À la table des renaissances

« Si j’avais dû décrire les personnalités d’Astérias et Constantïne, j’aurais eu tout faux !

Chacun ne se découvre que lentement ; il faut plonger dans leurs racines austères pour les comprendre.
Mais une fois qu’on s’y est penché, il y a beaucoup de tendresse à l’intérieur. »

Yavänor, passeur du monde de l’ÏÄMÔURÏÄ à Ô ALLEGÔRÏÄ

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Le pique-nique du dimanche rassemble toujours tout le monde ;
Ainsi je me retrouve assis entre Astérias et Constantïne
Dont je ne sais vers lequel penche le plus la manne qui abonde,
Démontrant la suprématie de notre modeste cantine.

Astérias paraît débonnaire, bon gourmet mais un peu râleur ;
Avec pour seule philosophie : « Lorsque l’appétit va, tout va ! »
Hier encore quinquagénaire, aujourd’hui jeune cavaleur
Qui tente de mettre à profit une fougue à danser la java !

Sa femme et sa fille, c’est pareil : tout son trésor apparenté ;
Il défendrait l’une comme l’autre soudain à grands coups de balai
Même s’il se fait tirer l’oreille quand il faut partir affronter
Les conséquences tant il se vautre dans le confort de son palais…

« Je sais pourquoi tu t’enracines ; c’est pour ta femme et tes enfants ! »
« Yavänor, mon ami, tu tombes exactement au bon moment !
Sais-tu que ce qui me fascine, c’est de me sentir triomphant !
Hier j’avais un pied dans la tombe et là, je me sens performant ! »

Constantïne, lui, c’est la mémoire. Ses yeux sont des livres grand ouverts ;
Lorsqu’il commence à raconter, on craint qu’il en ait pour des heures
Mais il sait capter l’auditoire comme l’aurait fait un trouvère
Par des récits ornementés de découvertes qu’il effleure.

Il n’a que l’histoire pour compagne quand il raconte ses souvenirs
Et les sirènes sont si gentilles depuis qu’il est maître de maison.
Mais lorsque Loïrelïndt l’accompagne, il croit alors en l’avenir
Qui très lentement lui instille un amour sans comparaison.

Loïrelïndt est assise avec lui, formant le binôme fantôme ;
Elle ferme les yeux, sent les odeurs lui rappeler sa vie d’avant.
Et la petite lumière qui luit dans l’œil attendri du bonhomme
Éveille l’amour dont la pudeur n’était pas là auparavant.

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Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

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