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  • Les pique-nique printaniers sur l’herbe

    Les pique-nique printaniers sur l’herbe

    La mode du « déjeuner sur l’herbe » reste à jamais inespérée ;
    Il est bien rare d’apercevoir des pique-niqueuses dévêtues.
    Mais comme le dit le proverbe : « la patience est l’art d’espérer »
    Et le temps se fait un devoir de modifier les vertus.

    Le réchauffement de la planète allié au coût du tissu
    Créeront des orgies rituelles où le nu sera constaté.
    Excepté si sur internet les humains trouvent une autre issue
    Par des nudités virtuelles derrière l’écran de chasteté.

    Tableau de Jenna Gribbon sur https:www.kooness.compostsmagazinejenna-gribbon et sur https:whitehotmagazine.comarticlesdialogue-with-painter-jenna-gribbon3880 .

  • Le paradis des chauds lapins

    Le paradis des chauds lapins

    Au paradis des chauds lapins, personne ne fait le tapin
    Mais tous les anges, en revanche, portent une tunique blanche.
    Ce sont des femmes évidemment qui aussitôt devenues mamans
    Quittent ces chauds lapins lubriques pour accoucher à la fabrique.

    À la fabrique des lapereaux, où ne vient nul godelureau,
    On sépare les lapins mâles pour leurs compétences animales
    De leurs femelles qui serviront de peluches comme chaperon
    Et les mères, d’après c’qu’on en dit, retournent ensuite au paradis.

    Illustration de Yuko Rabbit sur https:www.cuded.comdigital-paintings-by-yuko-rabbit?ssp_iabi=1676447831639 .

  • Une fable idiote

    « Continuer à se disputer à propos des conflits mondiaux
    Conduit sur des chemins hasardeux où l’on se perd rapidement.
    Passer son temps à discuter et s’fâcher avec un idiot
    Prouve au moins qu’il y en a deux si ce n’est toi, évidemment ! »

    Ainsi me parlait le corbeau qui se croyait intelligent
    Tandis que moi, pauvre renarde, j’objectais sur un coup de tête :
    « Cher Monsieur, vous tenez fort beau des propos tellement obligeants
    Que si je me montrais bavarde, j’en deviendrais encore plus bête !

    (Tableaux de Heather Murray et Elena Arcangeli ;
    « Ne jamais se disputer avec un idiot qui te ramènerait à son niveau et te battrait avec l’expérience » George Carlin.)

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

  • Quelque part au centre des arbres

    Quelque part au centre des arbres

    Semblable au télégraphe optique, le soleil parle à la forêt
    Par l’alphabet arboricole que la nature garde secret.
    Sans doute existe un œil magique dont l’acuité élaborée
    Permet aux terres agricoles d’en connaître le sens sacré.

    Bien sûr, je capte ces messages sans les comprendre toutefois
    Mais je sais que la Terre écoute, reste attentive et informée
    Sur le temps qui est de passage mais qui explique à chaque fois
    Que si les nuages dégouttent, c’est pour pouvoir la transformer.

    Tableau de Claude Monet.

  • La nuit au musée

    La nuit au musée

    Les grands maîtres improvisateurs avaient laissé pour s’amuser
    La liberté à leurs modèles de pouvoir tenter l’aventure.
    Lorsque le dernier visiteur a enfin quitté le musée
    Les Vénus tiennent la chandelle aux amourettes en peinture.

    Sans vergogne, les naturistes se mêlent avec les beaux habits
    Dans des rassemblements grandioses avec agapes bien nourries.
    En revanche, les miniaturistes d’un bien plus petit acabit,
    Préfèrent rester en symbiose avec les rats et les souris.

    Car les animaux participent à cette parade de nuit
    Tous profitent du même droit selon sa muséologie.
    Même les enfants s’émancipent et chacun tromper son ennui
    En changeant quelquefois d’endroit lorsqu’il regagne son logis.

    Tableau de Conor Walton.

  • Impudiques regards

    La femme-grue empanachée observe du bout de ses seins
    Mais ferme ses yeux impudiques de peur de révéler son âme
    Et lance un esprit détaché relatifs aux sombres desseins
    De ses visiteurs sporadiques qui viennent entreprendre la femme.

    Regards croisés dans les harems dont les seins indiscrets se croisent
    Car ils s’évaluent du regard autant du cœur que la raison.
    Ainsi le corps sert de barème et de graduation grivoise
    Pour amener le mâle hagard à la maîtresse de maison.

    Vous, petites saintes nitouches, qui entraînez à la fenêtre
    L’effet de vos visions mammaires qui guettent le héros olympien,
    Fermez les yeux, ouvrez la bouche, sentez votre pouvoir renaître
    Quand votre corps devenant mère deviendra regard œdipien.

    Illustrations de Willy Maltaite extraites de l’album « Le jardin des couleurs ».

  • La faim du monde

    La pyramide des saveurs n’a jamais été étudiée ;
    Pourtant le goût est important, vu qu’il nous met l’eau à la bouche.
    Le goût est-il une faveur, un privilège dédié
    Ou une offense se rapportant au sacrilège qui en débouche ?

    Or l’arbre de la connaissance n’était qu’un péché végétal
    Tandis que tuer de pauvres bêtes est un pouvoir de droit divin.
    Nous apprenons à la naissance à maîtriser ce droit létal
    Grâce à notre esprit de conquête sur les ovins et les bovins.

    Ne soyons pas plus royalistes que Notre Seigneur Carnivore
    Qui nous fait manger de sa chair et même boire de son sang.
    Mais ne soyons plus fatalistes et si le démon nous dévore
    Tuons ces petits êtres chers car nous sommes les plus puissants.

    Tableaux de Henri Rousseau.

  • …Mais ça pourrait aller mieux !

    …Mais ça pourrait aller mieux !

    Quand rien ne saurait être pire, sans doute pourrions-nous pleurer
    Mais ne pleurons pas comme ceux qui n’ont plus aucune espérance !
    Rions plutôt quand ça empire, quand la planète est apeurée
    Car c’est l’instant le plus chanceux pour reconstruire en vétérance.

    Lorsque la crise est la plus forte et le moral est au plus bas,
    Plus rien ne pourra aggraver ce qui nous frappe à contrecœur.
    Prions si cela nous réconforte ! Et si notre foi tituba,
    Sachons que c’était pour graver la confiance dans notre cœur !

    Tableau de Jonas Burgert.

  • Tout va très bien…

    Tout va très bien…

    Rassurez-vous, tout va très bien sur la planète paniquée
    Malgré les nouvelles alarmantes et le chômage qui empire !
    Les crises menacent nos biens mais c’est pour mieux communiquer
    D’une réaction performante qu’il faudra nous attendre au pire.

    Médias magiques, dites-moi si je resterai la plus belle
    Malgré tous les bouleversements qui secouent les gens compassés !
    Réseaux sociaux, rassurez-moi et s’il le faut, je me rebelle
    À condition perversement que mon train-train soit menacé !

    Tableau de Lisa Aisato sur https:www.aisato.no .

  • Bras-dessus bras-dessous et poisson-chat – 1

    Bras-dessus bras-dessous et poisson-chat - 1

    J’imaginais les poissons-chats déambuler clopin-clopant,
    Flâner bras-dessus bras-dessous, copains comme cul et chemise.
    Et puis j’ai vu sortir un chat les bras serrés enveloppant
    Un poisson complètement saoul regrettant la faute commise.

    « Déjà vendredi ! » me dit-il « et ce sacré vieux loup de mer
    A bu tout un tonneau de rhum percé, répandu sur la grève ! »
    Tout cancan étant inutile, je les laissais à leurs chimères
    Prendre la voie qui mène à Rome et moi de poursuivre mon rêve.

    Mais ce n’est que le lendemain en revoyant ces compagnons
    Que je leur demandai, curieux, s’ils avaient bien cuvé leur vin.
    Ils continuèrent leur chemin toujours enlacés, l’air grognon
    Me lançant un regard furieux… et d’eux, je ne sais c’ qu’il advint.

    Tableau de Valerij Syrov.

  • La couleur de la voix

    Par leurs coquillages portables et par les courants en réseaux,
    Chaque sirène communique selon la portée du liquide
    Qui se révèle incontestable sous la surface, entre deux eaux,
    Grâce à la qualité unique de la mécanique des fluides.

    Le chant réputé légendaire est de ce fait amplifié
    Par l’enchevêtrement des conques réparties en amphithéâtre
    Et par un effet secondaire de leurs nacres vitrifiées
    Qui jouent d’une note quelconque un blues d’une couleur bleuâtre.

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

  • Ma véritable apparence

    Ma véritable apparence

    Au pays des humanoïdes, à chacun son totem privé ;
    Chacun voit midi à sa porte selon comme il est formaté.
    Si je trouvais bizarroïde combien mes gènes ont dérivé,
    Je sais que cela me rapporte un don de non-conformité.

    Ainsi moi qui ne sait ni faire ni agir comme tout le monde,
    Si l’on me prend pour un connard, c’n’est pas forcément mauvais signe.
    Ce n’est pas pour me satisfaire mais je me dis, chaque seconde,
    « Être un vilain petit canard, finalement c’est un bon cygne ! »

    Tableau de Stephen Mackey sur https:beautifulbizarre.net20191214stephen-mackey-arcadia-contemporary .

  • À propos du père Lustucru

    À propos du père Lustucru

    Après enquête approfondie du détective Gabriel,
    Nous avons retrouvé le chat de la mère Michel éperdue.
    Malgré tout le mal qu’on a dit sur ce boucher caractériel,
    Il paraît qu’il le repêcha simplement aux objets perdus.

    C’est au bout d’un an et un jour que le minet fut adopté
    Par le compère Lustucru qui l’affectionnait toutefois.
    Et c’est dans ce nouveau séjour où le matou s’est adapté
    Qu’il a pu manger – l’eusses-tu cru ? – assurément le meilleur foie.

    Photo de Marcel Heijnen sur https:www.creativeboom.cominspirationphotographer-captures-secret-lives-of-hong-kongs-market-cats-in-captivating-series .

  • Les humains porte-plumes

    Les humains porte-plumes

    Puisque l’on peut changer de sexe, devenir dragon ou mutant,
    Toutes les idées farfelues pourront un jour s’élaborer.
    Hommes et femmes sans complexe, d’un même avis concomitant,
    Renonceront à être velus au profit de plumes dorées.

    Ils pourront s’envoyer en l’air au propre comme au figuré,
    Vivront dans des aéroports et voleront en escadrilles.
    Enfin la croupe populaire sera alors transfigurée
    En une queue sous tous rapports ressemblant à des banderilles.

    Illustration de Tran Nguyen sur http:thibautbachelier.blogspot.com201408tran-nguyen.htmlhttp:thibautbachelier.blogspot.com201408tran-nguyen.html .

  • M’oiselle Ève

    M’oiselle Ève

    Elle a failli naître en oiseau ; Il l’aurait nommée Dame Oiselle
    Mais Dieu n’aurait pas trouvé bon que les humains s’envoient en l’air.
    Quel est donc cet ange zozo qui aurait, par excès de zèle,
    Imaginé ce faux rebond d’une mutation cellulaire ?

    Heureusement, omniprésent, Dieu avait l’œil un peu partout
    Et notamment dissimulé dans l’Éden parmi les forêts.
    Évidemment toujours présent, il a puni ce touche-à-tout
    Et Ève n’a pu stimuler la pousse des plumes abhorrées.

    Je pense qu’Adam fut déçu ; en fait, il aurait adoré
    Une Ève volante envoyée pour l’art de la fauconnerie
    Car il avait déjà conçu une jolie cage dorée
    Qu’il dut transformer en foyer pour y faire d’autres conneries.

    Illustration de Tran Nguyen sur http:thibautbachelier.blogspot.com201408tran-nguyen.htmlhttp:thibautbachelier.blogspot.com201408tran-nguyen.html .

  • Cultivons nos jeunes filles en fleurs

    Cultivons nos jeunes filles en fleurs

    Si les jeunes filles en fleurs n’osent montrer leurs boutons turgescents
    De peur qu’un drôle ne les cueille bien avant leur maturité,
    Elles entretiennent l’hypnose de leurs pouvoirs effervescents
    En aiguisant leurs tape-à-l’œil dans une demi-obscurité.

    Ainsi leurs seins se développent comme fruits gorgés de ténèbres
    À défaut d’avoir trop mûri au soleil de nos convoitises.
    Que jamais tissu n’enveloppe ces précieux organes qui célèbrent
    La féminité aguerrie par une prude mignotise !

    Tableau de Max Nonnenbruch.

  • Météo-désastrologie

    Météo-désastrologie

    Si la météorologie n’est pas une science exacte,
    Sa progression scientifique laisse la grenouille intraitable ;
    Celle-là même qui, en son logis, d’une manière autodidacte,
    Indiquait un temps magnifique ou bien un temps épouvantable.

    Avant, les boules de cristal permettaient de prédire le temps
    Mais depuis le réchauffement, la voyance manque de clarté.
    Désormais le monde digital exige des moyens percutants
    Pour éviter l’esclaffement, le ridicule, l’hilarité.

    Et c’est la bonne vieille boule à neige qui fait les meilleures prévisions ;
    Il suffit de bien l’agiter et de la laisser reposer.
    J’ai vu accomplir ce manège souvent à la télévision
    Et même, pour ne pas les citer, dans les sondages présupposés.

    Tableau de Lisa Aisato sur https:www.aisato.no .

  • La prisonnière d’elle-même

    La prisonnière d’elle-même

    Elle, prisonnière de son corps et de sa place en société,
    Ne peut que regarder derrière le chemin qu’elle a parcouru.
    Tant d’efforts encore et encore pour éprouver à satiété
    Le sentiment d’être en arrière, bien loin d’être un jour secourue.

    Mais secourue par qui au juste à part les hommes, à part les femmes,
    À moins que ne revoit sa copie ce Créateur si misogyne ?
    Qu’importe, car il serait injuste de blasphémer ce Dieu infâme
    Alors que l’abjecte utopie s’impute à l’homme dès origine

    Illustration de Sarah-Jane Szikora sur https:www.museum-of-art.netroomswalk2817 .

  • Échec et meurs !

    Échec et meurs !

    Le roi ne tue pas pour de vrai mais que fait-il après l’échec
    De l’adversaire malheureux tombé vaincu après le mat ?
    Ce dernier revêt la livraie d’un simple pion, simple métèque,
    Qui se rallie aux valeureux désabusés de l’audimat.

    Le roi vainqueur a tous les droits, le roi vaincu, lui, n’est plus rien.
    La loi est dure mais c’est la loi surtout quand c’est celle du plus fort.
    Le roi déchu, s’il est adroit, se fera poète historien
    Et narrera, de bon aloi, comment tout perdre sans effort.

    Illustration de Sarah-Jane Szikora sur https:www.museum-of-art.netroomswalk2817 .

  • Tempête d’étoiles

    L’Europe sème ses étoiles sous l’ombre immense que le taureau
    Étend au cours de leur voyage vers la liberté de s’aimer.
    Soudain quelque chose se voile au-dessus des champs pastoraux ;
    On entend comme un mitraillage dans le firmament clairsemé.

    Sans doute Zeus qui s’est trahi car il s’était dissimulé
    Sous l’apparence d’un taureau et s’est pris un coup asséné
    Par la belle Europe ébahie de s’être fait manipuler
    Par des stratagèmes immoraux sans cesser de l’ morigéner.

    Europe sème désormais ses quelques étoiles en solitaire
    Et se refuse à tous les dieux qui font des plans sur la comète.
    Elle restera vierge à jamais et Zeus lui sera tributaire
    D’une rente au montant dispendieux qu’assidûment il lui soumette.

    Illustration de Valera Lutfullina

  • Poussière d’étoile

    Je cherche les nuits alchimiques où l’air, chargé de météores,
    Permet aux âmes en errance de redevenir persistantes.
    Dans l’atmosphère cyclothymique, les voix qui s’expriment au-dehors
    Prennent soudain une apparence de nitescences intermittentes.

    Si je décompose un éclair qui jaillit et zèbre le ciel
    Avec ses flammes de cristal qui s’échangent entre terres et nues,
    Je vois les feux follets bleu-clair d’un flambeau accrémentitiel
    Agité par une vestale vers des anges circonvenus.

    La Terre agit comme un aimant d’impact météorologique
    Dont l’énergie qui ascensionne porte ses souffrances et ses cris.
    Bien sûr la science dément ce phénomène liturgique
    Et les religions n’en mentionnent aucun écho dans leurs écrits.

    Illustration de Charles Vess pour le roman de Neil Gaiman

  • Pervers Noël

    Pervers Noël cache son jeu toute l’année à l’atelier
    En créant des contrefaçons de nos voitures électriques.
    Bien sûr, nous connaissons l’enjeu de ce bonhomme fou à lier :
    Attirer filles et garçons par ses tendances égocentriques.

    Les poupées qui disent « Maman ! » conditionnent les petites filles
    À souhaiter très rapidement pouvoir rencontrer les garçons,
    Ceux-là même qui, innocemment poussifs à l’esprit de famille,
    Sont amenés perfidement à jouer dans leurs caleçons.

    Pervers Noël qui sévissait les nuits de décembre dans les rues
    A enfin été arrêté par la police persévérante
    Pour les crimes qu’il assouvissait et ce matin a comparu
    Devant le juge décrété suite aux plaintes proliférantes.

    Tableaux de Matt Watts

  • La couleur de l’amour

    Bleu comme la première nuit qui rendit l’amour électrique ;
    Nos premiers frissons qui parcourent nos corps sensibles et tendus.
    Bleue comme l’aurore qui luit au petit matin féérique
    Sur deux amoureux qui concourent à figer le temps suspendu.

    Blanc comme la deuxième nuit qui rendit l’amour éternel ;
    Nos premiers baisers qui apaisent cette soif de nous reconnaître.
    Blanche comme la liqueur qui fuit de par l’organe maternel
    Qui accueille celui qui la baise de l’envie d’un enfant à naître.

    Rouge comme la troisième nuit qui rendit les amours fécondes ;
    Nos premières cellules échangées pour le meilleur et pour le pire.
    Rouge comme la vie qui se poursuit dans la matrice rubiconde
    Où pulse à l’abri du danger un petit ange qui soupire.

    Illustrations de Lorenzo Mattotti

  • Pas peur du loup

    Si la peur du Grand Méchant Loup a disparu de nos écrans,
    Elle est remplacée par l’effroi des épidémies et des guerres.
    Et pour ne pas faire de jaloux, la météo nous met à cran
    En nous menaçant d’un grand froid sur nos ressources délétères.

    Et si tout ça n’était qu’un leurre destiné à dissimuler
    Un nouvel ordre économique pire que ceux qu’on a connus ?
    Je pourrais vous prouver sur l’heure que tout cela est simulé
    Mais on me traiterait de comique ou complotiste reconnu !

    Illustration de Nadezhda Illarionova sur https://www.artstation.com/artwork/krP1z

  • La justice éminente

    Éminente ou bien dominante, la justice est-elle un fléau ?
    Plane-t-elle au-dessus de nous comme une épée de Damoclès ?
    La question est impertinente car elle invoque les idéaux
    De ceux qui mettent à genoux les gueux sans la moindre noblesse.

    La loi est dure mais c’est la loi et dures sont les forces de l’ordre
    Lorsqu’elles sont manipulées d’une main lourde et radicale
    Car il n’est pas de bon aloi de laisser les pauvres chiens mordre
    Les maîtres qui ont stipulé que leur gestion est amicale.

    Tableau de Sidwill-cg sur DeviantArt

  • Copains comme poisson-chat

    Comment vivre d’amour et d’eau fraîche entre un poisson et un chaton
    Lorsqu’il semble contre nature d’unir ces familles ennemies ?
    Le chat se montre assez revêche à se tremper les ripatons
    Quant au poisson, si d’aventure il sort de l’eau, il en frémit.

    Alors copains comme poisson-chat c’est comme croire qu’une sirène
    Pourrait aimer son matelot autrement que dans son assiette.
    Mais seul Lucifer s’y pencha et Dieu tira vite la sirène
    Et cet accouplement ballot finit au fond d’une oubliette.

    Tableau de Jean Metzinger

  • La nuit de la sirène

    Ayant chanté toute la journée, le chant de la sirène fond
    Dans la nuit noire et étoilée d’une petite mort trop brève.
    Mais le marchand dans sa tournée de sable d’un sommeil profond
    Lui permet de se dévoiler dans le cœur du dormeur qui rêve.

    Et dans mes rêves, je la sens, la douce caresse de velours
    D’une voix qui vient et m’enveloppe dans la capture de mes songes.
    Et cette douleur, j’y consens car l’esprit devenu balourd
    Cède à celle qui développe sa vérité comme un mensonge.

    Mon cœur me crée des insomnies pour résister à la charmeuse
    Mais j’y succombe au petit jour – quel oubli stupide et bénin !
    Je n’émets nulle calomnie du fond de mon âme dormeuse
    Car j’y succomberai toujours ; c’est mon idéal féminin.

    Tableau d’Auguste Raynaud

  • Les impudiques

    Deux ou trois morceaux de tissus, si petits mais si importants
    Qu’il suffit que l’un soit ôté pour que l’impudeur soit levée.
    La morale dont on est issu semble invraisemblable pourtant
    Hommes et femmes mal culottés sont jugés très mal-élevés.

    C’est pourquoi je suis chocolat lorsque je publie une image
    Où j’oublie de flouter un sein ou pire une partie intime.
    Sans doute que j’ai choqué là, avec préjudices et dommages,
    La société par mes desseins et mes poèmes illégitimes.

    Illustration de Sarah-Jane Szikora sur https://www.museum-of-art.net/rooms/walk/2817

  • L’angelle déchue

    Celle qui aimait tant la lumière brilla tant d’amour avec elle,
    Tant de fois avec tant d’ardeur, avec ses photons compagnons,
    Que neuf mois après, une première, en fait pas n’importe laquelle :
    Apparut sous son débardeur l’angelle enceinte d’un lumignon.

    On critiqua Luciféra, on l’envoya purger sa faute
    Dans l’obscur cul de basse-fosse qui servait à Dieu de poubelle.
    Et c’est ainsi qu’on transféra l’enfant sur la fameuse côte
    – L’histoire serait-elle vraie ou fausse ? – qui rendit la femme rebelle.

    Illustration de Sarah-Jane Szikora sur https://www.museum-of-art.net/rooms/walk/2817

  • La femme improbable

    Dieu créa l’homme à son image et l’homme ainsi bien inspiré
    Souhaiterait co-créer la femme selon sa propre estimation :
    « Il faut qu’elle lui rende hommage après qu’il ait bien transpiré
    Et qu’elle soit tout feu tout flamme en voie de domestication. »

    Pourtant Dieu n’est pas misogyne puisqu’il a lui-même élevé
    Une Terre sortie du néant et un homme sorti de la glaise.
    Par transition, dès l’origine, la femme à la côte prélevée
    Devrait régner de son séant comme supérieure… à Dieu ne plaise !

    Tableau de René Magritte

  • La femme introuvable

    8 mars, c’est la journée des femmes ; il était bon d’entériner
    Un jour pour nous y retrouver dans tous leurs progrès accomplis.
    Mais il reste beaucoup d’infâmes problèmes à éliminer
    Avant qu’elles puissent en éprouver une condition assouplie.

    Mais il ne faut pas en montrer le caractère sexuel
    Que ce soit dans leurs chromosomes ou bien dans leurs parties intimes.
    « On » aurait ainsi démontré que leurs comportements gestuels
    Troublent et conditionnent les hommes à en devenir les victimes.

    Tableau de René Magritte

  • La libération de l’esprit

    Marre de tirer des lignes droites, marre de suivre un chemin tracé ;
    Un jour j’ai quitté la raison pour suivre la folie du cœur.
    Sans doute suis-je maladroite, sans doute apparais-je déplacée,
    Une étrangère dans sa maison sous les yeux des anges moqueurs.

    Mais j’ai agrandi l’horizon en me confrontant aux problèmes
    Non pas ceux que j’avais appris mais ceux-là qui me faisaient peur.
    Je suis sortie de la prison qui n’a que l’ordre pour emblème
    Et qui condamne avec mépris les gens à voile et à vapeur.

    Illustration de Sarah-Jane Szikora sur https://www.museum-of-art.net/rooms/walk/2817

  • La honte de la famille

    Si jamais je n’ai su rentrer dans notre moule familial
    Ce n’est pas la faute à mon père, ni à ma mère, ni à mes sœurs ;
    Je n’ai pas pu me concentrer sur notre système trivial
    Où chacun de ses membres n’espère qu’agir comme ses prédécesseurs.

    Mais pour montrer ce que je suis, je dois me dénuder un peu
    Et ça perturbe l’entourage et les enfants de la patrie.
    Toutes les sanctions que j’essuie me font crier « sauve qui peut ! »
    Et c’est pourquoi, avec courage, j’ai quitté l’ingrate fratrie.

    Illustration de Sarah-Jane Szikora sur https://www.museum-of-art.net/rooms/walk/2817

  • Nourrir son Ego

    Qu’il est divin, qu’il est subtil, le goût de l’ego supérieur
    Ainsi que le démon sucré de la satisfaction de soi !
    Qu’il est excitant, érectile, le plaisir du moi intérieur
    Qui fond comme un signe sacré dans la bouche qui le reçoit.

    Plus craquant que mon cœur, tu meurs ! Plus beau que mon âme, tu rames !
    Plus vif que mon esprit, t’es gris ! Plus noble que mon corps, t’es mort !
    Seule ma personne a la primeur du destin que Dieu lui programme
    Et si les autres en sont aigris, je n’en éprouve aucun remords.

    Si j’ai pu raisonner ainsi dans ma jeunesse égocentriste,
    Le goût a changé de saveur au profit de pensées plus prudes
    Car cet ego s’est aminci de son narcissisme intégriste
    Sans doute grâce à la faveur de chutes de plus en plus rudes.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Recomposition matinale

    Quand j’étais jeune, à mon réveil, je devais tout réassembler
    Et regrouper mes souvenirs éparpillés dans mes pensées.
    Ce que j’avais connu la veille était resté désassemblé
    Et j’appréhendais l’avenir d’une jeunesse à dépenser.

    C’était devenu machinal et j’avais pris cette habitude
    De ruminer tout un passé pour suivre les mêmes sillons.
    C’était loin d’être original de refaire avec lassitude
    Toujours cett’ routine ressassée qui tuait l’effet papillon.

    Puis j’ai cassé ce casse-tête et laissé le cœur s’exprimer,
    Puis l’esprit de contradiction a pris la route des vacances.
    Ainsi l’ordinaire, trouble-fête, s’étant retrouvé supprimé,
    Je passe mon temps sans addiction à m’amuser d’extravagance.

    Tableau d’Aaron Jasinski sur https://www.taringa.net/+arte/aaron-jasinski-pinceladas-nostalgicas-parte-2_hrdb0 ainsi que sur https://www.aaronjasinski.com

  • Au pays des machines

    Malice au pays des machines, Georges en courant le lapin blanc
    Trouva l’autre côté du monde – bien trop robot pour être vrai –
    Peuplés d’hommes qui courbent l’échine et subissent tout en tremblant
    Sans réfléchir une seconde à vivre libre comme ils devraient.

    Mais pour sortir de ce système, je dois chasser les illusions
    Et cesser de croire au miracle du capital discrédité.
    Je veux découvrir d’autres thèmes que ceux de la télévision
    Et ne plus consulter l’oracle d’une science accréditée.

    Tableau d’Aaron Jasinski sur https://www.taringa.net/+arte/aaron-jasinski-pinceladas-nostalgicas-parte-2_hrdb0 ainsi que sur https://www.aaronjasinski.com

  • Dresser le coq ovin

    Pour qu’il soit doux comme un mouton, maître-Coq, dès qu’il est poussin,
    Commence son apprentissage avec sa coquetière-ovine.
    En livrée, chemise à boutons de manchettes et en mocassins,
    Il subit le droit de cuissage selon la recette angevine :

    « Faites revenir plusieurs fois le coquelet au beurre rance
    Et laissez-le bien reposer à la cocotte automatique.
    Délayez le cœur et le foie avec du vin de préférence
    Et dressez le plat disposé sur un lit d’herbes aromatiques. »

    Tableau de Shiori Matsumoto

  • La plume de l’ange

    Le temps passait seul, sans son ange qui n’avait pu se libérer
    Et j’écrivais à cœur perdu, l’esprit crissant sur le papier.
    Lorsque dans la lumière orange d’un crépuscule réverbéré,
    Une plume blanche, éperdue, vint atterrir juste à mes pieds.

    La nuit était-elle tombée ou était-ce entre chien et loup ?
    Toujours est-il qu’un ange blanc se posa à proximité.
    Et moi bien sûr, j’ai succombé, ce qui rendit le temps jaloux
    Qui suspendit l’ange tremblant entre deux airs illimités.

    J’ai pris sa plume que j’ai trempée à l’encre d’une nuit sans Lune
    Et j’ai raconté cette histoire du temps et de l’ange qui passent.
    Plaise au lecteur que j’ai trompé avec cette idée opportune
    Qu’il prenne conscience notoire de mes errances dans l’espace.

    Illustration d’Andrej Mashkovtsev

  • Miss Caméléonne

    Sans doute un prénom qui déteint sur ses tenues vestimentaires
    Tant celles-ci sont assorties aux murs de son appartement.
    Quant à ses cheveux et son teint, également complémentaires,
    Ils s’adaptent à chaque sortie au ton de ses emportements.

    Point ne s’arrête son mimétisme à sa peau et ses vêtements ;
    En effet tout son caractère prend la couleur de l’air du temps.
    Conséquence du magnétisme de la Terre et ses éléments
    Sur cette fille pleine de mystères mais qui se dévoile pourtant.

    J’ai connu Miss Caméléonne au cours d’une de mes tournées
    Celle-là même la plus étrange, je dirais même atmosphérique.
    Elle venait de Sierra Leonne et, le soir en fin de journée,
    Elle prenait la couleur orange d’un coucher de soleil d’Afrique.

    Tableau de Louis Treserras sur http://wombart.net/emotion-research-by-louis-treserras

  • L’œil, l’expression et l’impression

    L’œil, miroir indiscret de l’âme, reflète mon étonnement
    Devant tout ce que je découvre et que j’ai du mal à comprendre.
    Mais il trahit souvent la flamme dont fuse le rayonnement
    Des raisonnements que j’entrouvre sur le peu que j’ai pu apprendre.

    L’œil, sentinelle défensive, explore mon environnement,
    Attentive à ce qui se passe derrière son intime frontière.
    Parfois elle se montre offensive pour pallier le foisonnement
    Des imprévus qui la dépasse et la font trembler tout entière.

    L’œil, porte-parole du cœur, exprime mes ressentiments
    Comme les joies et les pressions sur ce que j’ai envie de vivre.
    Il sait occulter mes rancœurs, mes craintes et mes sentiments
    Et ne renvoie que l’expression de mon intérieur comme un livre.

    Illustrations de Jean-Pierre Gibrat

  • Réflexions lunaires

    J’aime ma fenêtre propice aux réflexions fort opportunes
    De son miroir qui me démontre sa silencieuse complétude
    Au seuil des meilleures auspices que m’envoie un rayon de Lune
    Qui perce et qui vient à l’encontre de mon cœur chargé d’inquiétudes.

    Lune, Ô ma Lune taciturne, que me révèle l’avenir
    À travers la neige qui tombe d’une incertitude impassible.
    J’en appelle à l’astre nocturne dont le halo sait convenir
    À m’indiquer ce qui m’incombe dans la nuit de tous les possibles.

    C’est l’heure où je vais me coucher, lorsque le temps se superpose
    Que m’apparaît la direction vers laquelle je dois lâcher prise
    Je laisse mon cœur accoucher du germe que le jour dépose
    Quand le soleil en érection m’illuminera sans surprise.

    Illustrations de Jean-Pierre Gibrat

  • En avant vers le progrès !

    Bien que trop beau pour être vrai, le progrès amène les robots
    À s’occuper de nos enfants rivés à leurs petits écrans.
    Si cet avenir nous effraie, c’est pourtant nos efforts globaux
    Du savoir-faire ébouriffant qui aujourd’hui nous mettent à cran.

    Si les écoles de demain prennent la même direction,
    On fera l’école buissonnière dans des campagnes virtuelles
    Où les gosses en un tournemain pirateront leurs corrections
    Soit, avec l’art et la manière, ou par bêtises perpétuelles.

    Devant l’abîme de l’ignorance, ils feront un pas en avant
    Ainsi tout sera résolu sans la moindre contradiction.
    Ne voyant nulle incohérence à ce phénomène aggravant,
    Rejetons notre dévolu sur nos propres actuelles addictions.

    Illustration de Jeff Drew sur jeff drew – ART STORE: Prints & More! (jeffdrewpictures.com)

  • Le p’tit bateau dans la tête

    J’ai eu ma période « bicyclette » avec p’tit vélo dans la tête
    Et puis ma période « évasion » avec un tout p’tit avion.
    Aujourd’hui j’ai celle que je veux, un p’tit bateau dans les cheveux
    Et mon ange gardien qui y rame, qui rame, qui rame… tout un programme !

    Lorsque je cherche à m’échapper des infos qui ont dérapé
    Vers des catastrophes en vagues et des politiques qui divaguent,
    Lorsqu’on nous mène tous en bateau avec – cerise dur la gâteau –
    Des mensonges gros comme une maison, mon cœur fuit hors de ma raison.

    Et je viens retrouver mon ange dans ma cervelle de rechange :
    Ma barque nommée « L’intrépide » pour fuir toutes ces idées stupides
    Et arrêter de ruminer sur les crises indéterminées
    Qui me soufflent dans la figure comme oiseau de mauvais augure.

    Illustration de Lisa Aisato sur https://www.aisato.no/andre-illustrasjoner/#itemId=55830f07e4b0d670c6fc3e2b

  • La pêche originale

    Quand Dieu créa l’eau des rivières, elle était fort alcoolisée
    – Sans doute deux anges farceurs jouant aux apprentis chimistes.
    On remonta sur la civière les premiers thons diabolisés
    Par le breuvage dont la noirceur n’était pas des plus optimistes.

    Puis Dieu créa l’homme-poisson ; les anges virent que c’était bon
    Et furent les premiers à pêcher l’Adam et l’Ève en pleine ivresse
    Car les bougres épris de boisson – eaux-de-vie, vodka et bourbon –
    N’avaient vraiment pu s’empêcher de siffler l’eau enchanteresse.

    Ainsi Dieu punit tout le monde à coup de foudre et de déluge
    Et dilua l’eau de la Terre, puis rajouta un peu de sel.
    À point, la planète féconde put enfin servir de refuge
    Au nouvel homme propriétaire ; ange et démon universel.

    Tableau de Scott G. Brooks sur https://www.scottgbrooks.com/product-category/giclee-prints

  • Comment j’ai trouvé mon Vendredi

    C’est en voyant passer les gens, perpétuellement sans relâche,
    Sortir leur chien trois fois par jour, toujours par le même chemin,
    Que j’acquis un poisson d’argent, docile, aux nageoires un peu flaches,
    Pour fuir mon tranquille séjour sans stresser, la laisse à la main.

    Ensemble nous suivons la rivière où je le laisse aller nager
    Car il adore s’éclater à outrepasser les cascades.
    Sauf pour les transports ferroviaires où j’ai dû lui aménager
    Un aquarium hélas refusé par un vieux contrôleur maussade.

    Quand les animaux domestiques subiront la montée des eaux,
    Ils accueilleront dans leurs rangs toute la faune piscicole.
    Plaise à mon esprit scolastique d’ouvrir grand les portes des zoos
    Pour créer à contre-courant ce concept comme un cas d’école.

    Illustration d’Omar Rayyan

  • La femme à plume

    Une femme à poil, c’est attirant, une femme à plume, c’est chavirant !
    J’aime lorsqu’elle ouvre ses ailes et dévoile, de la demoiselle,
    Ses petits seins comme deux œufs, petit équipement oiseux
    Dont je me tâte sur l’optimisme de leur aérodynamisme.

    Une femme à plume, mère poule, j’en aurais tant été maboule,
    Bien coucouné sous son plumage, la tétant pour lui rendre hommage.
    Petit oiseau devenu grand trouverait oiselle de son rang
    Pour convoler en tutélaire manière de s’envoyer en l’air.

    Photo Yves Saint Laurent sur http://devorahmacdonald.blogspot.com/2012/08/blog-post.html

  • Derrière le masque

    Les yeux sont le reflet de l’âme mais, derrière un masque moqueur,
    Ils sont comme un miroir sans tain qui m’observe sans être vu.
    Je ne leur porte pas un blâme mais où sont donc les yeux de cœur
    Derrière ce regard hautain de toute vertu dépourvu ?

    Souvent d’autres visages affichent de véritables jeux de rôles,
    Bourreau, défenseur ou victime et parfois les trois à la fois.
    Personnellement je m’en fiche et je vous en donne ma parole ;
    Derrière ma figure intime, il n’est que mon acte de foi.

    Illustrations d’Alessandra Lemos

  • Ôtons le voile !

    Ôtons le voile sur la censure et, pourquoi pas, sur les seins sûrs !
    Les seins qu’il ne faut pas qu’on touche du moins sur les saintes nitouches.
    Sans désacraliser la femme, ni porter de propos infâme,
    Mais en rendant au mamelon son grade et même du galon.

    Vraiment cette partie du corps paraît taboue et plus encore ;
    Lorsqu’elle allaite son enfant, certains trouvent ça infamant.
    Moi, qui n’ai pas tété au sein, j’estime ces jugements malsains
    Et si j’avais de la poitrine, je l’exposerais en vitrine.

    Tableau de Konstantin Razumov

  • Une légère erreur d’adaptation

    Dans les méandres féminins d’une rêveuse aventurière
    À l’oreille rafistolée de laine et d’un nœud papillon,
    Pour la fille, je reste intraitable : avec ses petits faux-semblants,
    Elle a l’air d’avoir picolé et de piquer un roupillon !

    Alors là, c’est n’importe quoi ! Je voudrais voir l’accessoiriste
    Et parler au metteur-en-scène de sa folle interprétation !
    Quant aux trucages inadéquats qui feraient rire un rigoriste,
    C’est la goutte d’eau qui m’assène un coup chargé d’imprécations !

    Tableaux d’Akiko Ijichi

  • Enfin février s’en va !

    Il était temps, les p’tits amis, que février largue les voiles,
    S’envole jusqu’à l’année prochaine et nous souhaite un heureux séjour.
    Au revoir, hiver ennemi, nous coucherons à la belle étoile
    Dès que printemps-été enchaînent un soleil avec de beaux jours !

    Pauvre et vain mois de février ! Cependant, en bien tout honneur,
    Avec vingt-huit jours, la froidure n’a pas tellement l’air triomphant.
    Alors cessons de décrier ce mois où parfois le bonheur
    Tant que la neige et le froid durent apporte la joie aux enfants.

    Illustration du calendrier d’Olga Ert sur https://www.behance.net/gallery/186943/calendar