Les premières heures de yangmïä

« Aux premières heures de yangmïä, tandis qu’Ô ALLEGÔRÏÄ dormait encore, Yavänor et moi sommes restés tendrement enlacés sous les draps.

Nous devions attendre yalïn pour inaugurer notre première prière avec Yanimïä…
Mais les pionniers ont toujours quelques heures d’avance sur les cérémonies. »

Laurelïne, Première Reine-Mère Souveraïne dite ”la pionnière”

Les premières heures de yangmïä

Aux premières heures, le monde dort, excepté nous deux dans la nuit,
Ta tête posée sur mon buste, nos quatre mains entrelacées ;
Des couples sous la Lune d’or entreprennent leurs bains de minuit ;
Toi, couchée sur mon corps robuste et moi, sous le tien, enlacés.

Je te caresse les cheveux et je murmure à ton oreille :
« Demain nous inaugurerons la première prière de yalïn ;
Pionnière, c’est bien ce que tu veux et tu le seras sans pareille,
Toi qui agites ton électron de feu aux teintes hyalines ! »

« Premier amour au premier jour, ton feu m’a presque brûlé les yeux !
Heureusement celui du cœur a su comment te reconnaître
En t’accordant dans ce séjour, ton tout premier rôle ambitieux :
Soit de faire de moi ton vainqueur et de toi un amour à naître ! »

« Nous sommes les pièces inséparables du puzzle des amours humaines ;
Mon évagination convexe dans l’invagination concave.
Tu as commis l’inénarrable douceur de joindre à notre hymen
Ta sœur dotée d’une eau connexe et ta mère qui fait son enclave. »

« Mais je reviens toujours à toi ; même si ta sœur est favorite,
Même si ta mère est mon Œdipe, tu restes l’interaction forte.
Si yaleï tu prends l’air pantois et yalïth quand j’honore Lïlïth,
C’est que nous aimons en équipe, un tétraèdre en quelque sorte. »

« Oui, je la sens ! » me réponds-tu. « La force invisible qui court
Sur ta peau, attire mes lèvres et me ramène vers ton cœur !
Et sur ton organe pointu, j’en sens les petits élans courts
Qui battent d’amour avec fièvre jusqu’à mon sanctuaire en chœur ! »

« Et quand nos sexes chantent en chorale la jouissance de l’ÏÄMÔURÏÄ,
Ta force me serre si fort que je deviens ton prisonnier.
Et toi ma geôlière vaginale, fondatrice d’Ô ALLEGÔRÏÄ
Qui me récompense des efforts en m’offrant ton amour pionnier ! »

Illustration de Ledalïä.

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