de ses souvenirs utérins Marquant sa naissance en mer noire d’un mariage illégitime.
Sa mère était femme de mer, son père était marin au pair, Ils étaient jeunes et insouciants, ils se sont aimé tendrement. Mais le beau-père, un homme amer, voulant une lignée prospère Envoya son fils inconscient dans un sévère encadrement.
La femme-pieuvre possède aussi des mémoires à n’en plus finir Tatouées sur ses tentacules aux ventouses impitoyables. Une fois sa jeunesse dégrossie, elle vit ses amants survenir Chacun dardant ses testicules dans des étreintes inoubliables.
Elle pondit tant d’œufs à berger, qu’on l’appela « Octopussy » Elle doit ce drôle de sobriquet aux mâles qui s’y devaient mourir. Mais après avoir gambergé tant de grossesses, non sans souci, Elles eut huit fois huit poulpiquets, soixante-quatre calmars à nourrir.
Il n’y a pas d’heure pour rigoler, pour chanter ou faire les fous Pour ceux qui font partie du Clan Extraverti des Rigolards. Quel plaisir de fariboler et de se donner rendez-vous Pour faire ensemble un bataclan à tout casser entre gueulards !
Évidemment les braves gens ne dorment pas quel que soit leur âge ; Ils râlent mais – que voulez-vous ? – c’est l’anniv’ d’une connaissance… Et n’appelez pas les agents car chaque jour dans le village Il y aura toujours un fou qui fête son jour de naissance.
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La femme, toujours pragmatique, à l’école de la séduction Connaît le maniement des armes qui n’ sont en fait que des appâts. Par des moyens fantasmatiques, elle transporte par adduction Les hommes par le pouvoir du charme qui se dégage de leurs appas.
Nul besoin de trop d’accessoires puisqu’une femme nue suffit À paralyser le système reptilien du cerveau du mâle. Exhibant sin divertissoire – comme le prêtre son crucifié – Et de son coup mortel : « je t’aime », elle vainc sans peine l’animal.
En argot, le divertissoire s’apparente à toutes les parties physiques qui font le charme féminin.
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Si l’arcane de « l’amoureux » – sixième lame du tarot – M’autorisait à proposer une alternative à saisir, Alors deux hommes langoureux, deux hommes forts comme des taureaux, Lorgneraient la femme supposée devenir l’objet du désir.
L’opportunité de la femme à choisir l’élu de son cœur Rivalise avec celle de l’homme qui lutte pour la conquérir. Ainsi ce que l’on juge infâme dans la vanité du vainqueur Est à répartir en binôme avec celle qui veut le chérir.
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Tout navire, avant son baptême, a droit à son cérémonial Afin d’affermir sa carène et de consolider ses voiles. Selon la saison et le thème, selon le site régional, Il a droit au ban de sirènes ou au firmament des étoiles.
Moi-même, jeune bâtiment, un trois-mâts fraîchement armé, Je fus baptisé sans remords d’une manière douce-amère ; Ma marraine m’avait gentiment déniaisé pour mieux me charmer Et l’artimon bandant à mort, je pénétrai la haute mer.
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Entre la flèche du Sagittaire et la Reine du Capricorne, Une treizième constellation en dessinait son côté face. C’était bien avant que la Terre bascule sur son axe morne Et que la vie en gestation ne transparaisse à sa surface.
Mais n’est pas Cupidon qui veut car la flèche rata sa cible Et se planta sur le point même qui deviendrait l’axe nouveau. Or, s’il s’en fallu d’un cheveu que la vie conclut l’impossible, Dans le zodiaque, aucun emblème incontestable ne le prévaut.
Avant de devenir Terre-Mère, la jeune Gaïa dut grandir Au cœur des étoiles filantes dont elle fut excellente élève. Si son enfance fut éphémère, elle sut néanmoins resplendir Le sixième jour, midi pétante, pour accueillir Adam et Ève.
Gaïa déesse de la Terre règne malgré ses habitants Dont les animaux trop placides et les humains trop turbulents Rendent son jardin délétère et ses océans dégoûtants. Alors, Elle pleure de pluies acides des torrents de larmes truculents .
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Les charmes de l’Égypte ancienne, entretenus par Cléopâtre Qui prenait ses bains entourée des plus belles filles pubères, Ont donné aux cartomanciennes des affaires de cœur à débattre Grâce à leurs cartes détourées du Livre Sacré Syllabaire.
L’Atlantide eut aimé transmettre ses connaissances émerveillées Dans un grimoire aux feuilles d’or orné d’Europe et son Taureau. Mais le temps n’a su nous remettre quelques arcanes dépareillées Dont tout le mystère s’endort dans l’antique jeu du tarot.
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Je ne sais pour quelle raison elle a disposé ce miroir Qui m’offre une polygynie en dédoublant ma partenaire. Sans doute la comparaison entre mes mémoires à tiroirs Qui cherchent un goût de l’infini dans mon espace stationnaire ?
Elles ne sont pourtant pas jumelles mais se ressemblent toutes pareilles ; L’une est rattachée à mon cœur, l’autre à jamais indépendante. J’aime donc sa partie femelle lorsque l’amour nous appareille Et son reflet à contrecœur pour son image condescendante
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Trop pudique ou trop réservée comme une fille sainte-nitouche, Mon intuition effarouchée s’enfuit lorsque je parle d’elle. Alors j’essaie de conserver une quiétude qui la touche Sinon, elle reste mal embouchée et… à Dieu vat, mon hirondelle !
Mais dans les moments de silence, quand l’esprit peut se débrancher Du matérialisme imbécile de l’existence mécanique, Une fois chassées les turbulences, elle revient le cœur épanché Parler à mon âme indocile dans ses tréfonds neurasthéniques.
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Mes deux voisins crépusculaires n’apparaissent que deux fois par jour ; Je devrais dire qu’ils se signalent, soit au coucher, soit au lever. Des petits pieds corpusculaires – sans doute le fruits des amours – Courent aux premières matinales à petits pas, bien élevés.
Et puis, plus rien… fors le silence qui occupe seul la maison Mais à l’heure entre chien et loup, l’escalier résonne de rires. J’ai bâti cette vigilance, indépendante de ma raison, Comme une horloge un peu cheloue qui scande le temps du délire.
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D’abord le fou charme la Reine par son caractère astucieux Qui permet de damer le pion au Roi lorsqu’il part à la chasse. De sa jolie voix de sirène, elle leur promet un audacieux Avenir doré de champion ou héros si leurs cœurs trépassent.
Promu chevalier, à son tour, il transmet son métier des armes Aux jeunes recrues qu’il entraîne pour servir leurs maîtres et leur Roi. Mais il enferme dans la tour ceux qui n’ont cédé à ses charmes Ou ont opté suivre la Reine sans pour autant payer l’octroi.
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Il ne faut pas courir deux lièvres à la fois ; Ne pas viser deux buts sinon perdre les deux. Mais si les lièvres courent de partout à la fois, Je risque d’être imbu d’en sacrifier l’un d’eux.
Je ne peux pas passer par deux portes ouvertes Et si elles sont fermées, je dois chercher plus loin. Avec un œil ouvert sur chaque découverte ; Les deux pour confirmer si j’en sens le besoin.
Mais deux lièvres à moitié n’en font pas un complet. Un bon tiens ne vaut-il mieux que deux tu l’auras ? L’amour doit être entier au risque d’incomplet Comme celui si fertile de ma chère Laura.
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Eh oui ! Sous la jupe des filles se cache une sorte d’ara Dans une cage qui – quel émoi ! – l’abrite, le chauffe et le nourrit. Pour entrer, tirez la cheville et la bobinette cherra ; Pour sortir, attendez neuf mois et guettez le trou de souris.
Les filles aiment les métaphores mais les garçons vont droit au but Et le mystère des naissances impose un tabou familial. Le père en fait tout un fromage pour éviter toute dispute Et la mère, en toute connaissance, en fait un conte convivial.
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Le labyrinthe de l’enfance déroutait tout mon bon vouloir ; Je n’étais pas très perspicace d’en voir ses traverses médianes. J’aurais pu forger mes défenses en empruntant tous ses couloirs Avec des moyens efficaces ou tout au moins un fil d’Ariane.
Combien de « moi » se sont perdus dans les ruelles de mes pensées En croyant résoudre un dilemme semblant faussement goguenard ? Et mes réflexions éperdues ont cru être récompensées Par la solution du problème qui masquait un vrai traquenard.
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Le charmeur égrène de sa vie les perles toujours savoureuses Contenues dans le florilège de ses amours les plus loquaces. Si son auditoire est ravi de ses aventures amoureuses, Il lui offre le privilège d’en écouter les plus cocasses.
Puis, le flot de belles paroles devient un grappin qui tournoie Garni au bout d’accroche-cœurs et de pensées subliminales. Tout va trop vite ! À tour de rôle, chacun des petits mots sournois Plante le drapeau du vainqueur sur sa conquête libidinale.
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Tandis que le cœur bat trop vite et que le corps poursuit sa course, L’esprit projette ses désirs sur l’écran vierge de mon âme. Peu à peu, le cœur s’y invite, le corps s’y abreuve à sa source Et mes petits « moi », à loisir, se réjouissent du programme.
Ainsi l’existence déroule le film intime de ma vie À la poursuite des amours qui m’entraînent dans d’autres histoires Tandis que ma mémoire enroule toutes les anecdotes ravies Que reverront avec humour mes petits « moi » contradictoires.
Fille d’un père compliqué – un architecte extravagant – Ariane reçu dès le berceau des jouets les plus fantaisistes. Dédale lui avait expliqué comment marcher en zigzaguant En lui offrant comme cerceau un labyrinthe spinoziste.
À l’instar de ses camarades et de leurs cerceaux répandus Qui ne trouvaient que leur bonheur en l’accompagnant d’un bâton, Ariane étudia par bravade et de manière inattendue À sortir en bien tout honneur de son écheveau à tâtons.
Le spinoziste adhère à la philosophie de la joie et du bonheur.