Les sœurs sirènes

Les sœurs sirènes

Laurelïne est sirène de feu, Loreleï est sirène de l’onde.
L’une à la queue étincelante, l’autre à la queue plus ondoyante ;
L’une fait de moi ce qu’elle veut, l’autre m’offre de changer le monde ;
Mais à la fin, contre toute attente, c’est Loreleï la plus chatoyante.

Deux queues d’écaille au fond des mers, deux chants portés par le silence,
L’une allume les feux de l’hiver, l’autre apaise toutes turbulences.
Quand les embruns sont doux-amers, alors je reste en vigilance
Sur les ondes du roulis vert salé d’une voix de succulence.

D’abord le feu qui me saisit et brûle tous mes vêtements
Et puis l’eau qui me bain-marine pour m’ôter toutes mes rancœurs,
Ensuite un feu de fantaisie préliminaire hâtivement,
Et enfin des eaux utérines où je me fais dévorer le cœur.

Tableau de James C. Christensen.

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *