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  • Douleur et silence

    Douleur et silence

    On n’a jamais représenté ni la douleur ni le silence
    Pourtant les deux ont un effet assez cruel sur le moral.
    La douleur m’a souvent hanté, comme messagère d’insolence,
    Et son silence m’a stupéfait sans la moindre réponse orale.

    Tableau de Henri Martin.

  • L’autre chaperon rouge

    L’autre chaperon rouge

    Les contes de Grimm et de Perrault n’offrent pas la même version
    Concernant le Chaperon Rouge, surtout la fin avec le loup.
    Le loup n’étant pas le héros, il a l’histoire en aversion
    Son propre témoignage bouge selon s’il est ou non jaloux.

    Tableau de Henri Martin.

  • L’élixir extraordinaire

    L’élixir extraordinaire

    Elle cueillait les fleurs de lumière dont elle extrayait le pistil
    Et les étamines rouge sang comme du safran sanguinaire.
    Puis elle regagnait sa chaumière que les indiens pensaient hostile
    Et préparait l’iridescent élixir extraordinaire.

    Tableau de Hu Jun Di sur https:www.livemaster.rutopic2219107-zavorazhivayuschie-kartiny-kitajskogo-hudozhnika-hu-jun-di .

  • Sous la canopée

    Sous la canopée

    Elle vivait de pharmacopée qu’elle échangeait dans les villages,
    Protégée par une panthère qui ne laissait personne approcher.
    Elle regagnait la canopée complètement en décalage
    Avec l’évolution austère du monde qui l’effarouchait.

    Tableau de Hu Jun Di sur https:www.livemaster.rutopic2219107-zavorazhivayuschie-kartiny-kitajskogo-hudozhnika-hu-jun-di .

  • La forteresse cristallisée

    La forteresse cristallisée

    Ce n’était qu’un petit minéral, né de la famille Cristal ;
    Il poussa si bien son effort qu’il en devint un château-fort.
    Si vous passez par la Lorraine, pays des anciennes moraines,
    Ne manquez pas de visiter la forteresse cristallisée.

    Illustration de Jacek Yerka sur https:www.yerkaland.comprojects .

  • Dans le lit de la rivière

    Dans le lit de la rivière

    Qu’il fait bon vivre et bien dormir au fond du lit de la rivière
    Bercé par la mère des sirènes sous la protection de Neptune !
    Et qu’il fait bon se rendormir sur les algues en guise de civière,
    Choyé par les mains de la reine des loups de mer de la lagune !

    Illustration de Jacek Yerka sur https:www.yerkaland.comprojects .

  • Le Roi Louys, Martin-pêcheur

    Le Roi Louys, Martin-pêcheur

    Quand le Roi Louys, Martin-pêcheur, a mis sa culotte à l’envers,
    Tous les animaux de sa cour le lui firent vite observer.
    Et lui, de prendre un air bêcheur et leur rétorquer, l’œil sévère :
    « Allons Messieurs-Dame, au secours ! Tous les jours, vous m’ la resservez! »

    « Sachez que mon père a surpris la Reine-Mère au saut du nid,
    La renversa sur le duvet, ainsi s’aimèrent les amants.
    Puis, animé d’un fol esprit, mon père, dans un trait de génie,
    Dissocia sur le chevet toutes les couleurs de maman.

    Ainsi ma belle cape bleue est descendue sous le gilet
    Tandis que le plastron marron a permuté avec le râble.
    Alors il est temps, sacrebleu, sinon ce sera le gibet,
    D’arrêter de faire les larrons et vos remarques misérables ! »

    Je ne sais pas s’il eût raison de parler de cette façon,
    Mais tous les oiseaux ont opté de perpétrer cette élégance.
    Vous verrez en toute saison, qu’ils ont bien appris la leçon
    Et la mode qu’ils ont adoptée est d’une folle extravagance.

    Tableau de Fabienne Barbier

  • Sous les feux de la rampe

    Sous les feux de la rampe

    Le médecin ne comprend rien à mon problème de courbature
    Dont je souffre lors de mon réveil accompagné de nombreuses crampes.
    Je fais des rêves aériens et je parcours dans la nature
    Mille cabrioles sous le soleil comme sous les feux de la rampe.

    Tableau de Rob Gonsalves sur http:www.topito.comtop-illusion-optique-rob-gonsalves-mal-tete .

  • Châteaux à construire soi-même

    Châteaux à construire soi-même

    J’ai commencé la collection des demeures à construire soi-même
    Expédiée par correspondance depuis les Châteaux de la Loire.
    J’ai étudié sa conception, assemblée au fil des semaines
    Et ce soir, si j’ai de la chance, je pose les plaques de moire.

    Tableau de Rob Gonsalves sur http:moroccan.eklablog.compeintre-illusioniste-rob-gonsalves-3-c19202129 .

  • En raccompagnant la grande ourse

    En raccompagnant la grande ourse

    Je suis encore rentré tard, j’ai raccompagné la grande ourse
    Qui avait encore raté son car à cause de la petite ourse.
    La Voie Lactée était bloquée par les comètes en vacances
    Et l’univers overclocké par toutes les étoiles en transe.

    Illustration de Maginel Wright Enright Barney.

  • Double vie

    Double vie

    On dit que j’ai une double vie… c’est un peu vrai, c’était écrit.
    Je suis déjà mort plusieurs fois, ressuscité sans le savoir.
    Je possède une option « survie » qu’on m’a dit être « dernier cri »
    Mais je ne peux pas toutefois l’user de mon propre pouvoir.

    Illustration de Jacek Yerka sur https:www.yerkaland.comprojects .

  • L’arbre au crochet

    L’arbre au crochet

    L’hiver prochain serait précoce et rigoureux à pierre fendre !
    Les arbres, de peur qu’il s’aggrave, ont fait une commande spéciale
    Qui ne gratte pas leur écorce et les aideront à se défendre
    Contre les amoureux qui gravent des cœurs avec leurs initiales.

    Photo de Michael Kappel.

  • Les chats bleus

    Les chats bleus

    Les chats bleus semblent assez peureux devant l’inconnu qui les guette.
    Les chats bleus sont, paraît-il, gris quand vient la nuit, c’est ce qu’on dit.
    Les chats bleus seraient-ils heureux d’être exposés en vedette ?
    Les chats bleus seraient-ils aigris d’être des chats de paradis ?

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Le cavalier à carreaux

    Le cavalier à carreaux

    Lassé des piques des dames de cœur qui l’ont laissé sur le carreau,
    Le cavalier peu cavalier est parti sans tourner le dos.
    Par ses talents de chroniqueur, il écrit pour Le Figaro
    Et son chien, son meilleur allié, l’aide à supporter son fardeau.

    Tableau de Malwina de Brade.

  • Chevaux de saison

    Chevaux de saison

    Pour concourir avec la mode et ne pas se laisser dépasser
    Je me faisait des écheveaux de projets et de lancement.
    Aujourd’hui j’ai changé le mode de fabrication déclassée
    En laissant courir les chevaux, eux-mêmes, leurs propres élancements.

    Tableau de Malwina de Brade.

  • En attendant Noël

    En attendant Noël

    Parmi ses rêves orangés parsemés de nuages roses,
    Elle attendait voir arriver le chevalier Casse-Noisettes
    Car il n’était pas étranger à ses pressentiments moroses
    Dont elle discutait en privé avec sa poupée Louisette.

    Tableau de Jessie Wilcox Smith.

  • Escale à Paris

    Escale à Paris

    Dans son petit appartement qui faisait aussi atelier,
    Elle peignait des Sacré-Cœur, des Tour Eiffel et Notre-Dame.
    D’un style lui appartenant mais qui lui payait l’hôtelier
    Qui aurait, la main sur le cœur, offert autre chose à Madame.

    Tableau d’Elena Khmeleva ici https:poramoralarte-exposito.blogspot.com201806elena-khmeleva.html?m=0&hl=es_419 .

  • Les trois-là rousses

    Les trois-là rousses

    J’aime la rousse des noms propres, très classe, sélect et si probe.
    J’aime la rousse au noms communs, chacun des siens est opportun.
    J’aime la rousse des langues étrangères, au début un peu mensongères
    Mais j’y tourne sept fois ma langue pour lui chercher ses virelangues.

    Comme celle-ci :
    Douze rousses douces troussées sur mousse poussent douze secousses, trémoussent et toussent de douze frousses.

    Tableau d’Elena Khmeleva ici https:poramoralarte-exposito.blogspot.com201806elena-khmeleva.html?m=0&hl=es_419 .

  • L’amour confiné

    L’amour confiné

    Sa chambre était toute petite dans sa minuscule maison
    Mais l’amour y était plus fort et la marquait de son empreinte.
    Elle m’invitait, moi, où m’habite la passion plus que de raison
    Et je mettais tous mes efforts pour offrir la plus belle étreinte.

    Durant tout le confinement, nous vécûmes d’amour et d’eau fraîche ;
    Les voisins sympas pourvoyaient à gérer l’alimentation.
    Depuis le déconfinement, nous avons dû les battre en brèche
    Car tout le monde se fourvoyait en règle de distanciation.

    Tableau de Alexander Sulimov.

  • Les jeux confinés

    Pauvres enfants dans quatre murs soumis aux vacances forcées
    Et dont les cris ont fait vibrer toutes les fenêtres du port.
    Car les parents de ces fruits mûrs les stimulaient pour amorcer
    Des bravos déséquilibrés à qui braillerait le plus fort.

    Heureusement ces chérubins ont le soutien d’un animal
    Un chat, un chien ou un cheval, du moment qu’il crie assez fort.
    Et pour exciter leurs bambins, les parents, femelles et mâles,
    Organisent des festivals afin d’ leur venir en renfort.

    Tableaux de Alexander Sulimov.

  • La fée des saisons

    La fée des saisons

    Au printemps l’effet vert démarre et fait éclater les bourgeons ;
    En été, l’effet d’or flamboie sur les fleurs de première classe ;
    En automne l’effet rouille s’amarre aux feuilles qui s’apprêtent au plongeon ;
    En hiver l’effet blanc chatoie les sapins de givre et de glace.

    À chaque saison son effet, selon la couleur du moment,
    Selon la chaleur du soleil, selon la tiédeur de la nuit.
    Je vous en présente la fée, la fée aux cheveux de froment
    Qui nettoie, embellie, balaye tout ce qui brille et qui reluit.

    Collage de Kanchan Mahon sur https:www.deviantart.comkanchancollagegallery?catpath=%2F&offset=240 .

  • Masque bleu

    Masque bleu

    Elle se peignait le visage avec ses peintures de guerre ;
    Elle traversait toutes les nuits des champs de roses et de lys.
    Malgré tout, dans le paysage, elle ne se détachait guère
    Car tous les bleuets, quel ennui, la regardaient avec délices.

    Collage de Kanchan Mahon sur https:www.deviantart.comkanchancollagegallery?catpath=%2F&offset=240 .

  • Les roses de reconnaissance

    Les roses de reconnaissance

    Il avait dit : « Sous les étoiles, attendez sous le firmament
    Avec un petit bouquet de roses en signe de reconnaissance ! »
    Elle ne porte pas de voile lorsqu’elle sort avec son amant,
    Juste un soupçon de couperose qui trahit son adolescence.

    Collage de Kanchan Mahon sur https:www.deviantart.comkanchancollagegallery?catpath=%2F&offset=240 .

  • L’épaule adorable

    L’épaule adorable

    Elle cousait elle-même ses robes à partir de décorations
    Issues d’anciennes tapisseries tissées par les sœurs du couvent.
    Elle aimait lorsque se dérobe une épaule en adoration
    Avec la beauté d’égéries du temps passé bien émouvant.

    Collage de Kanchan Mahon sur https:www.deviantart.comkanchancollagegallery?catpath=%2F&offset=240 .

  • La maîtresse d’armes

    La maîtresse d’armes

    J’ai longtemps pratiqué l’école de la célèbre maîtresse d’armes,
    Celle-là même qui enseignait la pire des bottes secrètes.
    Elle utilisait une étole croisée sur sa poitrine de charme
    Et brusquement elle vous saignait votre œillade trop indiscrète.

    Tableau de Joshua Burbank.

  • La papesse de papier

    La papesse de papier

    Titrée de l’Église de Rome et du Sacré-Cœur de Jésus,
    La papesse établit son règne sinon sur Terre, sur le papier.
    Tous les chemins menant aux hommes, elle repère de visu
    Ceux dont sa volonté s’imprègne pour conjurer que le pape y est.

    Tableau de Joshua Burbank.

  • La folle d’amour

    La folle d’amour

    Une tueuse sans scrupule, une exécutrice de charme.
    On l’appelle « Amante religieuse » car elle assassine d’amour.
    Vous la croisez au crépuscule, elle vous aborde chargée de larmes,
    Votre déférence est prodigieuse mais vous mourrez au petit jour.

    Tableau de Joshua Burbank.

  • Ici, l’impératrice

    Ici, l’impératrice

    Sa vie lui fut un sacrifice car sa famille était ruinée.
    Vieille branche aristocratique pour qui les guerres furent fatales.
    Elle devint impératrice alors qu’elle était la puînée ;
    Sa vie fut très acrobatique, sa mort évidemment létale.

    Tableau de Joshua Burbank.

  • La cavalière

    La cavalière

    Cheveux au vent lorsqu’elle chasse, le corps collé à sa monture,
    La cavalière s’enhardit à la poursuite de la meute.
    Quelle que soit la proie qu’elle pourchasse, respectueuse à la nature,
    Elle ne s’en ragaillardit qu’avec une main thérapeute.

    Tableau de Joshua Burbank.

  • L’aveugle et son chion

    L’aveugle et son chion

    Mon voisin ne peut pas me voir ni en peinture ni en nature ;
    Aussi aveugle que distrait, son animal me fait pitié.
    Le lion ne peut pas savoir qu’il le prend pour chien d’imposture
    Mais la bestiole s’y soustrait en toute honneur, toute amitié.

    Tableau de James Christensen.

  • Idées de contrebande F1

    Idées de contrebande F1

    J’ai mes denrées de contrebande que je vais glaner sur les ports
    Où le monde entier y trafique mille tableaux, mille pensées.
    Hommes et femmes arrivent en bande pour crier de plus en plus fort ;
    Je ferme les yeux et je pique ce que je ne peux dépenser.

    Tableau de James Christensen.

  • Lucky Lucette

    Lucky Lucette

    Lucky Lucette a remplacé son cheval par une bécane,
    La cigarette par une guitare mais pense toujours vers l’Ouest.
    Or, à force de se déplacer suivant la route des caravanes,
    Un soir en rentrant en retard, elle a fini dans un oued.

    Tableau de Solène Debiès.

  • Chappartement – 2

    Chappartement - 2

    À l’inverse d’un appartement qui vous offre un vaste salon,
    Une salle-de-bains suréquipée, trois chambres et surtout la cuisine.
    Le chat se couche peinardement partout où il peut s’ mettre en long,
    Partout où il peut s’agripper et parfois même chez la voisine.

    Tableau de Sulimov Dmitriy Aleksandrovich.

  • Plongée dans l’image

    Plongée dans l’image

    Une fois que l’image est ouverte, je n’ai plus qu’à plonger dedans
    Pour y vivre mon aventure personnelle à partager.
    Chaque fois, j’y fais des découvertes qui apportent du répondant
    À mes questions sur la nature où je me sens avantagé.

    Tableau de Cyril Rolando.

  • Sortie de l’image

    Sortie de l’image

    Trouver d’abord, ce qui réveille en moi l’écho d’un souvenir
    Dans le reflet de cette image qui m’a choisi comme écritoire.
    Ensuite laisser les merveilles se dégager et devenir
    Le plus fantastique voyage et la plus belle des histoires.

    Tableau de Cyril Rolando.

  • La sonate au clair de lune

    La sonate au clair de lune

    Dans la « sonate au clair de lune », les notes n’ont pas d’importance.
    Du moins le son qu’elles produisent mais plutôt chaleur et couleur.
    Lors d’une soirée opportune, écoutez-en donc la portance
    Lorsque les lumières en traduisent leurs exceptionnelles valeurs.

    Tableau de Cyril Rolando.

  • Les sœurs Ribouldingue – 3

    Les sœurs Ribouldingue - 3

    La sœur au cul nu parlait peu ; elle écoutait tout sans mot dire.
    Elle s’exprimait plutôt par gestes, massages, baisers et caresses.
    Sans doute, il eût été pompeux – et j’ n’ai pas eu à l’en maudire –
    D’en traduire tout le contexte en l’imitant avec paresse.

    Un jour elles ont déménagé ou bien c’est moi, je ne sais plus.
    J’ai conservé juste un jupon que seule Joséphine a porté.
    Depuis le temps s’est dégagé, il a venté puis il a plu ;
    De l’eau a coulé sous les ponts et le vent a tout emporté.

    Tableau d’Alexander Sulimov.

  • Les sœurs Ribouldingue – 2

    Les sœurs Ribouldingue - 2

    Les sœurs m’ont expliqué comment elles ont fait pour m’appâter
    Depuis qu’elles ont emménagé, elles ont cherché à m’ conquérir.
    Elles ont sondé l’appartement, elles ont cherché à m’épater
    En parlant d’un air dégagé, agrémenté de petits rires.

    Celle aux seins nus a l’ouïe fine, elle épie ma façon de vivre.
    Elle a trouvé ça naturel puisque les murs ont des oreilles.
    Elle s’appelait Joséphine et parlait un peu comme un livre
    D’une manière structurelle à faire l’amour sans pareille.

    Tableau d’Alexander Sulimov.

  • Les sœurs Ribouldingue – 1

    Les sœurs Ribouldingue - 1

    Entre les murs de ma maison, je suis tombé en pâmoison ;
    J’entends des rebondissements suivis de maints chuchotements.
    Pour en deviner la raison, je colle l’oreille à la cloison ;
    Après approfondissements, j’écoute des suçotements.

    Mais l’architecte a tout prévu ; il y a un trou dans la cuisine
    Et à travers cet objectif, je vois deux filles à moitié nues.
    Cela demande une entrevue. Je cours sonner chez mes voisines
    Qui m’ouvrent d’un air suggestif et je n’en suis pas revenu.

    Tableau d’Alexander Sulimov.

  • La gamme bleue

    La gamme bleue

    Un merle bleu donne le La en accord à la musicienne
    Et les bleuets, à l’unisson, vibrent au son de la gamme bleue.
    Entendez-vous ici et là souffleter la brise aoûtienne ?
    Ce sont les arbres et les buissons qui forment un chœur un peu frileux.

    Tableau d’Alexander Sulimov.

  • La collation

    La collation

    Ce soir, nous nous contenterons d’un plateau de fruits de saison
    Poires, grenades et cerises et un cocktail à l’ananas.
    D’alcool, nous nous enchanterons avec la maîtresse de maison
    Pour donner un goût de surprise à la plus belle des nanas.

    Tableau d’Alexander Sulimov.

  • L’aube du lion

    L’aube du lion

    L’aube du signe du lion embrase la cime de la montagne
    Qui tend son flanc humide et rose pour en embrasser les rayons.
    Le soleil, ce grand pygmalion, s’incline alors sur sa compagne
    Et nous, sur les terres moroses, peu à peu nous nous réveillons.

    Photo de Monica Carvalho.

  • Valentine

    Valentine

    Je l’aimais bien, ma Valentine qui me racontait ses malheurs ;
    Elle faisait commerce de charmes sur le trottoir devant chez moi.
    Ses études de laborantine n’avaient pas su mettre en valeur
    Tout ce qui peut tirer des larmes aux cœurs solitaires en émoi.

    Elle venait me raconter, les seins nus tout décontractés,
    Tous ceux qu’elle avait rencontrés au fil de ses folles journées.
    Moi, j’étais l’ami patenté, celui qu’elle aimait contacter
    Car nous étions tous deux montrés comme ceux qui avaient mal tourné.

    Je l’aimais bien, ma Valentine mais je ne l’ai jamais baisée.
    Nous passions simplement du temps à parler de tout et de rien.
    Quand elle enlevait ses bottines, laissant ses pieds nus apaisés,
    Je me souviens de ces instants comme un trésor épicurien.

    Tableau de Maia Ramishvili.

  • Jeux de dames

    Jeux de dames

    Les dames jouent avec les yeux, les dames jouent avec les cœurs,
    Avec les piques, avec les pions, avec les hommes, avec les femmes.
    Leurs jeux nous paraît fallacieux, leurs stratagèmes alambiqueurs,
    Mais les stratégies des champions jouent de tous les moyens infâmes.

    Infâmes ou simplement infimes, cette différence minime
    Figure la carte maîtresse qui désignera le vainqueur.
    Mais voyons ! Soyons magnanimes et reconnaissons là l’ultime
    Capacité de leurs caresses lorsqu’elles gagnent notre cœur.

    Tableau de Maia Ramishvili.

  • La baigneuse

    La baigneuse

    Quand elle sort de l’eau agitant ses grelots,
    Je suis tout langoureux, je suis tout amoureux.
    Elle est toute mouillée, moi tout émoustillé
    De folie trépigneuse pour la jolie baigneuse.

    Illustration de Richard Zielenkiewiczr.

  • En voiture, Fabienne !

    En voiture, Fabienne !

    Qui veut voyager loin, ménage sans monture.
    Oui mais nous, dans le coin, n’avons pas de voiture.
    Je cherche un side-car, une bonne occasion
    Pour partir au hasard notre grande évasion.

    Illustration de Fred Calleri.

  • Fin d’après-midi

    Fin d’après-midi

    Toi, tu es toujours nulle part ou ailleurs, je ne sais jamais.
    Moi, je suis devant ma fenêtre, dehors déjà la nuit tombe.
    Toi, tu es toujours sur le départ comme si ta vie t’affamait.
    Moi, j’attendrai le jour renaître, tant pis si l’amour succombe.

    Là-bas dans l’immeuble en face, quelqu’un ouvre les rideaux.
    Il m’observe, je suis nue et j’ai très envie de lui.
    Il me fait signe dans la glace, je me lève rapidos.
    Que serai-je devenue s’il ne sonne pas à mon huis ?

    Photo d’Oleg Gabisov plus connu sous le pseudonyme Karman Verdi.

  • Sophie et les cigognes

    Cigogne, cigogne mon amie, ne vois-tu vraiment rien venir ?
    Quand m’apporteras-tu l’enfant que je commande au fil des mois ?
    Cigogne, es-tu mon ennemie ? Pourquoi ternir mon avenir
    Si tu n’as pas l’air triomphant et ta livraison atermoies ?

    Cigogne, cigogne, ce matin me procureras-tu enfin
    L’enfant qui fera le bonheur et le soleil dans la maison ?
    L’oiseau tient un sac de satin, arrive comme un jour sans fin
    Et pose le fruit d’une teneur d’au moins neuf mois de couvaison.

    Tableaux de Rezzan Ganiz.

  • Les amours contrariées

    Les amours contrariées

    Parce que l’amour coule de source, on croit qu’il suffit de s’aimer.
    Eh non ! L’amour ne se construit que si les cœurs sont accordés.
    Il faut savoir ouvrir sa bourse, ensemencer, laisser germer
    Et puis, laisser mûrir le fruit et aux saveurs se raccorder.

    Tableau de Roza Goneva.

  • Le réseau rural

    Le réseau rural

    Dans les campagnes, pas de réseau ? Je vais vous confier un secret :
    Chez nous les vaches et les oiseaux échangent des avis discrets
    Sur les nouvelles des forêts qui se disent sur la planète
    Dont les humains sont ignorés, jugés cruels et malhonnêtes.

    Illustration de Jan Pashley.