Zoug, de l’eau aux étoiles

« Nous sommes descendus sous le lac pour découvrir le “Seesicht”.

Puis nous avons interrogé la Lune, flâné sur les quais et partagé un bon repas.

Ce soir, Yavänor, l’horloge peut compter les heures : dans tes bras, je prends le temps de les savourer. »

Amellïä, muse céleste

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Au bord du lac une sculpture nous ouvre un passage d’acier ;
Son flanc descend depuis la berge pour nous conduire sous les eaux.
Nous découvrons dans sa structure les marches d’un petit escalier
Et sa fenêtre qui émerge sous les doux reflets des vaisseaux.

Nous descendons sous la surface pour voir défiler les poissons ;
Le lac nous prête sa lumière dans cette alcôve sous-marine.
Un brochet passe sans grimace et nous observe sans façons ;
Je te murmure, prisonnière : « C’est nous qui sommes en vitrine ! »

Un poisson longe la paroi et nous regarde en vrai curieux ;
Au sec nous goûtons le silence derrière cette eau transparente.
Il tourne, semble en désarroi et puis disparaît à nos yeux ;
Je ris : « Il est en vigilance envers nous contre toute attente ! »

Nous retrouvons la vieille horloge qui règle les pas des passants ;
La Lune y présente ses phases et joue avec notre impatience.
Tu lèves les yeux, l’interroges sur ses pouvoirs si grimaçants
Et lui réponds avec emphase qu’elle n’a qu’à garder son silence.

Nous reprenons la longue allée où le lac recueille le soir ;
Le vent se promène sur la rive et vient doucement nous distraire.
La ville apparaît, dévoilée, dans les profondeurs du miroir
Et chaque vague encore vive semble avoir un mot pour nous plaire.

Le chou rouge parfume l’assiette auprès des marrons bien dorés ;
Des spätzli au beurre fondant et nos deux verres se rapprochent.
Tu fais un nœud à ta serviette, juges le plat élaboré
Et nous savourons le Fendant aux derniers tintements des cloches.

Notre chambre ouvre sa fenêtre sur le grand lac devenu noir ;
Je laisse tomber mon corsage et viens me blottir dans tes bras.
Tes mains savent alors reconnaître ce que mon corps leur laisse voir
Et le temps du désamorçage nous enveloppe entre les draps.

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Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

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