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  • Les matous bibliophiles

    Je n’ai pas autant de bouquins que la collection de Sempé
    Mais au moins mon chat me regarde quand il imite un presse livre.
    Et lorsque je vois ce coquin, il a tôt fait de décamper
    Tandis que l’autre, par mégarde, pourrait griffer mon bateau ivre.

    Le sien préfère les étoiles matées du coin de sa fenêtre,
    Le mien aime mieux la structure et les mystères de l’univers.
    Quoi qu’il en soit, ce que dévoilent ces chats, je dois le reconnaître,
    C’est qu’ils adorent la lecture surtout mes poèmes et mes vers.

    Illustrations de Sempé et photo de Chanelle.

  • Miss Cordon rouge

    Miss Cordon rouge

    Toute petite, Marie-Léone voulait être une caméléonne
    Et s’entraînait de tout son corps parmi toutes sortes de décors.
    Toute son enfance, elle s’est produit, on la voit encore aujourd’hui,
    Sur scène pour perfectionner son don et se sélectionner.

    Son seul défaut, elle ne respecte pas de manière circonspecte
    Les proportions que sa nature altère au niveau des rayures
    Qui font ressortir à dessein la convexité de ses seins
    Mais qui lui donne, lorsqu’elle bouge, le titre de Miss cordon rouge.

    Photo de Jace Wallace sur https:awesomerobo.blogspot.com201308art-of-jace-wallace-nsfw.html .

  • La vision musicale

    Ma cochlée en colimaçon inspire depuis l’oreille interne
    Un besoin d’écouter en rond qui influence mes cinq sens.
    Mes yeux le font à leur façon en employant comme lanterne
    La lumière qu’ils œilleront sous la nocturne incandescence.

    Nocturne que reprend ma bouche pour le chanter à sa manière
    En produisant des triolets de tourbillons fantomatiques.
    Mes doigts pianotent sur les touches une ballade chansonnière ;
    Un blues tirant sur le violet dans des arpèges chromatiques.

    Illustrations d’Akira Kusaka sur https:akira-kusaka-illustration.tumblr.com .

  • Les faux-musées

    Les faux-musées

    Puisqu’on nous réécrit l’histoire, attendons-nous dans quelques temps
    À voir surgir de faux-musées et même de faux-conservateurs
    Qui montrent de fausses victoires, faux souvenirs représentant
    De vrais témoins désabusés par un pouvoir réprobateur.

    L’homme ne descend plus du singe mais du centaure qui s’est cabré,
    La femme est issue des sirènes dont la queue s’est atrophiée
    Et Dieu s’est cassé les méninges dans sa création délabrée
    Pour sortir la lignée sereine que l’état a ratifiée.

    Tableau d’Andrej Mashkovtsev sur https:mashkovtsev.livejournal.com?skip=100 .

  • Solidarité et sympathie

    L’arbre entre en communication par le réseau de ses racines
    Qui échange des informations selon le langage de la Terre.
    Solidarité en action qui met en alerte et vaccine
    Contre toute forme de prédation par une faune délétère.

    La connexion met en confiance tous les arbres de la forêt
    En prévenant frères et sœurs qui font partie de la famille.
    On dit qu’en cas de défiance envers qui veut les dévorer,
    Ils sécrètent un suc agresseur dans les feuilles de leurs ramilles.

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

  • Prête-moi tes étoiles

    Prête-moi tes étoiles

    Souvent, lorsque j’écris un mot, je délaisse un instant ma plume
    Et ouvre sur ma feuille blanche une fenêtre détachée
    Pour activer la dynamo de l’intuition à plein volume
    Qui, par l’orifice, me branche sur l’histoire qui m’était cachée.

    Les mots surgissent en couleurs comme pluie d’étoiles filantes
    Et me font découvrir un ciel lumineux sur des vers en friche.
    La mécanique sans douleur de l’esprit redevient détente
    Qui ne contrôle que l’essentiel en y plaçant des rimes riches.

    Illustration d’Akira Kusaka sur https:akira-kusaka-illustration.tumblr.com .

  • Concerto pour pissenlits

    Concerto pour pissenlits

    Toutes ces notes, d’un air soufflé par une bouche printanière,
    Transmettent l’accord harmonieux aux graminées dociles à sol.
    Qui, elles-mêmes, vont insuffler l’inspiration et la manière
    D’offrir un chant cérémonieux dédicacé aux tournesols.

    Ainsi pensé-je aux dandelions et à leurs croches vaporeuses
    Par leur effet boule-de-neige sur l’ensemble de la prairie
    Qui va semer la rébellion auprès des plantes valeureuses
    Qui participeront au manège dans une florale frairie.

    Tableau de Roman Velichko.

  • Vois comme l’oiseau !

    L’œil du corbeau est goguenard, suite à l’histoire du renard
    Qui l’a d’un fromage abusé et s’est de sa voix amusé.
    Grâce à son expérience acquise, il conseille Madame la Marquise
    À ne pas se laisser leurrer par des valets trop délurés.

    L’œil du flamand pourtant morose permet de voir la vie en rose
    À cause d’un cou en question en forme d’interrogation.
    Il sert avec délicatesse les vœux de Madame la Comtesse
    Et, sait comment lui retourner éloges et hommages bien tournés.

    L’œil de la colombe pacifiste s’accorde avec tous les sophistes
    Qui brandissent leurs drapeaux blancs quand il le faut, sans faux-semblants.
    Entre la paix et la sagesse, elle offre à Madame la Duchesse
    Un regard doux condescendant envers ses nombreux prétendants.

    Photos de Flóra Borsi sur https:www.2tout2rien.frdes-auto-portraits-avec-des-yeux-danimaux-par-flora-borsi .

  • L’œil domestique

    Domestiquer un animal dépend de la bête sauvage
    Qui va choisir de se soumettre ou de dominer au besoin.
    Le chat adopte un demi-mal et, sans tomber en esclavage,
    Cherchera à supplanter son maître et lui piquer ses meilleurs coins.

    Mais pour le chien, aucun problème, il est tout à son avantage ;
    Il est content, remue la queue du moment qu’il vous accompagne.
    Une créature qui, sans dilemme, gardera vos biens et davantage,
    Mordant le voleur belliqueux qui viendrait nuire à vos compagnes.

    Le chaud lapin est infidèle et donc difficile à dresser
    À moins d’avoir mille lapines vacantes dans son marigot.
    Il faut lui tenir la chandelle, l’avoir à l’œil pour redresser
    Ses tendances qui galopinent à niquer à tire-larigot.

    Photos de Flóra Borsi sur https:www.2tout2rien.frdes-auto-portraits-avec-des-yeux-danimaux-par-flora-borsi .

  • Le barème

    Le barème

    Si aujourd’hui tout se mesure, tout s’évalue, tout se calcule,
    On quantifie aussi l’esprit et qualifie ce que je pense.
    Mais tout cela frise la démesure car ces mensurations m’acculent
    À m’y conformer à tout prix pour atteindre ma récompense.

    Pour tenter de sortir du rang, je dois partir à la conquête,
    Guetter ma chance, la bonne occase là où tout est manigancé.
    Mais à jouer dans la cour des grands, je pourrais y perdre la tête
    Et me retrouver à la case départ pour tout recommencer.

    Ne suis-je alors qu’un numéro lambda doté d’un étiquette
    Où toute ma vie est notée, analysée, pesée, jugée ;
    Ou une sorte d’anti-héros affublé d’une double casquette
    Qui penche du mauvais côté et qui se moque des préjugés ?

    Illustration de Lisa Aisato sur https:www.aisato.noandre-illustrasjoner#itemId=55830f07e4b0d670c6fc3e2b .

  • L’oignon et la carotte

    La vie ressemble à un oignon que nous épluchons en pleurant †
    Avec la carotte et le bâton pour y poser des pièges à loup.
    La vie ressemble à trop de gnons pris sur la gueule, au demeurant
    Donnés par le qu’en-dira-t-on pour mieux nous enfoncer le clou.

    Mais tout part en eau de boudin et si les carottes sont cuites,
    Restent la soupe à la grimace et la piquette cachetée.
    Le bâton devient un gourdin, les carottes nous sont introduites
    Au fondement par contumace si nous mourrons par lâcheté.

    (Tableaux de Nicoletta Ceccoli.
    † « La vie est un oignon qu’on épluche en pleurant. » est une citation de Carl Sandburg.)

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

  • Bras-dessus bras-dessous et poisson-chat – 2

    Le poisson-chat est revenu hier se promener dans mes rêves
    Et j’ai vu le commencement du poisson dont il est question.
    Pêché dans l’étang du couvent et mis en panier sur la grève,
    Il s’attendait évidemment à faire l’objet d’une digestion.

    Tout débonnaire, le pêcheur fier de sa pêche miraculeuse,
    Ouvrit un tonnelet de rhum et le bonhomme s’enfiévra.
    Pour lui conserver sa fraîcheur, il eut une idée fabuleuse
    Et versa un peu de sérum au poisson qui s’en enivra.

    Survint un chat qui avait faim, un chat qui cherchait l’aventure
    Et qui, sans tambour ni trompette, s’empara de la belle prise.
    Mais lorsqu’il vit son aiglefin – alors que friand de nature –
    Plutôt que d’en faire trempette, il lui fit une sacrée surprise.

    Un coup de foudre détonant frappa notre chat vigoureux
    Dont la phénoménologie me surprend encore et toujours.
    Bras-dessus, bras-dessous – c’est étonnant – le chat qui tomba amoureux
    Le transporta dans son logis pour agrémenter son séjour.

    Tableaux de Valeriy Syrov.

  • Une sirène dans la course

    Une sirène dans la course

    Au temps de la Marine à voile, elle courait les cheveux au vent
    Souvent en figure de proue comme chimère redoutée.
    Parfois, le nez dans les étoiles, elle guettait le soleil levant
    Pour fuir sur les chapeaux de roues le cœur d’un marin envoûté.

    Et puis, à voile et à vapeur, la mécanique devenue reine,
    Elle a bien dû se recycler et mettre la main à la pâte.
    À tel point qu’elle ose sans peur braver la folie des sirènes
    En démarrant d’un tour de clef avec une vigueur qui m’épate.

    Spécialiste en queues de poisson, virages en épingle à cheveux,
    Je l’admire et je lui débourse une fortune pour la suivre
    Car j’aime faire la moisson de tout mon cœur, de tous mes vœux
    De sa conquête de la course, poitrine nue sur peau de cuivre.

    Illustration de Willy Maltaite extraite de l’album « Le jardin des couleurs ».

  • Lulu, femme nue

    Lulu, femme nue

    Lulu, femme nue, n’a rien trouvé d’autre pour s’faire des revenus
    Que s’exposer dans les musées comme une peinture vivante.
    Son cursus étant éprouvé aux beaux-arts, elle est parvenue
    À commencer pour s’amuser par des positions innovantes.

    Elle a l’étoffe des grands maîtres impressionnistes, expressionnistes,
    Peintres, sculpteurs, adorateurs qui se sont au nu consacré.
    Son corps qui aime se soumettre aux caprices contorsionnistes
    Donne un élan innovateur à l’art du féminin sacré.

    Sculpture de George Lafayette sur https:iroon.comirtnalbumphoto12796 .

  • Tatoo fleuri

    Tatoo fleuri

    T’as tout fleuri sur tout le corps sous le courant doux de l’amour,
    Tatoo fleuri, tatoo encor’ sur les formes les plus glamours.
    Qu’elle est belle la route du tendre dans tes rondeurs les plus ultimes
    Là où ma main cherche à s’étendre sur tes parties les plus intimes.

    Quand viendra l’été éternel, canicule sur la planète,
    Ton tatouage maternel fera le buzz sur internet.
    Gageons que la mode s’étende à fleurir les corps de nos femmes
    Tant pis pour ceux qui sous-entendent une révolution infâme.

    Tableau de Colette Calascione sur https:newtrendmagazine.wordpress.com20140312le-donne-e-gli-habitat-surreali-di-colette-calascione .

  • Quand je vous mène en bateau

    Quand je vous mène en bateau

    Quand je vous emmène en bateau sur l’océan de mes reflets,
    La mer paraît surnaturelle et le ciel hallucinatoire.
    De même, cerise sur la gâteau, quand le vent souffle mes pamphlets,
    Une ondée socioculturelle peut vous sembler divinatoire.

    Que voulez-vous ? Mes métaphores déforment le temps et l’espace
    Et créent des vagues qui vous poussent et vous détournent loin des côtes.
    Mais j’y place des sémaphores qui vous éloignent des impasses
    Pour la balade la plus douce dont je vous emberlificote.

    Tableau d’Odilon Redon dont le musée de Winterthur propose ne exposition en ce moment.

  • L’étrange don

    L’étrange don

    J’ai une énergie qui ondoie d’un rayon vert photochromique
    Qui donne une couleur lustrée à mon index surnaturel.
    J’écris mes vers du bout du doigt sur le clavier électronique
    De ma tablette à illustrer mes vers soi-disant culturels.

    Nourrissez mon cœur d’une image, la plus mystérieuse qui soit,
    Et je sens la clef dans mes mains m’en révéler le pot-aux-roses.
    Tous les jours, je lui rends hommage par un poème que je perçois
    En avançant sur le chemin tracé à l’encre de ma prose.

    Tableau de Stephen Bauman.

  • Danse printanière du feu

    Danse printanière du feu

    Quand elle a le feu aux accus et qu’elle se sent tout feu tout flamme,
    Elle n’hésite pas à danser autour d’un grand buisson ardent.
    Elle m’a presque convaincu, prête à m’en faire la réclame,
    Que sauter à pas cadencés, à poil, se révélait tordant.

    C’est ainsi que de tout mon cœur, je suis devenu pyromane
    Et je suis consumé d’amour en partageant ma dulcinée.
    Je n’en ai aucune rancœur car étant elle-même nymphomane
    Elle me trompe avec humour mais par ses amants calcinés.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Les pique-nique printaniers sur l’herbe

    Les pique-nique printaniers sur l’herbe

    La mode du « déjeuner sur l’herbe » reste à jamais inespérée ;
    Il est bien rare d’apercevoir des pique-niqueuses dévêtues.
    Mais comme le dit le proverbe : « la patience est l’art d’espérer »
    Et le temps se fait un devoir de modifier les vertus.

    Le réchauffement de la planète allié au coût du tissu
    Créeront des orgies rituelles où le nu sera constaté.
    Excepté si sur internet les humains trouvent une autre issue
    Par des nudités virtuelles derrière l’écran de chasteté.

    Tableau de Jenna Gribbon sur https:www.kooness.compostsmagazinejenna-gribbon et sur https:whitehotmagazine.comarticlesdialogue-with-painter-jenna-gribbon3880 .

  • Le paradis des chauds lapins

    Le paradis des chauds lapins

    Au paradis des chauds lapins, personne ne fait le tapin
    Mais tous les anges, en revanche, portent une tunique blanche.
    Ce sont des femmes évidemment qui aussitôt devenues mamans
    Quittent ces chauds lapins lubriques pour accoucher à la fabrique.

    À la fabrique des lapereaux, où ne vient nul godelureau,
    On sépare les lapins mâles pour leurs compétences animales
    De leurs femelles qui serviront de peluches comme chaperon
    Et les mères, d’après c’qu’on en dit, retournent ensuite au paradis.

    Illustration de Yuko Rabbit sur https:www.cuded.comdigital-paintings-by-yuko-rabbit?ssp_iabi=1676447831639 .

  • Une fable idiote

    « Continuer à se disputer à propos des conflits mondiaux
    Conduit sur des chemins hasardeux où l’on se perd rapidement.
    Passer son temps à discuter et s’fâcher avec un idiot
    Prouve au moins qu’il y en a deux si ce n’est toi, évidemment ! »

    Ainsi me parlait le corbeau qui se croyait intelligent
    Tandis que moi, pauvre renarde, j’objectais sur un coup de tête :
    « Cher Monsieur, vous tenez fort beau des propos tellement obligeants
    Que si je me montrais bavarde, j’en deviendrais encore plus bête !

    (Tableaux de Heather Murray et Elena Arcangeli ;
    « Ne jamais se disputer avec un idiot qui te ramènerait à son niveau et te battrait avec l’expérience » George Carlin.)

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

  • Quelque part au centre des arbres

    Quelque part au centre des arbres

    Semblable au télégraphe optique, le soleil parle à la forêt
    Par l’alphabet arboricole que la nature garde secret.
    Sans doute existe un œil magique dont l’acuité élaborée
    Permet aux terres agricoles d’en connaître le sens sacré.

    Bien sûr, je capte ces messages sans les comprendre toutefois
    Mais je sais que la Terre écoute, reste attentive et informée
    Sur le temps qui est de passage mais qui explique à chaque fois
    Que si les nuages dégouttent, c’est pour pouvoir la transformer.

    Tableau de Claude Monet.

  • La nuit au musée

    La nuit au musée

    Les grands maîtres improvisateurs avaient laissé pour s’amuser
    La liberté à leurs modèles de pouvoir tenter l’aventure.
    Lorsque le dernier visiteur a enfin quitté le musée
    Les Vénus tiennent la chandelle aux amourettes en peinture.

    Sans vergogne, les naturistes se mêlent avec les beaux habits
    Dans des rassemblements grandioses avec agapes bien nourries.
    En revanche, les miniaturistes d’un bien plus petit acabit,
    Préfèrent rester en symbiose avec les rats et les souris.

    Car les animaux participent à cette parade de nuit
    Tous profitent du même droit selon sa muséologie.
    Même les enfants s’émancipent et chacun tromper son ennui
    En changeant quelquefois d’endroit lorsqu’il regagne son logis.

    Tableau de Conor Walton.

  • Impudiques regards

    La femme-grue empanachée observe du bout de ses seins
    Mais ferme ses yeux impudiques de peur de révéler son âme
    Et lance un esprit détaché relatifs aux sombres desseins
    De ses visiteurs sporadiques qui viennent entreprendre la femme.

    Regards croisés dans les harems dont les seins indiscrets se croisent
    Car ils s’évaluent du regard autant du cœur que la raison.
    Ainsi le corps sert de barème et de graduation grivoise
    Pour amener le mâle hagard à la maîtresse de maison.

    Vous, petites saintes nitouches, qui entraînez à la fenêtre
    L’effet de vos visions mammaires qui guettent le héros olympien,
    Fermez les yeux, ouvrez la bouche, sentez votre pouvoir renaître
    Quand votre corps devenant mère deviendra regard œdipien.

    Illustrations de Willy Maltaite extraites de l’album « Le jardin des couleurs ».

  • La faim du monde

    La pyramide des saveurs n’a jamais été étudiée ;
    Pourtant le goût est important, vu qu’il nous met l’eau à la bouche.
    Le goût est-il une faveur, un privilège dédié
    Ou une offense se rapportant au sacrilège qui en débouche ?

    Or l’arbre de la connaissance n’était qu’un péché végétal
    Tandis que tuer de pauvres bêtes est un pouvoir de droit divin.
    Nous apprenons à la naissance à maîtriser ce droit létal
    Grâce à notre esprit de conquête sur les ovins et les bovins.

    Ne soyons pas plus royalistes que Notre Seigneur Carnivore
    Qui nous fait manger de sa chair et même boire de son sang.
    Mais ne soyons plus fatalistes et si le démon nous dévore
    Tuons ces petits êtres chers car nous sommes les plus puissants.

    Tableaux de Henri Rousseau.

  • …Mais ça pourrait aller mieux !

    …Mais ça pourrait aller mieux !

    Quand rien ne saurait être pire, sans doute pourrions-nous pleurer
    Mais ne pleurons pas comme ceux qui n’ont plus aucune espérance !
    Rions plutôt quand ça empire, quand la planète est apeurée
    Car c’est l’instant le plus chanceux pour reconstruire en vétérance.

    Lorsque la crise est la plus forte et le moral est au plus bas,
    Plus rien ne pourra aggraver ce qui nous frappe à contrecœur.
    Prions si cela nous réconforte ! Et si notre foi tituba,
    Sachons que c’était pour graver la confiance dans notre cœur !

    Tableau de Jonas Burgert.

  • Tout va très bien…

    Tout va très bien…

    Rassurez-vous, tout va très bien sur la planète paniquée
    Malgré les nouvelles alarmantes et le chômage qui empire !
    Les crises menacent nos biens mais c’est pour mieux communiquer
    D’une réaction performante qu’il faudra nous attendre au pire.

    Médias magiques, dites-moi si je resterai la plus belle
    Malgré tous les bouleversements qui secouent les gens compassés !
    Réseaux sociaux, rassurez-moi et s’il le faut, je me rebelle
    À condition perversement que mon train-train soit menacé !

    Tableau de Lisa Aisato sur https:www.aisato.no .

  • Bras-dessus bras-dessous et poisson-chat – 1

    Bras-dessus bras-dessous et poisson-chat - 1

    J’imaginais les poissons-chats déambuler clopin-clopant,
    Flâner bras-dessus bras-dessous, copains comme cul et chemise.
    Et puis j’ai vu sortir un chat les bras serrés enveloppant
    Un poisson complètement saoul regrettant la faute commise.

    « Déjà vendredi ! » me dit-il « et ce sacré vieux loup de mer
    A bu tout un tonneau de rhum percé, répandu sur la grève ! »
    Tout cancan étant inutile, je les laissais à leurs chimères
    Prendre la voie qui mène à Rome et moi de poursuivre mon rêve.

    Mais ce n’est que le lendemain en revoyant ces compagnons
    Que je leur demandai, curieux, s’ils avaient bien cuvé leur vin.
    Ils continuèrent leur chemin toujours enlacés, l’air grognon
    Me lançant un regard furieux… et d’eux, je ne sais c’ qu’il advint.

    Tableau de Valerij Syrov.

  • La couleur de la voix

    Par leurs coquillages portables et par les courants en réseaux,
    Chaque sirène communique selon la portée du liquide
    Qui se révèle incontestable sous la surface, entre deux eaux,
    Grâce à la qualité unique de la mécanique des fluides.

    Le chant réputé légendaire est de ce fait amplifié
    Par l’enchevêtrement des conques réparties en amphithéâtre
    Et par un effet secondaire de leurs nacres vitrifiées
    Qui jouent d’une note quelconque un blues d’une couleur bleuâtre.

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

  • Ma véritable apparence

    Ma véritable apparence

    Au pays des humanoïdes, à chacun son totem privé ;
    Chacun voit midi à sa porte selon comme il est formaté.
    Si je trouvais bizarroïde combien mes gènes ont dérivé,
    Je sais que cela me rapporte un don de non-conformité.

    Ainsi moi qui ne sait ni faire ni agir comme tout le monde,
    Si l’on me prend pour un connard, c’n’est pas forcément mauvais signe.
    Ce n’est pas pour me satisfaire mais je me dis, chaque seconde,
    « Être un vilain petit canard, finalement c’est un bon cygne ! »

    Tableau de Stephen Mackey sur https:beautifulbizarre.net20191214stephen-mackey-arcadia-contemporary .

  • À propos du père Lustucru

    À propos du père Lustucru

    Après enquête approfondie du détective Gabriel,
    Nous avons retrouvé le chat de la mère Michel éperdue.
    Malgré tout le mal qu’on a dit sur ce boucher caractériel,
    Il paraît qu’il le repêcha simplement aux objets perdus.

    C’est au bout d’un an et un jour que le minet fut adopté
    Par le compère Lustucru qui l’affectionnait toutefois.
    Et c’est dans ce nouveau séjour où le matou s’est adapté
    Qu’il a pu manger – l’eusses-tu cru ? – assurément le meilleur foie.

    Photo de Marcel Heijnen sur https:www.creativeboom.cominspirationphotographer-captures-secret-lives-of-hong-kongs-market-cats-in-captivating-series .

  • Les humains porte-plumes

    Les humains porte-plumes

    Puisque l’on peut changer de sexe, devenir dragon ou mutant,
    Toutes les idées farfelues pourront un jour s’élaborer.
    Hommes et femmes sans complexe, d’un même avis concomitant,
    Renonceront à être velus au profit de plumes dorées.

    Ils pourront s’envoyer en l’air au propre comme au figuré,
    Vivront dans des aéroports et voleront en escadrilles.
    Enfin la croupe populaire sera alors transfigurée
    En une queue sous tous rapports ressemblant à des banderilles.

    Illustration de Tran Nguyen sur http:thibautbachelier.blogspot.com201408tran-nguyen.htmlhttp:thibautbachelier.blogspot.com201408tran-nguyen.html .

  • M’oiselle Ève

    M’oiselle Ève

    Elle a failli naître en oiseau ; Il l’aurait nommée Dame Oiselle
    Mais Dieu n’aurait pas trouvé bon que les humains s’envoient en l’air.
    Quel est donc cet ange zozo qui aurait, par excès de zèle,
    Imaginé ce faux rebond d’une mutation cellulaire ?

    Heureusement, omniprésent, Dieu avait l’œil un peu partout
    Et notamment dissimulé dans l’Éden parmi les forêts.
    Évidemment toujours présent, il a puni ce touche-à-tout
    Et Ève n’a pu stimuler la pousse des plumes abhorrées.

    Je pense qu’Adam fut déçu ; en fait, il aurait adoré
    Une Ève volante envoyée pour l’art de la fauconnerie
    Car il avait déjà conçu une jolie cage dorée
    Qu’il dut transformer en foyer pour y faire d’autres conneries.

    Illustration de Tran Nguyen sur http:thibautbachelier.blogspot.com201408tran-nguyen.htmlhttp:thibautbachelier.blogspot.com201408tran-nguyen.html .

  • Cultivons nos jeunes filles en fleurs

    Cultivons nos jeunes filles en fleurs

    Si les jeunes filles en fleurs n’osent montrer leurs boutons turgescents
    De peur qu’un drôle ne les cueille bien avant leur maturité,
    Elles entretiennent l’hypnose de leurs pouvoirs effervescents
    En aiguisant leurs tape-à-l’œil dans une demi-obscurité.

    Ainsi leurs seins se développent comme fruits gorgés de ténèbres
    À défaut d’avoir trop mûri au soleil de nos convoitises.
    Que jamais tissu n’enveloppe ces précieux organes qui célèbrent
    La féminité aguerrie par une prude mignotise !

    Tableau de Max Nonnenbruch.

  • Météo-désastrologie

    Météo-désastrologie

    Si la météorologie n’est pas une science exacte,
    Sa progression scientifique laisse la grenouille intraitable ;
    Celle-là même qui, en son logis, d’une manière autodidacte,
    Indiquait un temps magnifique ou bien un temps épouvantable.

    Avant, les boules de cristal permettaient de prédire le temps
    Mais depuis le réchauffement, la voyance manque de clarté.
    Désormais le monde digital exige des moyens percutants
    Pour éviter l’esclaffement, le ridicule, l’hilarité.

    Et c’est la bonne vieille boule à neige qui fait les meilleures prévisions ;
    Il suffit de bien l’agiter et de la laisser reposer.
    J’ai vu accomplir ce manège souvent à la télévision
    Et même, pour ne pas les citer, dans les sondages présupposés.

    Tableau de Lisa Aisato sur https:www.aisato.no .

  • La prisonnière d’elle-même

    La prisonnière d’elle-même

    Elle, prisonnière de son corps et de sa place en société,
    Ne peut que regarder derrière le chemin qu’elle a parcouru.
    Tant d’efforts encore et encore pour éprouver à satiété
    Le sentiment d’être en arrière, bien loin d’être un jour secourue.

    Mais secourue par qui au juste à part les hommes, à part les femmes,
    À moins que ne revoit sa copie ce Créateur si misogyne ?
    Qu’importe, car il serait injuste de blasphémer ce Dieu infâme
    Alors que l’abjecte utopie s’impute à l’homme dès origine

    Illustration de Sarah-Jane Szikora sur https:www.museum-of-art.netroomswalk2817 .

  • Échec et meurs !

    Échec et meurs !

    Le roi ne tue pas pour de vrai mais que fait-il après l’échec
    De l’adversaire malheureux tombé vaincu après le mat ?
    Ce dernier revêt la livraie d’un simple pion, simple métèque,
    Qui se rallie aux valeureux désabusés de l’audimat.

    Le roi vainqueur a tous les droits, le roi vaincu, lui, n’est plus rien.
    La loi est dure mais c’est la loi surtout quand c’est celle du plus fort.
    Le roi déchu, s’il est adroit, se fera poète historien
    Et narrera, de bon aloi, comment tout perdre sans effort.

    Illustration de Sarah-Jane Szikora sur https:www.museum-of-art.netroomswalk2817 .

  • Tempête d’étoiles

    L’Europe sème ses étoiles sous l’ombre immense que le taureau
    Étend au cours de leur voyage vers la liberté de s’aimer.
    Soudain quelque chose se voile au-dessus des champs pastoraux ;
    On entend comme un mitraillage dans le firmament clairsemé.

    Sans doute Zeus qui s’est trahi car il s’était dissimulé
    Sous l’apparence d’un taureau et s’est pris un coup asséné
    Par la belle Europe ébahie de s’être fait manipuler
    Par des stratagèmes immoraux sans cesser de l’ morigéner.

    Europe sème désormais ses quelques étoiles en solitaire
    Et se refuse à tous les dieux qui font des plans sur la comète.
    Elle restera vierge à jamais et Zeus lui sera tributaire
    D’une rente au montant dispendieux qu’assidûment il lui soumette.

    Illustration de Valera Lutfullina

  • Poussière d’étoile

    Je cherche les nuits alchimiques où l’air, chargé de météores,
    Permet aux âmes en errance de redevenir persistantes.
    Dans l’atmosphère cyclothymique, les voix qui s’expriment au-dehors
    Prennent soudain une apparence de nitescences intermittentes.

    Si je décompose un éclair qui jaillit et zèbre le ciel
    Avec ses flammes de cristal qui s’échangent entre terres et nues,
    Je vois les feux follets bleu-clair d’un flambeau accrémentitiel
    Agité par une vestale vers des anges circonvenus.

    La Terre agit comme un aimant d’impact météorologique
    Dont l’énergie qui ascensionne porte ses souffrances et ses cris.
    Bien sûr la science dément ce phénomène liturgique
    Et les religions n’en mentionnent aucun écho dans leurs écrits.

    Illustration de Charles Vess pour le roman de Neil Gaiman

  • Pervers Noël

    Pervers Noël cache son jeu toute l’année à l’atelier
    En créant des contrefaçons de nos voitures électriques.
    Bien sûr, nous connaissons l’enjeu de ce bonhomme fou à lier :
    Attirer filles et garçons par ses tendances égocentriques.

    Les poupées qui disent « Maman ! » conditionnent les petites filles
    À souhaiter très rapidement pouvoir rencontrer les garçons,
    Ceux-là même qui, innocemment poussifs à l’esprit de famille,
    Sont amenés perfidement à jouer dans leurs caleçons.

    Pervers Noël qui sévissait les nuits de décembre dans les rues
    A enfin été arrêté par la police persévérante
    Pour les crimes qu’il assouvissait et ce matin a comparu
    Devant le juge décrété suite aux plaintes proliférantes.

    Tableaux de Matt Watts

  • La couleur de l’amour

    Bleu comme la première nuit qui rendit l’amour électrique ;
    Nos premiers frissons qui parcourent nos corps sensibles et tendus.
    Bleue comme l’aurore qui luit au petit matin féérique
    Sur deux amoureux qui concourent à figer le temps suspendu.

    Blanc comme la deuxième nuit qui rendit l’amour éternel ;
    Nos premiers baisers qui apaisent cette soif de nous reconnaître.
    Blanche comme la liqueur qui fuit de par l’organe maternel
    Qui accueille celui qui la baise de l’envie d’un enfant à naître.

    Rouge comme la troisième nuit qui rendit les amours fécondes ;
    Nos premières cellules échangées pour le meilleur et pour le pire.
    Rouge comme la vie qui se poursuit dans la matrice rubiconde
    Où pulse à l’abri du danger un petit ange qui soupire.

    Illustrations de Lorenzo Mattotti

  • Pas peur du loup

    Si la peur du Grand Méchant Loup a disparu de nos écrans,
    Elle est remplacée par l’effroi des épidémies et des guerres.
    Et pour ne pas faire de jaloux, la météo nous met à cran
    En nous menaçant d’un grand froid sur nos ressources délétères.

    Et si tout ça n’était qu’un leurre destiné à dissimuler
    Un nouvel ordre économique pire que ceux qu’on a connus ?
    Je pourrais vous prouver sur l’heure que tout cela est simulé
    Mais on me traiterait de comique ou complotiste reconnu !

    Illustration de Nadezhda Illarionova sur https://www.artstation.com/artwork/krP1z

  • La justice éminente

    Éminente ou bien dominante, la justice est-elle un fléau ?
    Plane-t-elle au-dessus de nous comme une épée de Damoclès ?
    La question est impertinente car elle invoque les idéaux
    De ceux qui mettent à genoux les gueux sans la moindre noblesse.

    La loi est dure mais c’est la loi et dures sont les forces de l’ordre
    Lorsqu’elles sont manipulées d’une main lourde et radicale
    Car il n’est pas de bon aloi de laisser les pauvres chiens mordre
    Les maîtres qui ont stipulé que leur gestion est amicale.

    Tableau de Sidwill-cg sur DeviantArt

  • Copains comme poisson-chat

    Comment vivre d’amour et d’eau fraîche entre un poisson et un chaton
    Lorsqu’il semble contre nature d’unir ces familles ennemies ?
    Le chat se montre assez revêche à se tremper les ripatons
    Quant au poisson, si d’aventure il sort de l’eau, il en frémit.

    Alors copains comme poisson-chat c’est comme croire qu’une sirène
    Pourrait aimer son matelot autrement que dans son assiette.
    Mais seul Lucifer s’y pencha et Dieu tira vite la sirène
    Et cet accouplement ballot finit au fond d’une oubliette.

    Tableau de Jean Metzinger

  • La nuit de la sirène

    Ayant chanté toute la journée, le chant de la sirène fond
    Dans la nuit noire et étoilée d’une petite mort trop brève.
    Mais le marchand dans sa tournée de sable d’un sommeil profond
    Lui permet de se dévoiler dans le cœur du dormeur qui rêve.

    Et dans mes rêves, je la sens, la douce caresse de velours
    D’une voix qui vient et m’enveloppe dans la capture de mes songes.
    Et cette douleur, j’y consens car l’esprit devenu balourd
    Cède à celle qui développe sa vérité comme un mensonge.

    Mon cœur me crée des insomnies pour résister à la charmeuse
    Mais j’y succombe au petit jour – quel oubli stupide et bénin !
    Je n’émets nulle calomnie du fond de mon âme dormeuse
    Car j’y succomberai toujours ; c’est mon idéal féminin.

    Tableau d’Auguste Raynaud

  • Les impudiques

    Deux ou trois morceaux de tissus, si petits mais si importants
    Qu’il suffit que l’un soit ôté pour que l’impudeur soit levée.
    La morale dont on est issu semble invraisemblable pourtant
    Hommes et femmes mal culottés sont jugés très mal-élevés.

    C’est pourquoi je suis chocolat lorsque je publie une image
    Où j’oublie de flouter un sein ou pire une partie intime.
    Sans doute que j’ai choqué là, avec préjudices et dommages,
    La société par mes desseins et mes poèmes illégitimes.

    Illustration de Sarah-Jane Szikora sur https://www.museum-of-art.net/rooms/walk/2817

  • L’angelle déchue

    Celle qui aimait tant la lumière brilla tant d’amour avec elle,
    Tant de fois avec tant d’ardeur, avec ses photons compagnons,
    Que neuf mois après, une première, en fait pas n’importe laquelle :
    Apparut sous son débardeur l’angelle enceinte d’un lumignon.

    On critiqua Luciféra, on l’envoya purger sa faute
    Dans l’obscur cul de basse-fosse qui servait à Dieu de poubelle.
    Et c’est ainsi qu’on transféra l’enfant sur la fameuse côte
    – L’histoire serait-elle vraie ou fausse ? – qui rendit la femme rebelle.

    Illustration de Sarah-Jane Szikora sur https://www.museum-of-art.net/rooms/walk/2817

  • La femme improbable

    Dieu créa l’homme à son image et l’homme ainsi bien inspiré
    Souhaiterait co-créer la femme selon sa propre estimation :
    « Il faut qu’elle lui rende hommage après qu’il ait bien transpiré
    Et qu’elle soit tout feu tout flamme en voie de domestication. »

    Pourtant Dieu n’est pas misogyne puisqu’il a lui-même élevé
    Une Terre sortie du néant et un homme sorti de la glaise.
    Par transition, dès l’origine, la femme à la côte prélevée
    Devrait régner de son séant comme supérieure… à Dieu ne plaise !

    Tableau de René Magritte

  • La femme introuvable

    8 mars, c’est la journée des femmes ; il était bon d’entériner
    Un jour pour nous y retrouver dans tous leurs progrès accomplis.
    Mais il reste beaucoup d’infâmes problèmes à éliminer
    Avant qu’elles puissent en éprouver une condition assouplie.

    Mais il ne faut pas en montrer le caractère sexuel
    Que ce soit dans leurs chromosomes ou bien dans leurs parties intimes.
    « On » aurait ainsi démontré que leurs comportements gestuels
    Troublent et conditionnent les hommes à en devenir les victimes.

    Tableau de René Magritte

  • La libération de l’esprit

    Marre de tirer des lignes droites, marre de suivre un chemin tracé ;
    Un jour j’ai quitté la raison pour suivre la folie du cœur.
    Sans doute suis-je maladroite, sans doute apparais-je déplacée,
    Une étrangère dans sa maison sous les yeux des anges moqueurs.

    Mais j’ai agrandi l’horizon en me confrontant aux problèmes
    Non pas ceux que j’avais appris mais ceux-là qui me faisaient peur.
    Je suis sortie de la prison qui n’a que l’ordre pour emblème
    Et qui condamne avec mépris les gens à voile et à vapeur.

    Illustration de Sarah-Jane Szikora sur https://www.museum-of-art.net/rooms/walk/2817