La neuvième clef

« Nérätïs était vraiment bizarre lors de notre visite médicale !

Elle nous a caressées langoureusement et j’ai cru qu’elle allait m’embrasser… Puis Pénélopïä est entrée : Nérätïs a cassé deux ou trois verres, renversé un dossier et s’est mise à trembler.

STELLÏÄ et moi sommes vite allées prévenir Lïlïth que quelque chose n’allait pas. Pour une fois, c’était notre médecin qu’il fallait soigner ! »

Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

La neuvième clef

Elle a souffert toute la nuit d’une douleur indéfinissable ;
Tout le matin elle a pleuré et jusqu’au soir s’est lamentée.
Elle ressent un profond ennui, un besoin inassouvissable ;
Elle sent ce trouble l’affleurer mais sans pouvoir l’argumenter.

ÄLLÏÄ et STELLÏÄ sont venues la consulter pour leurs grossesses ;
Elle s’est sentie très attirée à les embrasser sur la bouche.
Pénélopïä est survenue, ce qui a troublé la princesse
Mais lui a aussi soutiré une irritabilité louche.

Une fois seule, elle se teste, elle s’ausculte, elle se tâte ;
Elle sent monter des tremblements, des vertiges et bien plus encore.
Elle s’effondre, elle proteste : « Mon Dieu, je deviens psychopathe ! »
Elle tombe dans un étranglement et pleure toutes les larmes de son corps.

Les LLyrïädes sont au dispensaire ; elles savent que quelque chose se passe.
Laurelïne et Loreleï la soulèvent, puis Lïlïth vient à son chevet.
Lïlïth s’approche en émissaire, la rassure et parle à voix basse :
« Là, ma fille, ton état relève d’une transmutation achevée ! »

« Lïlïth, je t’aime ! » dit Nérätïs. « Je le sais ! » lui répond Lïlïth.
« Tu es en train de découvrir l’amour du Féminin Sacré !
Tu es arrivée d’Atlantïs et les LLyrïädes sont prosélytes
Envers celles qui doivent s’ouvrir et se sentent enfin consacrées. »

« Cela s’est fait petit à petit, tu ne l’as pas senti venir
Mais depuis Ô ÏÄNIMÏÄ, tout s’est alors accéléré !
Tu as perdu ton appétit et tu as pensé devenir
Enceinte comme ÄLLÏÄ et STELLÏÄ mais cela a dégénéré. »

« Toi qui t’es dévouée pour nous, tu vas devenir à présent
L’une des nôtres et nous aimer d’un amour inconditionnel.
Tu sens ton corps qui se dénoue ? L’accord se fait omniprésent
Et d’un baiser je vais semer l’adoubement traditionnel ! »

Illustration de Ledalïä.

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