
Après quarante jours de pluie, les jours déteignent sur la saison
Qui s’écrit en lettres mouillées sans accent ni ponctuation.
À vivre sous les parapluies, ils en deviennent nos maisons
Et moi, je vis agenouillée en piteuse situation.
Le ciel déverse ses ennuis sur le pavé de ma raison,
Reflétant un monde effacé par une étrange déférence.
Les toits se fondent dans la nuit sur de fragiles floraisons
Tandis que mon âme agacée s’enferme dans l’indifférence.
Je guette au bord de l’eau troublée une lueur de guérison,
Mon pinceau trempé de nuages pour repeindre mes rêves gris
En songes d’espoir redoublé qui s’étirent vers l’horizon
De ma méditation suave qui demeure mon seul abri.
Pourtant, sous ce dôme de soie, je réinvente mes matins
En peignant d’un trait de lumière les reflets d’or de la chaussée.
Pour redonner confiance en soi, j’y noue des prières de satin
Et je me lève la première pour voir si elles sont exaucées.
Tableau d’Ellen Sheidlin.
Laisser un commentaire