Confidences d’un gardien de haras

« La fourberie des sirènes n’a pas de limite.

Non seulement elles ont provoqué elles-mêmes la fugue des silures mais elles en rejettent la faute sur Constantïne qui gobe l’affaire et s’en lamente.
Avec câlineries et espiègleries, elles vont réussir à lui faire accepter un nouveau rôle en prétextant que c’est pour son bien.
Et ce pauvre Constantïne a signé les yeux fermés. »

Loïrelïndt, fantôme de première classe

Image galerie

« Je n’y comprends rien ! » dit Constantïne ; « Je vérifie toujours les portes
Et il n’y a aucune raison qu’un silure, tout seul, puisse sortir ! »
« Peut-être une main enfantine… » suggère Loïrelïndt, « de la sorte…
Quelqu’un qui dans cette maison aurait voulu les pervertir… »

« Les trois gamines ? C’est ridicule ! Elles tiennent beaucoup à leurs montures ;
D’ailleurs elles m’ont déjà promis que tout s’éclaircirait un jour…
Elles viennent avant le crépuscule ! » dit-il, l’œil sur les fermetures.
« Sur les lieux du crime commis, l’assassin y revient toujours… »

« Le bonsoir, Monsieur Constantïne ! » Disent les sirènes à trois voix ;
« Le bonsoir, mes chères petites ! Alors ? Où en est votre enquête ? »
« Il semble, hélas, que la routine vous ait fait oublier une fois…
Juste une fois… lorsque vous partîtes avec tout autre chose en tête… »

« Ah mes petites pardonnez-moi ce seul moment de distraction ! »
Gémit-il en tendant les mains, « Je n’suis qu’un vieux polichinelle ! »
« Mon pauvre Monsieur, c’est ce mois chargé de bien trop d’attractions…
Mais… que voulez-vous… c’est humain ! » minaudent les trois criminelles.

« Vous avez besoin de repos et on va s’occuper de vous ;
Venez ! Nous sommes toutes expertes en massage récupérateur !
Vos nerfs sont tous à fleur de peau… allongez-vous… détendez-vous…
Sentez toutes nos mains offertes dans un amour libérateur… »

« Vous êtes des petites fées ; demandez ce que vous voulez… »
« Nous songeons à votre bonheur pour que vos soucis se détachent…
Dans le haras vous étouffez… alors… sans trop vous chambouler
Laissez-nous donc vous faire honneur en vous offrant de nouvelles tâches… »

« Il vous faut de la compagnie… rencontrer d’autres humains, en somme…
Organiser une belle cantine, des logements, des mobile-homes…
Et comme vous êtes si bien garni, vous pourriez être leur majordome… »
« Quelle bonne idée ! » dit Constantïne, « Je suis d’accord, je suis votre homme ! »

Image galerie

Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *