« À la demande de Yanimïä, Laurelïne, Loreleï et Lïlïth ont accepté de témoigner sur la ronde des trouples.
Leurs souvenirs nous ramènent aux premiers rituels érotiques de l’ÏÄMÔURÏÄ, lorsque Yavänor priait encore seul avec le feu et l’eau avant que la terre ne les rejoigne.
Ce qui n’était alors qu’un tétraèdre amoureux rassemble aujourd’hui vingt officiants au sein de onze trouples dont les flux nourrissent chaque nuit Yggdrasil.
Le levain a merveilleusement bien travaillé ! »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
On comprend désormais le rôle de la Grande Fornicatrice
Car gérer onze trouples ensemble relève d’un doigté divin !
Mais laissons plutôt la parole à nos LLyrïädes fondatrices
Dont la communauté ressemble à ce que produit le levain.
Laurelïne
« La ronde des trouples me rappelle lorsque nos rituels commencent ;
Où Yavänor, Loreleï et moi inventons nos premières prières
Si torrides qu’elles interpellent Lïlïth qui vient et qui s’avance
Pour joindre son souffle aux émois dont elle complète nos lumières.
Aujourd’hui, chacun de nos trouples ranime cette ardeur première
Afin de nourrir Yggdrasil d’une ferveur particulière.
Nous étions quatre à découvrir l’ÏÄMÔURÏÄ et ses prières ;
Nous sommes vingt à prolonger cette flamboyante lumière. »
Loreleï
« J’ai perçu le feu de Laurelïne embraser nos premiers élans ;
Couler celui de Yavänor en moi comme une source souveraine.
Lïlïth sentit l’adrénaline de nos corps comme un océan
Et vint mêler au bout d’un mois nos vies à sa chair souterraine.
Si dans la ronde, chaque trouple est une vague qui revient,
Elle dépose aux pieds d’Yggdrasil l’écume singulière douce-amère.
Yanimïä guide les flux en double par le plaisir qui lui convient ;
Onze marées d’un même asile ravitaillent ainsi l’Arbre-Mère. »
Lïlïth
« Je vous observais en secret lorsque vous vous êtes accouplés ;
Votre eau-de-feu s’est raffinée et a ruisselé de lumière.
J’ai senti ma terre sacrée trembler sous l’appel décuplé
Et suis venue enraciner toutes vos étreintes premières.
La ronde des trouples corrobore aujourd’hui notre création ;
Chaque coït plante un désir dans la chair même de notre histoire.
Yggdrasil puise dans nos corps la sève de l’illumination
Et j’y reconnais le plaisir d’un polyamour méritoire. »
Illustration de Ledalïä.
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