
Éôlïäne y a son surnom : La baroudeuse de l’univers
Car elle squatte les vaisseaux notamment les soutes bien remplies.
Son nom fait l’effet d’un canon quand on la découvre l’hiver
Monopolisant les faisceaux de soupçons qui se multiplient.
Fille de pirate, contrebandière, trafiquant d’armes patentée,
Elle a parcouru le cosmos ainsi que ses pires bas-fonds.
Abondante et incendiaire comme l’eau-de-feu frelatée
Elle serait fille de Phobos et d’une mère au trou noir sans fond.
Elle s’est mariée pour de faux avec les princes imbéciles
Qui lui ont payé une dot mirobolante évidemment.
Quand la fortune lui fait défaut, elle retourne voir, indocile,
Son vieux paternel qui radote mais dont le coffre est éminent.
Trois gentilhommes de fortune l’accompagnent dans ses rapines ;
Cristias à l’armure dorée, Alinéor, une fine lame,
Et ORPHÉÔN, voix opportune, avec qui elle galopine
Car c’est son chanteur adoré dont elle fait sans cesse la réclame.
On dit qu’elle a le feu-au-cul et qu’elle accumule les amants…
Rien n’est plus vrai ! C’est une sirène et tous tombent dans ses filets.
De grands hommes ont été vaincus par celle qui se disait maman,
Montrant sa grossesse sereine à cause d’un mauvais stérilet.
Pour un poète dépravé (*) elle aurait tout abandonné
Pour suivre sa bande vénérable aux quatre coins de l’univers.
Mais il l’a tant désentravée de ses pires penchants adonnés,
Qu’elle a fait amende honorable et cesser tous ses coups pervers.
Adieu pillages et larcins, adieu rapts et l’argent facile !
La vie à bord serait moins drôle s’il n’y avait les sardines en boîtes.
Hélas il n’y a pas de vaccins même pour les rêves les plus débiles
Bien qu’elle ait donné sa parole, sa présence est-elle adéquate ?

Illustrations de Ledalïä
(*) c’est même pas vrai !
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