
Laureline
Je chancelle parfois sous le poids de mes flammes ;
Mes cadres se fragmentent, mes limites sont minimes.
Mon cœur pulse trop fort et perturbe mon âme
À vouloir trop souvent que le feu se ranime.
Je rêve de puissance mais mes pieds sont d’argile ;
Je m’égare en excès, je m’enivre d’éruptions.
Mes mains veulent saisir un ciel bien trop fragile ;
Mes devoirs imposés fuient sans interruption.
Ma faiblesse est le cœur, ma blessure est intime,
Je tremble à l’impossible et je doute de moi.
Je vacille au désir et je perds mon estime
Quand je veux t’élever au creux de mes émois.
Yavänor
Ta nature bouillante te pousse à trop d’extrêmes
Et tes logorrhées nuisent à la diplomatie.
Quand ton audace atteint sa puissance suprême,
Tu t’auto-fragilises par ta suprématie.
Tu baisse trop les bras quand tu doutes de toi ;
Ton émotivité en devient alarmiste.
En cas d’échec frustrant, souvent tu t’apitoies
Pour fuir honteusement ton état pessimiste.
Laureline
Si je tombe, je brûle, consumée de lumière ;
Je transmute en trou noir puis en fontaine blanche
Car ta bouche au matin est ma source première
Où je bois l’énergie qui renaît d’avalanches.
Et si l’ombre m’emporte au-delà de mes flammes,
Ton nom sera mon cri et mon dernier adieu.
Je renaîtrai toujours brandissant l’oriflamme
De mon soleil déchu tout au fond de tes yeux.
Illustration de Ledal.
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