
Je suis une machine humaine avec réveil automatique
Qui me tire de ma torpeur avant que je sois reposée.
Et c’est ainsi chaque semaine ; je vis un rythme symptomatique
Et si je m’arrête, j’ai peur que ma vie me soit déposée.

Je cache au creux de ma serviette les derniers rêves de la nuit ;
L’eau sur mon corps lave la peur de voir mes songes disparaître.
Je fais durer cette toilette pour retenir ce qui s’enfuit
Mais le miroir dans sa vapeur me laisse un instant pour renaître.

Ainsi ma vie reprend son cours en reprenant mes habitudes
Dans la mémoire de mes murs qui me renvoient une fausse image.
Je voudrais crier « au secours ! », partir pour d’autres latitudes
Mais un p’tit démon me murmure : « Dépêche ! Sinon c’est le chômage ! »

Les mains autour de mon café je retiens l’heure qui me chasse ;
Je marchande avec le matin quelques secondes de paresse.
Ma solitude est réchauffée par la chaleur qui me délasse,
Puis je repars vers mon destin comme s’il était une promesse.
Illustrations d’Idalia Candelas.
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