Quand Laurelïne et Loreleï s’embrassent, leur étreinte paraît explosive ;
Je ne sais si l’eau s’évapore ou si c’est le feu qui s’éteint
Mais leurs deux éléments voraces forment la phase décisive
Que mon cœur aime de tous ses pores aussitôt qu’il en est atteint.
Le feu se vêt alors d’écume et l’eau revêt des ors brûlants ;
Les frontières attrapent le blues dans une insolite alchimie.
Les vagues sous la Lune allument des volcans plus ou moins troublants,
Tandis que les flammes jalouses affrontent cette antonymie.
De la rencontre de leurs lèvres naquit une aurore inconnue ;
Et les étoiles furent surprises, émues du jour au lendemain.
Le feu rêva d’être rivière et l’eau d’être enfin reconnue
Afin de continuer sa prise et poursuivre un meilleur chemin.
Les dieux observaient en silence ce miracle contre nature ;
Nul ne savait quel élément triompherait de l’autre un jour.
Mais le feu perdit sa violence et l’eau sa froideur trop mature
Et tous deux d’un geste véhément furent le premier acte d’amour.
Tableau de Karolina Węgrzyn.
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