

En ce temps-là l’eau et le feu étaient en froid depuis longtemps
Et les sirènes avaient choisi l’une la mer, l’autre la terre.
Il s’en est fallu d’un cheveu pourtant pour prendre tout son temps
Pour parler avec courtoisie et ne pas rester solitaire.
La sirène aux cheveux d’écume observait la fille du feu ;
Toutes deux feignaient l’indifférence en regardant l’horizon sombre.
Mais leurs regards, malgré la brume, se cherchaient comme un ancien jeu
Et la nuit vint dans le silence mélanger leurs deux longues ombres.
Et dans le noir le plus complet, elles se cherchèrent à tâtons
Et laissèrent leurs mains exprimer ce que leurs cœurs pensaient tout bas.
Après quelques gestes simplets, elles se frôlèrent les tétons
Et les sirènes déprimées cessèrent alors tout combat.
Vitraux de Stef Rymenants.
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