Et si la Terre n’était qu’un rêve produit en une seule nuit Par une Gaïa, toute jeunette, à l’imagination fleurie ? L’éternité serait si brève qu’elle durerait encore aujourd’hui Et nous ne serions sur la planète qu’un genre de fantasmagorie.
Moi-même, je ne suis qu’un programme qui tourne sur la plateforme D’un système d’exploitation qui me fait croire qu’il est Dieu. J’ai avalé des kilogrammes d’informations de toutes formes Qui ne sont que divagations de ses fantasmes insidieux.
Tant que Gaïa fabulera, l’univers entier tournera Et quand Gaïa s’éveillera, le monde en réveil tremblera. Alors que nous importera quand la mort nous emportera Puisque l’Éternel ne sera plus qu’un feu qui s’évanouira ?
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J’avais bien plus de solutions que de problèmes dans ma tête Et chaque équation de la vie tournait en boucles hermétiques. Sans cesse des révolutions de zéros formaient des tempêtes De nombres aux chiffres asservis à des suites arithmétiques.
J’avais en guise de neurones, des processeurs quadruples cœurs Reliés aux modèles réduits d’un univers électronique Dont le flux de testostérone baignait d’une même liqueur Pour refroidir tous les circuits de ma mémoire bionique.
Et puis le Grand Bug apparut dans une explosion de lumière Et toute ma matière grise a proliféré dans l’espace. Toutes mes pensées disparues dans le néant s’éparpillèrent Et reviennent parfois par surprise au moment ou un ange passe.
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Rien ne sert de gagner sa vie, il faut accumuler ses points, Commencer le plus tôt possible et ne s’arrêter que post-mortem Dès l’enfance, on est asservi de la rentrée jusqu’à fin juin À bûcher pour être admissible et se fondre dans le système.
Le meilleur est récompensé à entrer dans les hautes sphères, Les autres abandonnent en route et servent de chair à canon. Certains tentent de compenser en trempant dans de sombres affaires Mais seront mis en banqueroute et finiront au cabanon.
Tout ça n’est que légalité ordonnée et commanditée Par une élite terre-à-terre et avant tout matérialiste. Qui mise sur la qualité plutôt que sur la quantité Ressemble au candide de Voltaire, un pauvre fou idéaliste.
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Valse à trois temps avec Satan qui serait du troisième sexe, Moins masculin qu’efféminé, de virilité féminine. Phénomène allant translatant d’un genre à l’autre sans complexe Frappant les mâles dominés et femelles cucul-la-praline.
Terminé le sexe des anges qui ne faisait bander personne ; Bienvenue au genre du diable qui reste au neutre et terre-à-terre. Être sexué, cela dérange les femmelettes et les garçonnes Par le besoin irrémédiable d’une sexualité solitaire.
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Un peu de fil et une aiguille suffit pour repriser un trou Mais le cœur est bien trop sensible pour se laisser rafistoler. Sinon la moindre peccadille revendiquera peu ou prou Un temps infini extensible et requis pour le consoler.
Sachez, parole de cœurdonnière, qu’un bon kit de raccommodage Contient compassion et patience, amour et empathie en tube. Un bisou à la boutonnière, un patch anti-marivaudage, Trois grosses bobines de confiance et de l’espoir en bouillons-cubes.
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Les petits démons font la fête dans une explosion d’émotions Quand les premières amours éclatent comme des bourgeons au printemps. Les coups de cœur montent à la tête sous les passions en promotion, L’émotivité se dilate sous des courts-circuits éreintants.
Le cœur n’ayant pas de fusible et le courant étant trop fort, L’esprit n’offre aucune résistance et les plombs pètent à se dissoudre. Pourtant bien que rien ne soit visible, on imagine les efforts De l’homme ou la femme en instance de succomber au coup de foudre.
Pour retrouver tous les chemins de mes rêves psychédéliques, J’emprunte les voies forestières d’une inspiration stimulée Qui me fait écarter de la main les rideaux méphistophéliques Où la faune inhospitalière choisit de se dissimuler.
Parmi les arbres phosphorés et les sentiers luminescents, Je suis et remonte la piste des elfes, des fées des lutins Qui se cachent dans la forêt et dont les pas déliquescents Montrent leurs empreintes utopiste qui mènent à leurs quartiers mutins.
Là, une fée masquée en biche ; ici, un elfe travesti En oiseau noir, vilain corbeau, ou en oiselle, belle corneille. Moi, je fais celui qui s’en fiche, qui cherche ailleurs et s’investit À éloigner les escargots des ramasseurs et leurs corbeilles.
À la manière de l’alchimiste, je reviens cent fois sur mes pas, Je reprends les mêmes passages autant de fois qu’un requérant. Comme je suis opportuniste et que j’ai l’œil dans le compas, Depuis ce jour, ils envisagent de m’accepter parmi leurs rangs.
Le « Bois de Hal » situé entre la Flandre et la Wallonie, dévoile une majestueuse hêtraie sur https:fr.quora.comprofileSylvia-9Une-for%C3%AAt-enchant%C3%A9e?ch=17&oid=106656537&share=82c47322&srid=hJ7fDb&target_type=post .
On dit que les actes manqués sont une sorte de compromis Entre le désir inconscient et l’objectif sciemment visé. Quand je me retrouve flanqué de créatures au cœur promis, Dois-j’en conclure à bon escient que mon âme est bien avisée ?
Dès qu’une houri m’a souri, rêvé-je un amour impossible ? Quand Vénus m’accueille en son sein, qu’ai-je oublié dans sa matrice ? Quand je sors avec une souris, le chat est-il inaccessible Et pénétrer en son bassin, est-ce une source inspiratrice ?
Sans doute l’ivresse des sens distille en l’esprit la liqueur Qui lui entrouvre la petite porte pour l’accès au septième ciel ? L’acte manqué serait l’essence, le super carburant du cœur Qui virevolte et me transporte aux paradis artificiels.
« À travers moi, viennent la vie, la respiration et la mort ! » M’a répondu la flamme verte issue du féminin sacré. Je vais donc suivre son avis et abandonner sans remords Mes conflits pour la découverte de mes petits démons sucrés.
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Le mur de Berlin a tremblé et a fini par s’effondrer ; Le communisme a reculé dans un souffle de liberté. Cependant s’il vous a semblé que tout va bien, vous conviendrez Que nous sommes toujours acculés et que l’espoir a déserté.
Quelle que soit l’espèce du mur, politique ou bien religieux Quand on fait la révolution, d’autres murailles nous enferment. Tout Roi chassé comme fruit trop mûr par des fanatiques litigieux, Provoquera l’involution vers une dictature à terme.
Finalement c’est sans issue ; malgré autant de changements, On repousse sans cesse ses limites et on atteint son périgée. Nos enfants du même tissu recommenceront également À péter à la dynamite tout ce qu’on aura érigé.
Tableau d’Aaron Jasinski sur https:www.taringa.net+arteaaron-jasinski-pinceladas-nostalgicas-parte-2_hrdb0 ainsi que sur https:www.aaronjasinski.com .
L’Ourobouros se mord la queue qu’il soit serpent, dragon ou chien. J’entends déjà les complotistes en dire autant sur tant de choses : « Si les pays sont belliqueux, ça vient de leurs politiciens Au pire, s’ils sont jusqu’au-boutistes, gare au chaos et aux psychoses. »
Le mieux est l’ennemi du bien, sans doute pire que le mal ; L’infiniment petit paraît plus grand que l’infiniment grand. Un petit virus microbien provoque un problème maximal Et quand son vaccin apparaît le désordre en est plus flagrant.
Dieu et le Diable, supposés être au cœur de toutes les guerres, Dérapent et font des tête-à-queue selon le sens des religions ; Chrétiens, musulmans opposés se prennent la tête depuis naguère Et moi je crie « sauve-qui-peut ! Ce mal s’attrape par contagion ! »
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Il en est des rêves utopiques de ceux qui ne connaissant rien Ont pourtant bravé l’aventure et triomphé des gens instruits. Les meilleurs désirs atypiques, à en croire les historiens, Malgré quelques mésaventures ont toutefois porté leurs fruits.
Et je propose de construire les rêves les plus audacieux Et même les plus impossibles voire s’ils paraissent stupides Car lorsqu’il s’agit de détruire les savoirs les plus fallacieux, La porte de tous les possibles s’ouvre en grand aux plus intrépides.
Une fois décroché la Lune, la pêche devient miraculeuse Car les poissons volent par-dessus l’eau qui a coulé sous les ponts. Les pêcheurs à l’heure opportune munis de lignes nébuleuses Ne seront, je crois, pas déçus de ma suggestion, j’en réponds.
La sirène blanche éclaire mes nuits par le grain de sa peau laiteuse Qui se confond avec mes songes ensommeillés d’iode et de sel. Elle se morfond, elle s’ennuie. Par mes rêveries prometteuses Je la distrais de mes mensonges dont elle tire les ficelles.
La sirène noire me fait plonger dans le sommeil le plus profond Vers les mirages aquatiques qui nourrissent mon inspiration. Elle aime me faire prolonger intensément vers les tréfonds Là où ses fantasmes érotiques ont le plus de motivation.
Tableaux de Yelena Briksenkova et de Becca Stadtlander.
Après ses millions de printemps, constituée d’essences vertes, Belles-de-jour, belles-de-nuit et de la couleur dans ses mains, Dame Nature n’a plus vingt ans mais elle demeure bien alerte Avec ses fleurs épanouies dont elle fleurit les chemins.
Certes, elle se fane en automne et fond dans le froid de l’hiver Mais elle dort, elle n’est pas morte, comme le phénix des forêts. Après deux saisons monotones, elle reprend un coup de sang vert Qui la réveille et la transporte pour de nouvelles noces dorées.
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Ceux qui le disent avec des fleurs sont ceux qui pensent avec le cœur Et leurs mots transportent de joie tous ceux dont l’âme est à l’écoute. Ceux qui le disent avec des pleurs sont ceux qui pensent avec rancœur Et leurs maux servent de rabat-joie pour faire du mal quoi qu’il en coûte.
Ainsi que la vague soit bonne ou chargée de flots affligeants, Je me laisse autant emporter par le vent sans lui résister. Je ne peux ni changer la donne ni changer la pensée des gens Mais je peux changer la portée de ma manière d’exister.
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Tous les chemins mènent à Rome pour qui ménage sa monture Et vous en sentirez l’arôme tout au long de votre aventure À condition de savourer chaque moment de son séjour Avec le cœur énamouré envers chaque bonheur du jour.
Si le présent semble immobile, le temps, lui, défile trop vite Avec cette course débile autour de laquelle on gravite. On court pour amasser l’argent, on court pour sentir la vitesse Électriser le cœur des gens qui se consument de tristesse.
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Quand les enfants deviennent grands, le marchand de sable jouit D’une retraite bien méritée sur son nuage sans regret. Un bon bouquin, un mazagran, un bon café le réjouit Il est heureux en vérité de passer la main au progrès.
Plus de contes à dormir debout pour les descendants d’aujourd’hui Qui s’endorment avec des séries les plus incroyables qui soient. Les contes de fées sont tabous car ce mauvais genre produit Une dépendance aguerrie envers la confiance en soi.
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Tous les contes à dormir debout de l’habile Shéhérazade Prolongeaient sa vie d’un matin jusqu’à la soirée fatidique. Si l’on enfile de bout en bout ses nombreuses improvisades, On y perd sans doute son latin mais on y gagne en juridique.
J’aimerais enchaîner mes rêves et mes Reflets-Vers récurrents Pour retrouver mes favorites qui disparaissent à l’aurore. Rêveries infinies et brèves dépasseraient mes concurrents De toutes ces séries démérites dont réseaux en streaming pérorent.
Non seulement inconfortable mais très éreintant pour les fesses, Avoir le cul entre deux chaises n’est pas si aisé qu’on le croit. Même s’il paraît délectable d’y embrasser, je le confesse, Un paon au style Louis XVI et qui fait la roue de surcroît.
Si pareille situation l’un de ces quatre jours m’échoit, J’opterai pour de l’Ikea dont le confort est assuré. Je mettrai l’accentuation sur un canapé de mon choix Et remplacerai le paon béat par une bouche à savourer.
Les belles plantes sous leurs serres aiment se gaver de soleil Et se montrent proliférantes quant à l’envie de resplendir. La grêle qui tape sur le verre, la poussière que le vent balaye Les laissent toutes indifférentes sans les empêcher de grandir.
Quand une jeune fille en fleur jette un regard par la fenêtre, Bien heureux qui l’apercevra et chanceux qui la cueillera. Et celui dont la main effleure leur corolle saura reconnaître La félicité mais devra l’orner de vingt-quatre carats.
Je connais une jardinière qui habite au dernier étage Dans une mansarde aérée, bien à l’abri des parasites. Or les fruits de sa pépinière sont faits d’amour et de laitage Dont j’aime me désaltérer quand je viens lui rendre visite.
Marre des programmes soporifiques débités dès potron-minet Qui ne servent qu’à prolonger les nuits d’insomnies redondantes ! Marre des feuilletons prolifiques qui ne sont jamais terminés Et ne cessent de se rallonger après maintes fins confondantes.
Mais les programmes intelligents étant difficiles à comprendre, Le cerveau aime se complaire à zapper des stupidités Car on prend les cons pour des gens à force de leur désapprendre À voir, au risque de leur déplaire, bêtises et insanités.
Bien sûr, les soaps d’après-manger sont efficaces pour la sieste Surtout quand le poste ronronne après avoir baissé le son. Les chats n’y sont pas étrangers car aussitôt ils manifestent Cette attitude et s’environnent en boule comme un hérisson.
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Trouver bonne chaussure à son pied n’est pas toujours aussi aisé ; Et trouver son homme parfait… impossible mais… ce n’est pas français. Marie a fait comme il lui sied ; pour ne pas se faire baiser Elle a écarté les surfaits et gardé ses référencés.
Puis elle les a mis à l’épreuve : « Savent-ils faire la cuisine ? Mangent-ils bio, équilibré, boivent-ils avec modération ? » Un à un, ils ont fait leurs preuves, beaucoup se sont crus à l’usine Mais Marie les a calibrés à la qualité des rations.
Finalement le plus complexe, l’expérimentation finale, Fut de tenir le plus longtemps et réjouir au lit, Marie. Bains, douche-à-bouche qui se duplexent et s’inscrivent dans les annales, Enfin faire l’amour à plein temps toute une vie sans avarie.
Illustration d’Astrid Babayan sur https:obrah.com.brcollectionsastrid-babayan .
Marie s’invente désormais sa propre saison pour aimer Depuis le trente-deux décembre jusqu’au trente-quatre novembre. Chez elle, elle s’habille en été, seins nus – c’est bon pour les tétés – Et quand elle sort, pas de culotte , c’est pas pour autant qu’elle grelotte.
Quelle est sa mode automne-hiver ? Pas autrement qu’en pull-over ! Printemps-été, robe légère voire une folie passagère ; Un décolleté bien plongeant ou un dos nu se prolongeant Jusqu’à ce qu’admet la censure sans rien montrer sous la ceinture.
Lundi est jour de promenades, randonnées, petites balades, Puis du mardi au vendredi – comme rien ne la contredit – Elle fait la tournée des grands ducs et quand sa fortune est caduc, Elle jette samedi et dimanche la cognée, puis après le manche.
Illustrations de Julianna Brion sur https:www.behance.netjuliannabrion .
Joli mois de mai pour Marie qui cherche l’amour de sa vie Le printemps ravive les cœurs, le fond de l’air est amoureux. Tous les animaux s’apparient pourquoi pas elle, à votre avis ? En quête du mâle vainqueur, elle court les sentiers langoureux.
Au mois d’août en pleine chaleur, ses amours vont en pleine ardeur ; Un nouvel amant chaque jour, les nuits passent en effervescence. Trouver l’étalon de valeur qui ne dure pas qu’un quart d’heure Mais l’oiseau rare court toujours ou finit en évanescence.
Novembre la distrait à peine mais elle reste seule dans son lit Car les amours sont monotones et les manteaux trop pudibonds. Chercher les mâles à la douzaine, l’aventure tourne à la folie. Fichue saison, fichu automne, fichu caractère furibond !
En février, rien ne va plus ; passé janvier, un peu de pluie ; Saint-Valentin, un rendez-vous et Marie va se faire les yeux. C’était très bien, ça lui a plu, elle est repartie avec lui Et au matin, je vous l’avoue, Marie le trouve merveilleux.
Illustrations d’Astrid Babayan sur https:obrah.com.brcollectionsastrid-babayan .
Joli mois de mai pour Marie qui s’éloigne et se met au vert Et oublie les soucis divers qui ont fait de l’ombre au soleil. Il faut changer de gabarit et recréer son univers, Remiser ses habits d’hiver, sortir les crop-tops du sommeil.
Au mois d’août en pleine chaleur, Marie suit l’aventure en jaune, Couleur de l’été en pleins champs, à galoper les jambes nues. Chercher à se mettre en valeur et chevaucher en amazone Des heures jusqu’au soleil couchant et patienter la nuit venue.
Novembre la surprend à peine, la rouille n’est que provisoire ; Marie recherche le confort et se blottit dans sa maison. Bien loin de la folie urbaine et ses mouvements dérisoires, Elle se nourrit à grand renfort de fruits et légumes de saison.
En février, rien ne va plus ; Marie songe à déménager, Changer de lieu et changer d’air et connecter d’autres réseaux. Tous les dimanches, il a bien plu et les nuages ont présagé Une grisaille légendaire et le moral reste à zéro.
Illustrations de Julianna Brion sur https:www.behance.netjuliannabrion .
Le paradis artificiel promis par la télévision Sera bientôt réalité pour ceux qui croient ce qu’on leur dit. Bien sûr, tout est superficiel, le bonheur n’est qu’une illusion Dont on vante la qualité en leur jouant la comédie.
Bientôt la jeunesse éternelle promise par la médecine Sera disponible à portée des portefeuilles bien fournis Et la consommation charnelle soumise à la gente assassine Qui proposera d’avorter pour cuire les fœtus au fournil.
Tableau de Mark Bryan sur www.artofmarkbryan.com .
Voir Étretat et puis mourir ne suffit plus pour mon bonheur ; Je veux voir son aiguille creuse par tous les temps de la planète. Bien sûr, je peux toujours courir pour l’apercevoir de bonne heure Sous une couche de poudreuse blanche, immaculée et tristounette.
Eh bien aujourd’hui c’est possible grâce à la fonte des banquises, Au réchauffement climatique et la pollution touristique ! Tout va bien, restons impassibles et calmons Madame la Marquise Car la Manche sera Atlantique d’après la science heuristique.
L’heuristique est l’art d’inventer, de faire des découvertes ainsi qu’une discipline qui se propose de dégager les règles de la recherche scientifique et de la découverte et plein d’autres choses…
Quand la sirène devient humaine pour l’amour d’un beau matelot Elle est un peu déboussolée sans sa queue mais avec deux jambes. Il faut une bonne semaine avant de se jeter à l’eau C’est-à-dire de batifoler gaillarde, alerte et ingambe.
Encore une fois, elle hésite de quitter l’élément liquide En outre, le fond de l’air est frais, d’ailleurs elle en reste sans voix. Juste une dernière visite ; déjà l’eau paraît insipide. Elle rejoint le monde qui l’effraie comme toujours la première fois.
Photos de Joel Meyerowitz et Ryan McGinley sur https:www.slate.frgrand-formatjoel-meyerowitz-photographe-oeil-70029 .
Le vendredi, elle a le blues, toujours l’ivresse des profondeurs Qui lui fait voir soit tout en noir, soit tout en bleu, soit tout en blanc. Alors elle enfile sa blouse qui dissimule ses rondeurs Et chante tout son désespoir d’un récital des plus troublants.
Puis du samedi au dimanche, elle se baigne de couleurs Pour mieux accueillir la balade des matelots en mal d’amour, Lassés de s’astiquer le manche – ce qui provoque cals et douleurs –, Qui viennent écouter ses ballades un peu grivoises mais riches d’humour.
Illustrations de Julie Paschkis sur https:wondrouswovenmagic.wordpress.com20101013wondrous-wednesday-julie-paschkiss-fabrics .
Pour les petits garçons, le père représente un précepte à prendre Et la mère un être à aimer mais mystérieux et insondable. Les garçons manquent de repères ; les filles difficiles à comprendre Et la puberté programmée, une expérience indécidable.
Sa mécanique hyper complexe, sa psychologie compliquée Montre la femme au petit mâle comme une étrange créature. Je suis souvent resté perplexe quant à l’érotisme expliqué Jusqu’à ce que l’instinct animal m’impose alors sa dictature.
Sans doute en est-il de nombreux fondamentaux qui nous agitent ; Croire au démon ou croire en Dieu, croire à un parti politique, Croire aux trous noirs et ténébreux, ça vous échauffe et ça cogite Jusqu’à ce qu’un neurone insidieux fasse un court-circuit éclectique.
« Observez cet étrange tableau : la minutie des détails, le rendu réaliste de la roche, les effets de lumière… Dali nous livre avant tout un beau morceau de peinture. Et une image photo-réaliste qui rend crédible un univers délirant ! Mais il ne faut pas s’y tromper, les toiles de l’artiste, sous leur apparente folie, ont toujours un sens caché. Ici, par exemple, l’enfant en habit de marin n’est autre que Dali lui-même. Il se représente dans une crique méditerranéenne proche de la résidence secondaire familiale, qui existe réellement. Et le monstre composite fait de sacs, de chair, de béquilles et de bandelettes ? C’est un spectre féminin qui renvoie à toutes ses angoisses. Cette forme, qui, de loin, pourrait passer pour un être fantastique aux seins dressés est en fait une créature en décomposition, os apparents. Si le désir est ainsi associé à la mollesse, ce n’est pas un hasard : Dali souffrait de problèmes d’impuissance et avouait volontiers sa phobie du sexe mou. »
Dieu nous a menés en bateau dans des cabines séparées Sans possibilité d’échange ni même de simple visite. Chacun se retrouve pataud avec son sexe accaparé Des obligations qui dérangent de la vie qui nous sollicite.
On naît et on parcourt sa boîte sans cesser de polémiquer Sur le mystère qui reste entier quant à celle de l’autre sexe. À la puberté tout s’emboîte ; on peut alors communiquer Bien que cela mette en chantier des enfants qui rendent perplexes.
Tableaux de Denis Sarazhin sur https:arcadiacontemporary.comartists47-denis-sarazhinworks#image-5 .
L’Orchestre des Cœurs Solitaires s’est réinjecté du sang neuf Avec globules rouges et blancs qui réveilleraient un macchabée. Chaque comédien solidaire, tous les mecs ainsi que les meufs, Ont un petit air ressemblant avec un groupe de scarabée.
Groupe qui ne manque pas de piment, ni poivre noir, ni poivre blanc, Ni Sergent Poivre, toujours présent sur un fond rouge psychédélique. Musique riche en sentiments, riche en accords les plus troublants Par le message omniprésent d’un divin méphistophélique.
Finies vieilles chansons ringardes, la musique renaît de ses cendres ! Finies cacophonies pompeuses et leurs mélodies démodées ! Vive la mode d’avant-garde qui, de janvier jusqu’en décembre, Attire les filles pulpeuses qui viendront nous accommoder.
Bâtir les villes à la campagne me semblait un rêve utopique Où je pensais couler des jours dans une ambiance bucolique. J’avais pensé à la montagne mais les sommets trop chaotiques M’auraient galvaudé mon séjour d’une manière diabolique.
C’est un peu ce qu’ils font en Suisse dans les villages aux alentours Avec usines qui dénaturent le paysage maladroit. Jusqu’à chez moi, autant qu’on puisse y faire abstraction tour à tour En espérant que la nature un jour y reprenne ses droits.
Illustrations de Margherita Paoletti sur https:www.directoryofillustration.comillustration_image_details.aspx?AID=13998&IID=272643 .
Les liaisons d’attachement sont comme des cordes élastiques Qui peuvent souvent s’étirer au risque de se détacher. Hélas, des cas d’arrachement ou de ruptures frénétiques Endommagent les cœurs déchirés qui ne pourront se rattacher.
Comme des liens moléculaires, je les imagine en couleurs ; Bleues pour les liaisons profondes, rouges lorsqu’elles se font intenses, Blanches pour les plus spectaculaires, noires quand elle deviennent douleur, Vertes lorsqu’elles se font fécondes et roses en cas de concomitance.
De quelles couleurs sont les miennes ? De tous les tubes de couleurs Que mon épouse barbouilleuse manifeste dans sa peinture. D’autres, il paraît, sont daltoniennes, confondant amour et douleur Lorsqu’elles se font vadrouilleuses en quête d’autres aventures.
Tableau de Jonas Burgert sur https:www.jonasburgert.deworksjonas-burgert-works-2015 .
« Cueillons la femme-fleur sans la laisser faner ; Dès le matin éclose, il nous faut la cueillir ! Épargnons-lui les pleurs d’attendre des années Pour obtenir la clause qu’il nous faut l’accueillir ! »
Ont résonné ces mots quand Dieu donna la femme À Adam côtoyé dans l’éden, son enclave, De peur que ce chameau, d’une pensée infâme, L’enchaîne à son foyer pour une vie d’esclave.
Tableaux de Jonas Burgert sur https:www.jonasburgert.deworksjonas-burgert-works-2016 .
Avec sa palette graphique de seize millions de couleurs, Léonard nous aurait scanné et photoshopé la Joconde Dans son codex holographique, puis inventorié sans douleur Son art, non pas en trente années, mais à peine en quelques secondes.
Ainsi le progrès va trop vite ; on n’a plus le temps d’attacher Ses sentiments au noir et blanc, au sépia et à l’argentique Car la technologie évite de pondre une œuvre à l’arrachée, De ses mains nues et en tremblant, originelle et authentique.
Tableaux d’Andrew Salgado sur https:wooarts.comandrew-salgado-gallerynggalleryimageandrew-salgado-paintings-wooarts-01 .
Quand la bélière a le feu vert, elle ouvre et lance le printemps, Ce qui lui donne tout son charme tant sa vigueur est inflexible. Son atout possède un revers ; elle ne maîtrise pas le temps Qui lui fait déposer les armes d’une manière irréversible.
Mais confiance et ténacité la font revenir tous les ans ; Certains la traitent de sorcière, ceux-là ne manquent pas d’humour. Je connais sa pugnacité et son mordant omniprésent ; Elle est la déesse-bélière initiatrice des amours.
Tableaux d’Andrew Salgado sur https:wooarts.comandrew-salgado-gallerynggalleryimageandrew-salgado-paintings-wooarts-01 .
Il n’y a pas d’âge pour grandir, il n’y a pas d’âge pour rester jeune, Pour tenter de boire l’ondée d’une fine pluie de printemps. La vie ne cesse de resplendir à celle qui le matin déjeune D’une graminée fécondée par le soleil et l’air du temps.
S’il faut que jeunesse se passe, il faut que vieillesse s’installe Tout en gardant son cœur d’enfant et ses yeux de conquistador. Qu’importent le temps et l’espace et leurs secondes qui détalent Tant que j’irai philosophant sur la valeur de l’âge d’or.
Sénilité contre jeunisme sont les mamelles de la peur Comme une épée de Damoclès sur la grande horloge de la vie. Avec la force de l’eugénisme qui revient à toute vapeur, Ce bon vieux Méphistophélès berne les jeunes cons qu’il ravit.
Après la grande mutation des espèces de toutes sortes, On ne sut qui avait grandi ou rapetissé sa structure. Sans doute une permutation des énergies faibles et fortes Que la science avait brandi à l’encontre de la nature.
Et l’on vit des enfants-pêcheurs parés de plumes magnifiques, Éduqués par de grands alcyons pour l’élevage du ver-à-soie. On dit que seuls les empêcheurs de tourner en ronds pacifiques Fuirent vers la Perfide Albion ou à Pétaouchnok-les-oies.
Et moi qui vous écrit ces lignes, je suis l’un de ces descendants Qui vole au-dessus des mûriers enfourchant sa fière monture. J’ai une copine assez maligne avec qui, en indépendants, J’ouvrage en tant que couturier et elle dans la haute couture.
(Illustration d’Ed Binkley sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com202101Ed-Binkley-Artwork.html . L’alcyon est l’autre nom du martin-pêcheur.)
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Sans doute avant les Cromagnonnes, nous eûmes des femmes mignonnes ; Des créatures fantastiques, chimériques autant qu’esthétiques. D’ailleurs le serpent séduisant n’était-il pas si reluisant Qu’il a su abuser la femme par un fruit aux pépins infâmes ?
Les plus belles sont caméléonnes dont les parures polissonnes S’adaptent au mieux aux yeux des hommes en imitant leurs chromosomes. Elles savent montrer patte blanche, transformer les jours en dimanches Et faire l’amour à en mourir pour s’en repaître et s’en nourrir.
Après les néandertaliennes, sont arrivées les reptiliennes Talentueuses pour les langues, les beaux sermons et les harangues Qui pénètrent par une oreille pour une course sans pareille Qui viendra enflammer les cœurs de leurs héros, de leurs vainqueurs.
Photos de Flóra Borsi sur https:floraborsi.comprojects .
Corps astral contre corps physique, esprit vif contre âme inconsciente, Comme deux univers imbriqués dont je ne vois que la surface. Être parfait mais amnésique dont la pensée omnisciente Recherche sa source étriquée au cœur de l’intime interface.
Mais quand je pense avec les yeux, quand je raisonne avec le cœur, Quand je réfléchis dans ma tête et quand mes rêves se profilent, Je frôle le côté merveilleux dans cet équilibre moqueur Qui me fait croire à une parfaite divinité tirant mes fils.
Dans le plus profond des sommeils, dans la plus abstraite des morts, Je passe de l’autre côté et j’oublie ce monde réel. Je retourne au cœur du soleil où s’est forgée mon égrégore Que des anges viennent asticoter dans des fantasmes surréels.
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Elle s’était prise dans les filets De mes rêves imaginés Que je lance à la mer obscure Afin d’affronter mes nuits blanches. Elle avait pris l’entrefilet De mes feuillets émarginés Pour la balise de Mercure Qui, en nouvelle lune, se déclenche.
Elle s’est retrouvée dans mes vers Toute menue, échevelée, L’air apeuré entre mes lignes Entrelacées, inopportunes. Elle a éprouvé un revers De fortune, là, tout esseulée. Alors, j’ai adressé d’un signe Ce poème à Monsieur Neptune.
Monsieur Neptune, en gentleman, A fait tomber d’une étagère Un coquillage de circonstance Par lequel j’écoute la mer. Et la sirène mélomane Par la parole messagère À vite pris de la distance D’une jolie fugue éphémère.
Femme-poisson ou poisson-femme ? La Nature n’a pas su choisir ; Des femmes aux gueules de merlans frits ont émigré aux antipodes. Sans doute vous paraissent-elles infâmes et jaugées avec déplaisir Mais supposez-les appauvries d’une tête de gastéropode !
Plus douées pour la reproduction que la sirène à queue de poisson, Les marins n’ont pas à les craindre car elles sont végétariennes. En revanche pour la séduction, il vaut mieux s’aider de boisson Alcoolisée pour les étreindre… à condition qu’on y parvienne.
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Comme un système d’exploitation qui a connu moultes versions, Mon évolution m’a laissé beaucoup de couches successives, De mises à jour, de migrations installées avec aversion ; Baptême de feu qui a blessé mon corps en traces régressives.
Quand le fœtus se développe, il revit toutes les étapes ; Il naît au stade végétatif, puis passe par la phase animale. De phases en phases interlopes, le profil humain se rattrape Par l’enfant représentatif de son expansion maximale.
Alors j’imagine ces couches qui se prolongent vers mon passé ; L’origine métamorphosée du nouvel être évolué. Du poisson, reptile, oiseau-mouche au mammifère outrepassé, Comme bandes anamorphosées insolubles à évaluer.
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Ça m’a pris au sortir du lit après une nuit surmenée ; J’arborais une belle rayure qui me partageait la figure. Coloris lapis-lazuli, un poil métallique sur le nez, Avec des reflets bleu-azur qui n’étaient pas de bon augure.
Mon problème s’est accentué et je suis désormais zébré Sur mon visage et sur mes mains, puis sur toutes les parties du corps. Je suis un homme infatué de sa vocation célébrée D’incarner l’homme de demain, inscrit au Guinness des records.
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La chance est manipulatrice et le hasard est son complice ; Tous les deux usent d’artifices et nous en mettent plein les yeux. La bonne aubaine est tentatrice et le destin est un supplice Qui nous emmène au sacrifice sur l’autel des coups capricieux.
La chance est une belle femme qui promet à qui la chevauche L’occasion de sortir de l’ombre pour fondre comme neige au soleil. Le hasard, lui, se montre infâme en nous révélant une ébauche De théorie sur les grands nombres qui nous promet tant de merveilles.
Mais lorsque le hasard s’éloigne, la chance est une bonne amie Qui ne trahit jamais son homme, excepté s’il manque de foi. Quant au hasard, Dieu en témoigne, c’est un redoutable ennemi ; Un diable que lui-même nomme : « Prince de la mauvaise foi ».
Dieu créa un monde encagé pour tenter plusieurs expériences Qui ont raté tellement de fois qu’il n’a toujours pas tout compris. Les dinosaures ont dégagé par sa totale imprévoyance, Quant à l’humanité, ma foi, il n’a pas bien fixé son prix.
Il a essayé de transcrire ses créations dans un grand livre Transposé en secondes mains en bible, tarot et kabbale. Finalement on peut sourire sur le message qu’il délivre : « Ne vous souciez plus de demain, tout ce qu’ j’ai créé vaut que dalle ! »
Le Roi déchu, le Roi déçu, le Roi fichu, le Roi bossu S’en va errer dans les couloirs en recherche d’une concubine. La Reine dodue, Reine fessue dans ses appartements cossus N’est pas disposée à vouloir se plier à toutes ses combines.
Que fait le Roi en désarroi ? Il s’en va guerroyer, je crois. La Reine noire semble plus verte et plus mûre que sa Reine blanche. « Ajustez selles et courroies, cavaliers et chevaux de bois ! La partie est déjà ouverte et doit se terminer dimanche ! »
Dimanche soir le Roi vainqueur prendra la Reine de son cœur Et depuis la plus haute tour, leurs amours battront des records. Mais dès lundi, à contrecœur, luit naît déjà une rancœur Et la Reine ferme à double tour sa chambre… et met le Roi dehors.
Et tout le royaume fourbu… de recommencer au début.
Prêtez attention à la femme ! Deux autres y sont souvent cachées. Sous le corps, grattez ses rondeurs qui vous révéleront son cœur ; Et si, d’une manière infâme, vous voulez vous en détacher, Du cœur brisé par la froideur, l’âme exprimera sa rancœur.
Et si elle est un peu fessue, les deux autres n’en seront pas déçues.
Chaque fois que vous ôterez une couche de sa peau d’oignon, Toutes les larmes de son corps laveront les affronts du cœur Qui, se sentant déshonoré, comme s’il avait reçu des gnons, Jouera sa fine l’âme encore sans laisser le moindre vainqueur.
Et si elle choisit un amant… Pourquoi pas deux finalement ?
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Au matin elle était partie car la mandragore est ingambe. Moi, je me sentais épuisé et paralysé à la fois Comme si en contrepartie j’avais échangé mes deux jambes Contre deux troncs amenuisés implantés au plancher de bois.
Oui. Tel est pris qui croyait prendre ! Je l’ai aimée, elle m’a baisé ! Elle a dû boire tout mon sang et l’a remplacé par sa sève. Je vais peut-être vous surprendre mais je m’en trouve fort apaisé Et tout heureux en renonçant à ma pauvre vie qui s’achève.
N’ayez pas peur je reviendrai, vu que j’en ai pris de la graine ! Cet été, je porte ses fruits, puis je m’effeuille cet hiver. Mais au printemps je deviendrai un vrai poète qui égrène Ses vers de ses rimes construits sur les secrets de l’univers.
Croyant déterrer ma carotte plantée au bout du potager, J’ai découvert la mandragore d’une manière inopportune. Une petite idée me trotte quant au mystère envisagé Et je soupçonne un égrégore tombé depuis la pleine lune.
Quoi qu’il en soit, elle a grandi car elle s’avère être une femme ; Quatre bras pareils à Shiva et une chevelure de saison. Quant aux objets qu’elle brandit, à part son nœud coulant infâme, Je me suis risqué « à Dieu vat » de tout rentrer à la maison.
D’un bol en guise de baignoire, je l’ai laissée se reposer Et j’ai arrêté de loucher sur l’effet de ses quatre mains. Puis au milieu de la nuit noire, elle est montée me proposer D’aller ensemble nous coucher mais… je vous en dirai plus demain.