
Dans le grand jardin de ma mère, j’ai bu l’élixir de la vie,
Me suis baigné dans ses rivières et j’ai mangé sa chair sacrée.
Neuf mois d’une vie éphémère pour sacrifier à l’envie
De te voir, maman, tout entière et pour téter ton lait nacré.
Sous les feuillages de mes hanches où s’endormaient les animaux,
Tu suivais la mousse de mon âme vers les vallons de ma mémoire.
Et je sentais battre les branches au rythme lent de mes rameaux
Comme un fruit mûrissant sa flamme dans le verger de mon histoire.
J’ai abusé de ton verger et un peu saccagé ta terre ;
Je t’en demande alors pardon même si tu me les avais offerts.
J’ai été longtemps submergé par tes eaux phytosanitaires
Alors ensemble sauvegardons cette maternelle atmosphère !
Tableau de Virginia Lee.
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