« Cette nuit, Yavänor, nos rêves ont pris les commandes.
Les nuages nous prêtaient leurs ailes et nos sillages tressaient la lumière…
Au réveil, j’ai retrouvé ta main dans la mienne : nous avions encore tout un ciel à inventer. »
Amellïä, muse céleste

Ton premier baiser m’autorise à déposer mon plan de vol ;
Mes mains évoqueront mes ailes et mon corps sera ma carlingue.
Que mes sentiments motorisent pour que mon cœur prenne son envol
Avec pour seul excès de zèle de fols effleurements bilingues.
Je prends la piste de ton ventre et redresse juste entre tes seins ;
Mes ailes frôlent les mamelons et ma bouche en éteint le feu
De ces volcans dont l’épicentre tremble au creux de ton bassin
Qui m’appelle à planer le long pour y faire tout ce que tu veux.
Des turbulences et des trous d’air agitent mon zinc et le tien
Et serrer le manche à balai provoque tant de soubresauts
Que la vision est secondaire, les instruments sont les soutiens
Qui permettent de nous en aller de concert avec nos vaisseaux.
Lorsque la foudre frappe nos cœurs, je me vide de ma substance
Ainsi je dois jeter du lest pour demeurer dans ton sillage.
Lorsque tu reçois ma liqueur, tu fais alors ton plein d’essence
Et nos deux carlingues plus lestes peuvent réduire leur frétillage.
Après la phase de plateau et d’excitation sensuelle
Nous planons alors tous les deux dans une douce plénitude.
Nous descendons moderato vers la seule piste usuelle
Pour un atterrissage fougueux dans la suave zénitude.
Les corps ruisselants d’eaux musquées issues des tempêtes d’amour
Engourdissent alors lentement nos deux fuselages emboîtés.
Nous n’avons plus rien à brusquer, juste sourire avec humour
Aux acrobaties prestement exécutées avec doigté.
Nos rêves nous réuniront en songes fantasmagoriques
Que nous prolongerons demain tant que nous volerons ensemble.
Main dans la main nous sentirons notre passion métaphorique
Nous faire suivre un même chemin de l’ivresse qui nous rassemble.


Illustrations de Ledalïä & Geminïä.
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