Les années montent et recouvrent toute une partie engloutie Dont les souvenirs se diluent dans la profondeur des abysses. Mais plus on monte, plus on découvre les projets qui ont abouti Et qui reviennent résolus à redorer notre édifice.
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Dans leur cœur, une garde-robe collectionne autant de visages Que de sentiments différents et comportements assortis. C’est pourquoi lorsqu’ils se dérobent, c’est pour s’unir au paysage Et porter l’habit référant à faire la meilleure sortie.
Lorsque Neptune met son grain de sable dans le sablier, Chaque grain devient une idée qui déclenche une inspiration. D’en haut diminue le chagrin qui, en tombant, est oublié Et devient spiritualité d’une mystique exploration.
L’ange gardien est si habile qu’il se dissimule dans l’ombre Pour souffler au creux de l’oreille nos merveilleuses inspirations. Il suspend le temps immobile, filtre les heures en surnombre Afin que seules nous réveillent celles qui font l’admiration.
Nourris au sein et aux couleurs des fleurs des champs en abondance, Le printemps orne leur berceau de tous les trésors de la Terre. Voilà pourquoi, c’est sans douleur que leur parole est providence Pour les balances et les verseaux ; les signes d’air sont salutaires.
Toutes ces graines du temps que ma vie d’homme accumule Me font miroiter combien je suis important sur Terre ! Mais ce mirage est d’autant fourbe que s’y dissimule L’estimation de mes biens comme étant déficitaires.
Au royaume des papillons, Vénus dite « Beauté éternelle » Éprouverait un petit penchant pour un amour évanescent. Lorsqu’elle pique un roupillon, ce sont ses tentations charnelles Qui montent d’un cœur s’épanchant vers quelques fantasmes naissants.
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Quand sa chevelure s’embrase comme une aurore étincelante, C’est que l’amour a fait germer deux ou trois graines de désir. Les poètes n’ont nulle phrase qui décrive cette insolente Puissance d’envie enfermée qui croît avec tant de plaisir.
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Comme la beauté ineffable ne suffisait pas à leurs yeux, Ils ont demandé la jeunesse éternelle et inaltérable. Et leur contrat est immuable, sur ce point, Dieu est pointilleux : Ils ne connaîtront la vieillesse qu’à un prix incommensurable.
Toute parée de jolis mots, d’affinités intellectuelles, Son attirance est magnétique et sa beauté est consacrée. Madame Vénus en gémeaux donnera, sur le plan sexuel, Toujours des amours poétiques par sa féminité sacrée.
Dans la famille des gémeaux, je voudrais le père et la mère Qui savent tout, qui savent rien, qui sont partout et nulle-part. Avec leurs enfants, faux-jumeaux, et le grand-père et la grand-mère, J’aurai le summum aérien d’une famille à la Gazpar !
Gazpar est le nom du compteur communicant créé par GRDF, filiale indépendante du groupe Engie, qui remplacera les anciennes générations de compteurs et fournira aux clients un relevé automatique à distance de leur consommation de gaz naturel, quels maîtres de l’embrouille, ces gémeaux !
Prenez, du gémeau, sa femelle et ôtez-lui ses vêtements, Avec un tissu de mensonges, cousez-lui un tailleur discret. L’habit transformant la gémelle, celle-ci sera complètement À l’écoute de tous vos songes mais sans en garder le secret.
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Avec deux têtes interchangeables, l’as de la communication, Maitrise le sens de l’humour et donc ne prend rien au sérieux. Son appétit insatiable de tout un tas d’informations Fait qu’il ne sait pas, en amour, dire un « Non ! » franc et impérieux.
Bien sûr, il n’y a pas de signe meilleur qu’un autre ou même pire, Mais j’ai, pour les femmes gémeaux, l’image de Vénus, scellée. Il n’y a qu’une seule consigne à observer pour un empire : Il faut les aimer par les mots mais les laisser y exceller.
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Sur les chevaux de bois bleuis par les chagrins de mes parcours, J’irai bercer mes illusions de demeurer le spectateur D’un monde où je reste ébloui par cette humanité qui court Et où mon cœur, à profusion, cherche un repos réparateur.
Combien l’univers paraît vide quand il me manque ma sirène ! Combien mon verre paraît plein dès qu’un petit bonheur survient. La vie peut paraître impavide lorsque mon roi attend sa reine, Mais quel formidable tremplin quand je vois l’amour qui revient !
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Imaginez vivre en wifi toute votre extase amoureuse, Les garçons et les filles en rire intimement et sans câblage ? On laisserait tomber la hi-fi pour taper nos vies amoureuses, Sur les machines à écrire sur les pavés de Paris-Plage.
Allongée nue sur sa licorne, la chevelure offerte au vent, Mon égérie vient d’accoucher de tous ses meilleurs souvenirs. Les alentours paraissent mornes, tandis que j’entends s’élevant Le cri du fils effarouché qu’elle présente à l’avenir.
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Comme un vieux monarque esseulé, le soleil règne en ce jour ; Comme une dame abandonnée, la lune pâlit dès l’aurore ; Comme un cavalier harcelé, les étoiles s’éteignent tour à tour Comme un valet attentionné, la terre tournera encore.
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Né dans les choux, née dans les roses, nés dans un matin de printemps Aux premières lueurs de l’aurore quand les oiseaux saluent le jour. Mignonne, allons voir si la rose, refleurira encore longtemps Juste avant que ne s’évapore la rosée nouvelle comme toujours.
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Les vitrines nous marquent Afin que l’on remarque La personnalité De l’esprit habité. Les vitrines empêchent Qu’on voit l’âme pimbêche De celles qui se terrent Derrière tant de mystères. Les vitrines, hélas, Ne montrent qu’un palace Mais cache la misère D’un cœur dans le désert. Les vitrines nous mentent On les croit nos amantes Mais jamais ne s’écœurent De jouer avec nos cœurs.
Les vitrines s’exposent Mais jamais elles n’osent Montrer la vérité Ou la sincérité. Les vitrines séduisent Mais jamais n’introduisent Une vraie amitié Mais de l’inimitié. Les vitrines trahissent, Les vitrines éblouissent, Les vitrines font croire Qu’il existe un espoir. Les vitrines sont vides Et restent impavides Quand la porte est ouverte Et qu’elles sont découvertes. Les vitrines bouleversent Les vitrines tergiversent Les vitrines sont perverses Et jouent de controverse. J’en ai connu de belles, Des belles et des rebelles, Qui ne mettent en valeur Que leur propre malheur. Les vitrines un beau jour Se ferment pour toujours. Alors s’enfuient les rêves Et les heures trop brèves. Les vitrines un beau soir S’éteignent dans le noir. Et la clef sous la porte, Le diable les emporte.
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Comment as-tu, bonhomme de neige, pu te protéger tout l’hiver Et revenir fleurir en mai dans ces fragrances enivrantes ? Transformé en boule-de-neige, par les chemins les plus divers, Je te retrouve parfumé dans cette blancheur inspirante.
Toutes les boules-de-neige sont sorties ce matin et embaumaient les sentiers de la forêt de Kyburg, ce matin et je m’en suis régalé de tout mon soûl.
Pâques et Pentecôte, pis qu’épique époque ! On dirait que Dieu joue au tac-au-tac. Bigots et bigotes, ensemble au paddock, De concert au pieu, vont faire cric-crac.
J’aime bien ce mot « Pentecôte » qui monte doucement la pente ; Arrivé en haut de la côte, il redescend tout doucement. Comme deux filles côte-à-côte, en tenues légères et pimpantes, Portant leurs paniers qui tressautent dans de petits trémoussements.
Langues de feu parsemées, comme de petites flammes, Nous délivrent le message de l’oiseau porte-parole : « C’est un beau jour pour s’aimer ! » s’inscrit dans son oriflamme Car l’amour est le passage caché dans les paraboles.
Quand je suis triste, elle est joyeuse ; quand je suis gai, elle est morose. C’est comme un reflet inversé qui renverse aussi notre humeur. Quand je suis terne, elle est soyeuse ; je mets du bleu, elle met du rose. Si on nous croit controversés, elle en fait taire la rumeur.
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Comme ma minette est de retour, on va se faire un gueuleton Avec du pâté de souris et du caviar de cabillaud ; Terrine de mou rôti au four, fines croquettes en papeton. Et quand on s’sera bien nourris, on s’fumera des cigarillos.
Trois seules choses sont vraies : la minette rentrée, le papeton d’aubergine et le petit cigarillo du soir.
Si j’ai à la fois la moitié de l’héritage de mon père, L’autre moitié exactement de chaque gène de ma mère, Alors mon âme doit miroiter une femme chez qui j’espère Trouver l’âme-sœur parfaitement à mon image douce-amère.
Parfois quand une idée surgit, elle me réveille en pleine nuit Alors je fais semblant de lire ou de revoir mes manuscrits. C’est une sorte de liturgie qui se déclenche après minuit Mais le matin, c’est le délire pour comprendre ce que j’ai écrit.
Sa chambre est dans une oreillette en bas au bout de l’escalier Qui s’élève jusqu’à ma tête à la terrasse de mes yeux. Elle passe en coup de balayette avec ce sens hospitalier Qui sert autant de pense-bête que de génie consciencieux.
Le marchand de bougie est bien dur en affaires, Il doit être chinois ou de Pétaouchnock. Mais ses joues ont rougi, j’ai dû le stupéfaire, Quand mon joli minois lui a dit : « tout le stock! »
Je veux des boîtes de vingt pour les jeunes écrivains ; Et puis des boîtes de trente pour des amies différentes ; Puis, des boîtes de quarante pour les abracadabrantes ; Puis, des boîtes de cinquante pour ces femmes si craquantes ; Puis, des boîtes de soixante, il y en a d’intéressantes ; Et jusqu’aux boîtes de cent, ça devient incandescent !
Puis après au-delà, l’amour ne compte pas ; Pour les ans de douleurs, il faut de la couleur ; Pour les ans solitaires, il faut de la lumière ; Enfin pour y penser, je dois tout dépenser.
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D’abord j’ai cru voir le fantôme d’un sorcier qu’on aurait brûlé, Ou bien alors un marabout courant après l’amour perdu. Quoi qu’il en soit, c’est le symptôme de l’esprit qui va baruler Dans un conte à dormir debout ou une histoire un peu tordue.
Je ne sais pas si vous connaissez le verbe « baruler » qui signifie « traîner, déambuler » et qu’on utilisait beaucoup dans le langage familier de mon enfance.
Quand on a eu de gros soucis qui soulèvent quelques problèmes, Il faut savoir se redonner à corps perdu dans l’allégresse. Aussitôt on se radoucit et il n’y a plus de dilemme Dès que l’allegro est sonné et qu’il remue un peu sa graisse.
Je tiens à préciser qu’il n’y a aucun rapport entre Fabienne qui rentre demain de l’hôpital et moi, même si nous marions souvent l’allegro et l’allégresse !
Pour souhaiter vos anniversaires, je vais voir l’écrivaine publique Qui a toujours la bonne idée, le bon mot pour le bon moment. Parfois lorsque c’est nécessaire, elle me rédige une supplique Et quand je suis trop fatigué, elle fait un mot à ma maman.
Dans une jupe à froufrous blancs qui claque au vent comme une voile, La danseuse de flamenco nous entraîne dans ses voyages. Son corps cambré, vif et troublant petit à petit nous dévoile Son dos sortant du calicot comme un appel à l’abordage.
Quand elle joue du tambourin en cambrant son dos de gitane, Les cheveux bouclés ondulants sous un foulard de soie noué, Elle dandine son tour de rein à la manière des tziganes Dont les souvenirs ambulants sont incessamment renoués.
Quand l’amour revêt de couleurs pour parer la féminité D’une couronne de lumière qui la recouvre comme un voile, L’enfant qui naît dans la douleur rappelle la divinité Qui les créa de la poussière à partir d’un milliard d’étoiles.
Mon égérie s’est confiée entre les bras d’Asklépios, La déesse de la santé et le bâton de la Prudence. Gageons qu’elle saura s’y fier afin de réparer ses os Et qu’elle sortira enchantée de cette pénible experience.
Ma petit’ femme n’a pas d’épine mais est fragile comme une rose Et quand l’effort est dépassé, il en tombe quelque pétale. Mais lorsque son docteur opine du chef que c’est une thrombose Avec une côte cassée, il la transfère à l’hôpital.
Fabienne, ma petite femme précieuse, a développé une thrombose dans sa jambe gauche dont la faiblesse a occasionné une petite chute et une côte cassée. Du coup, elle se retrouve chouchoutée à l’hôpital de Winterthur pour quelques jours. Surtout ne lui souhaitez pas bonne chance parce que si ça se dit « Merde » en français, en allemand, on dit « Hals- und Beinbruch! » ce qui signifie littéralement « cou et jambe cassée ».)
Tableau Kees Van Dongen – Marchesa Luisa Casati, 1921
Passé neuf mois dans la matrice comme une frêle chrysalide, La Terre accueille son nouvel être, un homme ou femme papillon Dont les facultés novatrices, face au danger si impavides, Marqueront, au pied de la lettre, l’emblème de son pavillon.
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Vive cette époque épique qui ne manque pas de piquant ! Où même les cactus montrent tous les signes de victoire ! C’est la réponse typique que je donne en expliquant Que c’est ce que nous démontre vie sans faire d’histoires.
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Trop de calculs mathématiques mettent ma Terre en logarithmes En enfermant dans des formules toutes les merveilles du monde. J’opte pour seule viatique de prendre le temps à mon rythme Où seul le présent me stimule sans que la science y réponde.
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Dès la pointe du jour, quand la nuit s’éclaircit, Les ténèbres s’écartent et les couleurs s’avancent. Puis, chacun à son tour, les oiseaux remercient Le menu à la carte du printemps d’abondance.
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Comme un village-souvenir édifié depuis l’enfance, L’esprit bâtît avec raison ce que le cœur lui rappella. Puis en déroulant l’avenir sur la route de la croissance, En rêvassant de ses maisons, mon âme chante « a cappella ».
(Tableau Aram Hunanyan. « A cappella » : lorsque un chant est exécuté sans accompagnement instrumental.)
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Volutes dans les ondes, si douces à mes oreilles, Bercent mon cœur d’espoir quand l’heure bleue survient. Ô musique profonde dont l’âme sans pareille Éloigne les désespoirs dont l’esprit se souvient.
Si votre Reine est en échec, surprenez sa Tour par derrière. Si elle trouve ça peu Cavalier, dites-lui que vous êtes Fou d’elle. Si le Roi, aidé de l’Évèque, dame le Pion à vos arrières, Faites charger vos chevaliers jusqu’à ce que l’ennemi chancelle.
Si je devais écrire un message pour mes arrière-petits-enfants, J’y mettrais tous les souvenirs qui font ma richesse du monde. Des paysages, de belles plages, où s’endort un soleil couchant Qui montreront dans l’avenir tous les mots qui me correspondent.
Si vous deviez écrire un message à vos arrières-petits-enfants, sur quoi l’écriviriez-vous ?
Quand l’eau du bain est à souhait, qu’est-ce qu’il fait bon y barboter Avec le clan des tatoués pour boire un verre et papoter ! Chacun montre ses tatouages (même là où on ne saurait voir) Et souvent aussi on partage ce que vous n’avez pas à savoir.
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Pour attirer dans vos filets une pêche miraculeuse, Appâtez donc de quelques vers et quelques rimes bien senties ; Et vous verrez se profiler, pour une partie crapuleuse, Du premier choix, du frais, du vert, je vous le dis, c’est garanti !
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Il y a longtemps, à Séville, un soir, un bal y fut donné En l’honneur du Roi et de la Reine qui venaient d’avoir un enfant. Était-ce un garçon ou une fille ? En tout cas il fut ordonné Que la réception soit sereine et le spectacle triomphant.
Désolé, mais je n’y peux rien si les geishas montrent leur sein ! J’en avais demandé une sage, douce et discrète comme une image, Mais là, son esprit de vaurien m’a bien abusé à dessein ! Excusez-moi pour ce passage un peu osé et c’est dommage.
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