« Rapport N°7 Atlantïs
Les récits les plus anciens décrivent Atlantïs comme une cité disparue.
Les Atlantes la considèrent simplement comme leur foyer.
Entre les deux versions se trouve sans doute la vérité que nous allons découvrir aujourd’hui.
À chacun son émerveillement ! »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

« C’est une forêt de cristal ! » dit ÄLLÏÄ émue jusqu’aux larmes.
« Des harmonies les plus splendides ! » dit ORPHÉÔN phonologique.
« Une symphonie de métal ! » dit STELLÏÄ succombant au charme.
« C’est comme l’ancienne Atlantide ! » dit Cristïäs au cœur nostalgique.
« Des cages à lapin futuristes ! » dit Éôlïane sarcastique.
« L’œuvre d’un sculpteur schizophrène ! » lâche Azurïanne toutefois.
« Vous êtes caricaturistes, béotiennes iconoclastiques ! »
Disent les quatre qui refrènent la pire des mauvaises fois.
« Attends ! Mais est-ce que t’imagines ? Passer sa vie en ascenseur
Et vivre dans un escalier ! » réplique vivement Éôlïane.
« Les concepteurs sont misogynes pour assujettir nos consœurs
À devenir folles à lier ! » cingle crûment Azurïanne.
« Mais très pratique pour les soucoupes et les puits d’anti-gravité ! »
Leur explique alors Nérëatïs « et personne ne le fait à pied !
Et entre les tours s’entrecoupent des jardins de suavité
Et des boutiques qui garantissent le meilleur goût, comme il nous sied ! »
« On dort au-dessus des nuages et l’on vit en pleine nature
Dans tous les parcs aménagés et les plages au bord des plans d’eau !
Et le côté le plus suave apprécié sont les créatures
Animales qui sont protégées : licornes, centaures et dodos ! »
« On peut se baigner dans les lacs ? » s’empressent alors les sirènes.
« Bien entendu ! Si vous voulez, c’est par là qu’on va commencer ! »
Et la soucoupe ainsi attaque une plongée des plus sereines
Pour atterrir et débouler dans un paradis romancé.
« Comment on enlève ce truc ? Moi je veux me baigner à poil ! »
Dit Éôlïane en arrachant son torque comme un élastique.
Laissant là les auras caduques, deux queues frétillent comme des voiles
Et disparaissent s’amourachant de cette cité fantastique.


Illustrations de Ledalïä.
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