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  • L’amour dans le cœur

    L’amour dans le cœur

    L’amour se niche dans le cœur, le cœur se niche dans le corps,
    Le corps se niche dans son lit comme cérémonie rituelle.
    Le sexe produit sa liqueur, la liqueur redemande encore
    L’ivresse jusqu’à la folie de l’illumination sexuelle.

    À peine créé par amour, le fœtus sent son cœur qui bat,
    Englouti jusqu’à la naissance qui lui ouvrira les poumons.
    Et lentement, jour après jour, il continuera le combat
    Contre la vie par la puissance d’un cœur qui s’bat commecontre un démon.

    Tableau de Tanya Bilous.

  • Que l’amour pousse !

    Que l’amour pousse !

    Aussitôt que le cœur grandit, il doit déjà changer de vase ;
    Lui qui savait se contenter jusqu’à présent de pas grand-chose.
    Mais lorsque l’amour répondit à ses aspirations d’extase,
    Son nid n’a su le sustenter, fendu par la métamorphose.

    On rempote à la belle saison selon qu’au fur et à mesure
    De nouvelles pousses ont marcotté de la bouture généreuse.
    Plus tard, on change de maison ou on retape une masure
    En château tarabiscoté en forme de famille heureuse.

    Tableau de Vladimir Kush sur https:imgur.comaLnuz1 .

  • La complexité de la vie

    La complexité de la vie

    Au casse-tête de la vie, il faut savoir partir à point
    Et trouver de suite les clefs qui ouvriront chaque serrure.
    Faire semblant d’être d’avis sans émettre de contrepoint
    Et avancer sans renâcler malgré le poids de son armure.

    Mais ça, c’est la règle des fourbes qui violent la loi et l’écourtent
    Attendant le moment propice pour triompher des adversaires.
    Moi, j’ai emprunté la ligne courbe – pas celle qui paraît plus courte –
    Celle qui longe les précipices et demande l’effort nécessaire.

    J’ai plusieurs fois joué au fou avec mon esprit cavalier
    Et me suis fait damer le pion par des petits roitelets abscons.
    J’ai traversé les garde-fous et suis tombé dans l’escalier
    Et malgré tout, je suis champion du titre envié de roi des cons.

    Tableau d’Anna Berezovskaya.

  • L’arbre des connaissances

    L’arbre des connaissances

    Au pied de l’arbre, la connaissance publie ses feuilles au quotidien.
    Chaque jour, il écrit l’histoire de demain et après-demain.
    Ainsi, il prédit les naissances, grâce à l’ascendant ophidien
    Du serpent aux conseils notoires qui offrait les fruits de sa main.

    Mais aujourd’hui ne craignez rien ! Laissez les enfants s’amuser
    À lire ce qu’il adviendra des plans dont l’enfer est pavé.
    Tout va très bien pour les terriens ! Après s’être ensemble accusés
    De s’être mis dans de sale draps, demain la Terre sera lavée.

    Mais pour connaître la méthode employée pour le décrassage,
    Il faudrait lire toutes les feuilles dans l’ordre épistémologique.
    Ça déclencherait un exode d’érudits lors du ramassage ;
    Nul n’ouvrirait son portefeuille pour ce sort idéologique.

    Illustration de Cyril Rolando sur https:www.demotivateur.frarticlecyril-rolando-artiste-dessins-tim-burton-hayao-miyazaki-surrealisme-7104amp .

  • L’impudique fontaine

    Nulle part ailleurs qu’en Belgique, vous trouverez dans un château
    Une fille plutôt impudique offrant son jet comme cadeau.
    Le sculpteur était facétieux et son modèle tout autant,
    Le chatelain fort audacieux pour l’œuvre inaltérable au temps.

    J’eusses aimé la voir jeune mère aux jolis seins gorgés de lait
    Qui aurait coulé débonnaire dans une rigole ondulée.
    Et pourquoi pas toute la famille se baignant nue dans la fontaine
    Avec les garçons et les filles pisser d’une façon hautaine ?

    Dans les jardins du château de Jehay, en province de Liège en Belgique. Sur le côté d’une allée et surplombant une cascade, une jeune femme qui dévoile son intimité.

  • Changer l’histoire

    Changer l’histoire

    À l’instar des vieux dictateurs qui ont modifié les textes
    Et falsifié les photos de leur histoire politique,
    J’aimerais changer les acteurs et adapter tout le contexte
    Et les fantômes dans leurs châteaux ne seraient jamais anxiolytiques.

    Le Chaperon Rouge épouserait le Loup en noces grandiloquentes ;
    Le Petit Poucet et ses frères se perdraient dans un labyrinthe ;
    Le Chat Botté les trouverait et, de sa belle voix éloquente,
    Leur indiquerait l’itinéraire pour rentrer at home sans contrainte.

    Peau-d’Âne conseillerait à son père de s’enticher de sa marraine ;
    Les Sept Nains devant Blanche-Neige en tomberaient leurs ceinturons.
    Et ainsi de suite j’espère qu’à notre époque contemporaine,
    On appréciera mon manège que les enfants continueront.

    Vu sur http:casalaurette.over-blog.com .

  • Croire et Croître

    Croire et Croître

    Malgré les soucis de la vie qui nous attirent vers le bas,
    Malgré les fléaux dus aux charges que l’on ne cesse de nous brandir,
    Le cœur épanouit se ravit de la rudesse du combat
    Par l’amour qui, à la décharge du malheur, nous pousse à grandir.

    Plus la gravité sera forte et plus la vie progressera
    Comme une poussée d’Archimède qui nous remonte par surprise.
    Lorsque se referme une porte, un pan de mur coulissera
    Car le cœur trouve toujours remède quand l’intelligence lâche prise.

    Tableau de Cyril Desmet.

  • La serrure au cœur de l’Être

    La serrure au cœur de l’Être

    Au cœur de l’Être, la serrure dont l’amour possède la clef
    Qu’il a cachée dans une fleur et que l’âme doit retrouver.
    Hélas, l’esprit, sous la ferrure verrouillée tend à renâcler
    D’après les conseils persifleurs de ses mémoires réprouvées.

    Alors aujourd’hui, il voyage pour se remettre le cœur en chasse
    Où le soleil va sublimer ses projets remis à demain.
    Après un ample nettoyage, il ne sait plus ce qu’il pourchasse
    Et rentre, la clef élimée, mais toujours à portée de main.

    Tableau de Catrin Welz-Stein sur http:artsdumonde.canalblog.comarchives2016031233502041.html .

  • L’ombre rouge – 2

    Le rouge intensifie la femme et son cœur d’amours flamboyantes
    Qui peut lui troubler le regard tout jeune avant l’adolescence.
    Alors pour protéger son âme des aventures imprévoyantes
    Elle cache son point faible, hagard, d’une frontière opalescence.

    Mais s’en échappe une vision modifiée par sa monture
    Qui dément les désirs secrets tapis au fond de sa rétine.
    Œil gauche, œil droit, en division, cherchent le lien d’une aventure
    Au-delà des verres nacrés qui la rendent un peu cabotine.

    Le verre change la couleur et l’âme que l’on croit violette
    Mais en réalité bleuie jusqu’au plus profond de sa flamme.
    Si vous n’y voyez que douleur, cette idée déjà obsolète
    Cache ce qui vous éblouit : le brasier au cœur d’une femme.

    Presque tous les Tableaux de Michael Carson sur https:www.sohu.coma428867333_120065965 .

  • L’ombre rouge – 1

    D’où naît le rouge d’une femme ? Pas de son sang, évidemment !
    Il naît du premier cri de vie à la naissance de ses lèvres.
    Un cri échappé de son âme qui vient embrasser l’élément ;
    Cet air nouveau qui la ravit et qu’elle mélange à sa fièvre.

    Par sa toison qui voit le jour, si fine comme de la flanelle ;
    Rouge trop clair ou trop foncé dont l’auréole tait son feu.
    Encore mouillée de bravoure décrite sur les fontanelles
    En petits signes enfoncés, éparpillés dans ses cheveux.

    Et la douleur sort de la bouche comme couleur émerveillée
    De montrer celle de son âme plus rouge que vous ne le pensez.
    Rouge profond qui effarouche, rouge de l’esprit réveillé
    Qui soutient le cœur d’une femme de ses toutes premières pensées.

    Presque tous les Tableaux de Michael Carson sur https:www.sohu.coma428867333_120065965 .

  • L’émigration en question

    L’émigration en question

    Nous ne sommes en rien responsables des précédentes atrocités,
    Même d’un ancêtre esclavagiste ou aïeul exterminateur.
    Bien sûr, nous serions incapables de tuer avec férocité
    Nos frères aux ordre d’un phalangiste, d’un nazi ou d’un dictateur.

    Alors pourquoi refuse-t-on l’entrée à ceux qui ont souffert
    Afin que le monde moderne se développe à leurs dépens ?
    Croyez-vous qu’il est de bon ton de dire qu’on a l’esprit ouvert
    Tandis que de vielles badernes ont la nostalgie de l’occupant.

    Illustration de Davide Bonazzi sur https:www.demotivateur.frarticlenotre-societe-vue-a-travers-des-illustrations-bluffant-tant-la-verite-saute-aux-yeux-13400amp .

  • C’est les rats !

    C’est les rats !

    Qui fuit en premier le navire lorsque celui-ci va sombrer ?
    Qui a creusé l’écart social entre vie en ville et aux champs ?
    Qui donc se retourne d’un vire-vire dès que son groupe est dénombré
    Pour échapper à l’impartial examen à double-tranchant ?

    Si vous croyez que c’est les rats, vous êtes à côté de la plaque ;
    Eux, ne sont que petits rongeurs qui cohabitent, chez nous, at home.
    Je veux parler des scélérats qui trichent, volent l’argent qu’ils claquent
    Car ce sont des outremangeurs qui vivent aux dépens de l’homme.

    Illustration de Jesús Aguado.

  • Les courses du vendredi

    Les courses du vendredi

    Dès le lundi il faut courir la Terre, les airs et l’océan
    Afin que Dieu, dans sa clémence, nous donne le pain de ce jour.
    Manger au risque de mourir et s’en retourner au néant
    Ou bien mériter sa pitance et survivre tout au long séjour.

    Dès le lundi, elle s’entraîne, la voix tintant comme de l’airain
    Afin que jeudi, elle soit prête à faire monter les enchères.
    Vendredi, jour pour la sirène dédié à la course aux marins,
    Elle va s’en mettre plein l’arête après avoir fait bonne chère.

    Mais il faut chanter à tue-tête pour décrocher le meilleur lot !
    Ainsi le marin de Bretagne se vend bien plus cher que l’anglais.
    Il faut traquer la belle bête en lui montant le ciboulot,
    Triller d’un chœur qui accompagne le chant au risque de s’étrangler.

    Tableau de Mike Hoffman.

  • La sirène de minuit

    La sirène de minuit

    Comme Cendrillon, la sirène, plongeuse à la petite semaine,
    Souhaite participer au bal nonobstant sa queue malvenue.
    Elle se confie à sa marraine qui lui donne apparence humaine
    Avec comme ordre principal : « Qu’à minuit tu sois revenue ! »

    La sirène est à moitié femme – et c’est là son moindre défaut.
    Les valses dérèglent son horloge ainsi que sa notion du temps.
    Minuit sonnant. Précepte infâme ! Elle pirouette en porte-à-faux
    Autour de sa queue qui déroge aux règles du bal des débutants.

    Alors elle s’enfuit vers le port perdant ses pantoufles de vair
    Qu’un beau capitaine au long cours a recueilli sur le parvis.
    J’ai lu sur son dernier rapport qu’il a navigué tout l’hiver
    Et rencontré sur son parcours la belle au risque sa vie.

    Tableau d’Edvard Munch.

  • Pulvérisés ? Non, poldérisés !

    Pulvérisés ? Non, poldérisés !

    Depuis que le niveau des mers s’est hissé d’environ cent mètres,
    Quelques architectes visionnaires ont défié les océans.
    Aujourd’hui le constat amer de ces prétendus géomètres
    A rendu certains millionnaires et d’autres réduits à néant.

    Aujourd’hui, ils vont s’établir au sein des calottes polaires
    Qui ont fondu depuis longtemps et ne reviendront pas de sitôt.
    Ce qu’ils vont demain accomplir risque de déclencher la colère
    Des îlotiers fort mécontents dont ont coulé les capitaux.

    Tableau de Jacek Yerka sur https:postmodernism.livejournal.com464795.html .

  • De bouche à oreille

    De bouche à oreille

    Les messagers d’amour opèrent en direct du bouche à oreille ;
    Charmée, l’expéditrice transmet son billet doux au récepteur.
    Parfois un vent doux coopère pour accélérer sans pareille
    Une suggestion qui promet tout le plaisir du concepteur.

    Cependant quand les vents contraires transforment l’écho de la voix,
    Souvent s’ensuivent des courants froids condensés en perles de pluie.
    Les mots, de manière arbitraire, prennent une tout autre voie
    Et le cœur doute avec effroi de l’affection venant de lui.

    Mais après la pluie, le beau temps car les cœurs ne sont pas en sucre ;
    Certains sont si inoxydables qu’il ne craignent point le déluge.
    Sinon la haine depuis longtemps aurait dilué l’esprit de lucre
    Dans des orages inexorables où l’amour sait trouver refuge.

    Tableau de Cyril Rolando sur https:mymodernmet.comcyril-rolando-surreal-digital-art .

  • Tous les visages sont paysages

    Tous les visages sont paysages

    Toutes les neiges de malheurs, toutes les pluies de catastrophes,
    Toutes les larmes qui ont coulé et ont creusé rides et ridelles,
    Forment ce qui fait la valeur d’un visage qu’on apostrophe
    Et sur lequel seront moulées les mémoires qui parleront d’elles.

    Quand un bouton fait irruption sur ta peau blanche satinée,
    C’est un souvenir douloureux qui reprend du poil de la bête.
    Il le fait sans interruption jusqu’à ce qu’il soit patiné
    D’un désamour si langoureux qu’il te prendrait toute la tête.

    Tableau de Cyril Rolando sur https:mymodernmet.comcyril-rolando-surreal-digital-art .

  • C’est les rats passe impair et manque

    C’est les rats passe impair et manque

    Les dinosaures sont à l’homme ce que l’humanité est aux rats :
    Une espèce domine la Terre et puis, la quitte, bon débarras !
    Pour ceux qui suivent, leur royaume s’érige sur le conglomérat
    Des précédents propriétaires qui les laissent dans l’embarras.

    Alors recommence la survie et le partage des ressources.
    Les oiseaux maîtrisent les airs et deviennent un peu voleurs
    Mais ils sont bien vite asservis par les rats qui les cotent en bourse
    Car on manque de boucs-émissaires et surtout de souffre-douleur.

    Tableau de Catrin Welz-Stein.

  • Red-Hair

    Red-Hair

    À l’instar des insecticides, Red-Hair tue raide mais par passion ;
    Tous ceux qui désirent la flamme de ses cheveux s’y sont brûlés.
    Elle mène sa lutte fratricide contre ce membre en extension
    Et voudrait de toute son âme autant le démantibuler.

    « Émasculer » est un peu fort alors elle use de stratagèmes
    En faisant battre tous les cœurs jusqu’à ce qu’ils demandent grâce.
    Tous ces phallus tendus à mort dans ce temple sacré blasphèment
    Et supplient l’Utérus vainqueur que ses trompes ne soient pas voraces.

    Photo de charme vue sur https:sacredcharm.tumblr.com .

  • Lumières d’un mercredi soir

    Toutes leurs maisons anonymes de l’autre côté de ma rue,
    Désertées toute la journée afin de pouvoir les payer
    Puis, revenir en pantonymes dès que le jour a disparu
    Pour glaner les heures ajournées tant qu’on est encore éveillé.

    Alors s’illuminent fenêtres et postes de télévision
    Dans des ambiances orange ou bleues selon le programme du soir.
    Après le film, on voit les maîtres et leurs chiens, avec précision,
    Faire leur tour même s’il pleut ; c’est là leurs missions, leurs devoirs.

    Et revient le jeudi matin où le silence se répand
    Entre les ruelles immobiles où l’on sent le vide invasif.
    Parfois du bruit dans le lointain… chantier, camion, grue ou trépan
    Et parfois une automobile qui trahit l’éventuel oisif.

    Tableaux de Léonard Koscianski.

  • La ligne orange

    La ligne orange

    La ligne orange utilisait toujours ces antiques voitures
    Dont les cahots faisaient grincer les vieux ressorts sur les essieux.
    Chaque parcours fertilisait mon appétence d’aventures
    Et son roulis une pincée de graines d’humour facétieux.

    Tous les passagers rigolaient sur les aiguillages ancestraux
    Qui secouaient côtes et fesses dans une liesse mémorable.
    Certaines femmes cabriolaient sous les allegros orchestraux
    Du tramway qui, je le confesse, jouait un complice honorable.

    Tableau de Mark Lague.

  • Sous le signe de la découverte

    Si partir, c’est mourir un peu à ce qu’on laisse derrière soi,
    Si mourir, c’est partir toujours sans regretter sa vie d’avant,
    Alors arriver n’est qu’un vœu de répéter encore une fois
    Les mêmes gestes de tous les jours en réaction au gré du vent.

    Partir à deux pour se nourrir l’un l’autre de ses émotions,
    S’orienter grâce aux étoiles et accueillir le nouveau jour !
    Alors si nous devons mourir d’un moyen de locomotion,
    Que ce soit d’un bateau à voiles gonflées au grand vent de l’amour !

    Tableaux de Jake Baddeley sur http:artilo-artilo.blogspot.com201207jake-baddeley.html?m=1 .

  • Chanson d’une nuit d’été

    Chanson d’une nuit d’été

    Danser pieds nus sur les galets demande une plante rugueuse
    Mais le toit de notre terrasse est bien plus facile à cirer !
    Bricolons, pour nous régaler par une orchestration fougueuse,
    Un gramophone aux bonnes grâces sur l’air de « Fa Si La Si Ré ! »

    « Chansons pour les pieds, s’il vous plait ! » et nous dansons toute la nuit
    Au premier quartier de la Lune sur les traces de la Grande Ourse.
    Puis, entonnons quelques couplets au douzième coup de minuit
    Et remercions notre fortune de vivre ce retour aux sources

    Illustration de Noëlle T. sur https:www.noelleillustration.com .

  • Méprise & Surprise

    Mademoiselle était éprise d’un bel oiseau rare exotique
    Mais légèrement intimidée, elle se masquait d’un papillon.
    Ce grand dadais eut la méprise de pousser le jeu érotique
    En l’embrassant l’air décidé et lui tâtant le cotillon.

    Mademoiselle pudibonde, outrée d’avoir été surprise,
    Se retourna mais découvrit son chevalier sans passe-droit.
    Alors sa bouche furibonde fut bâillonnée sous son emprise
    D’un baiser et son cœur s’ouvrît par cet amour si maladroit.

    Tableaux d’Elena Shlegel sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201308Elena-Shlegel.html .

  • Les portes des équinoxes

    À l’heure du midi du solstice quand le soleil est au zénith
    Au jour de ce premier printemps s’ ouvre une porte un temps donné ;
    Quelques instants dans l’interstice retombe une pluie d’eau bénite
    Comme si le seuil, en suintant, pleurait l’hiver abandonné.

    Aux antipodes, en automne, la même porte, au même instant,
    Courbe la flore dans l’espace entre les arbres alignés.
    Quelques secondes monotones s’écoulent en manifestant
    Un étrange silence qui passe en cérémonie assignée.

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

  • Fées des forêts et des marais

    Dans certaines familles helvétiques, on retrace l’ancêtre magique
    Dont l’ascendance remonterait au petit peuple folklorique.
    Bien que cette branche hermétique découle de rites nostalgiques,
    Ma belle-famille en compterait deux aïeules assez féeriques.

    Elles vivaient dans les marais, les grands lacs ou bien les forêts
    Et se vêtaient de végétaux ou nues à la belle saison.
    Leur souvenir réapparaît lorsque l’hiver a défloré
    La nature d’un droit de veto mais qu’en renaît la floraison.

    Contrairement à l’hirondelle qui ne fait pas toujours le printemps,
    Les deux sorcières immortelles sortent de l’eau entre les joncs ;
    Partout l’ombre des demoiselles se distribue en s’épointant
    Comme sensuelles jarretelles qui font éclater les bourgeons.

    Dans les vallons alémaniques, après les premières gelées,
    J’ai déjà remarqué leurs traces dans les ruisseaux presqu’asséchés.
    Une incantation chamanique, mue d’une voix écervelée,
    Tombe des nues mais avec grâce comme une rosée éméchée.

    Tableau de Audrey X et Photo de Susan Schroder.

  • Dimanche, la muse cornue

    Quand elle se montre d’humeur absente de la moindre veine poétique,
    Il m’est inutile de croire qu’elle m’inspirera ce dimanche.
    Mon encre et ma plume s’exemptent de toute envie hypothétique
    Qui ne saurait faire qu’accroire le bourdon de la page blanche.

    Alors je l’imagine ailleurs dans un décor blues & morose,
    Vêtue de toilettes françaises et coiffée d’une cornemuse.
    Je plonge son regard railleur dans une prose à l’eau de rose
    Afin que la douche écossaise brusquement déride ma muse.

    Aussitôt elle renvoie la balle de toute sa rage intérieure
    Que je m’attrape en pleine poire par l’effet miroir attendu.
    Aussitôt ma plume s’emballe de mes mémoires antérieures
    Qui se dévident d’une encre noire aux reflets-vers inattendus.

    Tableau de Michael Cheval sur http://chevalfineart.com/portfolio/new-releases

  • Le joli temps rosé du dimanche

    Un joli calicot rétro pour un bustier à l’eau de rose
    Et je sens toutes mes racines fleurer des photos argentiques
    Avec leurs portraits magistraux des élégantes un peu moroses
    Dont l’étrange regard fascine encore d’un air nostalgique.

    La mode s’enfuit éperdue à la recherche du futur
    Tandis que les modèles s’ancrent dans les mémoires démodées.
    Pourtant le temps n’est pas perdu et j’aspire à voir la suture
    Entre l’avenir qui s’échancre et le passé raccommodé.

    Tableau de Catrin Welz-Stein sur http://artsdumonde.canalblog.com/archives/2016/03/12/33502041.html

  • À problème de cochon, sa solution de lapin

    Puisque dans l’cochon, tout est bon, confions-lui l’orientation
    Car son odorat légendaire sait guider chaque mouvement.
    Les femmes à l’esprit pudibond pourront même sans contestation
    En faire leur référendaire pour tout affaire en jugement.

    Pareillement chez les chauds lapins – bien plus encore que le cochon –
    Il suffit d’une simple carotte pour le rendre plus perceptif.
    Ainsi sans le moindre pépin, sans se monter le bourrichon,
    L’animal par simple jugeote saura foncer sur l’objectif.

    Sitôt les lapins en action, les solutions se multiplient
    Bien plus vite que les problèmes se soulèvent en fédération.
    Évidemment en réaction, seront également accomplis
    Autant de sources de dilemmes issus des proliférations.

    Tableaux de Margo Selski sur https://hamptonsarthub.com/2012/12/29/margo-selski-explores-myths-of-her-own-making

  • À l’heure des thés

    À l’heure du premier thé vert, j’ai le cœur encore à l’envers ;
    Mes cauchemars ont transformé mes inquiétudes déformées
    Qui ont macéré la semaine toute mon aventure humaine
    Et répandu sur mes nuits blanches tous mes soucis en avalanche.

    À l’heure du second thé rose remontent les pensées moroses
    Et je me mets à ressasser le présent mêlé au passé.
    Toutes ces mémoires ancestrales, tragicomiques et théâtrales
    Se rejouent sans interruption comme un mal qui fait éruption.

    À l’heure du dernier thé noir, finis cafards et idées noires
    Qui ont tellement infusé que leur poison s’est transfusé
    Dans tous les canaux collecteurs qui se sont montrés protecteurs
    En expulsant mille douleurs qui m’ont redonné mes couleurs !

    Tableaux de Catrin Welz-Stein sur http://artsdumonde.canalblog.com/archives/2016/03/12/33502041.html

  • Changer les règles

    Tous ces échecs consécutifs concernant la constitution
    Devraient inciter à changer toutes les règles de l’échiquier
    Et limiter l’exécutif du roi par sa destitution
    Lorsqu’il vous parait étranger qu’il favorise les banquiers.

    Et puis, une assemblée de pions qui acquiescent les projets de lois
    Fidèlement sans renâcler ni écouter l’opposition,
    C’est déléguer à ces champions de la plus stricte mauvaise foi
    Notre pouvoir d’achat bâclé sous le coup des impositions.

    Tableau de Michael Cheval sur http://chevalfineart.com/portfolio/new-releases

  • Allo, les réseaux sociaux ?

    Les synapses contactent un neurone à des milliers de connexions
    Et celui-ci fait la synthèse pour choisir une solution.
    Chez les hommes, la testostérone leur permet de faire objection
    Aux informations sur les thèses qui mènent à la révolution.

    Si le cerveau est complotiste – puisqu’il se renseigne pour agir –
    Les hommes, en troupeau de moutons, élisent leur loup-président.
    Les « sauve-qui-peut » humanistes mettent longtemps à réagir
    Avant que, nous le redoutons, il bouffe tous ses résidents.

    Illustrations d’Oksana Grivina sur http://www.dripbook.com/grivina/style/illustration-portfolios

  • Telle Guillemette

    Telle Guillemette

    Heureuse qui, telle Guillemette, a connu le goût de l’amour
    Coulant du fruit jusqu’à ses lèvres et conquérir son cœur d’api
    Afin que le garçon se permette d’ouvrir son écrin de velours
    Pour, de sa flèche chargée de fièvre, la posséder sur le tapis.

    La pomme du péché percée, le jus de l’amour consommé,
    La distillation sera longue avant d’en recueillir l’alcool.
    Puis, de la croupe renversée naîtra ou non la renommée
    D’un bébé à la face oblongue et son avenir cidricole.

    Tableau de Shiori Matsumoto sur https:iamachild.wordpress.comcategorymatsumoto-shiori .

  • Les deux Vendredies

    D’ores et déjà vendredi revient systématiquement
    Annoncé, en fin de semaine, par deux sirènes en pêle-mêle.
    Je le dis et je le redis : « ce jour est thématiquement
    Voué, par leur nature humaine, à deux femmes-poissons jumelles.

    Deux sirènes qui se ressemblent comme deux gouttes d’eau, c’est drôle !
    Comme le reflet d’un miroir ou deux clones sans contredit.
    Elles vivraient toujours ensemble en s’admirant à tour de rôle ;
    Elles sont connues dans leur terroir sous le nom des deux Vendredies.

    Tableau de Nicoletta Ciccoli

  • Vendredi, mangez du lapin !

    Je vois les feuillets s’effeuiller au fil de mon éphéméride
    Sept fois par semaine – quelle aubaine ! – mon régime suit la marée :
    Lundi, du poisson persillé ; mardi, la fête à la bourride ;
    Mercredi, sole marocaine ; jeudi, bigorneaux bigarrés.

    Mais point de poisson vendredi, la mer m’a posé un lapin.
    Qu’à cela ne tienne – de garenne – j’en quémande de toute ma fièvre !
    Notre pêcheur, sans contredit, aussitôt lance son grappin
    Et nous remonte de sa carène une sirène à moitié lièvre.

    Du vendredi soir au dimanche, durant deux jours, durant trois nuit,
    Je l’aimerai passionnément et jusqu’à la dernière arête.
    Le goût de sa douce chair blanche m’aura profondément séduit
    Au point que, sans désagrément, ce n’est pas demain que j’arrête.

    Illustration de Dominic Murphy sur https://www.dominicmurphyart.co.uk/down-the-rabbit-hole

  • Rêves destructeurs

    Est-ce que les rêves destructeurs se heurtent contre les rochers
    Que la mémoire a endigués pour lutter contre la tristesse ?
    Les bons moments reconstructeurs se regroupent pour s’accrocher
    À l’avenir se conjuguer avec mon présent en détresse.

    Seulement voilà, il faut bouger, il faut se lancer à l’assaut ;
    Alors je plonge dans la peur qui ressemble à une montagne.
    Je laisse aller les préjugés qui tournoient comme des lassos
    Et qui me frappent de stupeur afin d’éviter que je gagne.

    Les entraves tombent si j’y crois car il n’existe aucun miracle
    Que celui de prendre le train qui s’arrête pile devant mes yeux.
    Doutant, sur mon chemin de croix, de pénétrer dans l’habitacle,
    J’ai trop laissé passer l’entrain de tant de projets merveilleux

    Tableau de Cyril Rolando sur https://mymodernmet.com/cyril-rolando-surreal-digital-art

  • L’habit de souffrance

    Il a tellement porté mes cris noués dans sa robe de douleur
    Et de souffrances encore ouvertes à l’échancrure de mon cou,
    Qu’un jour j’ai déclaré proscrit ce vieux vêtement refouleur
    Qui gardait mes plaies recouvertes et m’augmentait les contrecoups.

    Je l’ai dressé sur mon passé comme épouvantail à mémoire
    Pour effrayer mes vieux démons qui tenteraient de revenir.
    Jamais l’un d’eux n’a dépassé sans être, d’un coup d’assommoir
    Désenchanté à pleins poumons à la vue de ce souvenir.

    La gravité fait le bonheur de tous les pauvres imbéciles
    Qui se complaisent à prendre au sérieux tout ce qui peut l’être au tragique.
    Malgré cela, j’ai eu l’honneur d’utiliser sa préhensile
    Capacité d’un impérieux lancer de fronde gravifique.



    « La gravité est le bonheur des imbéciles. » Charles de Montesquieu.

    Photo de Mulch Media Gallery sur http://www.mulchmedia.com/gallery/default.aspx?moid=547

  • Entre deux moi

    Entre deux moi

    Toujours entre deux opposés, ma vie oscille entre deux crises
    L’illusion de gagner ma vie balance avec le temps perdu.
    Mais comme je suis supposé m’adapter à chaque surprise,
    Je ballotte entre ma survie et mon avenir éperdu.

    La Grande Guerre – une première – suivie d’un temps d’entre-deux guerres
    Ne put empêcher la deuxième comme si l’échec lui incomba.
    Le confinement fait la lumière qu’on ne peut plus s’attendre guère
    Qu’à un deuxième puis, un troisième tant que durera le combat.

    Tableau de Andrew Ferez sur http:artsdumonde.canalblog.comarchives2016091534325116.html .

  • Solidarité envers la Terre

    Un jour, la solidarité envers la Terre défigurée
    Obligera les êtres humains à lui faire des concessions.
    À cause de la disparité de ses forêts dénaturées,
    Nos corps, soumis à l’examen, devront faire rétrocession.

    Notre bassin sera saisi pour assainir les océans
    Et nos poumons sacrifiés pour purifier l’air pollué.
    L’humanité, sans fantaisie, pourra s’asseoir sur son séant
    Après avoir falsifié Celle qui l’a fait évoluer.

    Photos de Charles Bentley sur https:theinspirationgrid.comdigital-collages-by-charles-bentley .

  • Orient-Express

    Orient-Express

    Depuis Paris jusqu’à Athènes, plusieurs destins se sont croisés
    Dans les wagons de la fiction et ceux de la réalité
    Dont les échos se concatènent en épopées apprivoisées
    Par un mélange d’afflictions au train des éventualités.

    Mais depuis le chemin de fer s’est heurté au rideau de fer
    Et les élans capitalistes ralentis par le communisme.
    Adieu vaches, cochons et affaires que l’on menait d’un train d’enfer
    Qui, aujourd’hui, a pris la piste d’envol vers le transhumanisme.

    Illustration de Janet Hill sur https:janethillstudio.comproductsthe-kidnapping-of-edward-pink-part-twelve?variant=31134022107197 .

  • Le chat et la souris sur le net

    Comme elles ont troqué leur balai pour l’aspirateur dernier-cri,
    Elles ont remplacé leur grimoire par l’ordinateur connecté
    Au plus gigantesque ballet du net auquel elles ont souscrit
    Dont la capacité mémoire dépasse le téraoctet.

    Les prédictions astrologiques ont pris un sacré coup de fouet
    Grâce au chat qui prend la souris et la dirige d’un air savant.
    Selon les lois de la logique, s’il s’en sert comme d’un jouet,
    Le résultat sera pourri mais c’était déjà comme ça avant.

    Tableau de Tristan Elwell

  • Nostradamus est démodé

    Avec ses softs sous MS-DOS, son Apple II, son Ibéhème
    Et ses processeurs en huit bits, il devait être déboussolé.
    Les prévisions, quel sacerdoce ! Ses oracles sont tout un poème
    Avec ses vers tous pleins de mythes et ses listings tous gondolés.

    Nostradamus en Version II n’a pas obtenu plus de gloire ;
    Il provoquait lui-même les crises qu’il avait prédites symboliques.
    Il s’est montré si galvaudeux qu’il était le seul à les croire
    Et c’est ainsi que, sans surprise, il brûla en place publique.

    Illustration de Gray Morrow

  • Le combat des chefs

    L’œil droit voulait être le chef : « c’est moi qui oriente l’homme ! »
    L’œil gauche voulait être le chef : « c’est moi qui repère les femmes ! »
    Le nez voulait être le chef : « c’est moi qui sent les phéromones ! »
    Le cerveau voulait être le chef : « c’est moi qui contient toute l’âme ! »

    La bouche voulait être le chef : « c’est moi qui embrasse, ma foi ! »
    Les lèvres voulaient être le chef : « c’est nous qui prêtons à sourire ! »
    La langue voulait être le chef : « c’est moi qui m’ retourne sept fois ! »
    Les dents voulaient être le chef : « c’est nous qui éclairons le rire ! »

    Le crâne voulait être le chef : « c’est Moâ qui ai toute ma tête ! »
    Les oreilles voulaient être le chef : « c’est nous qui portons les lunettes ! »
    Le cou voulait être le chef : « c’est moi qui fait tourner la tête ! »
    Finalement, pour faire bref, le couperet trancha tout net !

    Illustration de Junji Ito

  • Mardi, entre le Soleil et la Lune

    En fait, le Soleil me surveille de l’aube jusqu’au crépuscule.
    Il joue le Gardien de mes jours et mon Geôlier durant mes nuits.
    Dès le matin, Il me réveille par petits faisceaux minuscules
    Jusqu’au soir où, fin du séjour, black-out entre onze heures et minuit.

    Je Le trompe une fois par mois avec ma maîtresse Lunaire ;
    Nous attendons qu’Il soit couché et qu’Il dorme à rayon fermé.
    Puis, toute la nuit, quel émoi ! Quelles amours extraordinaires
    Donnent à la Lune effarouchée le désir de se transformer !

    Première semaine de grossesse, Elle disparaît dans ses quartiers ;
    Son ventre s’arrondit sans cesse … point de Soleil à l’horizon ;
    Troisième semaine, une princesse paraît sous le regard altier
    Du Soleil qui, avec rudesse, me reconduit dans ma prison.

    Tableau de Six N. Five

  • À la vitesse d’un cheval au galop

    À la vitesse d’un cheval au galop

    L’homme qui court à perdre haleine sur une Terre en rotation
    N’imagine pas qu’il gravite autour du système solaire.
    Cheval, guépard, lièvre ou baleine, par un jeu d’accélérations,
    Courent ainsi de plus en plus vite par la contribution stellaire.

    C’est à peu près ce que je pense lorsque je marche dans la nature
    À mon allure débonnaire, riant dans le vent qui balaye,
    En voyant combien se dépense ce sportif en musculature
    Pour finir aussi stationnaire que moi tout autour du Soleil.

    Tableau de Rafal Olbinski.

  • À cheval sur tous les possibles

    À cheval sur tous les possibles

    Ce qui me paraît ordinaire, presque empreint de banalité,
    Deviendrait extraordinaire dans une autre réalité.
    Une Télé-Univers en chaînes de transmissions simultanées
    Dont les programmations s’enchaînent au fil des mois et des années,

    Ce que je crois vivre au présent est en vérité retransmis
    En maintes saisons concomitantes avec flash-backs et passerelles.
    Et le soleil omniprésent est une source d’ectoplasmie
    Dont la lumière intermittente flashe des mondes parallèles.

    Tableau de Rafal Olbinski.

  • Problèmes de cœur

    Seulement à peine quelques jours après la fête des amoureux,
    Saint-Valentin voit son service de l’après-vente saturé.
    Passé la nouba de l’amour, les cœurs retombent langoureux
    Et viennent se plaindre de sévices et positions dénaturées.

    Alors on répare les cœurs à l’atelier du cœurdonnier
    Qui recoud les peines d’amour et vidange les peaux de chagrin.
    Il redonne un peu de vigueur aux coups de foudre prisonniers
    Qui n’ont pas pu venir à jour à cause d’un pénible train-train.

    Tableaux de Catrin Welz-Stein sur http://artsdumonde.canalblog.com/archives/2016/03/12/33502041.html

  • Lundi, selon comment je suis luné(e)

    Mon cœur, ce drôle de pendule, décide après hésitation
    Comment choisira-t-il l’ébauche du jour avec incertitude…
    Selon si les artères ondulent à droite avec excitation
    Ou si les veines oscillent à gauche avec plus de mansuétude.

    S’il reste fixe, je reste au lit attendant que ça redémarre
    Car à force de le remonter tous les soirs, parfois il se bloque
    Comme un métronome ramolli par les rêves et les cauchemars
    Où il doit sans cesse affronter les décisions les plus loufoques.

    Tableaux de Catrin Welz-Stein sur http://artsdumonde.canalblog.com/archives/2016/03/12/33502041.html

  • Le miroir à trois temps

    Le miroir à trois temps

    Mon miroir inverse l’espace ; droite et gauche sont permutées.
    Saurait-il renverser le temps, passé et futur transposé ?
    Mon passé quitterait l’impasse où le temps l’aurait transmuté
    Et le futur serait d’autant déjà écrit et composé !

    Il refléterait les photos de ma folle jeunesse écoulée
    En me renvoyant le visage au délai déduit de ma mort.
    Bébé qui fait ses rototos deviendrait vieillard écroulé
    Devant la bobine que mon âge lui renverrait avec remords.

    Illustration de Marie Cardo.

  • L’amour aimanté

    L’amour aimanté

    Si la Saint-Valentin recharge les accus des cœurs langoureux
    Par les amours court-circuitées de coups de foudre et de tonnerres,
    La mise à la terre décharge les petits bisous amoureux
    Échangés dans l’exiguïté d’une rencontre terre-à-terre.

    Gare aux baisers à courant faible car ils se révèlent collants
    Et la séparation exige une double polarité !
    Quant à l’indispensable règle – préservatifs bien isolants –
    Dans ce cas, le jus se dirige vers plus de régularité.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.