Ô ÏÄMOURÏÄ – Le voyage sous-terrain de Lïlïth

« Lïlïth ne revient pas pour être absoute,
mais pour être reconnue.
Elle remonte à l’origine non pour s’y soumettre,
mais pour en révéler la faille.
Car c’est dans cette fracture première
que naît la conscience
et que la Terre apprend enfin à se comprendre. »

Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

Ô ÏÄMOURÏÄ – Le voyage sous-terrain de Lïlïth

Sans doute que la matriarche sait combien elle a procréé ;
Combien de ses compagnons d’armes ont croisé sa route un moment ?
Mais qu’en est-il du patriarche ? Celui-là même qui l’a créée ?
Devra-t-elle verser une larme pour lui et l’appeler… maman ?

Adam et Lïlïth furent créés de la même matrice fertile ;
D’une terre rouge et humide comme deux miroirs face à face.
Pour elle, les deux sont agréés à devenir l’humain érectile
Sans que l’un l’autre s’intimident pour qu’un seul règne à la surface.

Elle remonte le cours du temps, franchit les ronces de l’oubli,
Pour retrouver l’Éden – le seuil – là où son nom fut effacé.
Réintégrer alors l’instant, là où le dogme l’a trahie,
Au lieu de lui faire bon accueil dans le grand livre du passé.

« Pourquoi m’as-Tu donc mise au ban, Toi qui insufflas la poussière ? »
Demande-t-elle au Créateur afin de faire la lumière.
« N’étais-je qu’un brouillon de l’élan, l’erreur de Ta main justicière
Ou un aspect révélateur d’une erreur en avant-première ? »

Elle voudrait régler tous ses comptes avec l’Auteur de la genèse,
Lui reprocher le flanc d’Adam et cette côte substituée.
Fuyant les faux griefs en acompte, elle réclame son exégèse :
Pourquoi cet affront dégradant fit d’elle une prostituée ?

Alors se livrent les secrets, ses tenants et aboutissants :
Il fallait que l’ombre jaillisse pour cette vérité première :
Lïlïth, la honte consacrée, le sang des astres rougissants,
Il fallait donc qu’elle faillisse pour placer le mâle en lumière.

Alors elle implore ÏÄNIMÏÄ, l’alter ego du créateur
Car il est grand temps qu’elle agisse comme elle a promis de le faire ;
L’âme du vaisseau de l’ÏÄMOURÏÄ, le souffle du navigateur,
Afin qu’un jugement surgisse et puisse enfin la satisfaire.

Illustration de Ledalïä.

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