Jam session à l’Odéon

« Un peu de détente fait du bien à tout le monde.

Captain Nemo est heureux car, si sa mémoire lui fait toujours défaut, le piano compense bien son mal être et Pénélopïä est rayonnante et toujours aux petits soins avec lui.

Altänor semble se souvenir mais reste encore assez vague.

Quant à moi, chanter me détend énormément.
Et surtout avec mon chéri ! »

Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

Jam session à l’Odéon

Au piano, Captain Nemo chante : « Blue moon, you saw me standing alone… »
« C’est drôle que tu te souviennes de tout un si grand répertoire !
« Ton jeu me plaît, même il m’enchante ! » dit Altänor qui l’aiguillonne
Pour que la mémoire lui revienne d’une manière péremptoire.

« C’est curieux… » poursuit Altänor… « Tu ne lis pas de partition…
Tu accompagnes comme quelqu’un qui connaît déjà la chanson ! »
« C’est la mémoire et non le nord que j’ai perdue sans condition ;
De souvenir je n’en ai aucun mais je peux jouer sans façon ! »

« En effet, ton cerveau hésite… mais pas tes mains qui vont tout droit
À l’accord d’un très bon pianiste qu’on entend souvent dans le jazz !
Je crois que lors de mes visites, on s’est croisés au même endroit
Je ne suis pas physionomiste mais je reconnais cette audace ! »

« Arrête de parler et joue ! » lance Nemo pour couper court
Et Altänor prend son trombone à réveiller un jazzman mort
Avec un bisou sur la joue, Amellïä vient à leur secours,
Armée d’une bonne bonbonne soustraite au nez d’Alinéor.

Pénélopïä remplit les verres qu’elle dépose sur le piano
Pour stimuler les musiciens et leur redonner du courage.
Tandis qu’Alinéor, l’air sévère, apporte un énorme tonneau
Et, comme un parfait magicien, récupère le cidre sauvage.

Et puis installe sa batterie, armé de deux grandes cuillères,
Et accompagne la jam session avec un rythme débonnaire
Qui, après une pâtisserie mais surtout après quelques verres
Devient une surimpression de rythmes endiablés du tonnerre.

Il ne manquait plus qu’ORPHÉÔN avec ÄLLÏÄ en voix de tête
Pour chanter un scat en duo au douzième coup de minuit.
On se croirait à l’Odéon où, comme tous les soirs, c’est la fête
Avec des lumières fluos pour y danser toute la nuit.

Illustration de Ledalïä.

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