« Sixième étape de notre voyage : le Lac des Quatre-Cantons !
Nous visitons la ville de Lucerne et contemplons le lac encadré par le mont Rigi et le mont Pilate. »
Amellïä, muse céleste

Le lac déploie ses longues branches entre les bras des monts bleutés ;
Les bois descendent vers les rives où l’eau recueille leurs couleurs.
Quelques maisons aux couleurs franches brillent au loin dans la clarté ;
Le vent promène ses eaux vives contre les quais chargés de fleurs.
Nos deux flotteurs fendent l’eau claire où tremble un reflet de rocher ;
Le vent descend de la montagne avec les parfums de l’automne.
Sur l’autre rive une lumière vient se poser sur un clocher
Et la douceur qui l’accompagne berce le nouveau jour qui tâtonne.
Plus haut les cimes se dessinent où flotte un voile lumineux ;
Le lac accueille le silence pour prolonger notre voyage.
Et leurs images s’illuminent en un spectacle faramineux
Dont je sens grandir la présence dans chaque repli du rivage.
Nos deux moteurs enfin se taisent pour écouter chanter les eaux ;
Je te souris dans la lumière et cherche où nous prendre un repas.
Quand les remous soudain s’apaisent près des bouquets de fins roseaux,
La rive est alors la première à fleurir au bruit de nos pas.
La rive en fleurs devient ruelle où nos regards vont se croiser ;
Le pont de bois garde en mémoire les pas qui cherchent leur chemin.
Puis une enseigne nous appelle et nous convie à nous poser
Et nous poursuivons notre histoire avec des röstis au cumin.
Nous suivons le lac qui scintille, puis nous montons vers le château ;
Le chemin monte en plein silence et je serre un peu plus ta main.
Sous nos regards la ville brille et le lac devient un tableau
Avec le ciel en opulence au dernier tournant du chemin.
Dans une auberge de tendresse, nous trouvons un lit de satin ;
La porte se ferme en silence où l’amour vient se refermer.
Puis sous le charme des caresses, je retrouve ton air mutin
Et nous goûtons cette indolence qui nous invite à nous aimer.

Illustrations de Ledalïä & Geminïä.
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