
Serrant ma sirène à bras le corps je tentais de la ramener
Vers la surface et à l’air libre afin de l’emporter chez moi.
Mais les écailles glissent encore comme un savon glycériné
Et provoquent un déséquilibre avec ses soubresauts sournois.
Alors je m’agrippe à ses seins mais voici maintenant qu’elle chante
D’une voix à vriller les tympans comme le rossignol milanais.
Quant à empoigner son bassin, ses nageoires sont si tranchantes
Qu’elles m’ont coupé tout un pan de mon kimono japonais !
Des liens de pourpre nous enlacent, tels des fils de néon vibrants,
Tissant entre l’onde et l’éther une fragile architecture.
Mais dans ce ballet qui nous glace, entre les courants enivrants,
L’équilibre n’est qu’une chimère, une éphémère déchirure.
Tableau de Sam Hogg.
Laisser un commentaire