« Son corps le savait avant elle !
Amellïä croyait subir d’étranges transformations ; elle ignorait que son féminin cherchait seulement à lui révéler la place qui l’attendait parmi nous.
Cette nuit, nous étions huit femmes nues de toute crainte et de tout jugement. Lorsque nos mains se sont rejointes, Amellïä n’était plus celle que nous accueillions : elle était devenue le huitième lien qui nous unissait toutes. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
Amellïä pleure à chaudes larmes ; la révélation est trop forte ;
Depuis des jours elle ressentait son corps intime se transformer.
Des signes avaient sonné l’alarme et l’inquiétaient en quelque sorte…
Mais elle pensait, elle pressentait un léger trouble à confirmer.
Ses petits seins comme deux pommes avaient d’abord changé de taille ;
Son bassin s’était arrondi avec un galbe apprécié.
Son attirance envers son homme lui donnait un côté canaille ;
Le garçon manqué rebondi devenait femme différenciée.
« Depuis des jours je sentais bien des différences dans mon corps ! »
Sanglote-t-elle. « Moi, attirée uniquement par les records,
Je réalise soudain combien j’ai besoin, de plus en plus fort,
D’un homme qui me fasse chavirer par son amour et plus encore ! »
« Mais j’apprécie ces changements qui me font peur évidemment
Et j’apprécie votre présence à en tomber presque amoureuse.
Parfois juste un effleurement me fait rougir intensément ;
Je me retire aux lieux d’aisance avec des larmes langoureuses. »
« Eh oui ! » répond Lïlïth. « C’est cela cet amour inconditionnel
Qui fait de nous des amoureuses envers le féminin sacré !
Ce sentiment va au-delà des dogmes institutionnels
Mais nous apporte de savoureuses béatitudes consacrées. »
Alors Yanimïä les accueille et toutes les huit la rejoindre
Puis ôter tous leurs vêtements et se rapprocher toutes ensemble.
On fait silence, on se recueille jusqu’à ce que l’on sente poindre
Le besoin des attouchements et des caresses qui les rassemblent.
À l’aube, elles salueront le jour, iront laver leurs corps repus,
Raviveront leurs souvenirs et riront comme des jeunes filles.
Elles apprécieront leur séjour jusqu’à ce qu’elles soient interrompues
Par celle qui doit intervenir : « Allez les filles, on se rhabille ! »
Illustration de Ledalïä.
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