Le sixième rêve trois-quart de Yavänor

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« Voici Yggdrasil, l’Arbre-Monde dont les racines sont si profondes
Et dont les branches si culminantes qu’il relierait l’enfer au ciel.
Deux sombres corbeaux vagabondent en y rapportant des neuf mondes
Toutes nouvelles déterminantes qu’ils auraient jugées essentielles. »


Cette voix me répète une phrase que j’ai moi-même prononcée
Lors du voyage initiatique avec Laurelïne, Loreleï, Lïlïth.
Elle résonne avec emphase comme si elle devait m’annoncer
À l’Être Paradigmatique Féminin Sacré Insolite.

Et là, je comprends désormais que j’ai déjà vécu ma vie,
Que je suis mort et revenu pour la revivre chaque fois
Mais ne recommençant jamais la même erreur, la même envie,
Car chaque fois j’ai reconnu où se trouvait la bonne voie.

Et je reçois la connaissance de toutes mes vies reliées
Y compris celles qui restent à faire mais est-ce nécessaire à présent ?
Et je partage ma naissance avec les LLyrïädes ralliées
Dans cette si douce atmosphère de l’EPFSÏÄ omniprésent.

« Qui traverse ma Chair-Mémoire est responsable de ce qu’il sait. »
Me dit une voix en moi-même car je suis moi-même « Yggdrasil » !
Et je vois à travers les moires des miroirs qui hier me fixaient
Laurelïne et Loreleï, celles qui m’aiment et dont mon cœur est leur asile.

Je sais alors que j’ai atteint ce que j’ai toujours recherché
L’amour des autres et de moi-même qui devient mon nouvel accord.
Alors le soleil du matin ne chasse pas mon rêve perché
Sur la réalité mais sème tous ses acquis sur nos trois corps.

Laurelïne et Loreleï se rapprochent comme si mon âme leur manquait
Et la boivent à même ma peau comme pour en faire un record.
Et Lïlïth observe sans reproche, du coin où elle s’était planquée,
Une position fort à propos pour faire l’amour à trois corps.

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Illustrations de Ledalïä.

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