On n’a jamais représenté ni la douleur ni le silence Pourtant les deux ont un effet assez cruel sur le moral. La douleur m’a souvent hanté, comme messagère d’insolence, Et son silence m’a stupéfait sans la moindre réponse orale.
Les contes de Grimm et de Perrault n’offrent pas la même version Concernant le Chaperon Rouge, surtout la fin avec le loup. Le loup n’étant pas le héros, il a l’histoire en aversion Son propre témoignage bouge selon s’il est ou non jaloux.
Elle cueillait les fleurs de lumière dont elle extrayait le pistil Et les étamines rouge sang comme du safran sanguinaire. Puis elle regagnait sa chaumière que les indiens pensaient hostile Et préparait l’iridescent élixir extraordinaire.
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Elle vivait de pharmacopée qu’elle échangeait dans les villages, Protégée par une panthère qui ne laissait personne approcher. Elle regagnait la canopée complètement en décalage Avec l’évolution austère du monde qui l’effarouchait.
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Ce n’était qu’un petit minéral, né de la famille Cristal ; Il poussa si bien son effort qu’il en devint un château-fort. Si vous passez par la Lorraine, pays des anciennes moraines, Ne manquez pas de visiter la forteresse cristallisée.
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Qu’il fait bon vivre et bien dormir au fond du lit de la rivière Bercé par la mère des sirènes sous la protection de Neptune ! Et qu’il fait bon se rendormir sur les algues en guise de civière, Choyé par les mains de la reine des loups de mer de la lagune !
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Quand le Roi Louys, Martin-pêcheur, a mis sa culotte à l’envers, Tous les animaux de sa cour le lui firent vite observer. Et lui, de prendre un air bêcheur et leur rétorquer, l’œil sévère : « Allons Messieurs-Dame, au secours ! Tous les jours, vous m’ la resservez! »
« Sachez que mon père a surpris la Reine-Mère au saut du nid, La renversa sur le duvet, ainsi s’aimèrent les amants. Puis, animé d’un fol esprit, mon père, dans un trait de génie, Dissocia sur le chevet toutes les couleurs de maman.
Ainsi ma belle cape bleue est descendue sous le gilet Tandis que le plastron marron a permuté avec le râble. Alors il est temps, sacrebleu, sinon ce sera le gibet, D’arrêter de faire les larrons et vos remarques misérables ! »
Je ne sais pas s’il eût raison de parler de cette façon, Mais tous les oiseaux ont opté de perpétrer cette élégance. Vous verrez en toute saison, qu’ils ont bien appris la leçon Et la mode qu’ils ont adoptée est d’une folle extravagance.
Le médecin ne comprend rien à mon problème de courbature Dont je souffre lors de mon réveil accompagné de nombreuses crampes. Je fais des rêves aériens et je parcours dans la nature Mille cabrioles sous le soleil comme sous les feux de la rampe.
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J’ai commencé la collection des demeures à construire soi-même Expédiée par correspondance depuis les Châteaux de la Loire. J’ai étudié sa conception, assemblée au fil des semaines Et ce soir, si j’ai de la chance, je pose les plaques de moire.
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Je suis encore rentré tard, j’ai raccompagné la grande ourse Qui avait encore raté son car à cause de la petite ourse. La Voie Lactée était bloquée par les comètes en vacances Et l’univers overclocké par toutes les étoiles en transe.
On dit que j’ai une double vie… c’est un peu vrai, c’était écrit. Je suis déjà mort plusieurs fois, ressuscité sans le savoir. Je possède une option « survie » qu’on m’a dit être « dernier cri » Mais je ne peux pas toutefois l’user de mon propre pouvoir.
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L’hiver prochain serait précoce et rigoureux à pierre fendre ! Les arbres, de peur qu’il s’aggrave, ont fait une commande spéciale Qui ne gratte pas leur écorce et les aideront à se défendre Contre les amoureux qui gravent des cœurs avec leurs initiales.
Les chats bleus semblent assez peureux devant l’inconnu qui les guette. Les chats bleus sont, paraît-il, gris quand vient la nuit, c’est ce qu’on dit. Les chats bleus seraient-ils heureux d’être exposés en vedette ? Les chats bleus seraient-ils aigris d’être des chats de paradis ?
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Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
Lassé des piques des dames de cœur qui l’ont laissé sur le carreau, Le cavalier peu cavalier est parti sans tourner le dos. Par ses talents de chroniqueur, il écrit pour Le Figaro Et son chien, son meilleur allié, l’aide à supporter son fardeau.
Pour concourir avec la mode et ne pas se laisser dépasser Je me faisait des écheveaux de projets et de lancement. Aujourd’hui j’ai changé le mode de fabrication déclassée En laissant courir les chevaux, eux-mêmes, leurs propres élancements.
Parmi ses rêves orangés parsemés de nuages roses, Elle attendait voir arriver le chevalier Casse-Noisettes Car il n’était pas étranger à ses pressentiments moroses Dont elle discutait en privé avec sa poupée Louisette.
Dans son petit appartement qui faisait aussi atelier, Elle peignait des Sacré-Cœur, des Tour Eiffel et Notre-Dame. D’un style lui appartenant mais qui lui payait l’hôtelier Qui aurait, la main sur le cœur, offert autre chose à Madame.
J’aime la rousse des noms propres, très classe, sélect et si probe. J’aime la rousse au noms communs, chacun des siens est opportun. J’aime la rousse des langues étrangères, au début un peu mensongères Mais j’y tourne sept fois ma langue pour lui chercher ses virelangues.
Comme celle-ci : Douze rousses douces troussées sur mousse poussent douze secousses, trémoussent et toussent de douze frousses.
Sa chambre était toute petite dans sa minuscule maison Mais l’amour y était plus fort et la marquait de son empreinte. Elle m’invitait, moi, où m’habite la passion plus que de raison Et je mettais tous mes efforts pour offrir la plus belle étreinte.
Durant tout le confinement, nous vécûmes d’amour et d’eau fraîche ; Les voisins sympas pourvoyaient à gérer l’alimentation. Depuis le déconfinement, nous avons dû les battre en brèche Car tout le monde se fourvoyait en règle de distanciation.
Pauvres enfants dans quatre murs soumis aux vacances forcées Et dont les cris ont fait vibrer toutes les fenêtres du port. Car les parents de ces fruits mûrs les stimulaient pour amorcer Des bravos déséquilibrés à qui braillerait le plus fort.
Heureusement ces chérubins ont le soutien d’un animal Un chat, un chien ou un cheval, du moment qu’il crie assez fort. Et pour exciter leurs bambins, les parents, femelles et mâles, Organisent des festivals afin d’ leur venir en renfort.
Au printemps l’effet vert démarre et fait éclater les bourgeons ; En été, l’effet d’or flamboie sur les fleurs de première classe ; En automne l’effet rouille s’amarre aux feuilles qui s’apprêtent au plongeon ; En hiver l’effet blanc chatoie les sapins de givre et de glace.
À chaque saison son effet, selon la couleur du moment, Selon la chaleur du soleil, selon la tiédeur de la nuit. Je vous en présente la fée, la fée aux cheveux de froment Qui nettoie, embellie, balaye tout ce qui brille et qui reluit.
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Elle se peignait le visage avec ses peintures de guerre ; Elle traversait toutes les nuits des champs de roses et de lys. Malgré tout, dans le paysage, elle ne se détachait guère Car tous les bleuets, quel ennui, la regardaient avec délices.
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Il avait dit : « Sous les étoiles, attendez sous le firmament Avec un petit bouquet de roses en signe de reconnaissance ! » Elle ne porte pas de voile lorsqu’elle sort avec son amant, Juste un soupçon de couperose qui trahit son adolescence.
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Elle cousait elle-même ses robes à partir de décorations Issues d’anciennes tapisseries tissées par les sœurs du couvent. Elle aimait lorsque se dérobe une épaule en adoration Avec la beauté d’égéries du temps passé bien émouvant.
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J’ai longtemps pratiqué l’école de la célèbre maîtresse d’armes, Celle-là même qui enseignait la pire des bottes secrètes. Elle utilisait une étole croisée sur sa poitrine de charme Et brusquement elle vous saignait votre œillade trop indiscrète.
Titrée de l’Église de Rome et du Sacré-Cœur de Jésus, La papesse établit son règne sinon sur Terre, sur le papier. Tous les chemins menant aux hommes, elle repère de visu Ceux dont sa volonté s’imprègne pour conjurer que le pape y est.
Une tueuse sans scrupule, une exécutrice de charme. On l’appelle « Amante religieuse » car elle assassine d’amour. Vous la croisez au crépuscule, elle vous aborde chargée de larmes, Votre déférence est prodigieuse mais vous mourrez au petit jour.
Sa vie lui fut un sacrifice car sa famille était ruinée. Vieille branche aristocratique pour qui les guerres furent fatales. Elle devint impératrice alors qu’elle était la puînée ; Sa vie fut très acrobatique, sa mort évidemment létale.
Cheveux au vent lorsqu’elle chasse, le corps collé à sa monture, La cavalière s’enhardit à la poursuite de la meute. Quelle que soit la proie qu’elle pourchasse, respectueuse à la nature, Elle ne s’en ragaillardit qu’avec une main thérapeute.
Mon voisin ne peut pas me voir ni en peinture ni en nature ; Aussi aveugle que distrait, son animal me fait pitié. Le lion ne peut pas savoir qu’il le prend pour chien d’imposture Mais la bestiole s’y soustrait en toute honneur, toute amitié.
J’ai mes denrées de contrebande que je vais glaner sur les ports Où le monde entier y trafique mille tableaux, mille pensées. Hommes et femmes arrivent en bande pour crier de plus en plus fort ; Je ferme les yeux et je pique ce que je ne peux dépenser.
Lucky Lucette a remplacé son cheval par une bécane, La cigarette par une guitare mais pense toujours vers l’Ouest. Or, à force de se déplacer suivant la route des caravanes, Un soir en rentrant en retard, elle a fini dans un oued.
À l’inverse d’un appartement qui vous offre un vaste salon, Une salle-de-bains suréquipée, trois chambres et surtout la cuisine. Le chat se couche peinardement partout où il peut s’ mettre en long, Partout où il peut s’agripper et parfois même chez la voisine.
Une fois que l’image est ouverte, je n’ai plus qu’à plonger dedans Pour y vivre mon aventure personnelle à partager. Chaque fois, j’y fais des découvertes qui apportent du répondant À mes questions sur la nature où je me sens avantagé.
Trouver d’abord, ce qui réveille en moi l’écho d’un souvenir Dans le reflet de cette image qui m’a choisi comme écritoire. Ensuite laisser les merveilles se dégager et devenir Le plus fantastique voyage et la plus belle des histoires.
Dans la « sonate au clair de lune », les notes n’ont pas d’importance. Du moins le son qu’elles produisent mais plutôt chaleur et couleur. Lors d’une soirée opportune, écoutez-en donc la portance Lorsque les lumières en traduisent leurs exceptionnelles valeurs.
La sœur au cul nu parlait peu ; elle écoutait tout sans mot dire. Elle s’exprimait plutôt par gestes, massages, baisers et caresses. Sans doute, il eût été pompeux – et j’ n’ai pas eu à l’en maudire – D’en traduire tout le contexte en l’imitant avec paresse.
Un jour elles ont déménagé ou bien c’est moi, je ne sais plus. J’ai conservé juste un jupon que seule Joséphine a porté. Depuis le temps s’est dégagé, il a venté puis il a plu ; De l’eau a coulé sous les ponts et le vent a tout emporté.
Les sœurs m’ont expliqué comment elles ont fait pour m’appâter Depuis qu’elles ont emménagé, elles ont cherché à m’ conquérir. Elles ont sondé l’appartement, elles ont cherché à m’épater En parlant d’un air dégagé, agrémenté de petits rires.
Celle aux seins nus a l’ouïe fine, elle épie ma façon de vivre. Elle a trouvé ça naturel puisque les murs ont des oreilles. Elle s’appelait Joséphine et parlait un peu comme un livre D’une manière structurelle à faire l’amour sans pareille.
Entre les murs de ma maison, je suis tombé en pâmoison ; J’entends des rebondissements suivis de maints chuchotements. Pour en deviner la raison, je colle l’oreille à la cloison ; Après approfondissements, j’écoute des suçotements.
Mais l’architecte a tout prévu ; il y a un trou dans la cuisine Et à travers cet objectif, je vois deux filles à moitié nues. Cela demande une entrevue. Je cours sonner chez mes voisines Qui m’ouvrent d’un air suggestif et je n’en suis pas revenu.
Un merle bleu donne le La en accord à la musicienne Et les bleuets, à l’unisson, vibrent au son de la gamme bleue. Entendez-vous ici et là souffleter la brise aoûtienne ? Ce sont les arbres et les buissons qui forment un chœur un peu frileux.
Ce soir, nous nous contenterons d’un plateau de fruits de saison Poires, grenades et cerises et un cocktail à l’ananas. D’alcool, nous nous enchanterons avec la maîtresse de maison Pour donner un goût de surprise à la plus belle des nanas.
L’aube du signe du lion embrase la cime de la montagne Qui tend son flanc humide et rose pour en embrasser les rayons. Le soleil, ce grand pygmalion, s’incline alors sur sa compagne Et nous, sur les terres moroses, peu à peu nous nous réveillons.
Je l’aimais bien, ma Valentine qui me racontait ses malheurs ; Elle faisait commerce de charmes sur le trottoir devant chez moi. Ses études de laborantine n’avaient pas su mettre en valeur Tout ce qui peut tirer des larmes aux cœurs solitaires en émoi.
Elle venait me raconter, les seins nus tout décontractés, Tous ceux qu’elle avait rencontrés au fil de ses folles journées. Moi, j’étais l’ami patenté, celui qu’elle aimait contacter Car nous étions tous deux montrés comme ceux qui avaient mal tourné.
Je l’aimais bien, ma Valentine mais je ne l’ai jamais baisée. Nous passions simplement du temps à parler de tout et de rien. Quand elle enlevait ses bottines, laissant ses pieds nus apaisés, Je me souviens de ces instants comme un trésor épicurien.
Les dames jouent avec les yeux, les dames jouent avec les cœurs, Avec les piques, avec les pions, avec les hommes, avec les femmes. Leurs jeux nous paraît fallacieux, leurs stratagèmes alambiqueurs, Mais les stratégies des champions jouent de tous les moyens infâmes.
Infâmes ou simplement infimes, cette différence minime Figure la carte maîtresse qui désignera le vainqueur. Mais voyons ! Soyons magnanimes et reconnaissons là l’ultime Capacité de leurs caresses lorsqu’elles gagnent notre cœur.
Quand elle sort de l’eau agitant ses grelots, Je suis tout langoureux, je suis tout amoureux. Elle est toute mouillée, moi tout émoustillé De folie trépigneuse pour la jolie baigneuse.
Qui veut voyager loin, ménage sans monture. Oui mais nous, dans le coin, n’avons pas de voiture. Je cherche un side-car, une bonne occasion Pour partir au hasard notre grande évasion.
Toi, tu es toujours nulle part ou ailleurs, je ne sais jamais. Moi, je suis devant ma fenêtre, dehors déjà la nuit tombe. Toi, tu es toujours sur le départ comme si ta vie t’affamait. Moi, j’attendrai le jour renaître, tant pis si l’amour succombe.
Là-bas dans l’immeuble en face, quelqu’un ouvre les rideaux. Il m’observe, je suis nue et j’ai très envie de lui. Il me fait signe dans la glace, je me lève rapidos. Que serai-je devenue s’il ne sonne pas à mon huis ?
Photo d’Oleg Gabisov plus connu sous le pseudonyme Karman Verdi.
Cigogne, cigogne mon amie, ne vois-tu vraiment rien venir ? Quand m’apporteras-tu l’enfant que je commande au fil des mois ? Cigogne, es-tu mon ennemie ? Pourquoi ternir mon avenir Si tu n’as pas l’air triomphant et ta livraison atermoies ?
Cigogne, cigogne, ce matin me procureras-tu enfin L’enfant qui fera le bonheur et le soleil dans la maison ? L’oiseau tient un sac de satin, arrive comme un jour sans fin Et pose le fruit d’une teneur d’au moins neuf mois de couvaison.
Parce que l’amour coule de source, on croit qu’il suffit de s’aimer. Eh non ! L’amour ne se construit que si les cœurs sont accordés. Il faut savoir ouvrir sa bourse, ensemencer, laisser germer Et puis, laisser mûrir le fruit et aux saveurs se raccorder.
Dans les campagnes, pas de réseau ? Je vais vous confier un secret : Chez nous les vaches et les oiseaux échangent des avis discrets Sur les nouvelles des forêts qui se disent sur la planète Dont les humains sont ignorés, jugés cruels et malhonnêtes.