Les oiselles sauvages

Surprise ! On m’a donné des ailes et une grande robe d’or !
Je n’ai pas eu à choisir de sexe mais plutôt entre ange et démon.
J’ai bien réfléchi avec zèle même si en moi un démon dort
Car je n’ai plus aucun complexe à être un ange de renom.

Me voici donc vêtue en femme et l’air vibrant entre mes seins ;
Le vertige me tourne la tête et j’ai envie de faire l’amour.
Je recherche un démon infâme qui possède au creux du bassin
Tout ce qu’il faut pour faire la fête car Dieu ne manque pas d’humour.

Je sens l’appel d’une autre flamme, un désir brûlant et divin,
Sous la douceur de cette soie, je veux un diable pour amant !
Que m’importe le don de l’âme, si le plaisir est en chemin,
Je veux goûter à cette joie et devenir ange-maman.

Il n’est plus l’heure du blasphème, dans ce ciel pur et sans retour,
Dieu nous regarde avec tendresse, car il a créé nos instincts.
Je cherche au loin cet anathème, pour m’enivrer de son amour
Et m’éveiller dans une ivresse, loin des chemins trop indistincts.

Je vois un démon qui rouspète, un beau rebelle au corps d’airain,
Portant au front un diadème de péchés commis à rebours.
L’éclair jaillit dans la tempête pour ce duo si souverain
Qui chante au ciel un grand poème sous le rythme lent des tambours.

Son bras puissant saisit ma taille, je sens le feu de son bassin
Contre mon sein le cœur s’arrête avant de battre à l’unisson.
Qu’importe enfin cette bataille, nous suivrons l’ombre du dessein
Que Dieu écrivit sur la crête, nous promettant un nourrisson.

Tableaux de Douglas François Girard.

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