« Amellïä donne l’impression que ses rêves l’emportent au-delà du Pacifique ;
Pénélopïä apparaît nue, disparaît et réapparaît devant Nemo qui pense avoir des hallucinations ;
Thétïs transforme la maison d’Astérias en laboratoire de sorcière ;
Séorïäne impose ses quatre volontés sur quatre hommes et en efface tout souvenir ;
Ce ne sont plus des coïncidences : de nouveaux pouvoirs se développent et leur entourage en subit les effets. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

Altänor trouve son épouse souvent glaciale dans leur lit
Et même parfois toute mouillée, tout excitée et emballée.
Elle le colle comme une ventouse, lui fait l’amour à la folie
Comme une sorcière agenouillée, enfourchant son manche à balais.
Nemo est fréquemment surpris de voir son épouse apparaître,
Puis disparaître subitement et souvent entièrement nue.
« Hallucination de l’esprit ? » se dit-il sans laisser paraître
Un geste ou un comportement qui pourrait être malvenu.
Astérias n’aime pas sa maison encombrée de poisons funestes,
De plantes et de champignons qui lui soulèvent le cœur et l’âme.
Il rabroue Thétïs à raison : il pourrait mourir sans conteste
Avec un seul échantillon de toutes ces toxines infâmes.
Alinéor cherche à savoir d’où vient cette nouvelle folie
Pour la cuisine asiatique et le riz à chaque repas.
Mais comme il est de son devoir de briser la mélancolie
D’une gastronomie apathique, finalement, c’est assez sympa !
Yavänor, très curieusement, aime l’odeur de la résine
Boisée, fraîche, chaude et balsamique qui met tous ses sens aux aguets.
D’ailleurs, Laurelïne, heureusement, chérit l’arôme qui avoisine
Les douces fragrances alchimiques que sa maman lui prodiguait.
ORPHÉÔN encore se demande pourquoi dès l’aube il est debout.
Sans doute sa conscience persifle afin qu’il respire de l’air frais…
Fors sa gorge qui lui recommande de boire un sirop pour la toux
Et les oreilles qui lui sifflent beaucoup plus qu’elles ne devraient.
Quant à Hyänor, le bienheureux n’a jamais aussi bien dormi
Depuis que Séorïäne se montre attentionnée et amoureuse.
Mais il est – et c’est malheureux – tout le temps en retard hormis
Les dimanches jamais à l’encontre des grasses matinées savoureuses.

Illustrations de Ledalïä & Geminïä.
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