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  • Le paradis de celles qui aiment les chats

    Comme je priais pour mon chat – qui d’aventure est protestant –
    Un ange est venu me chercher et m’a invité à le suivre
    Au Paradis « section pachas » où, les miaulements l’attestant,
    Se retrouvent là-haut perchés tous les matous qui vont s’ensuivre :

    Des chambres pour toutes les races équipées de chaises à griffer,
    De canapés à élimer et de rideaux à déchirer.
    Pourtant d’odeurs, aucune trace. D’abord, les meubles sont dégriffés
    Enfin des maîtresses sublimées font le cœur des chats chavirer.

    « Ce sont celles qui aiment les chats ! » m’assura l’ange sereinement.
    « Tous vos matous viennent ici accompagnés des meilleurs maîtres ! »
    « Sans faire de prêchi-prêcha, à titre de renseignement
    Et d’après la superficie, qu’y-a-t-il d’autre au périmètre ? »…

    Tableaux de Kira Panina.

  • Poupée découpée

    Poupée découpée

    Par l’effet kaléidoscopique des règles obscures de l’optique,
    Voici sur verre, découpée, l’illusion d’une jolie poupée.
    L’audace fantasmagorique de l’eau plate – mais allégorique –
    Produit un art entrecoupé qui ne manque pas de toupet !

    Photo de Hamza Lafrouji.

  • Bipolaire

    Bipolaire

    Ô partie cachée de mon âme, tapie à l’ombre de moi-même,
    Qui vient toujours pour m’inspirer ce que jamais je n’ose faire !
    Qui sait par des manœuvres infâmes me prouver ô combien je m’aime !
    Jamais ne te remercierai de m’avoir rendue bipolaire !

    Tableau de Rafal Olbinski.

  • Mais où est la reine ?

    Mais où est la reine ?

    Sur le grand patchwork damassé couvrant les dessous de l’affaire,
    Deux prétendants et une souveraine, complotent ainsi à mots couverts.
    Déjà, l’un d’eux s’est ramassé tandis que l’autre a dû s’y faire :
    « Mais où est donc passée ma reine ? » Trop tard ! Le sein est découvert.

    Tableau de Rafal Olbinski sur https:catrina-burana.livejournal.com26110.html .

  • Ceux d’en haut et ceux d’en bas

    Ceux d’en haut et ceux d’en bas

    Ma vie aurait pu ressembler à ce grand escalier social
    Qui nivelle l’élite par le haut et la pauvreté par le bas.
    J’y suis monté, il m’a semblé n’y trouver rien de bien spécial ;
    Les gens y sont aussi idiots que vous et moi en contrebas.

    Finalement où que je vive, où que j’accède sur mon palier,
    J’y verrai les snobs du dessus, j’y verrai les humbles au-dessous.
    Les anges paraissent bon convives, les démons paraissent fous à lier,
    Moi, loin des clichés préconçus, je me raccroche au garde-fou.

    Tableau de Mark Kostabi.

  • Cotte d’émail

    Cotte d’émail

    Les bas résille géométriques ont tellement soigné leurs cotes
    Que les mailles les ont dépassées et sont parvenues aux épaules.
    Mais la tension psychométrique dont les mâles s’emberlificotent
    Les a tellement tracassés qu’elle en a fait fondre les pôles.

    Photo de Reba Maybury par Tim Walker.

  • Mélisse à ravir

    Mélisse à ravir

    Mélisse aurait bu le calice jusqu’à la lie son chocolat
    Et voici que le cacao produit des effets secondaires ;
    En conséquence et sans malice la jeune fille caracola
    Et pirouetta de bas en haut des quatre membres solidaires.

    Photo de Duckie Thot par Tim Walker.

  • Les chemins de vie

    Les chemins de vie

    Soit Adam au sexe carré et soit Ève au sexe girond,
    Imaginez leur descendance, hommes et femmes hybridés.
    Tous ces enfants désemparés qui demain interagiront
    Avec un monde en dépendance d’une croissance débridée

    Mais qui sont ces triangulaires qui s’insinuent dans le parcours ?
    S’agit-il d’un carré manqué ou bien d’un cercle émancipé ?
    J’en appelle aux quadrilatères afin de nous porter secours
    Pour cesser de polémiquer sur un chaos anticipé.

    Tableau de Scott Albrecht.

  • Fête des clones

    Fête des clones

    Plutôt qu’adopter un enfant, faites-vous cloner plusieurs fois
    Et vous pourrez recommencer autant de vies que vous voulez.
    Si personne ne vous le défend, vous pourrez revivre à cœur joie
    Plusieurs existences romancées ou sexuellement refoulées.

    Tableau de Nicoletta Ceccoli.

  • La reine des quatre lunes

    La reine des quatre lunes

    La reine est nue, bonne nouvelle, elle est maîtresse en son royaume !
    Jour après jour, son règne croit et s’arrondit d’aura lunaire.
    Dans deux semaines, elle étincelle, d’or et d’argent, elle rayonne.
    Et si son empire décroît, c’est qu’elle est révolutionnaire.

    Tableau de Nicoletta Ceccoli.

  • Caméléon

    Caméléon

    Tu ne le verras pas venir, il se confond dans le décor ;
    Tu ne l’entendras pas darder son coup de langue télescopique
    Pour puiser dans tes souvenirs les démons et les égrégores
    Qui se sont souvent attardés lors de tes lectures périodiques.

    Tableau de Nicoletta Ceccoli.

  • La Reine Primevère

    Dualité dans les reflets sur l’eau tranquille de l’étang ;
    Kaléidoscope de verts mêlés de houx rouge-vermeil ;
    Miroir de nature soufflée par le vent de la nuit des temps ;
    Enfin la Reine Primevère qui sort de son demi-sommeil.

    Tableau de Nicoletta Ceccoli.

  • Petit cœur d’oiseau

    Petit cœur d’oiseau

    Prête-moi les ailes de ton cœur d’oiseau,
    Je m’envolerai pour d’autres horizons.
    Je serai oiselle, toi mon damoiseau
    Et je t’offrirai ma défloraison.

    Donne-moi la couleur de ta différence
    Je m’en nourrirai le cœur chaque jour.
    Ôte la douleur de l’indifférence
    Et je sourirai à tout ton amour.

    Ouvre-moi la porte de ton cœur ouvert
    J’y déposerai une clef du mien.
    Prends ce que j’apporte, mes rimes et mes vers,
    J’y réchaufferai mon cœur et le tien.

    Tableau de Nicoletta Ceccoli.

  • Fin-août en bleu

    Fin-août en bleu

    Parlez-moi d’un été en bleu qui me sourit au crépuscule
    Et qui se dissout d’ocre et d’ambre comme une équinoxe d’automne.
    Accompagnées d’un ciel qui pleut, les dernières heures basculent
    Sous le premier jour de septembre et ses nuages qui moutonnent.

    Tableau de Rafal Olbinski.

  • Fin-août en rose

    Fin-août en rose

    Parlez-moi d’un été en rose qui m’a souri depuis l’aurore
    De tous ses jours en dévoilant un soleil rose à ma fenêtre.
    Parfois la lune fut morose mais aujourd’hui, elle se dore
    Sous la voûte d’août s’étiolant vers les jours de la vierge à naître.

    Tableau de Rafal Olbinski.

  • La croisade

    La croisade

    Que le courage masque mes peurs et que la foi masque mes yeux !
    Participer à la croisade contre la folie de ce monde
    Qui ne jure que par labeur, argent et rêves fallacieux
    Et courbe la tête sous les bravades des aristos maîtres immondes.

    Je ne regarde ni la télé, je n’écoute pas la radio,
    J’écoute la voix, dans la nature, des animaux fantomatiques.
    Je peux enfin vous révéler qu’on nous a pris pour des idiots
    Avec l’insidieuse torture de la panique médiatique.

    Tableau de Sophie Wilkins.

  • Gémeau-Marmotte

    Gémeau-Marmotte

    Tandis qu’elle pleurait ses gouttes sur les yeux doux des jolies fleurs
    Qu’elle survolait en rase-mottes avec son chat qui la pelote,
    Elle dormait, rêvait sans doute pour calmer ses rires et ses pleurs
    En invoquant Gémeau-Marmotte, l’esprit des airs et co-pilote.

    Tableau d’Olesya Serzhantova.

  • La septième dimension

    La septième dimension

    Quand j’aurai terminé mon cycle qui boucle l’existence entière
    Je changerai de dimension et serai de nouvelle essence.
    Du premier au dernier article, la récurrence est sans frontière
    De régression en expansion, de vies, de morts en renaissances.

    Illustration de Shaun Tan.

  • L’instant zéro

    L’instant zéro

    Cette origine mystérieuse, elle-même extérieure au monde,
    Crée le premier trait de l’histoire qui se répètera sans cesse.
    La mine de carbone victorieuse trace dès la première seconde
    La loi des mystiques notoires par des bâtonnets de sagesse.

    Illustration de Shaun Tan.

  • Dimensions spirituelles 4-5-6

    La quatrième dimension, plus difficile à percevoir,
    Ouvre le seuil de la conscience à celui qui en fait l’effort,
    Qui abandonne ses prétentions pour parvenir à recevoir
    La fin d’agir en inconscience, le début d’un nouvel essor.

    Désormais la cinquième essence montre la raison de la vie ;
    L’être vivant comprend le sens de son entière destinée.
    Entre conscience et inconscience, le cœur a donné son avis
    Et l’âme ressent sa puissance, dans l’univers, prédestinée.

    Dernière étape de la vie avant la porte de la mort
    Que la personne a acceptée comme porte d’éternité.
    La condition de sa survie – comme paradoxal oxymore –
    N’est plus qu’un fragment excepté d’une infinie connexité.

    Illustrations de Shaun Tan.

  • Dimensions mécaniques 1-2-3

    Dès la première étape humaine, le temps semble une ligne droite
    Qui fuit inexorablement de l’aube jusqu’au crépuscule.
    Au fil des jours et des semaines, la vision reste maladroite,
    Pire, incommensurablement, l’existence paraît minuscule.

    Lorsque la vision s’élargit, la surface étend sa frontière,
    L’environnement se dessine aux quatre coins de sa prison.
    L’homme et la femme en léthargie commencent pour leurs vies entières
    À développer leurs racines jusqu’aux confins de l’horizon.

    À la troisième dimension, l’environnement se recourbe,
    Le territoire devient sphère et l’on se rend à l’évidence.
    Il faut changer ses conventions sans mentir, sans paraître fourbe,
    Mais accepter la planisphère, obéir à sa transcendance.

    Illustrations de Shaun Tan.

  • Le courrier du Qu…

    Le courrier du Qu…

    Le courrier du cœur a évolué
    Grâce à des pratiques assez raffinées
    Dont le contenu surévalué
    Glisse dans l’enveloppe rose paraffinée.

    Les mots ont repris du poil de la bête ;
    On ne les lit plus mais on les caresse.
    Le parfum n’est plus essence d’herbettes
    Mais de l’entrejambe de notre maîtresse.

    Pour décacheter, ouvrez le nombril
    Et plongez le nez, l’organe à fantasmes.
    Vous y sentirez au fond assombri
    Les préliminaires d’un futur orgasme.

    Photo d’Alice Wellinger.

  • Présence de la Nature

    Présence de la Nature

    Que j’aime la Nature qui se penche vers moi
    Pour m’écouter le cœur et pour me guider l’âme !
    Sentir sa signature gravée dans mon émoi,
    Sa force de vainqueur, la force de sa flamme.

    Car elle me ressemble, la Terre qui me tend
    Une branche d’amour, un vent d’inspiration.
    Et moi, je lui rassemble le plus gros de mon temps
    Pour vivre au fil des jours par sa respiration.

    Photo du Baldeneysee à Essen en Allemagne par Chribeu.

  • La Reine choisit son Roi

    La Reine choisit son Roi

    Le Roi ne choisit pas sa Reine à l’intérieur de son royaume.
    Il part en chasse comme chasseur espérant trouver son gibier.
    Mais ses efforts restent à la traîne car l’Amour a son propre idiome
    Et pour trouver son âme-sœur, il lui faudrait un équipier.

    Or, Cupidon, preux chevalier, murmure à l’oreille des princesses
    Et leur fait découvrir leur prince, plein d’humour et de courtoisie.
    Alors d’un geste cavalier, on voit le Roi plein d’allégresse
    Brandir fièrement dans ses pinces celle qui l’aime et l’a choisi.

    Illustration de Lorenzo Mattotti.

  • L’œil du cœur

    Si hier encore, dans le brouillard de toutes ces intoxications,
    Je ne savais plus où aller ni même voir mon bout du nez,
    Le médecin, peu débrouillard, a raté mon opération ;
    Depuis, sous l’horizon voilé, je me sens bien infortunée.

    Mais aujourd’hui on a semé de petites graines d’espoir
    Qui me font voir de l’intérieur un monde neuf et libéré.
    Ce petit arbre, je vais l’aimer et l’arroser matin et soir
    Pour regarder à l’extérieur toute la lumière espérée.

    Illustrations de Shaun Tan sur http:thebirdking.blogspot.com201405landscape-portrait-portrait-landscape.html?m=1 .

  • L’ordre des poissons

    L’ordre des poissons

    Jeanneton perdit sa faucille dans les joncs autour de l’étang
    Et voulut plonger dans ses eaux pour récupérer sa moisson.
    Mais voici que la jeune fille vit son image se reflétant,
    Entre nénuphars et roseaux, évoquant l’ordre des poissons.

    Tableau d’Anne Bachelier.

  • Le miroir irréfléchi

    Quand elle découvrit le tiroir caché tout au bas de l’armoire,
    Alice fut bouleversée par son image réfléchie :
    De l’autre côté du miroir, son lapin blanc paraissait noir
    Et son beau sourire inversé d’une figure défraîchie.

    « Tant pis pour le joli sourire ! » se dit Alice renfrognée.
    « Car, après tout, à quoi ça sert quand l’absurdité vous dévore ? »
    Puis, elle piqua un fou rire en voyant son lapin grogner
    Quand il fut traité de dessert par des carottes carnivores.

    Photos de Valentin Perrin.

  • L’ordre des papillons

    L’ordre des papillons

    Quand son mari mourut un jour, tous les amants de Cendrillon
    La convoquèrent à minuit afin de consoler leur reine.
    L’un après l’autre, épris d’amour, joignirent l’ordre des papillons
    Et jurèrent qu’ils, toutes les nuits, butineraient leur souveraine.

    Tableau de David Galchutt.

  • Le cheval à bascule – 3

    Le cheval à bascule - 3

    Maintenant qu’il est animé des sabots jusqu’à la crinière,
    D’une blancheur immaculée, le cheval s’échauffe, impassible.
    Doucement, il vient ranimer les souhaits de la cavalière
    Qui, elle aussi, a basculé dans des logiques impossibles.

    Tableau de Tracie Grimwood.

  • Là où ne va pas l’éléphant

    Là où ne va pas l’éléphant

    Lorsque les journées superposent les images des promeneurs
    Avec chiens, chevaux et enfants, et silhouettes à bicyclette,
    Une seule conséquence s’impose vu le parcours des randonneurs ;
    Si je sortais mon éléphant, tous s’enfuiraient à l’aveuglette.

    Tableau de Piotr Frolov.

  • Le cheval à bascule – 2

    Le cheval à bascule - 2

    À travers champs, bois et forêts, ils ont traversé les saisons,
    Permutant l’hiver au soleil et l’été dans des pluies de joie.
    La nuit s’est trouvée colorée de mille étoiles en floraison
    Et le cheval, dans son sommeil, brisa ses bascules de bois.

    Tableau de Lucie Campbell.

  • Flamant Rosa

    Flamant Rosa

    Point ne se cache dans le flamant la femme en rose imaginaire
    Lorsque la plage et le ciel baignent ma recherche de l’absolu !
    Puis, un clair de lune enflammant mon désert d’océan lunaire,
    La moiteur de la nuit s’imprègne de cette chimère dissolue.

    Photo de Simon Scheuerle.

  • Le cheval à bascule – 1

    Le cheval à bascule - 1

    Alors qu’elle croyait s’échapper de l’univers de son enfance,
    Son vieux cheval de bois hennit d’une complainte langoureuse.
    Alors elle se sentie happée sans retenue et sans défense
    Au souvenir des jours bénis de ses rêveries savoureuses.

    Tableau de Sergey Nikolayevich Lukyanov.

  • Le ravalement de façade

    Le ravalement de façade

    Le jour et la nuit tomberont sur votre enveloppe charnelle
    Et le printemps refleurira sur votre nouvelle jeunesse.
    Tous les regards succomberont à votre beauté éternelle,
    Tout votre corps rajeunira riant d’un cœur de diaconesse.

    Tableau de Rafal Olbinski.

  • Miroirs cassés

    Miroirs cassés

    Pour dissimuler ses humeurs qui pourraient ternir son image,
    Elle a brisé tous les reflets qui en portaient la signature.
    Fini l’éclat de ces rumeurs qui colportaient sur son visage
    Mille défauts, mille pamphlets sur sa véritable nature.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Paris – Rocamadour – Gruyère

    Un jour, ma souris d’Amérique m’a rappelé son souvenir
    Alors que j’étais à Paris en train de passer mes vacances.
    Elle fut très allégorique sur une carrière d’avenir
    Mais comme j’étais aguerri, je passai sur l’extravagance.

    Nous partîmes pour Rocamadour en direction de la Dordogne
    Où elle devait récupérer l’héritage légué par son oncle
    Qui aurait été troubadour sa vie durant dans la Bourgogne
    Et s’était fait rémunérer d’argent payé rubis sur l’ongle.

    Nous passâmes par la transalpine à travers prairies et bruyères,
    Franchîmes des cols vertigineux et découvrîmes son héritage :
    Une distillerie clandestine qui confectionnait à Gruyère
    Un alcool fort et résineux sous le cloître d’un ermitage.

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

  • Lausanne – San Francisco – Lausanne

    Je devais retrouver la trace d’une fille de la montagne
    Qui s’était enfuie de Lausanne pour faire carrière en Amérique.
    C’était une gamine de race qui était née à la campagne
    Et se faisait appeler Suzanne par les gars du téléphérique.

    J’allais interroger ces gars qui me donnèrent comme indice
    Un aller-simple pour une croisière direction « la Californie ».
    Je poursuivis donc ma saga avant que la piste ne refroidisse,
    Le nez calé sous la visière de ma casquette racornie.

    J’ai vite retrouvée ma souris qui chantait dans un cabaret
    Avec une bande de jeunes loups jazzant du blues comme des ânes.
    La mignonne alors m’a souri me disant qu’elle s’était barrée
    Et comme je n’étais pas jaloux je suis revenu à Lausanne.

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

  • Il s’appelait Oliver

    Il s’appelait Oliver

    Enfant de Méditerranée, mes gènes sont multipliés
    Par un mélange de chrétiens, juifs, musulmans et de chinois.
    Voici de nombreuses années, un grec, appelé Olivier,
    Prit femme lors d’un entretien avec son clan carthaginois.

    Par la suite, ils ont émigré suivant la route de la soie
    Et leurs enfants ont procréé avec des turques et des tartares.
    Leur sang ne s’est pas dénigré ; il a acquis confiance en soi
    Par tous les liens qu’il a créés : métis, quarterons et bâtards.

    Tableau de Pablo Picasso.

  • Elle s’appelait Olga

    Elle s’appelait Olga

    Originaire de Norvège, fille des dieux, sœur des géants,
    Elle se serait offerte au tonnerre, femme d’Odin, mère de Thor.
    J’en ai reçu le privilège lorsque je naquis du néant
    Dans ma période embryonnaire par sa sagesse de mentor.

    Tableau de Pablo Picasso.

  • Les anges de la régulation

    Que sont les anges devenus du temps de Sodome et Gomorrhe,
    Après l’épuration du vice, du crime et de la corruption ?
    Sont-ils ensuite revenus, ces deux archanges de la mort ?
    Ont-ils donc repris du service avec ordre de destruction ?

    Il semblerait qu’un nouveau Dieu ait décidé la fin du monde
    Pour lutter contre le danger de la surpopulation.
    Si vous entendiez d’insidieux propos et menaces immondes,
    Ce ne serait pas étranger aux anges de régulation.

    Illustrations de Hy Aluronic.

  • Caniculavirus

    Caniculavirus

    Malgré les jours de canicule qui s’insinuent dans mon logis,
    Je survis à tous les étages en guettant les gros cumulus.
    Mais la menace est ridicule car la météorologie
    N’en fait pas vraiment un fromage à cause du coronavirus.

    Tableau de Felicia Chiao.

  • Baisers mouillés

    Baisers mouillés

    La femme à pois, l’homme à rayure font l’enfant sous le parasol.
    On se mélange les valeurs, on se combine les motifs.
    Bisous salés, baisers mouillures, on en perd vite la boussole ;
    Bien vite on abaisse les couleurs, son caleçon et son soutif.

    Tableau de Peter Adderley.

  • Poète en excès d’inspiration

    Poète en excès d’inspiration

    Voilà, il fallait s’y attendre, l’inspiration a débordé !
    Le monde intérieur s’est ouvert et a enfermé l’extérieur.
    Le cœur est devenu plus tendre, le fol esprit s’est sabordé ;
    L’âme, désormais à découvert, atteint le degré ultérieur.

    Tableau de Christian Schloe.

  • Les mains de l’amour

    Les mains de l’amour

    Les deux mains devenues magiques
    Désormais orchestrent le monde
    Et les deux mains en synergie
    Captent la voix de l’univers.

    La synchronisation logique
    Obéit à la longueur d’onde
    De la lumière en énergie
    Que l’âme et le cœur ont ouvert.

    L’une perçoit, l’autre renvoie
    L’une reçoit et l’autre donne.
    L’esprit ne contrôle plus rien
    Car les mains pensent d’elles-mêmes.

    Le cœur, lui-même, reste sans voix
    Et le corps entier s’abandonne
    Au phénomène épicurien
    Des deux mains ouvertes qui sèment.

    L’homme et la femme, devant la porte
    Qui ouvre à l’amour le passage,
    Le fortifient et le transportent
    Par leurs mains vibrant de messages.

    Tableau de Mstislav Pavlov.

  • La marchande d’étoiles

    Heureux qui, comme le marchand de sable, a pris talentueuse épouse
    Qui glane les étoiles filantes, chues quand l’aube commence à poindre.
    Une récolte indispensable ! Et, pour ne pas faire de jalouses,
    Elle doit se montrer vigilante et ne pas en laisser la moindre.

    Elle accompagne son mari, grand distributeur de sommeil
    Qu’elle nous constelle d’étoiles pleines de beaux rêves triomphants.
    À chaque songe, son gabarit, et plus il brille comme un soleil
    Et plus le tableau sur la toile enthousiasmera les enfants.

    Tableau de Christian Schloe.

  • L’amour en mer – 2

    Les plus beaux endroits de la Terre, pour s’aimer d’amour et d’eau fraîche,
    Méritent de mouiller sa chemise, autrement dit, de la quitter
    Et plonger tout nu dans la mer pour partager là, sur la brèche,
    Le don d’amour à sa promise dont le promis doit s’acquitter.

    Alors l’amour devient peinture, mélanges de flots bleu d’azur
    Avec le vert de l’espérance, des rêves roses et des promesses.
    On se pénètre à l’aventure en mesure et en démesure ;
    On ne connaît ni tempérance ni modération de caresses.

    Tableau de Lorenzo Mattotti sur http:www.mattotti.com .

  • Poète en manque d’inspiration ?

    Poète en manque d’inspiration ?

    Plus le poète devient loup et plus il cherche l’ouverture
    Et plus la Lune reste muette et son canal du cœur fermé.
    Le génie n’aime pas les filous et lui décline son aperture
    Tant que sa conscience fluette ne laissera pas l’âme germer.

    Tableau de Christian Schloe.

  • Les portes de l’aurore

    Les portes de l’aurore

    Aurore, ouvre-moi les volets des portes de la nuit nacrée !
    Fait poindre des seins tes rayons d’un peu de bonheur essaimés.
    J’ai vu en rêve qu’une envolée d’or ranimait le feu sacré
    Au son du premier carillon pour un nouveau jour à s’aimer.

    Tableau « The Gates of Dawn », 1900 d’Herbert James Draper.

  • Vive le monde de l’adulescence !

    Vive le monde de l’adulescence !

    Le monde brûle mais tout va bien … le plus grand risque est microbien ;
    La famine étend ses ravages … mais on remplit les étalages ;
    Contre le virus des voisins … il y a des masques au magasin ;
    On tue des gens dans les faubourgs … l’incivilité bat le tambour.

    Les avions incontournables ; la diffusion indiscernable ;
    Le monde en surpopulation ; les dangers de la pollution ;
    Les étrangers et le chômage ; les crises en auto-allumage ;
    Ça sent le gaz, ça sent l’essence … vive le monde de l’adulescence !

    Tableau de Manon Molesti.

  • L’ouverture de la chauve-souris

    L’ouverture de la chauve-souris

    Pour composer son ouverture, Johan Strauss dut apprivoiser
    Une jolie chauve-souris aux prédilections théâtrales.
    Elle vivait dans des grottes obscures et, pour la faire pavoiser,
    Il lui joua un pot-pourri d’improvisations sépulcrales.

    Tableau de Franz Sedlacek.