
Das Recht auf Erotik
Alle Münder stets gespitzt,
Gurgelnd alle Kehlen,
Wand und Boden stets bespritzt, –
Fluch auf Speichelseelen!
Fluch der Bildung, wenn sie speit!
Fluch dem Tugendbunde!
Auch die reinste Heiligkeit
Trägt nicht Gold im Munde!
Quand la Vertu s’avance, les yeux d’un bandeau clos,
Elle ignore le tumulte et ses désirs en feu ;
Mais l’Amour, nu et fier, brandit son fer bien haut,
Pourfendant les tabous sous le regard de dieu.
Les bouches se dénouent, les gorges ne sont tues
Dans des puits de silence et les plaisirs exclus.
L’Éveil des Sens
Un vent de liberté balaie le sol flétri,
Éclaboussant les murs de désirs écarlates ;
On se moque bien fort des prêcheurs rabougris
Et de leurs lois d’argent, pesantes et ingrates.
Que les âmes salivent et que les cœurs s’emballent,
Loin des ligues de fer qui dans l’ombre s’installent !
Malheur à qui voudrait, par une éducation,
Éteindre cette flamme et briser les élans ;
L’érotisme est un droit, une sainte passion,
Qui se rit des dévots et des esprits tremblants.
La sainteté n’a cure d’un or pur en sa bouche,
Tant que l’Amour triomphe et que le désir touche.
Illustration de Heinrich Kley d’après-skis un poème de Friedrich Nietzsche.
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