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  • Dépression morbide en salle-de-bains

    Dépression morbide en salle-de-bains

    Après avoir vu sur Facebook toutes les misères du monde,
    Après avoir lu sur Twitter la logorrhée universelle,
    Après avoir, sur mon netbook, parcouru les réseaux immondes,
    J’ai pris ma dose au milligramme près pour me brûler la cervelle.

    J’ai mal à dire, mal à ouïr, mal à penser, mal à gérer
    Toutes les nouvelles qui grondent comme une obscène maladie.
    Quel démon peut-il en jouir après avoir tout ingéré ?
    Et moi ? Suis-je venue au monde en enfer plus qu’au paradis ?

    Chaque jour me suicide un peu plus et je n’en vois pas la lumière
    Promise tout au fond du tunnel pavé d’atrocités ourdies.
    Toutes ces intox en surplus cachent une vérité première :
    Ce qui est le plus criminel c’est croire tout ce qu’on nous dit.

    Photo de Miles Aldridge.

  • La route aux vingt-deux pétales

    La route aux vingt-deux pétales

    je parcours la route du tendre
    Montant les degrés de l’amour
    en évitant les « pas-du-tout ».
    J’ai préféré rompre ce rite
    – sachant trop bien à quoi m’attendre –
    Pour rajouter un peu d’humour
    et m’offrir un peu plus d’atout.

    Avec la fleur de tournesol,
    je tire les cartes du tarot,
    Partant du « un » jusqu’au « vingt-deux »
    autant de fois que de pétales.
    Et, un peu comme une boussole
    qui donnerait le bon numéro,
    L’avenir loin d’être hasardeux
    m’offre une destinée végétale.

    Un, deux, trois, la route du thé ;
    quatre, cinq, six, l’étape authentique  ;
    Sept, huit, neuf, une vie en rose ;
    dix, onze, douze, sans souci clivant.
    Au moment où j’ai débuté
    cet effeuillage chaotique,
    J’ai troqué un train-train morose
    pour des voyages captivants.

    Au treize, j’ai trouvé la chance ;
    au quinze, j’ai goûté l’amour ;
    Au vingt, j’ai poursuivi ma route
    et fait trois fois le tour du monde.
    Au vingt-et-un, je suis en France ;
    au vingt-deux j’y reviens toujours
    Car un jour mon cœur en déroute
    connut l’âme-sœur vagabonde.

    Tableau de Fabienne Barbier

  • Ce qui est en haut et ce qui est en bas

    Ce qui est en haut et ce qui est en bas

    Ce qui est en haut émergé, ce qui est en bas immergé,
    Ce qui est devant au-dessus, ce qui est derrière au-dessous,
    La sirène me fait gamberger et je sens mes sens diverger
    Car si ma logique est déçue, mon goût pour le rêve m’absout.

    Entre deux eaux, entre deux airs, l’air amusé et l’air maussade,
    Elle me sourit sans un sourire et pleure sans verser une larme.
    Un petit visage disert, une bouche prête pour l’embrassade,
    Puis la voici dans un fou rire qui me délivre tous ses charmes.

    Mais elle m’a déjà pris la main et m’entraîne vers les abysses,
    Complètement hypnotisé par l’attirance de son chant.
    Demain je ne serai plus humain car il faut que mon corps subisse
    Sa conversion érotisée pour un triton † plus approchant.

    (Carte postale de Gaston Noury.
    † le triton étant le mâle de la sirène, évidemment.)

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Cauchemar aux fruits de mer

    Cauchemar aux fruits de mer

    Entre le poulpe aux mille bouches et ses mille-et-uns tentacules,
    Je ne savais où l’embrasser ni même l’enlacer ou l’étreindre.
    Moules fermées saintes-nitouches, moules aux étroits ventricules,
    J’étais bien trop embarrassé mais n’avais pas trop à me plaindre.

    Jusqu’à ce que cette sirène dans un mouvement assez brusque
    Me comprime contre ses seins et m’introduise dans sa vallée.
    J’eus la petite mort sereine, le corps flasque comme un mollusque,
    Tandis qu’elle plantait ses oursins pour m’attendrir et m’avaler.

    Vendredi soir, j’ai tant d’espoir pour ses étreintes comprimées
    Que je réserve à mon épouse toute ma force débridée.
    Vendredi noir, comme une poire, elle m’a vidé et imprimé
    L’empreinte de mille ventouses jusqu’à mes bourses évidées.

    Tableau de Franciszek Starowieyski sur https:www.li-an.frzolies-imagesfranciszek-starowieyski .

  • Se vêtir vert pour cet hiver

    Se vêtir vert pour cet hiver

    Prends garde à humecter mes seins avec des perles de rosée
    Et de me mouiller la culotte avec une ondée de printemps.
    Puise de l’eau pour mon bassin et n’oublie pas de l’arroser,
    Puis vérifie que ma goulotte ne soit pas sèche à chaque instant.

    Oui, se vêtir d’écologie demande bien plus d’attention
    Car la caresse des pétales mérite son application.
    Et pour m’effeuiller au logis, il faut les meilleures intentions
    Sans quoi ma rose serait létale pour faute de précipitation.

    Beaucoup de roses cultiverai lorsque j’aurai beaucoup de filles,
    Beaucoup de choux récolterai pour mes innombrables garçons,
    Beaucoup de pommes élèverai pour l’étalon de ma famille
    Et en hiver dévorerai la grappe dans son caleçon.

    Photo de Barbara Cruz Morales.

  • Pluies de déconfiture

    De l’eau de pluie, froide et sans goût ; de l’eau de mer, chaude et salée ;
    L’une qui tombe du ciel, insipide ; l’autre qui dort, inconsommable.
    J’eusses adoré, à moindre coût, n’importe quoi au pis-aller
    Au pire absurde, au mieux stupide, pluies aux valeurs inestimables.

    Pluie de confiture à gogo qui dégouline sur la tête,
    Averse de miel de bruyère, ambré, doré, foncé et roux !
    Nectar à tire-larigot, sirop d’érable pour faire la fête
    Et des parapluies de gruyère pour laisser passer par les trous !

    Peintures réalistes de Fabiano Milani sur https:espacedemariangiosara.quora.comhttps-fr-quora-com-Quels-artistes-cr%C3%A9ent-magnifiquement-la-confusion-entre-photographie-et-peinture-answer-Evan-Nescen-1?ch=17&oid=73346640&share=823890d8&srid=hJ7fDb&target_type=post .

  • Narcissique

    Narcissique

    Avant l’amour elles vérifient, la femme et sa chatte échaudée ;
    Un doigt de salive lubrifie la partie à marivauder
    Car son image narcissique attend de la mâle érection
    Qu’après la chose béatifique, on laisse place à la réflexion.

    Tandis que la chatte se mire sur le miroir sa toison rousse,
    Elle avise, constate et admire d’un œil ses poils qui se rebroussent
    Tandis que sa maîtresse en boule, recroquevillée sur la chaise,
    Sent s’hérisser la chair de poule qui monte d’un pubis de braise.

    La chatte miaule après l’amour, s’enroule au pied de sa maîtresse
    Et entame un ronron glamour car elle apprécie la tendresse.
    La femme guette détendue, jambes ouvertes afin qu’elle puisse
    Recevoir l’hommage rendu s’écouler dans son entrecuisse.

    Tableau de Hanna Silivonchyk.

  • Portraits découpés

    Sur l’innocence d’un visage, la vie fait ses copier-coller
    De plaies et bosses en cicatrices et de maladies en fractures.
    Chaque bonheur dans ce paysage avec ses malheurs accolés
    Trace les lignes directrices comme multiples signatures.

    Le temps raconte ses histoires dans ses stigmates les plus intimes
    Qui font de l’ombre à la beauté ou une empreinte coutumière.
    Chaque expérience, chaque victoire dans chaque combat légitime,
    Laissent une trace rabotée mais qui met le cœur en lumière.

    Collages de Ricky Linn sur https:www.behance.netgallery95396769Collage-Illustrations-3 .

  • Un jour de panique

    Un jour de panique

    Feux d’artifice sous les cuisses ! Pétard du quatorze juillet !
    Jour de la fête nationale, tous les lampions sont ravivés.
    Et de l’autre côté, en Suisse, le premier août vient pétiller
    Dans chaque maison cantonale, les artificiers sont privés.

    Mais pour les chats, quelle frayeur ! Les matous filent sous les lits,
    L’air apeuré car ils sursautent à chacun des coups de canon.
    On leur réserve le meilleur au bouquet final en folie ;
    Le poil se hérisse et tressautent deux oreilles comme gonfanons.

    La chatte bondit et bascule avec ses quatre fers en l’air,
    Elle se raccroche comme elle peut en poussant un long trémolo.
    Sous l’émotion, elle bouscule d’un coup de croupe populaire
    Tout un bazar et pas qu’un peu comme une sorte de diabolo.

    Illustration d’Àngela Maria Sierra.

  • Les bons moments

    Vous raconterais-je, maman, quelles furent pour moi les bons moments ?
    Lorsque j’étais jeune serin, le cœur léger, l’esprit serein ;
    Quand je volais de branche en branche, quand tous les jours étaient dimanche ;
    Quand je n’avais pas peur du temps, écervelé et débutant !

    Vous raconterais-je, papa, quel bonheur je n’oublierai pas ?
    Quand j’étais jeune demoiselle, toute légère comme une oiselle ;
    Lorsque j’enviais la dernière qui faisait l’école buissonnière,
    Que j’ai suivie dans les roseaux où j’ suis redevenue un oiseau !

    Illustrations de Gabrielle Pollacco.

  • Du blues et du vide

    Du blues et du vide

    Entre celui que je crois être et celui que je voudrais montrer,
    Existe un espace infini que je ne connais pas du tout.
    Si je prends au pied de la lettre tout ce que je vais rencontrer,
    Mon voyage, loin d’être fini, deviendra mon meilleur atout.

    Et je ne connaîtrai jamais mon labyrinthe de pensées
    Car chaque épreuve retourne les murs comme sous l’effet d’un chapeau claque.
    Je me dis souvent : « Désormais, inutile de recommencer
    Pour, selon les mêmes tournures, finir à côté de la plaque.

    Alors je vis mon quotidien selon le cœur et ses valeurs ;
    Je ne perce plus le brouillard mais je pense plus clairement.
    Mon thermomètre rachidien m’avertit des coups de chaleur ;
    Je n’en suis pas plus débrouillard mais je vis plus sereinement.

    Tableau d’Àngela Maria Sierra sur https:www.thisiscolossal.com202009riso-chan-portraits .

  • L.es S.erins D.écoratifs

    Fausses couleurs, faux canaris mais sans doute hallucinogènes
    Ces deux oiseaux bariolés qui gazouillaient à ma fenêtre
    Sous un soleil d’un gabarit, ce matin-là, hétérogène
    Par ses rayons ultraviolets d’une aube ineffable à renaître.

    Dans cet état entre sommeil, demi-éveil presque hypnotique,
    J’avais capté sans le savoir un nouveau sens à ma vision.
    Nouvelles dimensions or-vermeil, nouvelles teintes hypothétiques
    Qui allaient me faire percevoir le monde sans ses illusions.

    Tableaux de Robin Mead sur http:florilege69.blogspot.com201410robin-mead-peintre-usa.html .

  • Où est le perroquet ?

    Où est le perroquet ?

    Pour vivre heureux, vivons cachés, n’est-ce pas Monsieur le Perroquet ?
    Disparaître dans le décor semble une bonne protection !
    Jusqu’à quand vas-tu t’attacher à tous ces fruits bons à croquer
    Qui ne cacheront plus ton corps au moment de la décoction ?

    Et chaque jour je le recherche et, chaque jour, je le reperds.
    Comme un petit enfant espiègle difficile à évaluer.
    Véritable ami ou faux derche ? Sans doute les deux font la paire
    Pour me faire douter des règles et finalement… évoluer

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • L’appel de la cigogne

    Vêtue d’une robe gigogne et d’un bustier en réduction,
    Madame la naturaliste joue la personnification.
    Elle guette le retour des cigognes en quête de reproduction
    Et d’instinct traditionaliste envers leurs nidifications.

    Demain matin la pouponnière ou demain soir, dernier délai,
    Elles accueilleront vos commandes de bébés fraîchement couvés.
    Ainsi la cigogne pionnière et son équipage au complet
    Satisferont toutes demandes pour votre bonheur approuvé.

    Illustration de Michael Parkes sur https:www.theworldofmichaelparkes.comartistsmichael-parkesoriginal-hand-pulled-stone-lithographs .

  • Couleurs océaniques – 2

    Toujours mes voyages insomniaques dans l’univers de mes nuits blanches
    Où un phare éclaire ma route pour franchir les quatre horizons
    Tel un pilote démoniaque qui perce dans ces avalanches
    De fortes vagues en déroute pour me sortir de ma prison.

    Tandis que la Lune persiste à m’attirer dans son sommeil,
    La mer se creuse des tourments qui m’ont frappé dernièrement.
    Alors l’astre de nuit m’assiste de son étrange halo vermeil
    Pour apaiser les flots gourmands d’alimentaire verdoiement.

    Parfois j’aborde des pays vierges de toute connaissance ;
    Une île nue, un continent, un monde perdu biscornu.
    Je reste un moment ébahi, puis je pars en reconnaissance
    Pour rencontrer un pertinent fragment d’un principe inconnu.

    Tableaux de Loren D. Adams sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201401Loren-Adams.html?m=1 .

  • Couleurs océaniques – 1

    Quand mes nuits blanches se prolongent, je pars, voyageur solitaire,
    Faire une course autour du monde parmi des rêves outremarins.
    Tandis qu’un soleil rouge allonge son rayon vert velléitaire
    Au-dessus des eaux furibondes sous un clair-obscur azurin.

    Vagues aux couleurs opalines contre lames ensanglantées
    Se livrent une dernière bataille sous un crépuscule malséant.
    Les ruisseaux d’algues corallines par le soleil ébouillantées
    Saignent sur la mer aux entailles qui cicatrisent l’océan.

    Ainsi mon âme quitte mon corps pour retrouver ses origines
    Dans mon élément maternel toujours agité par les vents.
    Sans doute me poursuivent encore de fantomatiques androgynes,
    Lointains ancêtres éternels au rayonnement survivant.

    Tableaux de Loren D. Adams sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201401Loren-Adams.html?m=1 .

  • Marianne femme floutée

    Marianne femme floutée

    On n’sait à quel sein se vouer tellement Marianne est floutée
    Dans les écoles, dans les mairies et les couloirs du parlement.
    On ne sait qui s’est dévoué avec la valeur ajoutée,
    Qui des ministres aguerris, qui du président qui nous ment.

    Marianne ayant tout dépensé dans sa campagne présidentielle,
    Se retrouve ainsi dépourvue et n’a donc plus rien à se mettre.
    Les contribuables, pensés comme vache à traire essentielles,
    Seront taxés comme prévu et obligés de s’y soumettre.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Pénurie versus hausse des sens

    Pénurie versus hausse des sens

    Ils nous ont bien eus cet été avec tous leurs échauffements
    Sur la gestion de la planète et l’impact de l’effet de serre.
    Mais on n’a vu d’aucuns tétés braver l’air du réchauffement,
    Ni foufounette, ni zigounette, brandies comme bouc émissaire.

    Or ils en remettent une couche avec pénurie d’énergie
    Laquelle paradoxalement électrise nos véhicules.
    Ne faisons pas la fine bouche, rapprochons-nous en synergie
    Pour nous chauffer finalement juste d’ovaires et testicules.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Les réminiscences du vendredi soir

    Les réminiscences du vendredi soir

    Évidemment quand vient la nuit du vendredi au samedi,
    Tous les oublis de la semaine étendent mon état de veille
    Dont les images qui m’ennuient n’en sont pas les plus affadies
    Mais flèchent l’expérience humaine vers un détail qui me réveille.

    Si tout était aussi facile que l’œuf de Colomb légendaire
    J’en mettrais un sur mon chevet en guise de paratonnerre.
    Les échecs les plus difficiles qui se succèdent en hécatombes
    Seraient alors parachevés ou tués dans l’œuf calendaire.

    Un œuf de poule le dimanche, ne tournons pas autour du pot !
    Un œuf de caille le lundi, puis augmenter le gabarit.
    Si ça n’arrête pas mes nuits blanches et ne perturbe mon repos
    J’aurai l’esprit approfondi s’il en éclot un canari.

    Tableau d’Oda Iselin Sonderland.

  • L’oubli du vendredi matin

    L’oubli du vendredi matin

    J’ai un comportement étrange lorsque je mange du poisson
    Et une envie irrésistible de le savourer dans mon bain.
    Sans doute dus au jus d’orange dont j’agrémente la boisson
    Avec une dose indescriptible de rhum agricole ou cubain.

    Je change de comportement selon la direction du vent ;
    J’ai le caractère fantasque selon le jour de la semaine.
    Je freine mes emportements d’un petit détail adjuvant
    En quittant costumes et masques qui font mon aventure humaine.

    Lunatique ou cyclothymique, tel est mon état le lundi ;
    Plutôt cool et décontracté, tel est mon état le mardi.
    Je sais, je suis psycho-chimique selon l’humeur du mercredi
    Dont la portée est réfractée dès la matinée du jeudi.

    Heureusement le vendredi, j’ai tout oublié du passé ;
    J’oublie même de m’habiller après mon petit-déjeuner.
    Je suis sujette à contredit devant les passants compassés
    Dont les yeux sont écarquillés à l’endroit de mon périnée.

    Tableau d’Oda Iselin Sonderland.

  • Génération Terre

    Génération Terre

    À votre avis, combien de « G », la génération de la Terre ;
    Vu ses antennes déployées, de quatre à cinq milliards d’années ?
    Mais nous en sommes protégés grâce au réseau élémentaire
    Qui nous a été octroyé par sa nature spontanée.

    À votre avis, que captez-vous quand vous traversez la futaie ?
    La vie qui pulse dans la sève des racines à la canopée.
    Depuis son cœur qui se dévoue à, chaque jour, vous affûter
    L’âme et le corps, puis les élève vers Andromède et Cassiopée.

    À votre avis, qui vous écoute quand vous priez en votre cœur ?
    La mère qui vous a vus naître, vous a nourris, vous a couverts.
    Car elle renvoie goutte-à-goutte vos vœux vers les anges en chœur
    Qui se chargent de faire connaître vos exigences à l’Univers.

    Dans la forêt d’Eschenberg derrière chez moi.

  • Anonyment nue

    Une femme nue reste anonyme tant qu’on ne s’adresse qu’à ses seins ;
    On ne verra de son visage que ses mamelons turgescents.
    Quel est son nom, son patronyme ? Vous n’avez vu que son bassin
    Lequel vous a, je l’envisage, paru, lui, plus intéressant.

    La femme nue qu’on aperçoit entre deux murs, entre deux portes,
    Semble bloquer les protocoles comme si elle n’était pas réelle.
    L’immaculée beauté sursoit à tous les esprits de la sorte ;
    Jamais sur les bancs de l’école s’apprend la nudité cruelle.

    Tableaux de Chie Yoshii sur https:www.chieyoshii.com .

  • Bain de nature

    Bain de nature

    Qu’il est bon de se plonger nue dans le bain vert de la nature !
    Qu’il est bon de sentir les gerbes de fleurs follettes et sauvages !
    Jeune beauté, jeune ingénue, ton corps à la température
    De la Terre et des hautes herbes produira ses plus grands ravages.

    Déjà le Soleil y succombe en le caressant de chaleur
    Et l’air qui n’en est pas de reste, souffle le vent dans tes cheveux.
    Les arbres, pourtant rigides, tombent sous le charme des courbes en valeur
    Soulignées par les ombres prestes qui osent exprimer tous leurs vœux.

    Lève-toi pour me rincer l’œil, toi, le poète observateur
    Qui doit jouir dans son poème de la pureté de l’accord
    Et enfermer dans un recueil l’apothéose au spectateur
    Qui retrouvera sa bohème dans la nudité de son corps.

    Photo de Marianna Rothen sur https:designobserver.comfeaturemarianna-rothen38954?utm_source=twitter&utm_medium=twitter .

  • La vierge terre-mer

    Ne vous laissez pas prendre au piège ; la vierge sans aucun embarras
    Vous paraîtra blonde ou bien brune, ingambe ou en queue de poisson.
    Sur la terre ferme, elle siège comme une reine d’apparat
    Tandis qu’en mer, sur la lagune, la sirène fera sa moisson.

    Sa moisson de marins d’eau douce ou de loups de mer, peu lui importe !
    L’ogresse va, en son royaume, numéroter vos abattis.
    Moisson vite faite sur le pouce lorsque les terres la transportent
    Vers ses terrains de chasse à l’homme pour assouvir ses appétits.

    Tableaux de Chie Yoshii sur https:www.chieyoshii.com .

  • Caniculaire

    Caniculaire

    Entre les planètes rivales de notre système solaire,
    Les jalousies sont coutumières notamment envers notre Terre
    Surtout en période estivale et ses amours caniculaires
    Où Elle prend toute la lumière de son Amant prioritaire.

    Et quand la Terre a ses chaleurs, elle transmet par ses semences
    L’adoration du mâle ardent et son énergie symbiotique.
    Ainsi les femmes mettent en valeur leurs charmes afin que recommencent,
    Sous un soleil d’été dardant, ses rayons chauds et érotiques.

    Lorsqu’une femme se dénude, elle devient Soleil à son tour
    Par le jeu des petites lunes surplombant son mont de Vénus
    Qui, pour continuer le prélude, s’ouvrent et, sous leurs plus beaux atours,
    Le périnée en périlune, entre en conjonction d’Uranus.

    Collage de Derek Gores.

  • Les vierges de passage

    Les vierges, juste de passage, deviennent vite inoubliables
    Car en se montrant ingénues, elles vous piègent désormais.
    Alors, sont-elles folles ou sages ? La réponse est impitoyable
    Car si vous voyez leurs corps nus, vous n’en profiterez jamais.

    Comme elles ont le choix des armes, elles optent pour la séduction
    En se hissant inaccessibles derrière un regard bleu-turquoise.
    Vous voilà tombé sous le charme et vous en sentez l’addiction
    Car vous enfuir est impossible de leur apparence narquoise.

    Tableaux de Chie Yoshii sur https:www.chieyoshii.com .

  • Vue dans un hamac

    Vue dans un hamac

    Pour représenter l’attraction qu’exerce sur nous la beauté,
    Imaginons notre vision comme le filet d’un hamac.
    Schématisons en projection une femme, vêtements ôtés ;
    Observons les subdivisions, surtout celles qui nous estomaquent.

    Là où le corps tient de la Lune, les mailles apparaissent étirées ;
    La métaphysique démontre qu’il y règne forte gravité.
    Tandis que de petites dunes ondulent et semblent attirées
    Vers les trémoussements tout contre le dos dans sa totalité.

    L’univers de la séduction atteindra son point d’apogée
    Lorsque les jambes et les bras, jolie Vénus écartera.
    Nous comprendrons la perfection de notre plaisir prorogé
    En vue de l’abracadabra qui grillera la caméra.

    Tableau de Philip Pearlstein.

  • La vie au fil de l’eau

    La plus jeune des Parques file le fruit des amours interdites
    Qu’elle préserve dans la bobine qu’elle destine à ses enfants.
    Ceux dont l’avenir se profile vers une carrière inédite
    D’où jamais ils ne se débinent avant d’en finir triomphants.

    L’étoffe de ces héros-là n’est jamais cousue de fil blanc
    Mais du fil rouge sanguinolent du plus bel éclat qui l’agrée.
    Nona, Decuma et Morta tissent les vies sans faux-semblants
    En écartant les somnolents qui seront coupés sans regrets.

    Y a-t-il une âme au bout du fil ? Que devient l’onde de l’esprit
    Qui communique par la fibre avec les hommes et les dieux ?
    Rassurez-vous ! Chaque profil est recueilli sans parti pris
    Dans l’eau qui court car elle est libre de son corps miséricordieux.

    Ainsi s’écouleront les âmes dans le grand fleuve du Léthé
    Et leurs eaux recommenceront à abreuver la Terre-Mère
    Dont la nature qui est femme enfantera tous les étés
    De nouveaux héros tâcherons pour d’autres combats éphémères.

    Tableaux de Chie Yoshii sur https:www.chieyoshii.com .

  • Laura Lunaire

    Laura, pleinement circonscrite à la sphéricité lunaire,
    Exécute à date donnée une cérémonie rituelle.
    Depuis longtemps elle s’est inscrite à de mystérieux séminaire
    En vue de, ce jour, s’adonner à la lunaison spirituelle.

    Comme Atlas qui porte le monde, elle soutient la pleine Lune
    En moulant sa rotondité de tout son buste à l’épigastre.
    Tout en méditation profonde et sans modération aucune,
    Elle ressent dans sa nudité toute la puissance de l’astre.

    Après elle fera l’amour au Soleil quand paraîtra l’aube
    En partageant son énergie avec l’astre inséminateur.
    Puis, lentement, jour après jour, dans l’intimité de son aube
    Naîtra l’enfant en synergie avec l’univers créateur.

    Tableau de Dorina Costras sur https:fineartamerica.comprofilesdorina-costras .

  • L’expérience du fer

    L’expérience du fer

    Du fait que l’œuf est riche en fer, je prends des bains dans ma coquille
    De jaune enrichis d’ions ferriques, ferreux et surtout magnétiques.
    Puis je laisse la nature faire avec la Terre qui écarquille
    Son rayonnement tellurique sous un Soleil énergétique.

    Puisque je n’ai qu’une seule vie, sans aucune possibilité
    De vérifier mes expériences et mes erreurs à juste titre,
    Je ne peux suivre que mes envies, mes intuitions si limitées
    Mais qui me font prendre conscience que j’aime bien mon libre arbitre.

    Avec l’expérience du fer, sans doute serais-je plus aimante
    Avec un cœur galvanisé par un fort courant séducteur ?
    J’espère aussi vous satisfaire avec mes facultés d’amante
    Et mes amours dynamisées par mon corps supraconducteur.

    Tableau de Vladimir Kush sur https:www.contioutra.comvladimir-kush?amp=1 .

  • Dentelles femmes, il y a…

    Aujourd’hui on tombe le voile – ou du moins on peut l’entrouvrir –,
    L’ajourer de jolies dentelles pour laisser passer la lumière.
    Très fines afin que se dévoilent deux jolis seins à découvrir
    Qui montrent enfin la femme telle qu’elle est dans son âme première.

    Dentelles vertes pour les vierges, dentelles bleues pour les nubiles ;
    Petites fleurs et papillons, figuratifs ou arabesques.
    Et pour que la grâce converge aux coins des lèvres volubiles
    Une voilette en croisillons pour parler d’amours romanesques.

    Ce serait bien pour les chrétiens de revêtir ainsi Marie
    Et d’en affubler tous les saints, le pape et pourquoi pas Bouddha.
    Notons aussi que l’entretien serait consacré au mari
    Qui, lui, porterait à dessein juste un pull sur un bermuda.

    Tableaux de Lisa Wright sur http:lisawrightartist.co.ukworknew-work .

  • Sous la lumière noire

    Lueurs courbées et féminines aperçues dans l’obscurité
    Par le troisième œil intuitif embrasent le désir de mon cœur.
    Ombres d’étoiles sibyllines qui viennent à maturité
    Défier l’organe sensitif comme un simulacre moqueur.

    Mais le rideau de nuit s’écarte et l’ange femelle apparaît
    Sortant de dimensions obscures qui sont les coulisses du ciel.
    Tendrement elle abat ses cartes et mon anxiété disparaît
    Entre ses bras qui me procurent la chaleur de son potentiel.

    Une fois nourrie de l’essence de mes sentiments prodigués,
    Elle pratique un rituel afin d’enfanter en son sein
    Un être de luminescence dans les ténèbres endiguées
    Par des rayons spirituels issus d’un astre noir enceint.

    Photos de Burak Bulut sur https:www.burakbulut.orgblack-light .

  • La censure au goût du jour

    La censure au goût du jour

    Tu ne parleras plus de sexe, ni de genre, ni homme, ni femme
    Et l’ascenseur vers la censure dépasse le dernier étage
    Des mots que l’on met à l’index, des termes que l’on juge infâmes
    Comme une honteuse salissure issue d’un pénible héritage.

    On ne veut plus dire « maman » bien trop rabaissé à la mère
    Car la femme souhaite s’échapper du sort de sa féminité.
    Demain on lira des romans dépourvus de l’instinct primaire
    Qui décrivent des corps happés d’amour en toute impunité.

    Alors à quel sein se vouer ? La mamelle est conflictuelle !
    L’allaitement est désormais banni de nos comportements.
    L’acte d’amour désavoué au profit d’amours virtuelles
    Et l’humanité à jamais privée de ses emballements.

    Photo d’Anniset & Dr Cuerda.

  • Quand mers et mères se retirent

    Quand mers et mères se retirent

    Lorsque la mer est démontée d’une énergie marémotrice,
    Les bancs de poissons émincés s’enfuient dans les eaux atlantiques.
    Lorsque la mère est remontée de son statut de génitrice,
    Le sexe est alors évincé du patrimoine génétique.

    Quand la mer se retirera, les petits poissons s’en iront
    Rejoindre l’eau de leurs ancêtres dans les profondeurs de la Terre.
    Quand la mère se désistera, les futurs enfants grandiront
    In vitro, au pied de la lettre, dans des éprouvettes de verre.

    Voici la mer évaporée et tous les poissons disparus
    Dans le biotope conjoncturel que la pollution nous ravit.
    Voici la mère déshonorée depuis le tabou apparu
    Sur la conception naturelle de l’essence même de la vie.

    Tableau du Studio Thomas Lerooy.

  • Le repos des sirènes

    Le repos des sirènes

    Les nymphes aiment les nymphéas entre deux eaux dans la lagune
    Pour s’y reposer de l’effort d’avoir charmé tant de navires
    Et s’octroient cet alinéa dans leur activité commune
    Comme légitime réconfort après leurs nombreux vire-vire.

    Quand les sirènes ensommeillées, dans les eaux douces, s’abandonnent
    Les nénuphars ouvrent leurs fleurs dont le parfum est hypnotique.
    En léthargie émerveillée, elles chantonnent, elles fredonnent
    Les chants qui ont causé les pleurs des marins les plus pathétiques.

    Tableau d’Eric Velhagen sur https:ericvelhagen.carbonmade.comprojects2672751 .

  • La sirène des profondeurs

    Depuis les abysses profondes, dans les ténèbres éternelles,
    Certains poissons chassent à l’appât par la lumière qu’ils émettent
    Et les sirènes vagabondes exhibent leurs beautés charnelles
    En illuminant leurs appas de chatoiements et de flammettes.

    Le scaphandrier irresponsable, séduit par l’être de lumière,
    Sera déçu de partager un petit dîner aux chandelles
    Car il forme l’indispensable ingrédient de la cuisinière
    Pour un repas apanagé au sel d’un phallus en rondelles.

    Bodypainting anonyme.

  • L’ovation

    L’ovation

    Devant « Qui » ou « Quelle Entité » vous prosterneriez-vous volontiers
    De votre propre libre arbitre sans la moindre coercition ?
    Et avec quelle intensité vous montreriez-vous, tout entier,
    Respectueux envers le titre qui mérite votre soumission ?

    Je l’ai été comme tant d’autres envers Dieu et les religions
    Jusqu’à ce que j’échappe au piège de sourdes manipulations.
    Je me méfie des bons apôtres et des groupes qui sont légion
    Ainsi que tous les privilèges de toutes les spéculations.

    J’ai connu les moments de transe dans une foule galvanisée
    Dans une église, en réunion, un stade ou un concert de rock.
    Et les mensonges à outrance envers des lieux divinisés
    Excepté peut-être en l’union des tous les hommes, sans équivoque.

    Photo de Danilo Ricciardi.

  • Sœurs de pluie

    Sœurs de pluie

    Que deviennent les âmes alourdies après quarante jours de pluie
    Une fois qu’elles ont disparu sous la montées des eaux saumâtres ?
    Sous le déluge abasourdi, sourient les sœurs au parapluie,
    Comme deux anges apparus face à la mort qu’il faut combattre.

    Mais leur parapluie à l’envers recueille le coquin de sort,
    Les catastrophes tombées du ciel, les crises et les fléaux de Dieu.
    Quand il pleut, tout va de travers et le malheur prend son essor
    Sauf si un acte providentiel protège les miséricordieux.

    Quand les sœurs de pluie apparaissent, on les prend trop facilement
    Pour des oies de mauvais augure alors qu’il en est tout autrement ;
    Car avec elles disparaissent tous les tourments docilement
    Même si le diable nous inaugure de nouveaux bouleversements.

    Tableau de Catrin Welz-Stein.

  • Toucher la chance du bout du doigt

    Toucher la chance du bout du doigt

    « Trouver un trèfle à quatre feuilles porte bonheur mais il faut croire
    Que toucher la chance du doigt ne suffit pas ; il faut saisir
    L’opportunité sur le seuil du chemin qui mène à la gloire
    Pour mériter comme il se doit le nec plus ultra du désir. »

    Ainsi pensait l’homme au chapeau, amoureux fou d’une créature,
    Maîtresse au jeu de la fortune – c’était une femme d’honneur.
    Ce n’était pas de tout repos car il parcourait la nature
    Toutes les nuits de pleine Lune qui favorisent le bonheur.

    Un trèfle à gauche, c’est la malchance et la fortune oscillera ;
    Au jeu de l’amour à prix bas, le cœur finit par s’engloutir.
    Un trèfle à droite, un coup de chance ; la bonne étoile brillera ;
    La vie de l’homme est un combat perpétuel pour aboutir.

    Tableau de Catrin Welz-Stein.

  • L’envolée belle

    Une fois la porte entrouverte, une fois pris la clef des champs,
    La femme nue s’est envolée avec des ailes au corps plumeux.
    Personne ne l’a découverte, elle est sortie à contrechamp
    Par une porte dérobée qui donnait sur un lac brumeux

    Un p’tit oiseau, qui a tout vu, m’a raconté son échappée ;
    Il a vu son petit derrière courir et dandiner des fesses
    Jusqu’à ce moment imprévu où, sa liberté, a happée
    En lançant son cri de guerrière avant que le soleil s’affaisse.

    Demain matin, elle reviendra afin de m’enflammer le cœur ;
    Mon infirmière de l’ivresse me le fait quatre fois par jour.
    Le p’tit oiseau s’en souviendra – c’est mon petit merle moqueur
    Qui évalue avec tendresse mes chances de mourir d’amour.

    Tableau d’Andrej Mashkovtsev sur https:ghoti-and-us.tumblr.compost180996938912andrej-mashkovtsev-her-good-friend-mackerel .

  • Où est le chat ? – 10

    Où est le chat ? - 10

    Nous vivons une époque épique ; l’absurdité devient typique
    Plus rien ne sera comme avant car c’est la norme dorénavant.
    Les biches aux seins nus sur la plage et les baleines qui ont passé l’âge ;
    Les grosses vaches à la flotte et les requins qui les pilotent.

    Les jeunes sirènes oblongues et les jeunes loups aux dents longues ;
    Les bretelles et les ceintures qui s’en retournent à la nature ;
    Les bronzées en conversation avec des poissons d’exception ;
    Les crabes qui ont un goût de lucre inspirés par la pince à sucre.

    Les gros musclés qui se dégonflent tandis que les vieux pêcheurs ronflent ;
    Le corbeau perché sans fromage et le renard qui déménage ;
    Tous les jours du calendrier fériés pour les scaphandriers ;
    Tortues tranquilles, homards pachas ; et… à propos, OÙ EST LE CHAT ?

    Illustration de Franco Matticchio.

  • La Terre plate – 2

    La Terre plate - 2

    Ainsi donc on nous a menti, Thalès, Pythagore, Aristote,
    Ceux qui nous ont fait avaler que la Terre est comme une orange.
    La Science est anéantie et ses savants sont des despotes
    Qui nous ont toujours recalés au rang des ânes de rechange.

    Bien au-delà de l’Antarctique seraient des terres inexplorées
    Qui attendent celui qui osera traverser le grand mur de glace
    Ou un satellite galactique que l’on ne saurait déplorer
    Qui le premier exposera sa vision plate de l’espace.

    Et moi, je propose au contraire de prendre le problème à l’envers
    Et montrer la Terre « Hypersphère » en quatrième dimension.
    Hélas, mon choix est arbitraire car je suis seul dans l’univers
    À voir un monde qui interfère avec son Dieu plein d’attentions.

    Sources : https:la-terre-plate.com et https:www.fondation-nanosciences.frtheorie-terre-plate .

  • Dites-le avec des fleurs

    Dites-le avec des fleurs

    Enfin l’égalité des sexes permet à la femme d’offrir
    Des roses à l’homme de sa vie selon le langage des fleurs.
    Ainsi sans peur et sans complexe, elle pourra faire souffrir
    De maux d’amour qui l’assouvit le mec à qui elle doit ses pleurs.

    Le métier de fleuriste change et désormais il vend des armes ;
    Roses à épines acérées pour crever les yeux et les cœurs ;
    Des Chrysanthèmes en échange d’un duel pour le prix de ses charmes ;
    Un fléau d’iris bien serré pour mieux exprimer sa rancœur.

    Si le transgenre est à la mode, le sexe faible devient fort
    Et celui qui porte la culotte n’est pas de celle que l’on croit.
    Les phallocrates s’en incommodent pourtant ne font aucun effort
    Pour interdire les calottes et les violences de surcroît.

    Illustration de Walter Molino.

  • Dieu… c’est compliqué !

    Dieu… c’est compliqué !

    Soit on ne croit pas, soit on croit
    Mais si on croit, on a le choix
    De trouver le dieu qui échoit
    Selon son cœur, selon sa foi.

    Si on n’croit pas c’est plus subtil,
    Il faut des sciences utiles
    Pour montrer à ces imbéciles
    Combien leurs crédos sont futiles.

    Moi, je crois que je ne sais pas.
    Je dirais même qu’il n’y a qu’un pas
    Pour franchir la peur du trépas ;
    Transformer son doute en appât :

    Et puis attendre que ça morde
    Que la mort resserre sa corde,
    Qu’une nouvelle vie m’accorde,
    Ou que Dieu, lui-même, m’aborde.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Les violons de l’automne

    Les violons de l’automne

    Que deviennent les notes mortes d’une rhapsodie automnale ?
    Sans doute vont-elles dans les airs pour lancer d’autres inspirations
    Qui renaîtront de toutes sortes de danses et de bacchanales
    Qui pleuvront sur les monts déserts et les vallées d’habitations.

    On les découvre éparpillées dans tous ces oiseaux migrateurs
    Qui se rassemblent, le bec rempli de pizzicatos éreintants.
    Certaines sont écharpillées par des piafs vociférateurs
    Mais le miracle s’accompli par une reprise au printemps.

    *

    Tableau de Pablo Picasso.

  • Le petit port d’automne

    Le petit port d’automne

    Les mâts perdent leurs voiles mortes qui, hier encore, claquaient au vent ;
    Les coques se couvrent de rouille et battent pavillon d’automne.
    Les oiseaux volent en cohorte et se rassemblent sur les auvents
    Des maisons du port qui se mouille de vaguelettes monotones.

    Les brumes opaques du matin floutent les barques des pêcheurs ;
    Elles perdurent jusqu’au soir pour s’évanouir en clair-obscur
    Dans le firmament de satin qui règne sur les pluies de fraîcheur
    Par la hauteur des déversoirs et la colonne de mercure.

    *

    Tableau de Claude Monet.

  • Copains comme sirène

    Bien qu’elles soient assez cruelles envers leurs victimes marines,
    Elles se montrent assez copines avec le bestiaire aquatique.
    Leurs performances sexuelles et leurs gourmandises utérines
    Leur ouvrent des relations coquines avec les plus fantasmatiques.

    Entre le phallus des baleines et le pénis des cachalots,
    Les sirènes sont à la fête pour des jeux les plus colossaux.
    Elles copinent à perdre haleine avec le moindre matelot
    Qui pour elles perdra sa tête, son cœur et ses autres morceaux.

    Fatalement, elles accouchent de créatures métissées
    Qui ressemblent à leurs géniteurs, le plus souvent désaccordés.
    Aucunement saintes-nitouches au cours de maintes odyssées,
    On dit que leurs baby-sitters sont complètement débordées.

    Illustrations de Vladimir Stankovic.

  • La nature s’emballe

    Dame Nature domestiquée ? L’homme y a cru dès le début !
    Il a détourné les rivières, il a apprivoisé les vents.
    Il a aussi sophistiqué le faste auquel il contribue
    En détruisant des terres entières pour un résultat décevant.

    Le luxe est sa priorité ; il vit ses rêves désormais,
    Le temps béni de l’insouciance et de la folie des grandeurs.
    Tant pis si la précarité des autres est bannie à jamais ;
    Il ne vit que pour l’opulence, pour le faste et pour la splendeur.

    Aïe ! La Terre est passée en automne et ses ressources sont menacées.
    Mais il est trop tard à présent car il ne vit plus comme avant.
    Ses rêves deviennent monotones à force d’être ressassés
    Par les médias omniprésents qui le dirigent dorénavant.

    Voilà, les rêves sont terminés ; la Terre est morte ce matin.
    Hier encore, les pluies acides ont tué la flore moribonde.
    Une fois tout exterminé, le paroxysme fut atteint
    Quand l’homme est devenu lucide une heure avant la fin du monde.

    Tableaux de Vasko Taškovski.

  • Europe et le taureau au goût du jour

    Europe et le taureau au goût du jour

    Sachant qu’Europe fut enlevée par Zeus transformé en taureau
    Afin qu’Il puisse impunément violer la méditerranéenne
    Et que ce mythe soit relevé parmi nos principes moraux
    N’sont que d’infimes désagréments de notre Union européenne.

    Bien sûr, l’Europe dans l’arène des grandes puissances mondiales
    Ne s’en sortira pas vainqueur pas plus que la tauromachie.
    L’Europe est morte, vive la Reine ! L’Europe est nue et déloyale ;
    À défaut de donner son cœur, Elle se prête à l’oligarchie !

    Tableau de Rafal Olbinski.

  • Pas tous à la fois !

    Pas tous à la fois !

    Sauvons-nous – pas tous à la fois – de cette planète de fous !
    Qui se sauvera en premier ? Les riches qui ont tout provoqué ?
    Les pauvres qui ont trop accepté ? Les lâches qui vite ont renoncé ?
    Les ouvriers trop enchaînés ? Les puissants trop improductifs ?

    Moi, dans cette crise de foi, je sauverais le Dieu des fous ;
    Ce Dieu qui nous a reniés, ce Dieu qui nous a révoqués,
    Ce Dieu qui nous a exceptés de son paradis annoncé
    Et qui nous a tous entraînés dans un suicide collectif !

    Photo de Sean Smundy.