
Yavänor
Tandis qu’en silence j’approche du feu de ta chatte solaire
Qui guette l’entrée de l’Oracle dans son sanctuaire enflammé,
Mes mains te caressent et s’accrochent – prélude au rite séculaire –
À te faire crier au miracle que tu es en droit d’acclamer.
Laureline
Lilith en moi alors s’emballe et vient ainsi me motiver
Car son esprit se développe dans mes nerfs jusqu’à mon cerveau.
Par ma colonne vertébrale, tous mes chakras sont activés ;
Ma Kundalini s’enveloppe d’auras au septième niveau.
Tes mains de feu glissent sur moi, traçant des flammes sur ma peau,
Et chaque fibre de ma chair se met à battre en harmonie.
Ton souffle ardent met en émoi ma gorge en mots bien à propos ;
Ma voix s’élève et je t’enserre avec Lilith en diaphonie.
Mon ventre en transe se déploie, convulsant d’ondes élémentaires ;
Ton sexe plonge dans mes abîmes et vient y fonder son autel.
Les dieux déclament leurs exploits au creux des cavernes lunaires
Et chaque spasme est un intime tonnerre qui mène le rituel.
Tes lèvres mordent mon épaule et mes hanches ploient sous ta loi ;
La bête en moi s’éveille féroce et me déchire de l’intérieur.
Je jouis, je crie et je me m’envole dans cette offrande de bon aloi
Et je ressens l’Ouroboros de la couronne au postérieur.
Je sens mes reins forger la foudre et l’allumer dans chaque éclair
Et ton corps d’homme qui s’arc-boute comme un pilier de cathédrale.
L’univers vibre à se dissoudre, plus rien ne saurait me déplaire ;
Mon âme s’ouvre et je m’envoûte dans une extase sidérale.
Alors j’expire et je respire, consumée d’or et de lumière ;
Lilith s’apaise en ma poitrine et je sens sa montée de lait.
Je suis ton temple et ton empire, prêtresse et ta muse première ;
Ton prénom s’inscrit en lettrine sur le linteau de mon palais.
Illustration de Luis Royo.
Laisser un commentaire