La sinusoïde des fluides

« Nous avions oublié les sirènes !

Éôlïäne, toujours aussi sarcastique et avec la langue bien pendue, découvre, à son tour, avec ses sœurs la télépathie qui leur apporte quelque chose d’inattendu : la possibilité de parler avec un fantôme d’une sirène du lac de Constance qui prétend connaître beaucoup de choses…

De belles révélations en perspective ! »

Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

La sinusoïde des fluides

« Ils sont tous devenus stupides ! » dit Éôlïäne consternée ;
« Depuis les trois derniers bébés, soudain tout a dégénéré ! » ;
« Les femmes sont plus intrépides ! » dit Olivïäne concernée ;
« Ça va peut-être retomber ! » dit Azurïanne, rassérénée.

« Pourtant les bébés sont mignons ; j’aurais bien aimé en avoir ! »
« Demande alors à Constantïne si toutefois il peut bander ! »
« Tu parles ! avec son vieux moignon… il doit lui-même s’en émouvoir ! »
« Avec un peu de Célestine qui sait ? On peut en commander ! »

« Quoi ? J’ai dit une absurdité ? » dit Éôlïäne pertinemment ;
« Non mais… nous venons de causer sans même avoir ouvert la bouche ! »
Pense-t-elle avec lucidité. « Et j’entends même distinctement
Loreleï en train de proposer à Laurelïne de changer les couches ! »

« Excusez-moi de déranger mais j’aime votre conversation !
Et ça fait tellement longtemps que je n’avais entendu personne ! »
« HÉ ! T’ES QUI TOI, L’ÉTRANGER ? MONTRE-TOI SANS PROTESTATION ! »
« Ne criez pas ! Je suis contente ! Je suis une vieille âme teutonne ! »

« C’est toi la forme transparente qui vient de se concrétiser ? »
« Oui… enfin non… mais j’étais là depuis votre emménagement
Mais vous n’étiez pas coopérantes alors que là, vous maîtrisez
Le langage de l’au-delà qu’utilisent tous les revenants ! »

« Sans blague ! Tu es un fantôme ? » – « Oui, vieille sirène de Germanie
Et je m’ennuyais dans ces eaux malgré toutes vos allés venues !
Parfois, je m’incarne en Guillaume, votre poisson de compagnie
En utilisant le réseau des âmes-poissons ingénues ! »

« Vous m’entendez ? C’est formidable ! J’ai plein de choses à raconter
Sur la maison et ses secrets, les Atlantes qui l’ont habitée ;
Et Constantïne, ce vénérable compagnon sur qui j’ai compté,
Qui a toujours été discret et qui m’a toujours assistée ! »

Illustration de Ledalïä.

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