La fête des dix flammes

« Pour célébrer l’entrée de Thétïs dans le Cercle, les dix LLyrïädes ont allumé chacune une flamme au pied d’Yggdrasil.

Lorsque leurs lumières se sont rejointes dans ses branches, l’Arbre-Mère a illuminé le lac au point que les riverains nous demanderont certainement quelques explications.

La cérémonie s’est prolongée par un banquet atlante, notre récital avec ORPHÉÔN et les danses des sirènes avant de s’achever par la première prière collective de yangmïä.

Yanimïä affirme s’être parfaitement reposée en surveillant les opérations. »

Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

La fête des dix flammes

À nouveau comme tous les dimanches, les hôtes tardent à se lever ;
Comme toujours à l’accoutumée, Alinéor est le premier.
Puis, un par un, on se déhanche, on s’étire, on est lessivé
Et le matin est consumé dans un marasme coutumier.

Alors les hommes vont à l’ouvrage : tandis que les uns dressent les tables,
Les autres élèvent une scène devant un parterre de gazon.
Dans les cuisines, on s’encourage à faire un banquet respectable ;
Quant aux musiciens, ils enchaînent leurs partitions au diapason.

Les LLyrïädes sont maîtresses d’œuvre : on prépare la cérémonie ;
On baptise les catéchumènes sous l’égide de Yanimïä.
Ensuite, changement de manœuvre dans une parfaite harmonie,
On fête la fin de semaine en ce tout premier yangmïä.

Dans la lumière vespérale, tous les couples sont conviés
À la prière collective dans le sanctuaire béni.
Dans la nudité générale, les rituels sont sanctifiés
Lors des étreintes affectives en douze copulations unies.

Alors Yggdrasil resplendit dans une lumière aveuglante
Dont les riverains stupéfaits auront à noyer le poisson.
On regagne la place arrondie où les spécialités atlantes
Sont proposées sur un buffet à volonté avec boissons.

Et vient le moment du spectacle avec la crème des musiciens :
ÄLLÏÄ et ORPHÉÔN, choristes, et puis les sirènes danseuses.
Le public atteint le pinacle, séduit par le charme helvétien
De la troupe d’artistes folkloristes et leur euphonie ambianceuse.

Quand le grand cercle des dix flammes se termine au petit matin,
Les LLyrïädes regagnent leurs lits pour s’y endormir aussitôt.
Laurelïne, qui a du vague à l’âme, s’enfonce dans les draps de satin,
Réveille Yavänor aveuli après les rituels sommitaux.

Illustration de Ledalïä.

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