« Troisième étape : le Lac de Thoune !
Nous découvrons l’entrée de l’Oberland bernois avec son château historique au bord de l’eau.
Petit-déjeuner, visite du vignoble et restaurant gastronomique s’enchaînent jusqu’à une sieste bien méritée. »
Amellïä, muse céleste

Nous survolons l’Aar en lumière sous les doux rayons du matin ;
Les bois d’octobre sont de cuivre et les sommets, de métal blanc.
Thoune se mire dans sa rivière qui déploie ses eaux de satin ;
Suivons le vent qui nous délivre vers ce bonheur sans faux-semblants.
Nous descendons vers le rivage où le vieux château nous attend ;
Le lac s’étend sous la terrasse avec ses flots tout frémissants.
Nous avançons vers le village dans un décor encor latent ;
Je prends ta taille et je t’embrasse devant ces coteaux brunissants.
Un boulanger devant sa porte. Le pain répand sa bonne odeur.
Un bonjour franchit la boutique avec l’accent suisse-allemand.
Le café chaud nous réconforte et nos mains goûtent la tiédeur
Sur un vieux banc de bois rustique où tu ris de mes airs gourmands.
Le vigneron ouvre sa cave pour nous faire goûter de son vin ;
Je fais tourner l’or dans mon verre, savourant les fruits du coteau.
Toi, en connaisseur, tu te gaves du carburant de l’écrivain
Et nous trinquons à cette terre dont le lac garde le château.
Une soupe ouvre ma gourmandise, puis viennent les poissons dorés ;
Le beurre exalte leurs saveurs et les légumes les exhortent.
La tarte, si douce friandise à nos deux palais adorés,
Nous donne des regards rêveurs et ses arômes nous emportent !
Nous marchons le long des roseaux, près des bateaux qui se balancent ;
Le vent nous porte ses frissons et vient jouer dans tes cheveux.
Tu suis des yeux quelques oiseaux qui, du vieux port soudain, s’élancent
Et nous passons près des buissons et je m’arrête quand tu veux.
Nous gagnons l’auberge en silence ; tu prends la clef entre tes mains ;
Un jour doré baigne la chambre et nous froissons déjà les draps.
Nous goûterons notre indolence sans penser aux vols de demain ;
Ma peau se dore d’un peu d’ambre et je m’endors entre tes bras.

Illustrations de Ledalïä & Geminïä.
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