La sirène du sixième jour

La sirène du sixième jour

Tout juste avant le crépuscule clôturant le sixième jour,
À l’insu de Dieu et ses anges, Lucifer créa la sirène.
Il était temps ! L’astre bascule et, en cachette à contrejour,
Lucifer put faire l’échange in extremis avec six rennes.

N’en déplaise au Père Noël qui l’aurait si bien chapitré,
Notre sirène put s’élancer avec son conjoint, le triton.
Trois rennes pour Natanaël, tel était son nom attitré ;
Trois autres pour La Beyancée, l’autre sirène baryton.

Quand Dieu fil pleuvoir le déluge, Lucifer s’en frotta les mains ;
Il espérait qu’alors la Terre serait livrée à ses chimères.
Hélas Noé d’un subterfuge sauva sa famille d’humains
Qui redevint propriétaire sur les terres comme sur les mers

Pourtant l’écume en son abîme, où le soleil cherche son déclin,
Garde en secret cette caresse qui se rit encore des tourments.
Leurs voix s’élèvent, pures et sublimes, pour un destin bien plus enclin :
Offrir au cœur cette allégresse, joie sacrée de tous les amants.

Tableau de Hans Thoma.

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