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  • À cœur brûlé, encore et encore

    À cœur brûlé, encore et encore

    Encore une fois, un cœur brisé peut connaître à nouveau l’amour ;
    Le cœur brûlé par les passions peut encore renaître de ses cendres.
    Après cent vies électrisées, l’âme possède un sens de l’humour
    Qui la fera, par compassion, mille fois monter pour redescendre.

    Mais les hommes au cœur terre-à-terre cherchent encore la solution
    En entrechoquant deux silex, un peu benêts et l’air couillon.
    Un cœur aux pierres réfractaires marquerait une révolution
    Par une femme au cœur de pyrex qui mettrait l’homme au court-bouillon ;

    Tableau de Christian Schloe.

  • Ceci n’est pas un édelweiss !

    Ceci n’est pas un édelweiss !

    D’édelweiss je n’ai point trouvé mais juste une fleur de bonheur ;
    J’aurais voulu t’offrir pourtant la célèbre étoile d’argent
    Mais un ange a dû approuver qu’il valait mieux te faire honneur
    Avec la fleur rose écourtant tes charges en les partageant.

    Avec la marguerite rose, plus de pensée ni de souci
    Afin que le jour qui parait soit le meilleur jour de ta vie.
    Motus sur les journées moroses ! La pâquerette radoucit
    Le temps qui passe, le temps qu’il fait comme deux miroirs en vis-à-vis.

    Effeuille-la si tu le veux et murmure-lui ton souhait
    À chaque pétale arraché comme on soulage sa conscience.
    Le lendemain, selon ton vœu, tu verras le ciel se vouer
    À son devoir et s’attacher à entretenir ta patience.

    Tableau de Fabienne Barbier

  • La Gorgone

    La Gorgone

    À sa culotte de cheval, on reconnaît bien la pouliche
    Et à sa cervelle d’oiseau, on se rappelle la demoiselle.
    À ses jolies mamelles ovales, on identifie la bibiche
    Et à l’allure de ses naseaux, on se souvient de la gazelle.

    Car à l’instar du Minotaure, moitié homme et moitié taureau,
    Je vous présente la Gorgone, moitié femme et moitié jument.
    Une cousine des centaures dont les fesses et les pectoraux
    Étaient célèbres dans l’hexagone sur les fresques et les monuments.

    Tableau de James Guppy.

  • Cornes de bouc et mille sabots !

    Cornes de bouc et mille sabots !

    On l’appelle aussi la diablesse, Desdémone ou bien Belle-Zébute
    Et malgré les poils sur ses jambes, elle fait partout des ravages.
    Son père était d’haute noblesse, connu comme roi de la culbute
    Et sa mère, une chèvre ingambe, altière grimpeuse et sauvage.

    Sœur du non moins célèbre Pan, elle n’en est pas moins nymphomane
    Et court les bois à la recherche de jeunes mâles aux pieds tendres.
    Elle organise des guet-apens pour abuser des mythomanes,
    Particulièrement les faux-derches qui ne perdent rien pour attendre.

    Tableau d’Aaron Miller.

  • Cérémonie sauvage

    Cérémonie sauvage

    Bleu de nuit sous la Lune, vert émeraude la forêt,
    Rouge sang les lapins, d’or les yeux affolés,
    Ô couleurs opportunes, fluorées, phosphorées,
    Crépuscule là peint à coups de feux follets !

    Une nuit spécifique pour un peintre sorcier
    Qui n’use de couleurs qu’issues du fond des bois
    Mais ce soir mirifiques, sans doute associées
    Aux intimes douleurs d’une Terre aux abois.

    Voyez, frères humains qui vous sentez privés,
    Les vrais fils de la Terre n’ont pas besoin de vous
    Pour préparer demain la prochaine arrivée
    Des vrais propriétaires que Gaïa leur dévoue.

    Tableau de Marina Antonova.

  • Le chat de Schrödinger

    Le chat de Schrödinger

    Alors le chat de Schrödinger, est-il avec nous ou ailleurs ?
    Est-il défunt ou bien vivant, figé dans l’immortalité ?
    S’amuse-t-il d’un air blagueur à nous duper d’un ton railleur
    Avec son mystère captivant au risque d’irréalité ?

    Cet état de vie suspendue doit faire plaisir au minet
    Qui peut ainsi chasser ses proies perversement d’une main preste.
    Et ses victimes prétendues deviennent ainsi contaminées
    Par ce virus qui nous fait croire à la vie, la mort et le reste.

    Le jour occulte son trépas, la nuit nous cache ses atomes ;
    Chaque moment de la journée reste une énigme à l’existence.
    Faut-il lui donner un repas sinon chasse-t-il les fantômes ?
    En fait, il poursuit sa tournée avec totale inadvertance.

    Illustration de Caramurú Baumgartner.

  • Femmes en bleu

    Le Chaperon, entre chien et loup, s’éclipse subrepticement
    Pour rejoindre « vous-savez-qui » au fond des bois sous la pleine Lune.
    Son amant est un peu jaloux de la voir clandestinement,
    Méfiant de prendre pour acquis ces précautions inopportunes.

    Peau-d’âne a le blues du départ ; qui sait ce qui peut arriver
    Au cours des jours avec un père qui se montre si entreprenant ?
    Quand plus de vingt ans vous séparent, l’amour du même sang privé
    Est-il l’existence qu’elle espère malgré l’effet contrevenant ?

    La Belle au Bois-Dormant s’endort pour cent ans et bien plus encore ;
    C’est pour son bien lui a-t-on dit ainsi que pour son avenir.
    Elle fera cent mille rêves d’or sous un dôme autour de son corps,
    Bien à l’abri des maladies, gage des meilleurs souvenirs.

    Cendrillon vient juste de rentrer tout essoufflée après sa course ;
    Désolée, elle est au taquet et s’effondre sur sa paillasse.
    À présent toute concentrée, elle a épuisé ses ressources ;
    « Adieu carrosse, adieu laquais bonjour espoir, salut l’audace ! »

    Tableaux de Richard Burlet.

  • Femmes en rouge

    Le Chaperon se fait du mouron ; l’amant n’est pas au rendez-vous ;
    Sans doute un chasseur à l’affût l’a buté au nom de la loi.
    Tant pis si demain nous mourrons d’amour pour un grand méchant loup
    Dont les histoires font un raffut dans les villages de bon aloi !

    Peau-d’âne se fait du souci ; Papa n’est pas un bon parti ;
    Sans doute le qu’en-dira-t-on alimente aussi les rumeurs.
    Lorsque l’amour sent le roussi, il faut trouver la répartie
    Afin de pouvoir dire non tout en gardant sa bonne humeur.

    La Belle au Bois-Dormant s’inquiète ; comment sera-t-elle dans cent ans ?
    La trouvera-t-on démodée ce jour-là, au premier regard ?
    Car après un siècle de diète – doublé d’anorexie s’entend –
    Sa beauté tout incommodée réclamera beaucoup d’égards.

    Cendrillon se fait un sang d’encre vermillon, rouge incandescent
    Le stratagème du chausson n’est pas le meilleur qui lui sied.
    Toutes les chinoises qui s’échancrent les pieds sous leurs rites indécents
    Peuvent lui chanter la chanson « en amour, fait ce qui te pied ! »

    Tableaux de Richard Burlet.

  • À couteaux tirés

    À couteaux tirés

    L’information est un couteau lancé afin de séparer
    Ceux qui vont l’éviter à gauche et ceux qui l’esquivent à droite.
    Tantôt on titille les cathos, tantôt les brebis égarées ;
    Le but étant une débauche de guerres civiles maladroites.

    Lorsqu’une nouvelle percute la cible dont je fais l’objet,
    J’écoute le pour et le contre lors d’affrontements écumeux.
    Hélas personne ne discute en examinant le sujet
    Mais ressort les rancœurs à l’encontre de ceux qui ne pensent pas comme eux.

    Tableau de Liese Chavez sur https:www.liesechavez.comimagery.html .

  • Vous êtes la cible !

    Vous êtes la cible !

    Dès aujourd’hui, les droits de l’homme tiennent du consommateur cible
    Qui devient client potentiel pour les messages commerciaux.
    Achat et vente tendent en binôme notre intime corde sensible
    Entre commerces « non essentiels » et jeux vidéo asociaux.

    On est visé selon son sexe, son milieu et sa tranche d’âge ;
    On satisfait à des enquêtes pour définir notre profil ;
    On n’achète plus que par réflexe selon la pub et les sondages
    Qui nous ont formaté la tête via tous nos appareils sans fil.

    Tableau de Colette Calascione.

  • Lecture pour toutes

    Lecture pour toutes

    Les sirènes se mettent à la page afin de suivre la conjoncture
    Et se retrouvent sur la plage pour une séance de lecture.
    Les romans d’amour au programme, lus par une femme écrivaine,
    Inspireront les mélodrames dont leurs chants d’amour sont en veine.

    Bien attentives dans l’intrigue qui se dénoue et se renoue
    Pareille à chaque voix prodigue qui met son marin à genoux.
    Le suspense est au paroxysme, synchrone à la marée montante,
    Et la fin se prête au laxisme comme à la marée descendante.

    Si la lectrice est décevante, elle risque d’être croquée
    Par les critiques conniventes qui se sentiraient escroquées.
    Mais c’est bien rare car les femmes sont spécialistes dans le style
    Qui mêle le digne et l’infâme dans les histoires les plus subtiles.

    Tableau de Sereismo.

  • Sirènes spontanées

    À dire vrai, sur leurs origines, les sirènes gardent leur secret ;
    On a toutefois observé des métamorphoses spontanées
    Auprès de groupes androgynes, jeunes filles nubiles consacrées
    À rejoindre l’ordre préservé des reines de Méditerranée.

    Dans une folie collectives, abandonnant leurs vêtements,
    Elles plongent nues et disparaissent sous les flots vers les profondeurs.
    Plus d’une année d’introspective est nécessaire moyennement
    Pour qu’une jolie queue apparaisse bien galbée et toute en rondeurs.

    Photos de Kate Bellm sur vogue.comslideshowkate-bellm-la-isla?epik=dj0yJnU9OFZRLXhxTlJlTGgyc2dONWRiOW9XeUwybGVYOS1Qd0cmcD0wJm49bkRVd0d1bDVGZFNPdjhXV0JJR0FSZyZ0PUFBQUFBR1NSU2FZ .

  • Thérapie en blues

    Thérapie en blues

    Quand j’entrai dans son cabinet pour la toute première fois,
    Je fus autant impressionné par elle que par son atmosphère.
    Sa robe bleue un tantinet décolletée m’a toutefois
    Engagé à me passionner à lui expliquer mon affaire.

    En ce temps-là j’étais perdu, complètement désorienté
    Et j’avais besoin de lumière pour me sortir de ma prison.
    J’avais aussi l’esprit tordu, échaudé voire ébouillanté,
    Espérant de cette première consultation ma guérison.

    Elle me jeta juste un regard suivi d’un geste de la main
    Et j’en fus tout hypnotisé, puis plongeai dans un sommeil lourd.
    Mes souvenirs demeurent hagards à la suite de cet examen
    Mais elle m’a érotisé pour le restant de mes vieux jours.

    Illustration de Willy Maltaite extraite de l’album « Le jardin des couleurs ».

  • Spécial Vacances

    Spécial Vacances

    Comme souvenirs de vacances, j’ai la nostalgie de l’enfance
    Avec le temps qui s’étirait dans l’infinité de l’été.
    Tous les défis d’extravagance et les couleurs de l’insouciance
    Étaient à ceux qui désiraient les plus beaux rêves reflétés.

    On commençait par la grande malle et les valises pleines à craquer ;
    Tout ce qu’on voulait emporter et qui ne voulait pas rentrer.
    La capacité maximale du coffre où tasser les paquets
    En souhaitant se réconforter par ce qu’on allait rencontrer.

    Joies du camping pour les enfants ou sacs de nœuds pour les parents ;
    Cuisine et lessive au grand air, pique-niques dans la nature ;
    Les après-midis étouffants, les nuits passées en espérant
    Courir les terres légendaires où goûter la villégiature.

    Illustration de Willy Maltaite extraite de l’album « Le jardin des couleurs ».

  • Le bouquet d’éternelle Madame

    Le bouquet d’éternelle Madame

    Il est des bouquets comme des femmes ; certains défraîchissent trop vite
    Et d’autres resteront longtemps comme suspendus dans le temps.
    La vieillesse me paraît infâme et nul sur Terre ne l’évite
    Mais parfois, j’en suis bien content, l’éclat se montre combattant.

    Ce bouquet de fête des mères offert à Maman un dimanche
    Est resté toute une semaine sans se faner ni s’assécher.
    Habituellement éphémères, subsistent ces fleurettes blanches,
    Fleurs de camomille romaine, jonquilles et lys apanachés.

    Illustration de Willy Maltaite extraite de l’album « Le jardin des couleurs ».

  • Vacances sans histoires

    Les vraies vacances sans histoires où enfin le monde s’arrête
    Ressourcent le cœur de mon âme et mon physique à l’identique.
    Quitter l’existence notoire pour un séjour anachorète
    A longtemps été le sésame vers une lumière authentique.

    Petite mort de l’existence comme un sommeil réparateur
    Qui sèvre du stress quotidien l’enfant nourri au matériel
    Qui a perdu sa résistance face aux mirages dominateurs
    Qui s’effacent sous les méridiens aux édens psychosensoriels.

    Illustrations de Willy Maltaite extraites de l’album « Le jardin des couleurs ».

  • Le bustier

    Le bustier

    Plus qu’un vêtement, le bustier n’est pas pour autant parasite
    Mais un fidèle compagnon qui mystifie avec délices.
    Un peu fou, voire flibustier, il s’accorde avec les visites,
    D’un bout de mamelon mignon qu’il laisse échapper par malice.

    Il sait détourner les regards en jouant comme des paupières
    Qui battent leurs cils de dentelles sur ces deux seins observateurs.
    Si un puceau à l’air hagard, se prend au piège dans la guêpière,
    Il est bon pour l’accidentelle chute fors l’ange salvateur.

    Le bustier, arme redoutable du beau sexe en toute apparence,
    Est une bombe magnétique par ses effets et ses rondeurs.
    De cette gorge irréfutable, l’amour en toute transparence
    Envoie ses atomes érotiques qui vous transpercent en profondeur.

    Illustration de Willy Maltaite extraite de l’album « Le jardin des couleurs ».

  • Ma bibliothèque ouverte

    Ma bibliothèque intérieure m’invite dans son univers
    Où ses racines aventureuses ont écrit mille découvertes.
    J’y lis les légendes antérieures, les grands récits, les faits divers
    Que ma parenté sulfureuse a gravé dans ses pages ouvertes.

    Ma bibliothèque extérieure m’invite aux voyages impossibles
    Qui échappent à la certitude que la vie est déjà écrite.
    J’y lis les visions postérieures à ce présent incompressible
    Et l’âme quitte la servitude du monde des hommes hypocrite.

    Illustrations de Willy Maltaite extraites de l’album « Le jardin des couleurs ».

  • L’anneau magique

    L’anneau magique

    La Terre, entité féminine, revêt ses voiles de dentelles ;
    Sa pudeur étant exigeante, plusieurs couches sont superposées.
    Et grâce aux pluies qui éliminent ses sautes d’humeur accidentelles,
    Maintes lingeries diligentes par le ciel lui sont proposées.

    Autant sous la jupe des filles, toujours suis-je curieux de nature,
    Autant ses jupons nuageux m’ont attiré vers ses hauteurs.
    Je suis parti de ses chevilles et j’ai remonté sa stature
    Parmi ses pics avantageux, vallons et gorges promoteurs.

    Perché sur son Mont de Vénus, j’ai découvert l’anneau magique,
    Dernière barrière pudique, légère guipure érotique,
    Qui marquait le point terminus au-delà duquel, nostalgique,
    J’ai connu l’instant fatidique d’un orgasme fort, névrotique.

    Illustration de Willy Maltaite extraite de l’album « Le jardin des couleurs ».

  • Le rendez-vous de tous les rêveurs

    Tous les grands rêveurs se retrouvent sur la planète hypothétique
    Peuplée de jeunesses éternelles et d’amours fantasmagoriques.
    Tout nouvel arrivant éprouve la révélation prophétique
    De sa déité maternelle et de sa mort métaphorique.

    Le paradis existe-t-il ou bien est-il à inventer ?
    L’humanité a créé Dieu ? Alors pourquoi pas continuer ?
    Que j’aime apprendre un rêve utile qui offre à chaque âme enfantée
    Un séjour garanti radieux avec contraintes atténuées !

    Illustrations de Willy Maltaite extraites de l’album « Le jardin des couleurs ».

  • Papyrus & Mamyrus

    Papyrus & Mamyrus

    De fait, Papyrus étant scribe et Mamyrus ayant bon dos,
    Ils écrivirent un journal sur les potins illégitimes.
    Comme bien souvent sa diatribe, trop longue, occupait tout l’endos,
    Les titres, sous les fosses rénales, descendaient aux parties intimes.

    Mamyrus n’avait pas le choix et sortait nue pour exposer
    Annonces et publicités affichées aux endroits sensibles.
    Que la même idée nous échoit de nos jours va indisposer
    Tous les prudes de la cité mais l’impact sera ostensible.

    Tableau d’Andrej Mashkovtsev sur https:mashkovtsev.livejournal.com?skip=100 .

  • Le jardin intérieur

    Le jardin intérieur

    Mon petit jardin intérieur ne siège pas dans ma cervelle
    Mais dans l’abdomen près du cœur qui fait office de soleil.
    Parfois aux niveaux supérieurs, là où les poumons s’échevellent,
    Passent des nuages de rancœur que quelques coups de vent balayent.

    Tout ce qui remonte des tripes et que je n’ai pas digéré
    Vient décanter dans la forêt des projets encore à bâtir.
    Souvent juste au bord s’y agrippe mon petit oiseau préféré
    Qui est l’avatar phosphoré ce celle dont j’aime compatir.

    Car ton souvenir est en moi malgré l’image déformée
    Que j’ai oubliée en chemin mais peu m’importe l’apparence.
    Tu vis toujours au fil des mois comme un fantôme réformé
    Qui me soutient, main dans la main, dans mes jours de désespérance.

    Tableau d’Andrej Mashkovtsev sur https:mashkovtsev.livejournal.com?skip=100 .

  • Sur les traces du Petit Poucet

    Courant les bois et les forêts, je jette un œil dans les fourrés
    Et j’y vois un drôle de caillou me toiser d’un regard voyou.

    Plus loin, dormant sur une souche, un œuf reposant sur sa couche ;
    Sans doute un coucou égaré a pondu cet œuf bigarré.

    Sous une tranche de bois coupé, une coccinelle m’entourlouper
    Avec ce panneau en ébauche qui confond la droite et la gauche.

    C’est un gros matou débonnaire, un peu devin et visionnaire,
    Qui me conseille plutôt d’aller dans la direction des galets.

    Je tourne en rond dans un bosquet cherchant un signe débusqué
    Lorsqu’un galet indicateur se montre assez inspirateur.

    Sur ses conseils, une famille de petits graviers qui fourmillent ;
    Grands et petits, lapins cochons et autres animaux folichons.

    Une fleur en forme de boussole, digne bouture d’un tournesol
    Apparenté d’une rose-des-vent, me renvoie au soleil levant.

    Et j’atteins la maison célèbre, d’un couple qui crève les ténèbres,
    Où trônent Madame Lunaire et son compagnon luminaire.

    Dernier coup d’œil sur le chemin, sans doute j’y reviendrai demain
    Maintenant je peux rebrousser la piste du Petit Poucet.

    Les petits cailloux peint de Fabienne Barbier que j’ai semés sur le chemin dans la forêt d’Eschenberg.

  • Mais où sont passées les amanites ?

    Fortuitement une ammonite, découverte au bord du chemin
    Traversant une forêt suisse, me mit sur la piste aux fossiles.
    Mais je ne trouvai qu’amanites qui me saluaient de la main
    Ressemblant autant qu’elles puissent à des créatures aux faux cils.

    Sans doute sous l’effet des spores, volatiles hallucinogènes,
    L’une d’elle ôta son chapeau – regard coquin sous le chignon –
    J’en transpirais de tous mes pores sous l’effet des lacrymogènes
    Qui me rubéfiaient la peau où me poussaient des champignons.

    Je n’sais où est la part du vrai – vous me croirez si vous voulez.
    Grosse truffe me suis-je trouvé parmi ces femmes vénéneuses.
    Ce n’est pas tout ; ce qui m’effraie, ce sont tous ces petits bolets
    – Mon portrait craché approuvé – qui croissent en sylve résineuse.

    Tableaux de Rebecca Cool.

  • Dualité et réversibilité

    Dualité et réversibilité

    Tout est duel dans notre vie qui n’est que la moitié d’un tout ;
    Partenaires ou bien adversaires selon qui nous rencontrerons.
    Partagerons-nous nos avis, joindrons-nous nos meilleurs atouts
    Ou faire chacun le nécessaire qu’ensuite nous confronterons ?

    Sans doute la dualité pose un problème inextinguible
    Puisque l’on a légiféré sur le droit à changer de sexe.
    Ainsi la sexualité pourra être vécue perceptible
    Selon son côté préféré : point de vue concave ou convexe.

    Tableau de Mai Evangelista.

  • Quand Marianne resserre la vis

    Quand Marianne resserre la vis

    Les campagnes présidentielles et le suffrage universel
    Sont les mamelles de la France pour décider dans les logis.
    La fourberie est essentielle et la supercherie excelle
    Par les éloges à outrance et surtout la démagogie.

    « Travailler plus pour gagner plus » donne un coup de fouet au moteur ;
    « Réduire la précarité  » calme la peur et la souffrance ;
    « Congés, primes et cadeaux bonus » libère le cœur promoteur ;
    « Parité, solidarité », c’est utopique mais c’est la France.

    Illustration d’Andrej Popov.

  • Elle en l’eau, les seins en île

    Elle en l’eau, les seins en île

    Elle en l’eau et les seins en île laissant le flot de ses pensées
    Se fondre dans la méditation de l’esprit en apesanteur.
    Le cœur à jamais juvénile de l’amour qu’il a dépensé
    Dans la béatification d’un puissant bien-être enchanteur.

    Elle en l’eau, sa grotte profonde dans le lagon de son giron
    Goûte le flux et le reflux de l’onde fécondée d’un ange.
    Tandis que tous ses cinq sens sondent maintes essences aux environs,
    Elle sent le plaisir qui afflue dans un incomparable échange.

    Elle en l’eau, les yeux en étoiles percent l’azur comme une lame
    Vers le Ciel qui l’a engendrée et la Terre qui l’a enfantée.
    L’invisible pinceau sur la toile du tableau qui évoque l’âme
    Trace des volutes cendrées autour des doigts comme aimantés.

    Tableau d’Emiky Kell sur emilykell.com .

  • Le centenaire de l’indépendance

    Le centenaire de l’indépendance

    Ils ont fêté le centenaire de la Première République,
    Coiffés de leurs bonnets phrygiens en liesse et formant une ronde.
    Et les chants révolutionnaires ont résonné comme un tonnerre
    Par tous les échos laryngiens dansant sur « Auprès de ma blonde ».

    Deux Marianne et leurs drapeaux. Des aristocrates en perruque
    Observent d’un air ébahi les joyeux citoyens qui dansent.
    Les royalistes, vieux crapauds, pleurent leur régime caduque
    Et les fanions de tous pays flottent en toute indépendance.

    Tableau de Henri Rousseau.

  • Lorsque tes fleurs sont en boutons

    Lorsque tes fleurs sont en boutons

    J’aime les fleurs que tu m’apportes, surtout lorsqu’elles sont en boutons ;
    J’aime les fruits que tu me tends, surtout quand ils ont bien mûri.
    J’aime quand tu m’ouvres la porte, cheveux frisés comme un mouton,
    Ne portant rien d’autre en sortant qu’une fragrance qui fait furie.

    J’aime le parfum que dégage ta peau de pêche au velouté
    D’un pétale de coquelicot et délicat comme une rose.
    J’aime lorsque l’amour m’engage à butiner pour la goûter
    Sous le fruit de ton abricot, ta fleur couleur de primerose.

    Tableau de Sylvia Ji sur https:www.flickr.comphotoss-butterfly3884843647?ssp_iabi=1684132241951 .

  • Saint-Michel-en-Grande-Bretagne

    Saint-Michel-en-Grande-Bretagne

    Grâce soit rendue aux anglais qui ont rétabli Saint-Michel
    En Bretagne et pas la petite mais plutôt la Perfide Albion.
    Ce fait méritait un onglet à insérer dans mon missel
    Qui contient déjà un post-it où figurent tous leurs bastions.

    Que Dieu exauce ma prière et que la couronne d’Angleterre
    Reconnaisse le Mont-Saint-Michel représenté sur son foulard
    Car Arthur se cache derrière la table ronde, là où se terrent
    Ses chevaliers sur la margelle de l’auberge de la Mère Poulard !

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Cœur de tigresse

    Cœur de tigresse

    C’est lorsque ses yeux papillonnent que vous devez vous méfier
    Car se tapit une tigresse au creux du moteur de son cœur.
    D’ailleurs son intérieur rayonne quand vous allez la défier
    Dans une bataille de caresses et câlins qui traînent en longueur.

    Mais quand elle entrouvre sa bouche pour vous proposer un baiser,
    C’est pour vous dévorer le cœur par ses dents du tigre acérées.
    Quand elle vous propose sa couche pour tendrement vous apaiser,
    C’est elle qui rugit en vainqueur et vous, de ses griffes, lacéré.

    Illustration de Sara Thielker sur http:sarathielker.com .

  • La pêche annuelle

    La pêche annuelle

    Chaque année au moment propice, la pêche aux âges se répète
    En piochant dans la mer de chiffres la prochaine unité tendance
    Qui s’approche du précipice des 9 qui annoncent la grimpette
    À la dizaine dont s’empiffre une narquoise transcendance.

    Transcendance vers la sagesse et la maturation de l’âme
    Qui se doit de récompenser le corps pour sa fidélité.
    Le cœur répond avec largesse en battant de toute sa flamme
    Sachant qu’il devra dépenser bientôt avec dextérité.

    Illustration d’Alice Wellinger sur https:www.behance.netgallery8373391More-Illustrations .

  • Une vie de chien

    Une vie de chien

    Si je pouvais changer de peau comme l’on peut changer de sexe,
    J’en prendrais une qui ait du chien et une tête qui ait de la gueule.
    J’aurais en guise de chapeau, deux touffes en accent circonflexe
    Outre le look d’un dalmatien pour charmer les femmes bégueules.

    Bien sûr j’aurai un mal de chien au début pour plaire à ces dames
    Mais à mon air de chien battu, nos liaisons transparaîtraient.
    Reste à trouver le chirurgien à Rotterdam ou Amsterdam
    Où j’irai à bride abattue me faire refaire le portrait.

    Vu un peu partout sur internet sans la source de l’image.

  • L’amour vache ou cochon ?

    L’amour vache ou cochon ?

    L’amour est-il vache ou cochon ? L’amour-propre peut-il être sale ?
    Dites-moi comment vous le faites et je vous dirai qui vous êtes !
    Accroupis sur le polochon ou en position transversale ?
    Madame est-elle satisfaite ? Monsieur a-t-il perdu la tête ?

    Bien sûr, le sexe est animal et reprend du poil de la bête
    Quand tous les sens sont excités par les caresses corporelles.
    Le cœur au rythme maximal, le mâle part à la conquête
    De sa femelle sollicitée pour la jouissance intemporelle.

    vu sur Quora.

  • Les pêcheurs en hiver comme en été

    Les pêcheurs en hiver comme en été

    Quelques vieux pêcheurs en hiver bravent la pluie et la froidure
    Et, s’il le faut, rompent la glace comme on le fait sur la banquise.
    Mais d’autres pêcheurs plus pervers se disent « pourvu que ça dure ! »
    Et vont au bistrot de la place jouir de l’eau-de-vie conquise.

    Les uns rapportent du poisson pour améliorer l’ordinaire ;
    Ablettes appâtées au ver, truites amorcées à la mouche.
    Les autres épris de boisson et de l’Alcool d’Apollinaire
    Débiteront verres et vers, les meilleurs pour la fine bouche.

    Ces mêmes pêcheurs cet été supporteront la canicule
    Avec le muscadet bien frais qui se rafraîchit dans l’étang.
    Car le plaisir est répété de l’aube jusqu’au crépuscule
    Comme si les saisons ne souffraient d’aucun dérèglement du temps.

    Tableau de Henri Rousseau.

  • L’autre chaperon rouge

    L’autre chaperon rouge

    Le Chaperon Rouge est audacieux, ce que l’histoire ne dit pas ;
    Il avait reconnu le loup aussitôt qu’il eut apparu.
    D’ailleurs ce conte est fallacieux puisque Mère-Grand ne pipa
    Mot devant le grand morfalou censé la dévorer toute crue.

    Le Chaperon Rouge est amoureux à coup sûr du grand méchant loup
    Et la scène des grandes oreilles, des grosses dents et du grand nez
    Cache un symbole langoureux sur un père absent et jaloux
    Qui eut, sans nulle autre pareille, une relation passionnée.

    Peau-d’âne ou le Chaperon Rouge semblent des contes incestueux
    Et Monsieur Charles de Perrault transparaît comme vieux loup lubrique.
    On tire sur tout ce qui bouge ; le sacré est irrespectueux
    Et sous le vernis des héros, apparaissent les défauts de fabrique.

    Tableau de Claude Monet.

  • Schtradivarius

    Schtradivarius

    Le chat accorde ses miaulements au La de ses ronronnements
    Et devient fidèle instrument dont la musique crispe les mœurs.
    Et lorsqu’il joue de piaulements, lamentations et grognements,
    L’interprète cherche incongrûment un partenaire pour les chœurs.

    Le chat ressemble à un violon par la taille, le timbre et les cordes
    Qui seraient faites de boyaux, heureusement pas du matou.
    Allons, minous, minets, miaulons en cris de joie ou de discorde
    Mais miaulons bien, miaulons royaux et miaulons juste, un point c’est tout !

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • L’île aux chats

    L’île aux chats

    Chat échaudé craignant l’eau froide, j’ai du mal à imaginer
    Un paradis sur pilotis pour matous en quête d’houris.
    Pourtant je les vois, la queue roide, se levant dès potron-minet
    Accompagnés de sifflotis s’en aller pêcher les souris.

    Quand l’homme aura été banni de sa planète appropriée,
    Aura-t-il droit au repêchage sous forme de réincarnation ?
    Quelle vexation, quelle avanie de se trouver exproprié !
    Mais pour échapper au lynchage, moi, j’ai choisi ma damnation :

    Mon choix du paradis félin, si j’y ai droit, est légitime ;
    J’ai toujours adoré les chats surtout les plus indépendants.
    Dieu aurait été plus malin, sans que cela lui coûte un centime,
    De créer sans prêchi-prêcha le félin comme surintendant.

    Illustration de Natalia Grinchenko.

  • Mais où sont passées les sirènes ? – 2

    J’ai pris la route du bord de mer pour ma quête envers la sirène,
    De la branche des femmes-poissons qui chantent dans le vent du large.
    Mais la belle, l’air doux-amer, se comportait comme une reine
    Parmi une foule de polissons dont elle leur assumait la charge.

    Comme une anémone-chimère et ses poissons-clowns à la ronde,
    Elle régnait dans le silence du monde profond des abysses.
    Dans cette obscurité outremer, là où seul le mystère gronde,
    Je gardais toute vigilance de peur que danger ne subisse.

    Elle a ouvert sur moi les yeux, m’a observé sans dire un mot,
    Ses sujets se sont rapprochés pour défendre leur souveraine.
    D’un geste noble et religieux, elle a chassé ces animaux
    Et je goûtai dans ses crochets le vrai baiser d’une sirène.

    Tableaux de Pedro Valencia.

  • Mais où sont passées les sirènes ? – 1

    J’ai cherché dans les lacs profonds, vert émeraude de Bavière,
    J’ai recherché dans l’or du Rhin les Lorelei, les Walkyries,
    J’ai plongé au cœur des siphons jusques aux sources des rivières,
    Mais hélas les fonds sous-marins m’ont noyé dans un daïquiri.

    J’ai alors remonté les fleuves et me suis jeté dans la mer
    Où les eaux froides et profondes abritent les belles légendes.
    Mais je n’ai ni trouvé de preuve ni pêché la moindre chimère
    Jusqu’à ce que je me morfonde au fond d’une fosse normande.

    J’ai dérivé dans les mers chaudes qui rougissent au soleil couchant,
    J’ai rencontré un dragon vert, roi des océans et sa reine,
    Puis de peur que je ne m’échaude d’un quiproquo effarouchant,
    Elle me mit la tête à l’envers et j’ai reconnu ma sirène.

    Tableaux de Rebecca Cool.

  • Jolies mutations

    Jolies mutations

    Après le grand entraînement à l’échelle interplanétaire,
    Les laboratoires sont prêts à lâcher de nouveaux virus.
    Au début, un enchaînement de petits poisons délétères,
    Puis des ARNs faits exprès pour s’insinuer dans l’utérus.

    C’est avec un nouveau regard grâce au visage asymétrique
    Et par mutations héritées que naîtrons les hommes nouveaux.
    Les cerveaux devenus hagards par les portables télémétriques,
    N’y verront que la vérité et la montée d’un renouveau.

    Tableau de Marion Peck.

  • Après la fonte de glaces – 2

    Après la fonte de glaces - 2

    Une fois les bombes larguées suivies de la fonte des banquises,
    L’humanité a dû s’y faire et partager ses lendemains.
    Et les poissons vinrent narguer l’espace des cités conquises
    En se gavant des mammifères exceptés ceux au goût humain.

    Définitivement mauvais, l’homme s’est fait une raison ;
    Ensemble, l’argent et le pouvoir ont empoisonné sa bidoche.
    Comme si la Terre innovait une ère sans comparaison
    Envers la nôtre, à savoir : le quaternaire le plus moche.

    Illustration de Muti.

  • Homme-oiseau/femme-poisson, l’amour tendre

    Homme-oiseau/femme-poisson, l’amour tendre

    Un homme-oiseau est amoureux d’une femme-poisson au cœur tendre.
    Oui mais comment vont-ils s’y prendre pour partir en lune de miel ?
    Paraît-il que nos langoureux soupirants devront bien attendre
    Le bon moment pour nous surprendre par un curieux cérémoniel.

    Marier l’héritier des oiseaux avec l’ayant-droit des poissons,
    C’est comme Roméo et Juliette au grand dam de l’ethnologie.
    Pourtant dans le creux des roseaux, l’amour a cueilli sa moisson
    Lors de fécondes amourettes. Dès lors ils se cherchent un logis.

    Leurs enfants ? Des poissons-volants ou bien des oiseaux amphibiens ;
    Soit un vilain petit canard, soit une créature fabuleuse.
    Les anciens dieux en convolant dans les pays précolombiens
    Ont créé des êtres goguenards aux apparences ensorceleuses.

    Bon courage pour lire la signature !

  • Quand la sirène est chou

    Quand la sirène est chou

    Le chant de la sirène est chou au marin qui a bonne oreille
    Tandis que son navire échoue la nuit après qu’il appareille.
    La voix de la sirène est douce aux naufragés désabusés
    Tandis que dérive le mousse, seul sur son radeau, médusé.

    Les seins de la sirène sont fermes et hypnotisent le nageur
    Tandis qu’il approche et s’enferme entre les deux bras ravageurs.
    Les dents de la sirène sont blanches, pointues, acérées et sanglantes
    Tandis que sa victime flanche et meurt sous la morsure cinglante.

    Le ventre de la sirène est rond ; elle se repose au bord de l’eau
    Tandis que brûle l’aviron, dernier vestige d’un matelot.
    La queue de la sirène est belle et papillote comme un cadeau
    Tandis que le mousse rebelle l’a harponnée de son radeau.

    Tableau de Donato Giancola.

  • Tempêtes de lettres

    Tempêtes de lettres

    Tous ces livres qui sortent de presse, sans cesse à en perdre la boule,
    Semblent tempêtes littéraires auxquelles sont soumis les lecteurs.
    Romans de toutes sortes oppressent ma bibliothèque qui s’écroule
    Sous le poids des surnuméraires best-sellers du flot collecteur.

    Bien sûr, il y a le numérique et tous les téléchargements
    Qui excellent en compacités auxquelles l’essor est asservi.
    Or l’aspect le plus chimérique, c’est que tout cet acharnement
    Dépasse ma capacité à tout lire dans une vie.

    Illustration de François Schuiten.

  • Le grand pouvoir de l’imaginaire

    Le grand pouvoir de l’imaginaire

    L’univers n’est plus infini et tient dans le creux de la main ;
    La lumière court beaucoup moins vite que le rêveur qui imagine.
    L’histoire n’est jamais finie ; je garde toujours pour demain
    La suite des contes qui m’évitent de retourner à l’origine.

    Mes rêves ne sont jamais les mêmes comme un pouvoir irrationnel
    Qui franchit ses propres limites et se découvre tous les jours.
    Tellement cette faculté m’aime, qu’elle m’offre du sensationnel,
    Du merveilleux que rien n’imite et qui éclaire mon séjour.

    Illustration d’Emilijan090.

  • Beautés d’antan

    Beautés d’antan

    Où s’en vont les regards perdus lancés à travers l’univers
    Et qui ont traversé le temps avec les fragments de leur vie ?
    Quelque part un ange éperdu l’a-t-il attrapé d’un revers
    Pour fixer ces beautés d’antan au Paradis, sur le parvis.

    Ainsi, sans doute, après la mort, je marcherai sur des images
    De charme dont l’enfer est pavé comme on le fait à Hollywood.
    Et je n’aurai aucun remords à disputer tous mes hommages
    Envers celles qui m’ont fait baver avec les autres au coude à coude.

    Melva Frances Cornell photographiée par Albert Witzel en 1929.

  • Coincer la bulle

    Coincer la bulle

    Pensées légères, si légères qu’elles s’évaporent dans un halo
    De toutes mes idées condensées issues du creux de mon cerveau.
    Pensées fugaces et passagères, pensées qui partent au galop
    Et mes frustrations compensées par une remise à niveau.

    Et plus je pense et plus je bulle et je m’enrobe de pensées
    Qui forment un plasma incolore mais dont je sens la consistance.
    Même la nuit, en somnambule, j’ai des idées à dépenser
    Afin que mon esprit explore l’univers avec insistance.

    J’ai tellement coincé ma bulle jusqu’à présent avec excès
    Qu’elle en est prête à éclater comme un mortier d’artillerie.
    Ainsi demain, sans préambule, ma bulle crèvera l’abcès
    Et tous mes rêves dilatés produiront leur mutinerie.

    Sculpture de Jerry Lee Ingram.

  • Ces couleurs que l’on ne verra jamais

    Ces couleurs que l’on ne verra jamais

    J’aurais aimé voir l’infrarouge tout autant que l’ultraviolet
    Afin d’observer la nature en couleurs réelles augmentées.
    Avec trois rayons d’or qui bougent et exécutent un triolet,
    Son et lumière avec peintures impressionnistes et aimantées.

    Avec la vision des poissons, je verrais les températures
    Et avec des yeux à facettes, je verrais en fluorescence.
    J’irais partout faire moisson des plus grandes coloratures
    Car j’entendrais l’onde parfaite des musicales iridescences.

    Mais attention ! Le cerveau fume, le nerf optique se flagelle
    Et des yeux sortent des photons intermittents et estropiés !
    Les couleurs chaudes se consument et les couleurs froides se gèlent ;
    L’arc-en-ciel s’étend sur neuf tons mais triple la fortune à ses pieds.

    Photo de Paul Evans.

  • Ma vie en escaliers

    Ma vie en escaliers

    Là où d’autres éprouvent leurs vies comme une montée d’escalier,
    Moi, c’est en le dégringolant que j’ai accompli chaque étape.
    À chaque chute, ma survie s’est décrite à chaque palier
    Par accident mirobolant de la manière qui décape.

    Tout petit, c’est une moto qui m’a renversé dans la rue ;
    Encore à moto mais ado, ma clavicule connut l’écueil.
    En amour, j’ai pris des râteaux mais bon, mon cœur point n’en mourut
    Et à l’armée, grosso modo, j’ai pris un mauvais coup dans l’œil.

    Le coup du lapin en voiture m’a viré de mon entreprise ;
    Et une chute de quinze mètres m’a coûté famille et pays.
    Toujours le goût de l’aventure, quelle que soit la direction prise,
    La gravité sait me permettre des évolutions ébahies.

    Illustration de Colin Thompson sur https:www.nerotricots.topproducts.aspx?cname=colin+thompson+colouring+book&cid=26 .