
Puisqu’on dit qu’il faut tout quitter avant d’embarquer pour le Styx,
Tous ses regrets, tous ses remords, du passé faire table rase,
De combien faut-il s’acquitter ? Le prix est-il variable ou fixe ?
Quel sera le prix de ma mort ; en nature ou en belles phrases ?
Alors les hommes comme les femmes devront abandonner leurs corps,
Renoncer à toutes valeurs et même leurs bijoux de famille.
Car il sera jugé infâme d’arborer son sexe sans l’accord
Qui vaudrait sept ans de malheur selon qu’on soit garçon ou fille.
On traverse d’un coup de canon si rapide qu’il n’y a rien à voir ;
Qu’on soit un ange ou un démon, on descend de son piédestal.
L’ombre n’a plus besoin d’un nom pour entrer dans le grand trou noir
Et l’on oublie chaque sermon au fond de ce lit de cristal.
Le temps n’est plus qu’une oraison, un ultime et long au revoir,
Perdu à l’autre bout du pont, sous un ciel gris de métal froid.
On perd enfin toute sa raison en sombrant dans un entonnoir
Sans caleçon, culotte ou jupon, tout nu, nimbé d’un grand effroi.
Tableau de Jonathan Small sur https:smallfineart.comportfolio .
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