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  • Lady Amanita Muscaria – 1

    J’aime Amanita Muscaria depuis que je l’ai rencontrée
    Dans la forêt des chênes verts en poursuivant un papillon
    Qui cherchait un partenariat avec une dame de sa contrée
    Pour colorer après l’hiver fleurettes ornées de pavillons.

    Ce fut la femme-champignon que choisit le lépidoptère
    Qui rougit au premier contact comme s’il était frappé de fièvre.
    Lorsque partit son compagnon, elle redevint plus terre-à-terre
    Et me proposa avec tact de l’embrasser du bout des lèvres.

    Mais son baiser empoisonné et en outre hallucinogène
    M’a entraîné dans un voyage aux paysages psychédéliques.
    Je m’suis retrouvé cloisonné dans une conque comme Diogène
    Avec programme nettoyage, lavé d’amours machiavéliques.

    Quand j’ai retrouvé la raison, tout nu, coiffé de son chapeau
    Et sa collerette sur mes hanches, la mignonne avait disparu.
    Une fois rentré à la maison, des picotements sur ma peau,
    Puis, sur le sexe, des taches blanches sont soudainement apparus.

    Illustrations de Damian Świderski sur damianswiderski.artstation.com .

  • Âge tendre et tête de bois

    Âge tendre et tête de bois

    Lorsque les joyeux bûcherons tombent amoureux de jolies fées,
    Au printemps leurs noces de bois livrent leurs fruits en fin d’automne.
    Sur lits de cèpes et mousserons, naissent des enfants tous coiffés
    De feuilles et de fleurs qui flamboient de tons pas toujours monotones.

    Mais en hiver, à l’âge tendre, toutes ces têtes chevelues
    Perdent feuillages et ramures et arborent une cime chauve.
    Tant pis ! Ils n’ont plus qu’à attendre le retour des jours farfelus
    D’un vent fou qui dans un murmure leur ébouriffe une coupe fauve.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Mariage à la bête

    La Belle se marie à la bête car au fond elle n’est pas si bête
    Et si la bête s’avère un âne… elle en possède aussi l’organe.
    Mais se marier à un idiot donne des rapports pas très cordiaux !
    Vous saurez que point n’exagère quand elle se révélera mégère.

    Quand la Belle épouse un cheval, ce n’est pas pour le carnaval
    Mais pour se faire chevaucher par un étalon débauché ;
    Sauf s’il s’agit d’un canasson plein de défauts, de malfaçons
    Auquel cas elle divorcera ou au contraire se forcera.

    Tableaux de Claude Verlinde.

  • Mon cœur épistémologique

    Mon cœur épistémologique

    Mon cœur épistémologique ne fonctionne pas à la logique
    Car ma raison suit l’intuition au risque de déperdition.
    J’évite Proust et l’infini de ses phrases mal définies
    Qui s’éparpillent en chemin, remises toujours à demain.

    J’agis comme un Petit Poucet sauf que je sème de mon gousset
    Tableaux, photos, belles images – un genre de scénarimage –
    Sur la voie que j’ai commencée d’une vie sans doute romancée
    Depuis déjà plus de dix ans insolites et euphorisants.

    Tableau de Nicoletta Ceccoli sur https:ilmondodimaryantony.blogspot.com201308gli-incubi-celesti-di-nicoletta-ceccoli.html .

  • Les roses rebelles

    Les roses rebelles

    Lundi matin, j’avais apporté quelques roses ;
    Les nœuds ont éclaté, les roses envolées.
    Mardi matin, plutôt ai-je apporté ma prose ;
    L’encre a dégouliné, le papier gondolé.

    Puis Mercredi j’avais rapporté des bonbons ;
    Le sac était troué, les bonbons dispersés.
    Jeudi, chez le boucher, je t’ai pris du jambon
    Un gros chien affamé m’a tout fait renverser.

    Vendredi, j’ai cueilli de jolies marguerites ;
    Les pétales effeuillés tombaient sur « pas du tout ».
    Samedi au marché comme tu le mérites,
    J’ai acheté du vin, j’en ai versé partout.

    Dimanche j’ai compris, je suis trop maladroite
    À trop chercher d’idées mes flops font rebelotte.
    Je sais quoi t’apporter, j’ai mis ma robe droite
    Et pour faire une surprise, j’ai ôté ma culotte.

    Tableau de Li Guijun sur https:www.cuded.compaintings-by-li-guijun .

  • Les sirènes ailées

    Les sirènes aux ailes papillons se sont libérées de l’entrave
    Des lois de la gravitation et la mécanique des fluides.
    Leur dos arbore deux pavillons ondulant aux vents qu’elles bravent
    Pour passer en lévitation sur toutes interfaces liquides.

    Icare tombé en mer Égée aura fécondé sa sirène
    Qui accoucha de la lignée des femmes poissons et oiselles.
    Neptune aura su protéger tous les enfants nés de leur reine ;
    Éole les aura désignées comme éternelles demoiselles.

    Car elles ne cherchent pas d’amant, ni marin ni aviateur ;
    Heureuses comme un poisson dans l’eau, elles ne jouissent que par le vent.
    Elles inspirent évidemment poètes, peintres, illustrateurs
    Qui les évoquent mélimélo volant dans le soleil levant.

    Illustrations d’Arthur Spiderwick.

  • Nu au Masque

    Quitte à braver les interdits qui censurent la nudité,
    Que j’aime pouvoir m’isoler dans mon invisible cocon,
    Loin des regards abâtardis qui ne sont que stupidité
    Et qui souhaiteraient m’immoler sur leur autel des plus abscons !

    Seul mon chat et seules mes sculptures ont le droit de m’admirer nue ;
    Ils n’ont pas à se résigner et m’acceptent telle que je suis.
    Mon corps exprime la culture physique innée et ingénue
    D’un pur langage pour désigner mon cœur et tout ce qui s’ensuit.

    Bien sûr, parfois j’invite un homme à sacrifier à mon corps
    Une dévotion naturelle envers mon clitoris de nacre.
    Cette religion, je la nomme « Ma Féminité » en accord
    Avec les amours rituelles que j’accorde à qui me consacre.

    Ce strip-tease de mon physique est avant tout spirituel ;
    Je dénude aussi bien mon âme, mon cœur, mon esprit que mon corps
    Jusqu’à ce que deviennent amnésiques les pigments individuels
    Des organes intimes d’une femme qui s’est fondue dans le décor.

    « Nu au Masque » Lithographie de Jacques de Loustal sur https:www.melpublisher.comfroeuvredetails2137jacques-de-loustal-nu-au-masque-2017 .

  • Adoptez un alien – 2

    Adoptez un alien – 2

    Bien sûr, il fallait s’y attendre, il est né le divin enfant,
    Fruit d’un immigré saturnien et d’une Marie-couche-toi-là.
    Et, malin, le père de prétendre qu’il s’agit du Dieu Triomphant
    Venu grâce aux étasuniens ; on y a bien cru… et voilà !

    Ainsi, toutes les religions, devenues caduques, obsolètes
    Seront soumises en partageant tous leurs fidèles assimilés
    À la nouvelle contagion qui fait fureur chez les starlettes
    Du monde soumis à l’argent de l’icône en fac-similé.

    Tableau d’Andrej Mashkovtsev sur https:mashkovtsev.livejournal.com?skip=100 .

  • Adoptez un alien – 1

    Adoptez un alien – 1

    Quand tous les habitants du monde auront émigré en Europe,
    Leurs enfants naturalisés et diplômés comme nous autres,
    Qui trouvera-t-on qui réponde aux emplois les plus interlopes
    À part les radicalisés qui préfèrent suivre leurs apôtres ?

    Bonne nouvelle cependant, les guerres entre les Saturmiens
    Et les Jupitériens font rage et provoquent des vagues d’exodes.
    Tenez-vous prêts en attendant à accueillir tous ces aliens
    Qui travailleront avec courage … à suivre au prochain épisode…

    Tableau d’Andrej Mashkovtsev sur https:mashkovtsev.livejournal.com?skip=100 .

  • Petit caïd

    Petit caïd

    Petit caïd a préféré une famille dissociée ;
    Le père ici, la mère ailleurs, les grands-parents plus ou moins là.
    Petit caïd n’a proféré que peu de mots associés ;
    À sa manière, il est railleur et vit quelque part, au-delà.

    Il ressent de son univers une image incompréhensible
    Qu’il n’a pas envie d’intégrer, qui paraît froide comme un glaçon.
    Alors comme un singe en hiver, frigorifié car trop sensible,
    Il fuit ce monde dénigré pour un cocon à sa façon.

    Il vit plutôt sa vie en rêve, en refait une autre version,
    Il imagine ce qu’il souhaite à travers un monde parallèle.
    Mais attention ! Si on lui crève sa bulle il entre en aversion
    Envers le moindre trouble-fête par des logorrhées de voyelles.

    Il a choisi sa propre route pour faire ses propres expériences.
    Qu’importe après tout le flacon pourvu qu’il en sente l’ivresse !
    S’il y a toujours parfois un doute ou une crainte de déviance,
    Laissons-lui son parcours abscons qui va vers ce qui l’intéresse.

    Tableau de Fabienne Barbier

  • Des ronds dans l’eau

    Des ronds dans l’eau

    Autant de bulles que d’années envolées à coincer sa bulle
    Tandis que le monde troublé change chaque jour de décor.
    Sans toutefois être condamné à trépigner en somnambule
    Avec la peur de redoubler et renaître dans un nouveau corps.

    Heureusement, les bons amis et ma famille poissonnière
    Reviennent buller avec moi me souhaiter bon anniversaire.
    De jeune fille jusqu’à mamie, toutes mes années printanières
    Résonnent d’une grande joie et, franchement, je suis sincère.

    So viele Blasen wie Jahre, die man mit dem Festhalten an der Blase vertrödelt hat
    Während die unruhige Welt jeden Tag ihre Kulisse ändert.
    Ohne jedoch dazu verurteilt zu sein, schlafwandlerisch zu stolpern.
    Mit der Angst, sich zu wiederholen und in einem neuen Körper wiedergeboren zu werden.

    Zum Glück sind gute Freunde und meine Fischfamilie da.
    Sie kommen zurück, um mit mir zu blubbern und mir zum Geburtstag zu gratulieren.
    Vom Mädchen bis zur Oma, alle meine Frühlingsjahre
    klingen von großer Freude, und ehrlich gesagt, meine ich das auch so.

    Tableau de Fefa Koroleva sur https:www.artfinder.comartistfefa-koroleva?epik=dj0yJnU9N1R4T3BhaXlvLU1Fd1lOTGVjN094RFdLSVB3RWNOYzAmcD0wJm49c2RkY0I1WlJjdFpBbjRMaHNfNEFxdyZ0PUFBQUFBR1I2NGxv .

  • Baiser mouillé

    Dans le courant d’une onde pure, un jour où m’étant abreuvé,
    Tandis que j’y trempais mes lèvres, j’eus la sensation d’un baiser.
    J’aperçus la jolie figure d’une femme belle à en crever
    Qui me prit avec tant de fièvre que je m’en suis senti embrasé.

    « Qui te rends donc si audacieux de venir troubler mon breuvage ? »
    Me dit une sirène pleine de charme, « Bravo pour ta témérité ! »
    Ce baiser fut si fallacieux pour me réduire en esclavage,
    Que je lui déposais mes armes car elle l’avait bien mérité.

    Tableaux de Marco Busoni et Bluelarch.

  • Alouette !

    Alouette !

    Elle a commencé par les pieds, à les baiser comme il lui sied ;
    Elle est remontée jusqu’aux hanches – pour lui, c’était comme un dimanche –
    Puis elle l’a tant embrassé que le bonhomme foutrassé
    En a vraiment perdu la tête quand elle a crié « Alouette ! »

    Puis elle l’a mangé tout cru – si vous l’saviez, l’auriez-vous cru ? –
    Puis elle a sucé goulûment le gland, la verge, tout l’instrument.
    Elle s’est cuisiné le cœur cuit et flambé à la liqueur
    Mais elle n’a pas mangé le foie qu’elle garde pour la prochaine fois.

    Illustration d’Andrei Popov.

  • La genèse du petit nid d’amour

    La genèse du petit nid d’amour

    Si l’on compare la femme à Dieu – ce qui n’est pas si sot en somme –
    Évidemment c’est sa matrice à l’origine de la vie !
    Les seins nourriciers dispendieux gorgés de soleil ont fait l’homme
    À son image bienfaitrice, bien abrité pour sa survie.

    Du coup, le serpent et la pomme seraient donc les fruits défendus
    Dont l’homme a tété goulûment le bon lait de la connaissance.
    Il y aurait donc un nouveau tome, nouveau testament invendu,
    Dont on aurait résolument fait l’autodafé à l’essence.

    Tableau de Hannah Silivonchyk sur https:www.livemaster.rutopic980417-dobrota-i-trogatelnost-v-kartinah-anny-silivonchik .

  • Le vilain petit éléphant

    Le vilain petit éléphant

    Voici le fils de l’ailé-faon qui se prend pour un cerf-volant.
    Quel défi à la pesanteur pour le pachyderme léger !
    Qui est son père ? L’éléphant ou un drôle d’oiseau convolant
    Avec la mère dont l’enchanteur Merlin a voulu galéjer ?

    Tous les enfants adultérins, illégitimes et bâtards
    Sont pourtant plus évolués et bien plus beaux que leurs parents.
    Reste à partager le terrain et les ressources sans retard
    Avec ces coucous salués par des exodes exaspérants.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Moi, j’veux jouer du gynécon !

    Moi, j’veux jouer du gynécon !

    La femme, le plus bel instrument, connaît tellement la musique
    Que j’ai plaisir à l’enfourcher et lui pousser la chansonnette.
    Allegretto mais congrûment, d’un doigté assez kinésique
    Et puis tendrement l’emboucher sur ses deux lèvres mignonnettes.

    Quand l’instrument bien échauffé commence à monter les aiguës,
    C’est au tour de l’archet phallique dans ses va-et-vient soutenus.
    La belle, à peine effarouchée miaule d’orgasme suraiguë
    En un cantique vocalique en hommage à la verge nue.

    Tableau de Hanna Silivonchyk.

  • La femme sur le parcours de l’infini

    La femme sur le parcours de l’infini

    L’infini, au cœur de la femme et sa matrice transcendante,
    Génère l’humanité entière depuis sa première occurrence.
    Sans doute, le nombre des âmes ainsi créées et abondantes
    Doit avoir atteint la frontière d’une absolue persévérance.

    Je lui tirerais bien mon chapeau mais déjà la circonférence
    À son pourtour nous en évoque le symbole incommensurable.
    La femme serait le « da capo » de la musique à tempérance
    Sur la partition équivoque d’un univers impénétrable.

    C’est pourquoi j’y reviens souvent au fil de mon inspiration
    Car chaque cycle est un poème à l’honneur de sa vénusté.
    Les voyages toujours émouvants au cours de chaque narration
    Font vibrer mon cœur de bohème d’une illimitée volupté.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • La peinture à l’œil

    Le miroir de l’œil d’une femme renvoie l’envie de l’œil d’un homme
    Et doit suggérer l’illusion d’une profonde séduction.
    À défaut du miroir de l’âme, il met l’accent au maximum
    Sur ce qui prête à confusion pour le mâle en pleine induction.

    Alors par le compas dans l’œil et le pinceau de mascara,
    Se souligne un regard de braise qu’agrandit le feu du désir.
    Quand les appas font bon accueil à leur costume d’apparat,
    Tout le charme ramène sa fraise dans un mirage de plaisir.

    Tableaux de Jantina Peperkamp sur https:arthur.ioartjantina-peperkampspiegeltje-ii?crtr=1 .

  • L’épicène couleur du sexe

    L’épicène couleur du sexe

    Le hibou, la souris, le rat et la perdrix
    Qu’ils soient mâle ou femelle n’ont qu’un nom au bestiaire.
    Le genre homme ou femme, aujourd’hui amoindri,
    Se veut neutre ou sexué mais se scinde au vestiaire.

    L’homme deviendrait « hemme » et la femme serait « fomme »
    Ou bien juste « MME » lorsqu’« ile » en perd la tête.
    Il faudrait réécrire l’histoire de la pomme
    Afin qu’Adam et Ève partagent la vedette.

    L’un avec ses lunettes de la couleur du mâle,
    L’autre avec ses lunettes de la couleur femelle ;
    Les humains se détachent de leur source animale
    Afin de remodeler leurs bourses et leurs mamelles.

    Photo de Vivien Weyrauch & Fabian Röttger.

  • Dis-moi quelle est ta couleur

    Cette aventure en jaune fille quand tu es née pour être femme
    Afin de voir la vie en rose et semer partout le bonheur,
    Te fait fonder une famille qui développera ton âme
    Et rougira tes jours moroses lorsque les règles sonnent l’heure.

    Mais l’aventure des jaunes gens qui sont nés dans la peau d’un gars
    Se révèle être, pour la bleusaille, une aventure qui vire au vert
    Comme la couleur de l’argent des billets qui rendent gaga
    Et mettent l’amour sur la paille et la famille à découvert.

    Photos de Conor Cronin sur https:www.bewaremag.comconor-cronin?amp .

  • Le Vallon des Auffes

    Le Vallon des Auffes

    De la Anse de la Fausse-Monnaie, à pied jusqu’au Vallon des Auffes,
    Passant la Anse de Maldormé et longeant le port de Malmousque,
    Tu sentiras t’époumoner les grosses vagues dont la voix off
    Saturent le chant déformé des sirènes du petit port ousque…

    …Tu découvriras chez Fonfon le secret de la bouillabaisse
    D’un cotre ayant appartenu au Comte de Monte-Cristo.
    Plonge, le fond n’est pas profond, tu trouveras le tiroir-caisse
    Du contrebandier parvenu au titre du Roi des Cuistots.

    Le Vallon des Auffes, petit port célèbre à Marseille.

  • La revanche du lièvre sur la tortue

    La revanche du lièvre sur la tortue

    Lorsque le lièvre prend sa revanche – sans que La Fontaine l’ait su –
    C’est bien dommage car la tortue possède d’autres stratagèmes.
    Par exemple, elle suspend aux branches des chronomètres à son insu
    Dont le mécanisme s’évertue à donner un temps hors barème.

    Ou bien elle laisse gagner le lièvre tout exalté par sa victoire
    Cependant disqualifié pour un dopage scandaleux
    Car la tortue, lors de la fièvre du départ, lui avait fait boire
    Un café noir tonifié par des stimulants frauduleux.

    Dernièrement il a gagné mais sa réussite est amère
    Car la tortue est décédée – elle serait morte de vieillesse.
    Alors triste il a regagné après son triomphe éphémère
    Son gîte d’un air excédé par cette fausse gentillesse.

    Tableau de Kevin Sloan sur http:art-et-cancrelats.blogspot.com201106kevin-sloan.html?m=1 .

  • La demoiselle d’Avignon – 2

    La demoiselle d’Avignon poursuit les œuvres délaissées
    Notamment celles inachevées qui squattent les murs des musées.
    Alors elle rajoute des lorgnons, paupières et mentons rabaissés,
    Caricatures parachevées de ridicule pour s’amuser.

    La Joconde se voit arborer un large sourire édenté ;
    L’homme à la pomme de Magritte n’a plus qu’un trognon sur la poire ;
    Escher et Gustave Doré voient leurs gravures enchantées
    Garnies de couleurs hypocrites et graffitis ostentatoires.

    Elle déguise les femmes nues sous de grotesques accoutrements
    Et verse des seaux de peinture avec ses adeptes activistes.
    Elle dégrade sans retenue les œuvres de détournements
    Sous prétexte d’art immature qu’elle améliore à l’improviste.

    Tableaux de Cesar Santos sur http:www.juxtapoz.comnewssyncretism-by-cesar-santos .

  • Les goûts et les couleurs complémentaires

    Heureusement les papiers-peints de nos années soixante-dix
    Ont été relégués au stock des gabegies les plus grotesques.
    Avec l’orange sans pépin, rouilles et citrouilles qui verdissent
    Et l’ambre dégoulinant flic-floc en ridicules arabesques !

    Sans doute après un mauvais vin, nos grand-mères complètement saoules
    Ont dû faire valser les couleurs en improvisant un tango
    Argentin fougueux et divin jusqu’à c’qu’un espagnol déboule
    Et les renverse sans douleur mais sur un air de fandango.

    Je ne sais pourquoi de nos jours, les couleurs sont assez fadasses
    Sur les t-shirts et les polos, les bermudas, les pantalons.
    Je repense encore et toujours à ces tapisseries tiédasses
    Mais dont les motifs rigolos égayaient tout de même les salons.

    Cartes postale sur https:nuala-art.nlenproduct-categoriepostcardspostcards-inge-look-old-ladies .

  • Thé au raime et café crème

    Thé au raime et café crème

    Le jour J, à l’heure du thé, nous sommes toujours occupées
    À lire dans le marc de café l’avenir des pays en guerre.
    Le lendemain, à l’instant T, les lettres D, P, I, O, Q, P
    Se retrouvent toutes parafées comme signatures vulgaires :

    E.M. signe pour la France, V.P. attaque en bas de page,
    J.B. fait une grosse tache et X.J. a posé son sceau.
    K.M.1. émarge à outrance, F.W.S. lui aussi s’engage
    Et Charles III, nouveau potache, figure comme le dernier sot.

    Tableau de Mao Hamaguchi.

  • M’as-tu vu le samedi ?

    Le samedi on fait les courses, on profite de la vie moderne ;
    La société de consommation nous ouvre ses bras fallacieux.
    Mais on dépense de gros débours car le moral à la lanterne
    A besoin de son addiction et ce besoin est capricieux.

    On fait l’éloge de la fuite ; tant pis si l’on court à sa perte !
    Au pire des cas, on se révolte car ce n’est pas de notre faute.
    Toutes les semaines, ainsi de suite, on finit par donner l’alerte
    Si par malheur notre récolte n’obtient pas la meilleure note.

    (Tableaux de João Vaz de Carvalho.
    « Se révolter, c’est courir à sa perte, car la révolte, si elle se réalise en groupe, retrouve aussitôt une échelle hiérarchique de soumission à l’intérieur du groupe, et la révolte, seule, aboutit rapidement à la soumission du révolté… Il ne reste plus que la fuite. » Henri Laborit.)

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

  • Sirène d’amour

    Sirène d’amour

    Les grandes passions aquatiques ont leur sirène chasseresse
    Armée du trident de Neptune à l’instar de l’arc et des flèches.
    Celle-ci, tout autant romantique, nage et traque avec allégresse
    Les rencontres fort opportunes qui vivront d’amour et d’eaux fraîches.

    Le trident est empoisonné à la folie des profondeurs
    Qui précipite les amoureux en copulations colossales.
    Et dans les grottes cloisonnées résonnera l’échosondeur
    Qui proclamera langoureux toutes les naissances abyssales.

    Illustration de Lusitano Grey.

  • M’as-tu vu le vendredi ?

    À force de me répéter « vivement qu’on soit vendredi ! »
    Dès le lundi, j’en ai les larmes aux yeux qui rappellent la mer.
    J’en ai le regard hébété du mardi jusqu’au mercredi
    Et le jeudi sonne l’alarme : « plus que vingt-quatre heures amères ! »

    Heureux comme un poisson dans l’eau, je batifole ce jour-là ;
    L’aïoli devient un festin et la Bouillabaisse est divine.
    Mais le week-end part au galop à tant faire la bamboula
    Qu’arrive ce terrible destin… que tous les travailleurs devinent.

    Tableaux de João Vaz de Carvalho.

  • L’agneau Pascal

    L’agneau Pascal

    À force d’être vêtue de laine, la bergère a poussé le vice
    À se tricoter la culotte en mohair et en cachemire.
    Comme elle n’est pas si vilaine, elle guette son homme à l’office
    Et le caresse et le pelote à le faire bêler et gémir.

    Ainsi docile comme un mouton, le bonhomme se laisse emmener
    Dans une bétaillère-bateau pour une croisière de circonstance
    Avec des prédateurs gloutons qui l’enjoignent à se promener
    Afin, cerise sur le gâteau, de servir de plat de résistance.

    Tableau de Mark Bryan sur www.artofmarkbryan.com .

  • Comme un éléphant tombant des nues

    Comme un éléphant tombant des nues

    Constamment des meubles tirés et de lourds fauteuils déplacés
    Chez mes voisines du dessus, souvent à l’heure des repas.
    Qui peuvent-elles donc attirer et proposer la panacée
    Tout en le faisant à l’insu de Bibi, leur voisin du bas ?

    Déguisé en petite souris, j’ai escaladé le balcon
    M’attendant à voir des enfants transbahuter le mobilier…
    Mais j’ai aperçu deux houris, entièrement nues et l’air abscons,
    Offrir du thé à l’éléphant dans un décor animalier.

    Tableau de Mark Bryan sur www.artofmarkbryan.com .

  • Festoyons laïque !

    Festoyons laïque !

    Finies les fêtes liturgiques, cashères et pas très catholiques
    Et transformons les jours fériés comme on l’a fait pour février !
    Pâques, fête des paquebots pour naviguer toujours plus beau ;
    Ascension, fête des avions pour s’envoler à l’occasion !

    Pentecôte, fête de la voiture, monter la pente à l’aventure ;
    À tombeau ouvert dans les côtes pour se procurer les chochottes.
    Quant à Noël, la neige fraîche, le petit jésus dans la crèche
    Ce n’est pas très philosophant mais permet de faire des enfants.

    Attendons le mois de juillet avec ses fêtes nationales
    Pour la France et pour l’Amérique ou le premier août pour la Suisse.
    Aucun saint ne sera supplié pour bénir danses et bacchanales ;
    Ni Dieu, ni héros homérique autant que religions ne puissent.

    Tableau de Vangel Naumovski.

  • Pardon, n’avez-vous pas vu ma pastèque ?

    Pardon, n’avez-vous pas vu ma pastèque ?

    Dans les forêts profondes, dont celle derrière chez moi,
    Se livrent des banquets et des dégustations.
    Les fruits venus du monde provoquent autant d’émois
    Qu’ils viennent à manquer en cas de privation.

    Les tranches de pastèque sont tant appréciées
    Qu’elles servent de monnaie aux découpeurs de bois
    À payer l’hypothèque pour ce qu’ils ont scié
    À tous les gros bonnets et aux loups qui aboient.

    Car enfin ce printemps qui était en retard
    Est arrivé à temps juste à la fin du mois.
    Les orages éreintants qui étaient trop fêtards
    Ont grossi tant et tant les eaux derrière chez moi.

    Dans la forêt d’Eschenberg derrière chez moi.

  • Jeux de dames

    Jeux de dames

    Dès qu’un pion devient une dame, le damier se met à trembler ;
    Le partenaire se méfie des coups tordus en diagonale.
    Deux dames, c’est tout un ramdam ; bientôt trois dames sont rassemblées ;
    Si quatre dames, c’est un défi, cinq c’est la frappe cyclonale.

    Dans la vraie vie, le bon sportif cache ses dames à l’adversaire
    Qui ne découvrira jamais où se logent ces intrigantes.
    Il doit user de bons motifs lorsqu’il s’avère nécessaire
    De conjuguer le verbe aimer d’une manière extravagante.

    Mais trop de dames sur l’échiquier, ce sera l’échec assuré
    Car elles se montrent à la fois amies, ennemies et rivales.
    Il faut donc un coéquipier dont le rôle est de rassurer
    Les épouses de bonne foi et les maîtresses les plus triviales.

    Sculpture de Mieke van den Hoogen.

  • L’origine de la vie

    De l’espace inhospitalier jusqu’à la Terre nourricière,
    Comment donc les graines de vie arrivent-elles à bon port ?
    Sont-ce des anges cristalliers, éjaculés dans la poussière
    Au cœur des étoiles ravies de valider leurs passeports ?

    Apparemment, ça a marché et les petits anges essaimés
    Ont envahi notre planète à chaque échelle de la vie.
    Puisque ces graines sont bon marché, ce fut l’occasion de s’aimer
    Et se partager les gamètes dans des amours inassouvies.

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

  • Tu t’es vue après le bal ?

    Tu t’es vue après le bal ?

    Selon les mémoires du Prince, Cendrillon vint à plusieurs bals
    Et oublia à chaque fois un accessoire à sa tenue.
    Une fois son pantalon à pinces ou bien son manteau à deux balles ;
    Parfois son étole de soie ; enfin, elle revint toute nue…

    Juste vêtue, si l’on peut dire, de ses deux pantoufles de verre.
    C’est vraiment à se demander « quelle sorte de bal était donné ? »
    Le Prince a failli l’interdire car il n’aimait pas l’air sévère
    De son père en train de bander sous ses habits amidonnés.

    Tableau de Cesar Santos sur http:www.juxtapoz.comnewssyncretism-by-cesar-santos .

  • Jolie salade de fruits

    J’aime bien croquer ton amande et l’abricot de ton jardin,
    Puis suçoter tes seins en poires et en boire leurs jus bien frais.
    Quant à toi, petite gourmande, tu te repais de mon gourdin
    En forme de banane, histoire de l’engorger, puis l’engouffrer.

    Tous les matins, salade de fruits et c’est le plein de vitamines
    Pour le plaisir de tous les sens, de l’œil lubrique jusqu’à la bouche !
    Donner du plaisir à autrui rapporte tant de dopamine
    Qu’on l’accorde en reconnaissance quand vient le soir quand on se couche !

    Tableaux de Hanna Silivonchyk.

  • L’éloge de l’escarçon

    L’éloge de l’escarçon

    Plus je me hâte avec lenteur, plus le temps s’écoule moins vite ;
    La théorie de l’escargot est providentielle au rêveur.
    Lutter contre la pesanteur demande à mon corps qu’il lévite
    Et abandonne tout fardeau qui pèserait en sa défaveur.

    J’ai la langue en colimaçon qui tourne sept fois dans ma bouche
    Avant de parler pour rien dire et faire une fausse sortie.
    Ce petit déni mollasson, c’est mon petit côté farouche
    Imposé pour vous interdire de me pousser dans les orties.

    Illustration de Lisa Aisato sur https:www.aisato.noandre-illustrasjoner#itemId=55830f07e4b0d670c6fc3e2b .

  • Peau de lion

    Si Peau d’âne vivait aujourd’hui avec un père incestueux,
    Elle vendrait la peau de l’ours avant de tuer le félon.
    Lorsque l’histoire se reproduit avec un roi majestueux,
    Il faut l’attaquer à sa bourse et couper le membre étalon.

    La chatte sait se montrer lionne et engloutir le gland fendu
    Qui, comme un sceptre ridicule entre les deux jambes pendouille.
    Elle n’est peut-être pas si couillonne ! Après tout, ses fruits défendus
    Sont plus gros que deux testicules, deux olives lovées dans leurs couilles.

    Illustrations de Lisa Aisato sur https:salg.aisato.nobutikkdigitaltrykk .

  • La boîte à souvenirs

    La boîte à souvenirs

    Photos jaunies de souvenirs, photos fuchsia ou noir et blanc
    Marquent un rappel de mémoire à la couleur des sentiments
    Vers une époque en devenir où l’on vécut sans faux-semblants
    Et qui finit dans une armoire dans la boîte aux ressentiments.

    Tous ces moments-là partagés mais pour ainsi dire perdus
    Remontent comme la vérité sortant du puits de souvenance.
    Parmi les amours passagers et les amitiés éperdues
    Qui n’auront pas démérité des fantômes en rémanence.

    Pourtant tous ces instants volés à l’oubli de la nuit des temps
    Semblent revenir outre-tombe pour revivre en deux dimensions
    Le soir derrière les volets quand l’atmosphère se détend
    Dans le crépuscule où succombent toutes les vaines prétentions.

    Illustration de Lisa Aisato sur https:www.boredpanda.comsurreal-illustrations-lisa-aisato?media_id=3057449&utm_source=pinterest&utm_medium=social&utm_campaign=organic .

  • Les contes de chats se tait

    Les contes de chats se tait

    À cinq heures chez les chats anglais, on boit sa soucoupe de lait
    Avec un soupçon de bon thé et une souris escomptée.
    Toutefois chez les chats allemands, alsaciens et suisses romands,
    Cinq heures, c’est l’heure du bretzel et d’une tranche de schnitzel.

    À cinq heures chez les chats français, bien que ça n’soit référencé,
    On mange des langues de chat étendu comme des pachas
    Sur les sofas les plus moelleux qui deviendront des plus poileux
    Et pour finir, ravis au lit, souris fourrées aux raviolis.

    En revanche, pour les chats chinois, comme je n’en ai pas chez moi
    Je donne aux siamois ma languette s’ils mangent avec des baguettes.
    Plus loin à l’est, les chats nippons, ce n’serait ni mauvais ni bon ;
    Les souris se font des soucis pour n’pas s’fourrer dans les sushis.

    (Tableau de Hannah Silivonchyk sur https:www.livemaster.rutopic980417-dobrota-i-trogatelnost-v-kartinah-anny-silivonchik
    Le Schnitzel est une escalope ; « Das paniert Schnitzel ist eine österreichische Spezialität. Es wird dann Wiener Schnitzel genannt. ».)

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • La sphinge et ses mystères

    Œdipe alors fit la rencontre du Sphinx, légendaire animal,
    Personne entourée de mystères mais aussi femelle vicieuse.
    Souvent les mythes vont à l’encontre de la vérité minimale
    Exercée par un magistère d’historiens aux sources douteuses.

    Sachez qu’on l’appelait la Sphinge, égérie de toutes les chimères
    Dont l’abondante connaissance s’étendait sur tous les domaines.
    Mais Œdipe, malin comme un singe, projeta sur elle sa mère,
    Lui parla d’avant sa naissance au sein même de son abdomen.

    La Sphinge écarquilla les yeux, perdit la tête et la raison ;
    Ainsi le faux-fils l’enfourcha et devint lui-même un oracle.
    Il serait parti pour Lisieux, serait apparu à Thérèse
    Qui le voyant s’effaroucha croyant que c’était un miracle.

    Illustrations de Lou Benesch sur https:www.thisiscolossal.com202302lou-benesch-watercolor-illustrations .

  • Leurs Majestés les Sirènes

    Que deviennent donc les sirènes après avoir longtemps régné ?
    Se retrouvent-elles entre chimères, entre femmes-poissons âgées ?
    Lors j’ai interrogé leur Reine de la lignée des araignées
    Et des anémones de mer dans son hospice aménagé.

    D’abord elle a ri aux éclats car les sirènes n’existent pas
    Du moins dans l’administration et le régime des retraites.
    Mais elles n’en font pas tout un plat du moment que pour leur repas
    On leur sert de bonnes rations, au mess des officiers, soustraites.

    Elle m’a présenté ses amies, sirènes de jour, sirènes de nuit ;
    Plus on est de sirènes, on rit tous les jours au fond des abysses !
    Comme elles n’ont plus d’ennemis – plus personne aux marins ne nuit –
    Elles vivent nourries et chéries de joie sous les meilleurs auspices.

    Photos de Jonas Peterson sur https:jonaspetersonprintshop.com .

  • Les yeux sous la mer

    Les yeux sous la mer

    « Quand je regarde au ras de l’eau dans un présent hypothétique,
    Le corps immergé au passé et le crâne vers l’avenir,
    Mes yeux dérivent à vau-l’eau, perplexes autant que prophétiques
    Quant à ce qu’ils voient se passer concernant ce qui va venir.

    Bientôt je foulerai la terre et je construirai des bateaux,
    Puis je prendrai la voie des airs et m’envolerai dans l’espace.
    Je produirai l’alimentaire et même, cerise sur le gâteau,
    J’ensemencerai les déserts et j’en deviendrai plus sagace. »

    Ainsi parlait l’homme nouveau à ses parents Terre et Soleil
    Mais c’était pour les rassurer, les rendre fiers de leur portée.
    Hélas la remise à niveau de tous ses résultats balaye
    Toutes ses merveilles assurées pour un foutoir insupporté.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • La société en cul-de-sac

    La société en cul-de-sac

    Dédale de l’administration, couloirs du service public,
    Labyrinthes des ministères, sont les culs-de-sac de la France.
    Pour commencer l’infiltration dans ces méandres diaboliques,
    Je vous donne la clef du mystère de l’imbroglio à outrance.

    Allez d’abord à la Mairie et demandez votre inscription
    Mais pour cela il vous faudra avoir une caisse maladie.
    Mais la mutuelle est marrie car il lui faut la prescription
    Du médecin qui préviendra de revenir demain midi.

    Mais le lendemain, samedi, tous les bureaux seront fermés ;
    Vous devrez retourner lundi or le délai est dépassé.
    Et recommence la comédie et l’anathème est confirmé ;
    L’état n’est qu’une parodie de l’enfer où l’on va passer.

    Tableau de Shiori Matsumoto sur http:lakevio.canalblog.comarchives2017050535219424.html .

  • Bonne pêche !

    Tandis que la sirène à quai s’est ensommeillée sur le sable,
    Les deux pêcheurs qui l’ont halée devisent d’un air impérieux.
    S’ils produisent un communiqué avec ses suites irresponsables
    Ils attireront des allées et venues d’une foule de curieux.

    S’ils gardent la chose secrète, comment la cacher à leurs femmes
    Qui trouveront plutôt bizarre d’aller en mer trois fois par jour.
    Et si jamais ils la rejettent, la sirène trouvera infâme
    D’avoir été mise à l’écart aujourd’hui et même pour toujours.

    Mais la sirène est plus maligne et a trouvé la solution ;
    Elle leur fait un abonnement valable les nuits solunaires
    Car ces nuits-là toutes les lignes ont tellement de production
    Qu’il leur faudra tout bonnement plus de nuitées qu’à l’ordinaire.

    Tableau de David Lawrence sur davidlawrenceart.com .

  • Le signe du lit de la rivière

    Le signe du lit de la rivière

    Ce doit être un signe des temps que ces nombreuses catastrophes,
    Ces inondations régulières et la constante montée des eaux ;
    Je rêve d’un cygne d’étang qui, dès le matin, m’apostrophe
    Au saut du lit de la rivière entre nénuphars et roseaux.

    Mieux que la météo marine et son équivalent stellaire,
    Il crée mes rêves prémonitoires à l’encontre des parlementaires.
    Ceux qui nous roulent dans la farine par leurs discours impopulaires
    Peuvent changer le cours de l’histoire mais pas le destin de la Terre.

    Demain, soit je régresserai et redeviendrai un poisson
    Et tous nous recommenceront des destinées les plus immondes,
    Soit, au contraire, j’évoluerai après avoir fait la moisson
    Des projets les plus fanfarons pour quitter la folie du monde.

    Tableau de Christian Schloe.

  • Café cul-bas libre

    Café cul-bas libre

    Un bon café, le cul-bas libre et sans contrainte, s’il vous plait,
    À déguster sur le sommet d’une colonne qui mène à Rome ;
    Se sentir bien en équilibre dans le silence le plus complet
    Pour apprécier son fumet et la douceur de son arôme.

    Cela vous paraît compliqué mais elle est assez difficile
    Et recherche la perfection pour en savourer l’essentiel.
    Inutile de vous expliquer qu’en amour, ce n’est pas facile
    Car elle exige votre affection au-delà du septième ciel.

    Tableau de Bruce Holwerda.

  • L’énergie fantasmagorique

    L’énergie fantasmagorique

    Si l’homme est un roseau pensant, sans doute le doit-il à sa femme
    Qui excite son rameau penchant sous l’ambition de ses fantasmes
    Qui lui transmettent par synergie ce qui rend l’organe si dur
    Qu’il compensera son énergie juste au-dessous de la ceinture.

    L’amour est la force physique qui transforme n’importe quel bonhomme
    Car sa femme connaît la musique qui charme et qui mène son bonhomme
    En s’habillant juste assez court pour faire bander le plus rebelle
    Qui devient bête de concours pour aller conquérir sa belle.

    Illustration de Lisa Aisato sur https:www.aisato.noandre-illustrasjoner#itemId=55830f07e4b0d670c6fc3e2b .

  • Coprophrasie

    Coprophrasie

    Qu’un de ces quatre’ matins, ma muse m’envoie depuis sa bassinoire
    Une quelconque idée qui m’amuse qui ne soit pas une idée noire,
    Je le dis, j’en suis convaincu, si elle me pénètre par l’oreille,
    Cette idée issue de son cul me sera à nulle autre pareille.

    Car le fruit de sa digestion passant par sa bouche gourmande
    Me remet toujours en question ce que la morale réprimande.
    Si nous sommes un peu polissons – ce que notre alliance revendique –
    C’est parce que nous rebondissons sur les sujets les plus merdiques.

    Tableau de Michael Parkes sur art-et-cancrelats.blogspot.com201107michael-parkes.html .

  • Les graines de la discorde

    Les graines de la discorde

    Quand l’amour est indicatif, son futur est dubitatif ;
    Quand l’amour est conditionnel, il n’est pas vraiment passionnel ;
    Quand l’amour s’exprime au passé, c’est de la haine compassée
    Et quand il est impératif, il n’est pas très coopératif.

    L’amour se conjugue très mal – c’est là son côté animal –
    Mais le présent est bien trop court et le temps n’est d’aucun secours.
    L’amour ne peut être éternel – ce serait trop sempiternel –
    Seul l’amour inconditionnel reste à jamais exceptionnel.

    Quand l’amour se transforme en haine, c’est qu’il n’a pas eu la moyenne ;
    C’est un amour à petits prix qui ne rapporte que du mépris.
    La haine est au cœur de l’amour et Dieu ne manquait pas d’humour
    En accordant le libre arbitre pour nous haïr à juste titre.

    Illustration de Lisa Aisato sur https:www.aisato.noandre-illustrasjoner#itemId=55830f07e4b0d670c6fc3e2b .