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  • L’heureux élu ? Non mais sans blague !

    L’heureux élu ? Non mais sans blague !

    « Le jour où les cons voleront, tu en seras chef d’escadrille ! »
    Me disait-on pour me vexer et m’expédier sur les roses.
    Or, quand les anges m’élèveront en compagnie des joyeux drilles
    Ressuscités, décomplexés, j’aurai des pensées bien moroses.

    En plus, vêtu de robe blanche comme seul et unique vêtement,
    Tous ceux qui sont restés en bas apercevront mes génitoires.
    J’en ai la honte tous les dimanches lorsque vient le saint-sacrement
    Et qu’on me promet la nouba sans passer par le purgatoire.

    À quoi bon la vie éternelle avec tous les heureux zélus
    Qui allumeront tous un cierge au nom de leur Dieu éminent !
    Et ces houris sempiternelles jetant sur moi leur dévolu
    Sous prétexte qu’elles sont toutes vierges et moi leur mâle dominant !

    Tableau de Mark Bryan sur www.artofmarkbryan.com .

  • L’énergie du baiser

    L’énergie du baiser

    La force gravitationnelle, la force électromagnétique
    Et les deux forces nucléaires font la physique fondamentale.
    Quand l’énergie émotionnelle et la synergie romantique
    Deviennent ensemble colinéaires, la physique est sentimentales.

    La matière pourtant constituée presque essentiellement de vide
    Entre les atomes épars n’est qu’une alliance de ces forces.
    Quant à l’amour substitué entre deux corps, deux cœurs avides,
    Il est l’énergie qui répare ou brise les noyaux sous l’écorce.

    Tableau de Graham Dean.

  • Projet Coquelicots

    Projet Coquelicots

    Avant que le printemps survienne, je me suis projeté l’écran
    D’un Dieu en camaïeu orange sur coquelicots en pâture.
    Je ne doute pas qu’il y parvienne ; après l’hiver, Il est à cran
    Et nécessite cette étrange transformation de la nature.

    Plaise au Dieu-Soleil d’embellir, de l’aurore jusqu’au coucher,
    Et de jouer de sa lumière, sur mon champ toute sa chaleur.
    Plaisent aux étoiles en délire et à la Lune effarouchée
    De répandre sur ma chaumière une aura de même valeur.

    Photo de l’East Yorkshire par Alastair Graham.

  • Mon amie Pascale

    Lundi de Pâques, jour de la Lune, Pascale sort la grande échelle.
    Au premier quartier, elle cueille un croissant chaud, sorti du four ;
    En pleine Lune, bonne fortune pour le chien de Jean de Nivelle
    Qui n’aboie pas mais se recueille posément jusqu’au petit jour.

    Lorsque les phases se terminent, Pascale lave sa récolte
    Au son d’un violon qui chantonne un air vif et bien inspiré.
    Petit à petit s’éliminent toutes les larmes désinvoltes
    Tombées d’étoiles monotones et d’une Lune désespérée.

    Quand la Lune se renouvelle et s’en va pour une semaine,
    Pascale alors sort sa roulotte pour vendre sa compilation.
    « La Lune, la Lune nouvelle ! Profitez de la bonne aubaine ! »
    Crie-t-elle dans un éclat de glotte aux poètes sans inspiration.

    Tableaux de Lisandro Rota sur http:www.lisandrorota.itgalleria-2-dal-2003-al-2010 .

  • Le week-end de Pascale

    Vendredi-saint, prenant son bain avec les carpes qui dégorgent,
    Pascale explore sa baignoire car, au fond, elle n’est pas si bête.
    Après une semaine de turbin, viendra demain son ami Georges
    Avec qui, vêtant son peignoir, elle prévoit de faire la fête.

    Le samedi, elle pique une tête avec Jojo dans la piscine ;
    La cuvette est ainsi nommée pour amplifier leurs ébats
    Qui virent vite à la tempête qui secoue bien fort la bassine
    Et qui étend leur renommée deux ou trois étages plus bas.

    Dimanche enfin, portes ouvertes, elle étend un soleil radieux
    Chauffé toute une nuit d’amour au bain-marie dans la cuisine.
    Après toutes ces découvertes, il est temps de se dire adieu ;
    Jojo s’en va au petit jour et Pascale repart à l’usine.

    Tableaux de Lisandro Rota sur http:www.lisandrorota.itgalleria-2-dal-2003-al-2010 .

  • L’Europe taillée sur mesure

    L’Europe taillée sur mesure

    Amour à nul autre pareil que l’attachement à l’Europe
    Avec son étrange découpe qui brave l’ouest aux vents rapides.
    Sans doute le même appareil, le même organe psychotrope
    Celui qui donne le vent en poupe à son cœur de fils intrépide.

    L’Europe de mes amours d’antan avec ses moultes traditions
    S’est dissoute dans le sablier de l’américanisation.
    Et de nos jours on ne s’entend plus parler que de répartitions
    De biens auxquels il faut se plier pour l’essor de la civilisation.

    Coincée entre trop de puissances qui veulent gouverner la Terre,
    L’Europe est l’enjeu désormais des riches qui souhaitent la piller.
    En faire un lieu de complaisance, une réserve propriétaire
    Au cas où – on ne sait jamais – tout le reste serait bousillé

    Illustration de Lorenzo Mattotti.

  • À toutes jambes

    À toutes jambes

    Dans les rues courent toutes les peurs véhiculées par les médias ;
    Avec menaces de pandémies, de guerres mondiales et pénuries.
    Les gens à voile et à vapeur sont tous coupables dans l’immédiat ;
    Les pédophiles, les ennemis que les complotistes injurient.

    La peur de la mort court toujours comme une catastrophe humaine
    Et l’on bannit l’euthanasie au risque d’y laisser sa peau.
    Hélas, qui vit au jour le jour et à la petite semaine
    Est gouverné par des lazzis qui se cacheraient sous les drapeaux.

    (Tableau de Wolfgang Lettl sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201104wolfgang-lettl-1919-2008-germany.html
    Les lazzis, dans la commedia dell’arte, sont toutes sortes de plaisanteries burlesques, soit en paroles, soit en actions, des jeux de mots, des grimaces, des gestes grotesques et jusqu’à des détails de farces sur tréteaux ; mais pas des nazis bien sûr que non.)

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • L’adieu à la sirène

    L’adieu à la sirène

    Adam et Ève ou les sirènes ? Dieu s’est beaucoup interrogé ;
    L’homme et la femme, c’est plus sérieux mais les chimères, c’est le rêve !
    Mais il a vite repris les rênes en réfléchissant au projet
    De son désir impérieux. Tant pis si la sirène en crève !

    Heureusement que Lucifer lui récupéra le programme
    Qu’il essaima au fond des mers comme un virus dans les abysses.
    Tandis que tous les mammifères se centuplaient au kilogramme,
    Les amourettes outremer portaient leur fruits avec malice.

    Les vieux loup-de-mer, du meilleur cru, gobent les marins bien dodus
    Qui cherchent trésors et merveilles et viennent troubler leur boisson
    Mais Adam n’y a jamais cru quant à Ève, elle a répondu
    Que ce n’est pas demain la veille qu’elle port’ra un’ queue de poisson.

    Tableau d’Anthony Ackrill sur https:americangallery.wordpress.comcategoryackrill-anthony .

  • 1 œil du vendredi saint + 7 avril = 13

    Comme le verre à moitié plein, certains n’y voient que du bonheur ;
    Comme le verre à moitié vide, d’autres n’y voient que du malheur.
    J’ai pitié d’eux et je les plains lorsque le mois nous fait l’honneur
    D’un vendredi âpre et avide d’un treize qui se veut harceleur.

    Lorsque tombe un vendredi treize, chacun voit midi à sa porte ;
    L’occasion de tenter sa chance ou interroger son pendule.
    L’amour avec ses yeux de braise prend ce que le temps lui apporte
    Et le samedi, par vengeance, s’amuse aux dépends des crédules.

    Photos de Flóra Borsi sur https:www.2tout2rien.frdes-auto-portraits-avec-des-yeux-danimaux-par-flora-borsi .

  • Couronnement abyssal

    Couronnement abyssal

    Les territoires britanniques insuffisants à son orgueil,
    Il veut régner sur les sept mers, les océans et les deux pôles.
    Sans se montrer trop tyrannique, il a voulu faire bonne accueil
    Aux tritons, sirènes et chimères où prétend-il sa métropole.

    Mais toutes les princesses consorts ne l’entendent pas de cette oreille
    Car les princes se mettent à loucher sur les jolies queues des sirènes.
    Les forces de l’ordre qu’on sort seront submergées sans pareille
    Lorsque le Roi ira coucher avec Kamomilla, leur reine.

    Alors sans tambour ni trompette crevant le monde du silence,
    L’archevêque de Planctonberry l’intronise, sans commentaire.
    Des cris s’élèvent comme une tempête et, par défaut de vigilance,
    Tout le peuple atteint d’hystérie se rue sur le Roi d’Angleterre.

    Tableau de Ilya Répine pour l’opéra « Sadko » de Rimski-Korsakov.

  • Tous à Charles-Roi !

    Venez donc tous à Charleroi pour assister au match du siècle !
    Un combat des chefs inédit : Roi belge contre Roi d’Angleterre.
    Philippe est en plein désarroi tandis que Charles est plus espiègle
    Mais tout cela n’est que comédie ; l’issue ne fait aucun mystère.

    Mathilde et Camille se crêpent le chignon derrière les coulisses
    Et l’on voit rougir les frimousses des princes wallons et flamands
    Car les princesses en taille de guêpe s’envoient avec plein de malice
    Gueuze et autres types de mousses pour mieux séduire leurs amants.

    Tout le monde ayant bien compris que le combat a commencé
    Il y a longtemps des deux côtés : Royaume-Unis, belge et anglais,
    On verra, quel qu’en soit le prix, la victoire déjà annoncée ;
    Nul besoin de tournicoter : ils avaient déjà tout réglé.

    Carte postale de Charleroi sur www.delcampe.net .

  • Vénus X

    Vénus X

    Lorsque la nuit devient intense, Vénus X se métamorphose ;
    Elle se glisse entre mes rêves comme une vampire du cœur.
    J’entends déjà votre sentence : « Bien sûr, il ne pense qu’à la chose ! »
    Non, pas du tout ! Sa morsure brève, je la ressens à contrecœur.

    Vénus X n’est pas Aphrodite ; la passion n’est pas son mobile ;
    Elle vient m’inoculer l’amour pour que j’en cultive mes vers.
    Elle revient à l’heure dite lorsqu’ils sont mûrs et volubiles
    Et me les dope avec humour aux fantasmes les plus pervers.

    Tableau de Roberto Weigan.

  • À son image

    À son image

    Vénus aux fesses callipyges, en trois coup de cuillère-à-pot,
    Peignit un homme à son image, possédant le pinceau sacré.
    Évidemment l’enfant prodige profita du divin repos
    Pour brosser une œuvre en hommage à celle qui l’avait consacré.

    L’artiste en herbe, au pied levé, créa de son dieu le portrait
    Que Vénus jugea in petto à la valeur d’un Picasso.
    Ainsi la femme fut élevée par transition à cet attrait
    Pour la peinture mais au couteau car elle n’avait pas de pinceau.

    Tableau d’Antoine Mansour sur https:antoine-mansour.weebly.com?ssp_iabi=1677572165579 .

  • L’arbre de la connaissance

    L’arbre de la connaissance

    Évidemment ce n’est pas Ève qui a goûté la connaissance
    Et ce n’est pas non plus un arbre qui portait les fruits du savoir
    Mais Shiva dont les bras se lèvent pour offrir en reconnaissance
    Au créateur resté de marbre tout l’Univers à concevoir.

    Alors Dieu savoure une pomme et apprécie l’inspiration
    Et chaque fois qu’il mange un fruit, il procrée ainsi stimulé.
    À la dernière, il croque l’homme avec fougue et transpiration
    Et lui accorde l’usufruit de sa fortune accumulée.

    « Sauf l’arbre de la connaissance ! » de peur que l’homme à son image
    Se mette à tire-larigot à créer à saturation.
    Ainsi la femme, dès sa naissance, ne s’en tira pas sans dommage
    Car elle hérita tout de go du virus de procréation.

    Tableau d’Antoine Mansour sur https:antoine-mansour.weebly.com?ssp_iabi=1677572165579 .

  • « J’aurai un tournesol en pot ! »

    « J’aurai un tournesol en pot ! »

    « J’aurai un tournesol en pot ! » m’avait-elle écrit sur sa lettre ;
    « Je serai toute de bleu vêtue avec un chapeau assorti. »
    Et me voici à fleur de peau, bataillant contre mon mal-être,
    Observant à bride abattue ceux qui se pressent vers la sortie.

    Elle se tenait au bout du quai tenant son fichu tournesol,
    Émergeant de la vague humaine comme une sirène sur son rocher.
    Apparemment bien éduquée, bien droite et debout sur le sol,
    Affichant un visage amène, elle me regarda m’approcher…

    Et puis je me suis réveillé, frustré toutefois effrayé
    D’avoir manqué et renoncé à ce fantasme bien à-propos.
    Soudain je fus émerveillé de découvrir sur l’oreiller
    Un petit mot qui annonçait : « J’aurai un tournesol en pot ! »

    Tableau de Catherine Chauloux sur https:catherinechauloux.comles-peintures?ssp_iabi=1677484249339 .

  • Chacun son cœur et sa raison

    Chacun son cœur et sa raison

    Quand on est uni par le corps, l’esprit ne l’est pas forcément
    Et quand on l’est avec le cœur, ce n’est pas toujours par raison.
    Quoi qu’il en soit on voit encor’ de nos jours uniformément
    Des alliances à contrecœur mais nécessaires à la maison.

    Comme en témoignent les siamoises dont les âmes-sœurs tiraillées
    Penchent vers le mal ou le bien selon où le chat est couché.
    L’une est affable, l’autre narquoise selon comme elle est travaillée
    Par le démon qui lui convient ou l’ange en train de l’attoucher.

    Ce sont les chatons qui décident de laisser faire ou interdire
    Selon si l’envie de jouer prône sur celle de s’assoupir.
    Tour à tour, ils seront placides ou déchaînés et, à vrai dire,
    Quand ils sont les plus enjoués, vous pouvez vous attendre au pire.

    Illustration de Jeff Drew sur jeff drew – ART STORE: Prints & More! (jeffdrewpictures.com) .

  • Le pont fantôme

    Le pont fantôme

    Sans doute les légions romaines, les soldats de Napoléon
    Et les farouches Huns d’Attila, afin de franchir l’Achéron,
    Ont traversé à perdre haleine, et sur un air d’accordéon
    En buvant de la téquila, ce pont fantôme en Aveyron.

    Eh non !
    Ce pont qui invite à tenter l’aventure des grandes conquêtes
    N’a dû connaître que des moutons, des loups, des chiens sans décorum.
    Quant aux conquérants patentés, ils auraient pris, selon enquête,
    Des routes dont nous nous doutons qu’elles mènent toutes jusqu’à Rome.

    Magnifique pont à Saint-Martin-de-Lenne en Aveyron.

  • La fusion des sentiments

    La fusion des sentiments

    Si l’amour fusionne deux cœurs, deux corps, deux sexes et deux esprits,
    J’imagine assez les deux âmes unir leurs univers intimes.
    Je devine un rêve moqueur qui se serait alors surpris
    À passer, muni d’un sésame, dans le côté illégitime.

    La femme, curieuse comme il se doit, irait visiter les bas-fonds
    Pour s’encanailler des pensées que son mari aurait cachées.
    L’homme s’en irait glisser son doigt dans le bouton le plus profond
    Pour causer une faim insensée chez sa compagne amourachée.

    Sans doute est-ce ce qui se passe dans la relation fusionnelle
    En quatre ou cinq, six dimensions au-delà de nos connaissances.
    Un autre temps, un autre espace et un amour impulsionnel,
    Pavé des bonnes intentions d’un enfer en toute puissance.

    Tableau de Maria Amaral.

  • La douleur du présent & la couleur de l’attente

    La douleur du présent & la couleur de l’attente

    Plus j’attends, plus le temps s’arrête lorsque je veux aller plus vite
    Et plus le temps me paraît court au moment où cesse l’attente.
    Jusqu’à ce que ma vie s’apprête à m’apporter ce que j’évite
    C’est-à-dire mettre sur mon parcours une interruption imminente.

    La douleur m’a remis en place dans le temps du moment présent
    Car la souffrance ancre l’esprit sur un présent incompressible.
    Finalement rien ne remplace dans la vie d’être omniprésent
    Et chaque seconde m’a appris à apprécier tous les possibles.

    J’ai appris à ouvrir le temps sur des vacances éternelles,
    À écouter mon inconscient me parler d’avenir notoire.
    J’ai même obtenu mon content dans ces attentes sempiternelles
    Où je permets au subconscient de me raconter ses histoires.

    Tableau d’Izumi Kogahara.

  • Les vieux miroirs infidèles

    Les vieux miroirs infidèles

    Méfiez-vous des vieux miroirs pleins de poussière dans vos greniers !
    Certains retardent, certains avancent et ainsi déforment le temps ;
    D’autres perdus au fond d’un tiroir ou encore au fond d’un panier
    Le ralentissent en connivence ou le renversent à contretemps.

    Si vous vous y voyez plus grand alors ils altèrent l’espace ;
    Si vous paraissez plus petit, c’est dû à leurs points d’inflexion.
    Quoi qu’il en soit, il est flagrant que leurs distorsions se surpassent
    Et que sous leurs tains aplatis se cachent de fausses réflexions.

    Ainsi les vieux miroirs déclinent et réfléchissent distraitement ;
    Ils perdent la mémoire, en outre, oublient ce qu’il faut renvoyer
    Car avec l’âge, la vitre s’incline de moins en moins discrètement.
    Faites attention à ces jean-foutres qui ne font que vous fourvoyer !

    Illustration de Jérémie Almanza.

  • L’étang de la réflexion

    L’étang de la réflexion

    J’aime jouer d’anamorphoses à la surface de l’étang
    Comme des miroirs déformants qui ne sont pas si infidèles.
    Souvent dans ces métamorphoses, ridées par quelques mauvais temps,
    Évoluent des poissons dormants entre fonds de sable et ridelles.

    J’y pêche des images en 3D surgies de tous ces hologrammes
    Qui se répètent en motifs qui s’apparentent à de la moire.
    Il s’en dégage des dégradés émergeant des stéréogrammes
    Comme un souvenir émotif qui remonte de ma mémoire.

    Ce ne sont que des incidences ! me dit-on la plupart du temps
    Et de trop d’imagination, je devrais plutôt m’abstenir.
    Mais je n’y vois que coïncidences ; non pas l’erreur du débutant
    Mais plutôt l’accumulation d’indices sur mon avenir.

    Illustration de Nadezhda Illarionova sur https:www.artstation.comartworkkrP1z .

  • Parle-moi de toit

    Parle-moi de toit incliné, parlez-moi de voûte en plein cintre,
    Parle-moi de tes chiens assis, parlez-moi de vos beaux clochers !
    J’aime voir l’esprit décliné, coloré à l’âme du peintre
    Et exposé sur un châssis de toile brute effilochée.

    Entre le cœur et la raison, s’établit une architecture
    Qui parfait le corps féminin et le porte sur le toit du monde.
    Ce parallélisme « maison » entre la femme et la toiture
    M’est apparu simple et bénin dans une vision vagabonde.

    Mesdames, ne tournez pas le dos à cette image terre-à-terre
    Car j’ai placé l’intelligence et votre pensée féminine
    Devant ce lever de rideau que la nature vous confère
    Et qui vous élève d’exigence au-dessus des lois masculines.

    Illustrations de Tran Nguyen.

  • Mon dimanche des rameaux

    Pour célébrer l’arbre de vie qui bourgeonne tous les printemps
    Dans ma structure végétative abreuvée du sang de la Terre,
    Mes os pleurent de synovie en honneur à la nuit des temps
    Et à l’aube commémorative de ma lignée humanitaire.

    Greffé de l’arbre de connaissance qui a mûri sous les étoiles,
    J’en ai goûté l’humidité comme un eau-de-vie fondatrice
    Et j’en tisse en reconnaissance cet humble vêtement de toile
    Qui transforme ma nudité en fontaine fécondatrice.

    Avant-hier j’étais minéral, ma vie était d’année-lumière ;
    Hier j’étais encore végétal, nourri au sein des fleurs du mâle.
    Ce matin le puits sidéral qui coule de ma moelle épinière
    A transmuté tous mes pétales en nouvelle flore animale.

    Tableaux de Keith Perelli sur https:supersonicart.compost79969072754keith-perelliamp .

  • …La femme attend l’heure adéquate

    …La femme attend l’heure adéquate

    L’homme ayant chanté tout l’été se trouve dépourvu en hiver,
    Ayant tout misé sur l’argent et le bonheur artificiel.
    Il vient voir la femme, hébété, lui priant de son univers
    L’accueillir en lui partageant un peu de vivres substantiels.

    Mais la femme n’est pas tombée de la dernière pluie battante ;
    Elle attendait l’heure adéquate pour prendre sur lui sa revanche.
    « Où sont passées les retombées de tes dividendes en attente ? »
    Demande-t-elle d’une voix coite à l’homme bête comme un manche.

    « J’ai consacré toute ma vie à accumuler des richesses,
    Les recomptant, les maintenant, jusqu’à l’annonce du trépas. »
    « Eh bien ! » répond-elle ravie, « après toutes ces belles largesses,
    Tu peux décompter maintenant car l’amour, lui, ne compte pas ! »

    Tableau d’Antoine Mansour sur https:antoine-mansour.weebly.com?ssp_iabi=1677572165579 .

  • Tandis que l’homme court à sa perte…

    Tandis que l’homme court à sa perte…

    Tandis que l’homme court toujours à la course contre la montre
    Pour vaincre sa peur de la mort et compenser de son vivant,
    Le voilà contraint, tous les jours, à courir comme le démontre
    La loi du gain et de l’effort pour gagner son pain motivant.

    Il est devenu mange-temps, gobe-minute, croque-seconde
    Et digère l’heure accumulée dans son estomac financier.
    Sa vie allant en augmentant, il voit sa course furibonde
    De plus et en plus stimulée comme un Sisyphe pénitencier.

    Et puis un beau jour, tout s’arrête. Fini cette épreuve futile !
    Parvenu au bout de sa course, il souhaite enfin se défouler.
    Mais à l’étape de la retraite, il souhaite encore se rendre utile ;
    Hélas par le trou de sa bourse, son temps de dupe est écoulé

    Tableau de Antoine Mansour sur https:antoine-mansour.weebly.com?ssp_iabi=1677572165579 .

  • Avril, le roi de la brosse-à-chiottes

    Avril, le roi de la brosse-à-chiottes

    Au mois d’avril, grand nettoyage, c’est le mois qui lave plus blanc
    À grandes averses et pluies d’orages, un peu de grêle pour décaper.
    On sèche à grand coup d’essorage ; les coups de vent les plus troublants
    Font plus que force ni que rage envers une Terre à retaper.

    Et Avril s’en donne à cœur joie avec son balai arc-en-ciel
    Qui vous redonne un coup de neuf tout autour des quatre horizons
    Qui donne envie aux villageois qu’il est enfin providentiel
    Au bout de quatre-vingt-dix-neuf jours de fêter Pâques aux tisons !

    Illustration de Lisa Aisato sur https:www.aisato.noandre-illustrasjoner#itemId=55830f07e4b0d670c6fc3e2b .

  • La course éperdue de Mars

    La course éperdue de Mars

    Aussitôt né, c’est de départ pour la course contre la vie
    Où il ne pourra s’arrêter d’avancer sinon reculer.
    Où court-il ainsi ? Nulle part ! Sa faim toujours inassouvie
    Le pousse à ne jamais regretter de devoir tant gesticuler.

    Ainsi était la vie de Mars, un mois échappé à l’hiver
    Qui voulait connaître l’amour et épanouir sa libido.
    Mais le printemps aime les farces ; le mois d’avril n’est qu’un pervers
    Qui lui glisse dans un trait d’humour un poisson derrière le dos.

    Illustration de Lisa Aisato sur https:www.aisato.noandre-illustrasjoner#itemId=55830f07e4b0d670c6fc3e2b .

  • Des poissons à mes chromosomes

    Des poissons à mes chromosomes

    Il doit me rester quelques arêtes inscrites dans mes chromosomes ;
    Antique souvenir du temps où je vivais au fond des mers.
    Comme jamais la vie ne s’arrête, il faudra bien qu’un jour les hommes
    Acceptent tous de convenir de leur existence éphémère.

    Mais tout va bien, tout se transforme et nous avec, par ricochet ;
    Demain nous serons chats ou rats ou homo-LGBTibus.
    Nouvelle race, nouvelles normes, nouveaux dieux auxquels s’accrocher
    Ou un démon qui essaiera de nous la couper rasibus.

    Tableau de Kagoshima sur https:www.juxtapoz.comnewspaintings-by-japans-ai-shinohara .

  • Parties de sirènes

    Parties de sirènes

    Vivre d’amour et de marin, bien entendu c’est nourrissant
    Mais mieux vaut changer du train-train pour que ce soit plus intéressant !
    Pour les sirènes consternées d’être à chaque fois gourmandées,
    Il faut un régime alterné adapté et recommandé.

    Les sirènes unissant leurs charmes sont devenues homosexuelles ;
    Si la morale tire l’alarme, cette pratique est conceptuelle.
    Les marins ne s’en plaignent pas, la voie des mers devient plus sûre ;
    Ils ne servent plus de repas et ne craignent plus les morsures.

    En revanche la reproduction a changé comme le raconte
    La science qui fait obstruction même si elle y trouve son compte.
    Si les sirènes se font rares car elles s’aiment avec passion,
    Leur espèce – et sans crier gare – a fini en queue de poisson.

    Tableau d’Anthony Ackrill sur https:americangallery.wordpress.comcategoryackrill-anthony .

  • La rose nue

    La rose nue

    La fleur est la plus présentable surtout lorsqu’elle est en boutons
    Qui plaisent à mon cœur d’artichaut ainsi que ses fruits défendus.
    Mais ses bonbons sont délectables là où, frisée comme un mouton,
    La corolle s’ouvre au soleil chaud, mûrie par l’amour répandu.

    Est-ce son parfum qui s’exhale, est-ce le velours des pétales
    Qui fait frissonner mon désir de la goûter et la cueillir ?
    Est-ce sa vénusté ovale, est-ce ses épines létales
    Qui électrisent mon plaisir lorsqu’elle daigne m’accueillir ?

    Tableau de Konstantin Razumov.

  • La pause entre deux univers

    Exactement entre deux mondes, un rêve se fige dans l’interstice
    Entre la mémoire furtive et la mémoire permanente.
    Juste à la dernière seconde, comme une impression subreptice
    Qui fixe l’image fugitive sur ma conscience rémanente.

    Bien qu’empreint de fausses couleurs, le songe attrapé se conserve
    Pour le temps d’une digestion quant au message présumé.
    Je ne sais à quelles douleurs je m’échappe ou je me réserve
    Mais sans me poser de question, je m’en écris un résumé.

    Tableaux de Zeng Chuanxing.

  • Autoportrait au féminin naturel

    Autoportrait au féminin naturel

    Femme, tu es l’arbre fécond dont les racines se prolongent
    Sous la surface de la Terre nourrie de pluies et de soleil !
    Ton fruit, minuscule cocon, croît, s’épanouit et s’allonge
    Pour prendre l’esprit volontaire lorsqu’il sortira du sommeil.

    Femme, tu es, neuf mois durant, celle qui cache la forêt,
    Cet arbre nu fondamental au deux bras en guise de branches !
    Ton fruit, nourrisson endurant, par ta matrice déflorée
    Devient le flux sacramental vers lequel vos âmes s’embranchent !

    Photo de Nona Limmen.

  • Les matous bibliophiles

    Je n’ai pas autant de bouquins que la collection de Sempé
    Mais au moins mon chat me regarde quand il imite un presse livre.
    Et lorsque je vois ce coquin, il a tôt fait de décamper
    Tandis que l’autre, par mégarde, pourrait griffer mon bateau ivre.

    Le sien préfère les étoiles matées du coin de sa fenêtre,
    Le mien aime mieux la structure et les mystères de l’univers.
    Quoi qu’il en soit, ce que dévoilent ces chats, je dois le reconnaître,
    C’est qu’ils adorent la lecture surtout mes poèmes et mes vers.

    Illustrations de Sempé et photo de Chanelle.

  • Miss Cordon rouge

    Miss Cordon rouge

    Toute petite, Marie-Léone voulait être une caméléonne
    Et s’entraînait de tout son corps parmi toutes sortes de décors.
    Toute son enfance, elle s’est produit, on la voit encore aujourd’hui,
    Sur scène pour perfectionner son don et se sélectionner.

    Son seul défaut, elle ne respecte pas de manière circonspecte
    Les proportions que sa nature altère au niveau des rayures
    Qui font ressortir à dessein la convexité de ses seins
    Mais qui lui donne, lorsqu’elle bouge, le titre de Miss cordon rouge.

    Photo de Jace Wallace sur https:awesomerobo.blogspot.com201308art-of-jace-wallace-nsfw.html .

  • La vision musicale

    Ma cochlée en colimaçon inspire depuis l’oreille interne
    Un besoin d’écouter en rond qui influence mes cinq sens.
    Mes yeux le font à leur façon en employant comme lanterne
    La lumière qu’ils œilleront sous la nocturne incandescence.

    Nocturne que reprend ma bouche pour le chanter à sa manière
    En produisant des triolets de tourbillons fantomatiques.
    Mes doigts pianotent sur les touches une ballade chansonnière ;
    Un blues tirant sur le violet dans des arpèges chromatiques.

    Illustrations d’Akira Kusaka sur https:akira-kusaka-illustration.tumblr.com .

  • Les faux-musées

    Les faux-musées

    Puisqu’on nous réécrit l’histoire, attendons-nous dans quelques temps
    À voir surgir de faux-musées et même de faux-conservateurs
    Qui montrent de fausses victoires, faux souvenirs représentant
    De vrais témoins désabusés par un pouvoir réprobateur.

    L’homme ne descend plus du singe mais du centaure qui s’est cabré,
    La femme est issue des sirènes dont la queue s’est atrophiée
    Et Dieu s’est cassé les méninges dans sa création délabrée
    Pour sortir la lignée sereine que l’état a ratifiée.

    Tableau d’Andrej Mashkovtsev sur https:mashkovtsev.livejournal.com?skip=100 .

  • Solidarité et sympathie

    L’arbre entre en communication par le réseau de ses racines
    Qui échange des informations selon le langage de la Terre.
    Solidarité en action qui met en alerte et vaccine
    Contre toute forme de prédation par une faune délétère.

    La connexion met en confiance tous les arbres de la forêt
    En prévenant frères et sœurs qui font partie de la famille.
    On dit qu’en cas de défiance envers qui veut les dévorer,
    Ils sécrètent un suc agresseur dans les feuilles de leurs ramilles.

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

  • Prête-moi tes étoiles

    Prête-moi tes étoiles

    Souvent, lorsque j’écris un mot, je délaisse un instant ma plume
    Et ouvre sur ma feuille blanche une fenêtre détachée
    Pour activer la dynamo de l’intuition à plein volume
    Qui, par l’orifice, me branche sur l’histoire qui m’était cachée.

    Les mots surgissent en couleurs comme pluie d’étoiles filantes
    Et me font découvrir un ciel lumineux sur des vers en friche.
    La mécanique sans douleur de l’esprit redevient détente
    Qui ne contrôle que l’essentiel en y plaçant des rimes riches.

    Illustration d’Akira Kusaka sur https:akira-kusaka-illustration.tumblr.com .

  • Concerto pour pissenlits

    Concerto pour pissenlits

    Toutes ces notes, d’un air soufflé par une bouche printanière,
    Transmettent l’accord harmonieux aux graminées dociles à sol.
    Qui, elles-mêmes, vont insuffler l’inspiration et la manière
    D’offrir un chant cérémonieux dédicacé aux tournesols.

    Ainsi pensé-je aux dandelions et à leurs croches vaporeuses
    Par leur effet boule-de-neige sur l’ensemble de la prairie
    Qui va semer la rébellion auprès des plantes valeureuses
    Qui participeront au manège dans une florale frairie.

    Tableau de Roman Velichko.

  • Vois comme l’oiseau !

    L’œil du corbeau est goguenard, suite à l’histoire du renard
    Qui l’a d’un fromage abusé et s’est de sa voix amusé.
    Grâce à son expérience acquise, il conseille Madame la Marquise
    À ne pas se laisser leurrer par des valets trop délurés.

    L’œil du flamand pourtant morose permet de voir la vie en rose
    À cause d’un cou en question en forme d’interrogation.
    Il sert avec délicatesse les vœux de Madame la Comtesse
    Et, sait comment lui retourner éloges et hommages bien tournés.

    L’œil de la colombe pacifiste s’accorde avec tous les sophistes
    Qui brandissent leurs drapeaux blancs quand il le faut, sans faux-semblants.
    Entre la paix et la sagesse, elle offre à Madame la Duchesse
    Un regard doux condescendant envers ses nombreux prétendants.

    Photos de Flóra Borsi sur https:www.2tout2rien.frdes-auto-portraits-avec-des-yeux-danimaux-par-flora-borsi .

  • L’œil domestique

    Domestiquer un animal dépend de la bête sauvage
    Qui va choisir de se soumettre ou de dominer au besoin.
    Le chat adopte un demi-mal et, sans tomber en esclavage,
    Cherchera à supplanter son maître et lui piquer ses meilleurs coins.

    Mais pour le chien, aucun problème, il est tout à son avantage ;
    Il est content, remue la queue du moment qu’il vous accompagne.
    Une créature qui, sans dilemme, gardera vos biens et davantage,
    Mordant le voleur belliqueux qui viendrait nuire à vos compagnes.

    Le chaud lapin est infidèle et donc difficile à dresser
    À moins d’avoir mille lapines vacantes dans son marigot.
    Il faut lui tenir la chandelle, l’avoir à l’œil pour redresser
    Ses tendances qui galopinent à niquer à tire-larigot.

    Photos de Flóra Borsi sur https:www.2tout2rien.frdes-auto-portraits-avec-des-yeux-danimaux-par-flora-borsi .

  • Le barème

    Le barème

    Si aujourd’hui tout se mesure, tout s’évalue, tout se calcule,
    On quantifie aussi l’esprit et qualifie ce que je pense.
    Mais tout cela frise la démesure car ces mensurations m’acculent
    À m’y conformer à tout prix pour atteindre ma récompense.

    Pour tenter de sortir du rang, je dois partir à la conquête,
    Guetter ma chance, la bonne occase là où tout est manigancé.
    Mais à jouer dans la cour des grands, je pourrais y perdre la tête
    Et me retrouver à la case départ pour tout recommencer.

    Ne suis-je alors qu’un numéro lambda doté d’un étiquette
    Où toute ma vie est notée, analysée, pesée, jugée ;
    Ou une sorte d’anti-héros affublé d’une double casquette
    Qui penche du mauvais côté et qui se moque des préjugés ?

    Illustration de Lisa Aisato sur https:www.aisato.noandre-illustrasjoner#itemId=55830f07e4b0d670c6fc3e2b .

  • L’oignon et la carotte

    La vie ressemble à un oignon que nous épluchons en pleurant †
    Avec la carotte et le bâton pour y poser des pièges à loup.
    La vie ressemble à trop de gnons pris sur la gueule, au demeurant
    Donnés par le qu’en-dira-t-on pour mieux nous enfoncer le clou.

    Mais tout part en eau de boudin et si les carottes sont cuites,
    Restent la soupe à la grimace et la piquette cachetée.
    Le bâton devient un gourdin, les carottes nous sont introduites
    Au fondement par contumace si nous mourrons par lâcheté.

    (Tableaux de Nicoletta Ceccoli.
    † « La vie est un oignon qu’on épluche en pleurant. » est une citation de Carl Sandburg.)

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

  • Bras-dessus bras-dessous et poisson-chat – 2

    Le poisson-chat est revenu hier se promener dans mes rêves
    Et j’ai vu le commencement du poisson dont il est question.
    Pêché dans l’étang du couvent et mis en panier sur la grève,
    Il s’attendait évidemment à faire l’objet d’une digestion.

    Tout débonnaire, le pêcheur fier de sa pêche miraculeuse,
    Ouvrit un tonnelet de rhum et le bonhomme s’enfiévra.
    Pour lui conserver sa fraîcheur, il eut une idée fabuleuse
    Et versa un peu de sérum au poisson qui s’en enivra.

    Survint un chat qui avait faim, un chat qui cherchait l’aventure
    Et qui, sans tambour ni trompette, s’empara de la belle prise.
    Mais lorsqu’il vit son aiglefin – alors que friand de nature –
    Plutôt que d’en faire trempette, il lui fit une sacrée surprise.

    Un coup de foudre détonant frappa notre chat vigoureux
    Dont la phénoménologie me surprend encore et toujours.
    Bras-dessus, bras-dessous – c’est étonnant – le chat qui tomba amoureux
    Le transporta dans son logis pour agrémenter son séjour.

    Tableaux de Valeriy Syrov.

  • Une sirène dans la course

    Une sirène dans la course

    Au temps de la Marine à voile, elle courait les cheveux au vent
    Souvent en figure de proue comme chimère redoutée.
    Parfois, le nez dans les étoiles, elle guettait le soleil levant
    Pour fuir sur les chapeaux de roues le cœur d’un marin envoûté.

    Et puis, à voile et à vapeur, la mécanique devenue reine,
    Elle a bien dû se recycler et mettre la main à la pâte.
    À tel point qu’elle ose sans peur braver la folie des sirènes
    En démarrant d’un tour de clef avec une vigueur qui m’épate.

    Spécialiste en queues de poisson, virages en épingle à cheveux,
    Je l’admire et je lui débourse une fortune pour la suivre
    Car j’aime faire la moisson de tout mon cœur, de tous mes vœux
    De sa conquête de la course, poitrine nue sur peau de cuivre.

    Illustration de Willy Maltaite extraite de l’album « Le jardin des couleurs ».

  • Lulu, femme nue

    Lulu, femme nue

    Lulu, femme nue, n’a rien trouvé d’autre pour s’faire des revenus
    Que s’exposer dans les musées comme une peinture vivante.
    Son cursus étant éprouvé aux beaux-arts, elle est parvenue
    À commencer pour s’amuser par des positions innovantes.

    Elle a l’étoffe des grands maîtres impressionnistes, expressionnistes,
    Peintres, sculpteurs, adorateurs qui se sont au nu consacré.
    Son corps qui aime se soumettre aux caprices contorsionnistes
    Donne un élan innovateur à l’art du féminin sacré.

    Sculpture de George Lafayette sur https:iroon.comirtnalbumphoto12796 .

  • Tatoo fleuri

    Tatoo fleuri

    T’as tout fleuri sur tout le corps sous le courant doux de l’amour,
    Tatoo fleuri, tatoo encor’ sur les formes les plus glamours.
    Qu’elle est belle la route du tendre dans tes rondeurs les plus ultimes
    Là où ma main cherche à s’étendre sur tes parties les plus intimes.

    Quand viendra l’été éternel, canicule sur la planète,
    Ton tatouage maternel fera le buzz sur internet.
    Gageons que la mode s’étende à fleurir les corps de nos femmes
    Tant pis pour ceux qui sous-entendent une révolution infâme.

    Tableau de Colette Calascione sur https:newtrendmagazine.wordpress.com20140312le-donne-e-gli-habitat-surreali-di-colette-calascione .

  • Quand je vous mène en bateau

    Quand je vous mène en bateau

    Quand je vous emmène en bateau sur l’océan de mes reflets,
    La mer paraît surnaturelle et le ciel hallucinatoire.
    De même, cerise sur la gâteau, quand le vent souffle mes pamphlets,
    Une ondée socioculturelle peut vous sembler divinatoire.

    Que voulez-vous ? Mes métaphores déforment le temps et l’espace
    Et créent des vagues qui vous poussent et vous détournent loin des côtes.
    Mais j’y place des sémaphores qui vous éloignent des impasses
    Pour la balade la plus douce dont je vous emberlificote.

    Tableau d’Odilon Redon dont le musée de Winterthur propose ne exposition en ce moment.

  • L’étrange don

    L’étrange don

    J’ai une énergie qui ondoie d’un rayon vert photochromique
    Qui donne une couleur lustrée à mon index surnaturel.
    J’écris mes vers du bout du doigt sur le clavier électronique
    De ma tablette à illustrer mes vers soi-disant culturels.

    Nourrissez mon cœur d’une image, la plus mystérieuse qui soit,
    Et je sens la clef dans mes mains m’en révéler le pot-aux-roses.
    Tous les jours, je lui rends hommage par un poème que je perçois
    En avançant sur le chemin tracé à l’encre de ma prose.

    Tableau de Stephen Bauman.

  • Danse printanière du feu

    Danse printanière du feu

    Quand elle a le feu aux accus et qu’elle se sent tout feu tout flamme,
    Elle n’hésite pas à danser autour d’un grand buisson ardent.
    Elle m’a presque convaincu, prête à m’en faire la réclame,
    Que sauter à pas cadencés, à poil, se révélait tordant.

    C’est ainsi que de tout mon cœur, je suis devenu pyromane
    Et je suis consumé d’amour en partageant ma dulcinée.
    Je n’en ai aucune rancœur car étant elle-même nymphomane
    Elle me trompe avec humour mais par ses amants calcinés.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.