Surprise !

Surprise !

Elle vient quand je suis endormi, fait doucement glisser sa robe,
Se couche derrière mon dos et me raconte ses histoires.
Moi, les limbes encore pleins de fourmis, je sens le rêve qui se dérobe
Au profit d’une libido qui devient superfétatoire…

«Je ne viens que lorsque tu sombres et que tes défenses succombent,
Quand tes pensées lâchent enfin leurs armures en fer dérisoire.
Je me glisse au creux de ton ombre quand ton expiration retombe
Et je caresse tes cheveux fins de mes doigts bagués de mémoire.»

Je me retourne lentement ; je ne vois rien mais elle est là ;
Sa nudité de flammes noires et son audace qui s’est accrue.
Mais chaque fois par enchantement, elle se trahit par un éclat
De malice dans ses dents d’ivoire prête à me dévorer tout cru.

Illustration de Pascal Campion.

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