
Et tous les visages s’assemblent comme un puzzle de mille figures
Tous les yeux d’un même regard, toutes les bouches en une seule.
Toutes les femmes se ressemblent et leurs amours s’y transfigurent
Vers mon cœur qui devient hagard de se le prendre en pleine gueule.
Soudain toutes les voix m’appellent ; j’y reconnais celle de Laurelïne
Comme à la toute première fois qu’elle m’a dit « Je t’aime, mon amour ! »
Puis celle de Loreleï m’interpelle et c’est Lïlïth qui dodeline
Enfin c’est ÄLLÏÄ que je vois par son cristal nu et glamour.
La terre s’ouvre et c’est la chute dans une obscurité totale ;
Mais des milliers de mains me tiennent, des bras à l’étreinte cordiale.
Un sein – énorme parachute – freine la descente létale
Jusqu’au foyer de la gardienne ; la racine-mère primordiale.
Une gardienne à deux visages, l’un masculin, l’autre féminin ;
Une seule bouche mais à deux voix pareilles au duo de chanteurs :
« Je vois qu’enfin tu envisages de venir goûter au venin
De la connaissance mais prévois de mourir si tu es un menteur ! »
Soudain iel dégrafe sa poitrine et m’exhibe deux seins généreux
« L’un deux est un poison mortel et l’autre est élixir-de-vie ;
Choisis bien la bonne tétine ou tu seras cadavéreux
À l’instant même où le cocktail touchera tes lèvres sans vie ! »
Sans hésiter je tète à gauche une bonne gorgée bien chaude
Et sans tergiverser à droite pour une autre autant délicieuse.
« Par ton courage, je t’embauche ! » dit-iel à la mine rougeaude
Tu agis de façon adroite aussi rusée que malicieuse ! »
Alors elle m’ouvre grand son sexe et je suis introduit tout nu
Dans un couloir dont les arômes m’énivrent d’une liqueur féconde.
Je deviens l’Oracle-Convexe dont la mémoire reconnue
Lui rappelle tous les syndromes de toutes les femmes du monde.

Illustrations de Ledalïä.
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